dimanche 4 janvier 2015

Emmanuelle Bayamack-Tam - Je viens

Éditeur : P.O.L.- Date de parution : Décembre 2014 - 462 pages à part...

Charonne a été adoptée à l'âge de cinq ans par Régis et Gladys. Mais au bout de quelques mois ils s'en débarrasser. La ramener comme si elle était un objet qui ne convient pas.  Pourtant, ils savaient qu'elle était noire mais Charonne a grossi et ne cesse de manger.
Elle évolue  entre un grand-père raciste qui l'amène avec elle pour effectuer le tour des bars où elle encaisse toutes sortes de remarques et une grand-mère Nelly  qui vit dans dans son passé d'artiste.
Car ses parents adoptifs Régis et Gladys sont toujours absents, voyageant aux quatre coins les éloignés du monde à la recherche d'un mode vie en accord avec leurs principes. Seule Nelly s'occupe vraiment  de Charonne surtout qu'elle lui permet de  rattraper ce qu'elle raté avec sa fille.
Charonne qui indiffère Gladys possède de la pétillance et tant pis si son teint d'ébène, ses origines dérangent.Elle grandit et continue de grossir  alors que Nelly et Charlie vieillissent.

Les trois femmes de la maison prennent tour à tour la parole dans ce roman. Les récits se recoupent mais chacune a sa vérité. Gladys reine des contradictions et dont les pensées frôlent le délire alors que Nelly regrette sa vie passée. Charonne s'épanouit malgré tout et cherche le bonheur des autres avant le sien.

Dans une écriture très recherchée et exigeante, Emmanuelle Bayamack-Tam nous entraîne dans ce roman qui s'attaque au racisme, aux parents démissionnaires face à leurs enfants ou à vieillesse de leurs ascendants. Prenant des chemins où la poésie s'invite tout comme les références aux poètes ou à des écrivains et dans une langue souple, ce roman est à part. On y navigue de la réalité aux regrets amers ou aigris et l'on découvre pourquoi Charonne a été adoptée.

Il est difficile de résumer ce livre, de tenter de le contenir dans quelques phrases alors qu'il se déploie avec grâce et sensualité tout comme Charonne.
J'ai cependant un bémol lié à la présence des fantômes qui occupent le bureau et qui m'est apparue un peu étrange.

Moins envoûtant que Si tout n'a pas péri avec mon innocence, ce roman dérange tout comme on reste stupéfait par son étrange beauté. 

Ils sont vieux. J'arrive trop tard dans leur vie. Ils ne savent plus cacher leurs émotions, réguler leurs humeurs, tenir leur langue. J'arrive après la dissimulation, la pudeur,  le self-control. Il leur reste les bonnes manières, mais c'est tout juste et sa condition que rien ne soit préalablement venu perturber la monotonie sécuritaire de leur emploi du temps.

Lu de cette auteure : Si tout n'a pas péri avec mon innocence
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