mardi 6 janvier 2015

Chimamanda Ngozi Adichie - Americanah

Éditeur : Gallimard - Date de parution : Janvier 2015 - Traduit de l'anglais (Nigéria) par Anne Damour - 523 pages denses, creusées et impossible à lâcher ! 

Après quinze années passées aux Etats-Unis, Ifemelu s'apprête à rentrer au Nigeria. Pourtant, cette jeune fille d'une famille modeste de Lagos a réussi sa vie même si ses débuts dans ce nouveau pays n'ont pas été faciles. Venue pour y suivre des études, elle  a enchaîné les entretiens pour des petits boulots qui n'aboutissaient pas et pris conscience d'être dans un pays où la discrimination existe bel et bien. Etant noire, étrangère et non Afro-Américaine, elle a remarqué ces regards que l'on porte sur elle tout comme les remarques.  Ifemelu décide d'ouvrir un blog sur les questions de la race aux Etats-Unis. Travaillant en tant que baby-sitter, son blog rencontre le succès et elle en tire des revenus. Elle rencontre aussi l'amour. Mais en quittant le Nigeria, elle a laissé derrière elle son grand amour Obinze qui lui rêvait d'Amérique. Obinze lui-aussi est parti du Nigéria pour l'Angleterre. Il travaille comme main d'oeuvre sur des chantiers sous une fausse identité avec la peur au ventre d'être dénoncé et arrêté par la police.

Ce livre n'est pas un traité sur la question raciale avec un exposé de faits. Il s'agit d'un roman puissant, d'une histoire d'amour qui se déroule entre trois continents. Et Chimamanda Ngozi Adichie n'a pas froid aux yeux pour exploser les clichés et explore les différentes facettes de ce que signifie être noir aujourd'hui. Mais elle sait aussi user intelligemment de l'humour et de dérision pour raconter la vie d'Ifemelu une fois rentrée au Nigeria.

Sans pathos et sans longueur, ce livre est tout simplement passionnant ! Dense, creusé, pertinent, ce roman qu'on ne lâche pas interpelle et fait réfléchir sur beaucoup de points ! 

Si vous  dites que la race n'a jamais été un problème, c'est  uniquement parce que vous souhaitez qu'il n'y ait pas de problème. Moi-même je ne me sentais pas noire , je suis devenue noire qu'en arrivant en Amérique. Quand vous êtes noire en Amérique et que vous tombez amoureuse d'un Blanc, la race ne compte pas tant que vous êtes seuls car il s'agit seulement de vous, et de celui que vous aimez. Mais dès l'instant où vous mettez le pied dehors, la race compte. Seulement nous n'en parlons pas. Nous ne mentionnons même pas devant nos partenaires blancs les petites choses qui nous choquent et que nous voudrions qu'ils comprennent mieux, parce que nous craignons qu'ils jugent notre réaction exagérée ou nous trouvent trop sensibles.

Le billet de Leiloona
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