vendredi 19 décembre 2014

Henning Mankell - Un paradis trompeur

Éditeur : Points - Traduit du suédois par Rémi Cassaigne - Date de parution : Octobre 2014 - 360 pages "traversées" sans émotion ...

Suède, 1904. Hanna vient d'obtenir sa majorité. Aînée d'une fratrie où le  père est décédé, sa mère lui annonce qu'elle doit partir car elle n' a pas les moyens de nourrir tous ses enfants. Quitter le hameau où ils habitent pour rejoindre la côte où ils ont de la famille avec l'espoir d'une vie meilleure. Jonathan Forsman un important marchand de bois l'y conduit mais arrivée sur place rien ne se passe comme prévu : aucun membre  de sa famille ne s'y trouve. Bienveillant, Forsman la prend à son service pendant plusieurs mois puis Hanna embarque sur un bateau à destination de l'Australie en tant que cuisinière. A bord, elle se marie et se retrouve très vite veuve.

Lors d'une escale au Mozambique, elle quitte en secret le navire. Désemparée et loin de sa terre natale, Hannah est loin de s'imaginer ce que la vie lui réserve. Elle trouve un hôtel où loger qui se révèle être un bordel. La jeune Hannah timide et réservée découvre un monde dont elle ne  connaît pas  la langue mais où surtout le racisme semble ordinaire. Les Noirs subissent et effectuent les basses besognes,  les Blancs jouissent des privilèges. Elle ne comprend pas ces différences, se sent proche des gens de couleurs mais elle se soumet aux règles dictées par la caste Blanche. Si on a l'impression qu'elle est longtemps spectatrice de sa vie, l'avenir lui permettra de défendre ce qu'elle considère comme une injustice dans ce pays colonisé.

Il s'agit d'un roman ("poli") qui dénonce la ségrégation raciale. Mais voilà, j'ai trouvé que les vraies émotions sont absentes, et pire, je n'ai pas été sensible à la vie d'Hannah si particulière au demeurant.
Je crois que trop imprégnée par mes dernières lectures et notamment par celles de Laurent Mauvignier, je n'ai pas pu (ou su) apprécier ce roman à sa juste valeur. Certaines lectures sont si fortes qu'elles m'habitent longtemps et c'est le cas en ce moment...

Ce serait un beau continent, s'écria-t-il, si seulement il n'y avait pas tous ces noirs ! 
- Mais ce n'est pas un Blanc qui tiré? objecta prudemment Anna. 
Senhor Vaz ne répondit pas. Il s'excusa et se retira dans son bureau. À travers la porte fermée, elle l'entendit passer des marche militaires portugaises sur son gramophone. En se penchant pour regarder par le trou de la serrure, elle le vit aller et venir dans la pièce, en colère, agitant un sabre. Elle pouffa de rite. (...).
Puis l'inquiétude l'envahit à nouveau. Elle était devenue comme les autres femmes femmes blanches de la ville : désœuvrée, paresseuse, toujours à agiter un éventail.

Lu de cet auteur : Les chaussures italiennes ( un livre magnifique!)
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