mercredi 14 mai 2014

Agnès Desarthe - Ce qui est arrivé aux Kempinski

Éditeur : Editions de l'Olivier - Date de parution : Mai 2014 - 191 pages et 14 nouvelles savoureuses !

Ce recueil de quatorze nouvelles nous fait pénétrer dans un univers où les pensées, les rêves, des rencontres revêtent le manteau de la réalité. Les certitudes se troublent ou s'effacent pour laisser place à un monde à la lisière du réel. Des nouvelles qui nous prennent par la main pour mieux nous étonner ou nous faire sourire.
Le diable propose un pacte à une femme, une mère de famille imagine son épitaphe : "les cadeaux rapportés de l'école par les enfants l'ont tuée" mais aussi une jeune femme sans aucune diplôme qui devient psy sur une île  ou un professeur de français qui cherche son futur disciple.
La fluidité de l'écriture, l'humour, la pétillance en font des nouvelles tout simplement savoureuses ! Aucune morosité, une légèreté voulue pour traiter des sujets comme la mort ou la Shoah, et cet étonnement ébahi de voir comment Agnès Desarthe nous fait chavirer par sa maîtrise, par le bonheur contagieux du plaisir de l'écriture (car on ressent combien l'auteure a eu du plaisir à les écrire)!

Un recueil dont je me suis délectée ! A lire à et à relire ! 

J'avais compris, au tremblement de sa voix, à la crispation de ses mains qui enserraient mes bras, qu'elle souffrait. Je ne connaissais pas le mot "imposture, pas plus que le mot "usurpation". Une des particularités tragi-comiques de l'enfance est que l'on traverse une gamme infinie de sentiments dont on ignore le nom. Tant que le mot n'a pas épinglé la sensation, comme une aiguille perçant le thorax d'un insecte, les impression papillonnent en liberté autour de nous et en nous, éblouissantes, féeriques, mais parfois aussi menaçantes car nous n'avons aucune idée de leur trajectoire, de leur taille, de leur venimosité.

Le billet de Cathulu.

De cette auteure, j'avais beaucoup aimé Une partie de chasse et un peu moins Dans la nuit brune.
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