vendredi 31 mai 2013

N.M. Zimmermann - Sous l'eau qui dort


Éditeur : Ecole des Loisirs - Date de parution : Mai 2013 - 441 pages fichtrement géniales ! 

Dentown pourrait être une petite ville comme tant d’ autres avec son usine détenue par la riche famille Constantine. Au lycée, certaines filles comme Claudia sont populaires et attirent tous les garçons. Gabriel Constantine frime dans sa voiture de sport tandis que John prend le bus. John qui est effacé, timide et est le souffre-douleur des autres lycéens. Mais Dewtonw possède son lac où il y a déjà eu plusieurs noyades : une adolescente, un petit garçon... Un endroit où personne n’ose s’aventurer car près de là, vivent deux femmes et une fillette Grace surnommées les sorcières. Un homme maltraité par sa femme, une étrange maladie qui contamine peu à peu les habitants, des changements vont s’opérer et modifier des existences.

Qu’est-ce que ce roman est génial ! Surtout ne lisez pas la la quatrième de couverture qui, je trouve, en dit un peu trop. Chaque chapitre met l’accent sur l’un des personnages Claudia, John, Gabriel, Grace mais aussi le médecin, un professeur et d’autres encore. Et l’on suit l’histoire qui va toucher l’ensemble de la ville à travers les pensées, les rêves mais aussi les actes de chacun. Le lac a la réputation d’être maudit mais certains vœux peuvent y être exaucés. Sauf que la contrepartie n’est jamais gratuite. Quand une maladie étrange touche des habitants, le médecin sait que l’heure est venue pour chacun de rendre des comptes.
Je n’en dirai pas plus mais j’ai dévoré ce livre ! ll y a une part de fantastique ( oui, vous avez bien lu et c'est la première fois sur ce blog  que vous voyez ce mot!) mais elle est est amenée  à la façon des contes ou des légendes et elle s'insère parfaitement dans l'ensemble !  

Un livre intelligent sur l’envie, la jalousie, l’exclusion, les différences, le phénomène de groupes. Cerise sur le gâteau, il est drôlement bien écrit !
J’en redemande ( tout comme Fifille number Two) !

jeudi 30 mai 2013

Les lauréats du Grand prix des Lectrices ELLE 2013 sont...

Et les lauréats du Grand prix des Lectrices ELLE 2013 sont :

 



Catégorie Roman : Arrive un vagabond  de Robert Goolrick , un coup de cœur !  Mon choix final se portait sur ce roman et Avenue des géants de Marc Dugain.

Catégorie Document/Essai : L'élimination de Rithy Panh avec Christophe Bataille, un document bouleversant tout autant que Réanimation de Cécile Guilbert.

Catégorie Policier :   Les apparences de Gillian Flynn, un thriller que je n'avais pas pu  lâcher avant de l'avoir terminer  ! Le seul livre de cette catégorie à m'avoir marquée.

Alors, heureuse ??? Oui !


Paul Vacca - La petite cloche au son grêle

Éditeur : Le Livre de Poche - Date de parution : Mai 2013 - 163 pages touchantes et une écriture toute en retenue !

Dans un petit village du nord de la France, le narrateur âgé de treize ans partage sa vie entre l’école et le café de ses parents où il aime effectuer ses devoirs. Par hasard, Il récupère un livre de Marcel Proust oublié par celle qui fait battre son cœur. Il se lance à corps perdu dans la lecture d'A la recherche du temps perdu. Sa mère qui désespérait du fait qu'il ne lise pas l’encourage, son père n’y comprend rien et préférerait qu’il s’intéresse au foot. Non seulement, Proust va renforcer sa complicité avec sa mère mais son père pour ne pas être en reste va lui-aussi s'intéresser à  l'auteur.

Ce tableau quasi idyllique ne l’est pas. Sa mère se rend souvent à Paris pour rendre soi-disant visite à une vieille tante. Mais le garçon n’est pas dupe. En effet sa mère est gravement malade. Père et fils vont décider de tout faire pour lui laisser les plus beaux souvenir. Si son père prévoit d’un week-end surprise à Cabourg, Proust va mobiliser tout le village.
Je n’en dirai pas plus pour ne pas tout dévoiler de ce roman plein de charme ! Sachez que l'on y croise Pierre Arditi l’acteur préféré de sa mère et une professeure de français aux idées bien arrêtées sur les professions des parents.

Un livre avec de l’humour, des bons sentiments mais à juste dose où l’insouciance de l’enfance côtoie la dureté du monde des adultes et qui démontre ô combien la lecture peut changer la vie ! Ce petit roman plein de tendresse à l’écriture toute en retenue et en pudeur est un joli moment de lecture et je l‘ai refermé la gorge serrée d’émotions ( l'amour entre cette mère et son fils est magnifique).

Lire c'est aller vers l'inconnu, c'est chercher à découvrir de nouveaux mondes, à percer de nouvelles énigmes.

Il y a tellement de billets que je vous renvoie à Babelio

mercredi 29 mai 2013

A.M. Homes - Le sens de la famille


Éditeur : Actes Sud - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Yann Gentric - Date de parution : Avril 2013 - 235 pages riches et creusées! 

1992. La mère biologique d’A.H. M. Homes veut la rencontrer. Au bout de trente deux années de silence, elle veut connaître sa fille. Informée depuis toujours de son adoption par ses parents adoptifs, A.M. Homes doit faire face à la requête de sa mère biologique qui se fait insistante, pressante.

Dans ce récit autobiographique, l'auteure revient sur cette fracture dans sa vie déclenchée par la demande de sa mère biologique. Elle se retrouve très vite harcelée par cette femme qui veut à tout prix la rencontrer et nouer une relation avec elle. Non désirée, son père biologique était déjà marié à l’époque, ses parents adoptifs qui venaient de perdre un enfant l’ont adoptée. Elle creuse, cherche à trouver et à comprendre sa place dans cette nouvelle famille composées de deux pères et de deux mères.  Sa mère biologique fantasque tente de gommer ces années comme si de rien alors que son père  biologique orgueilleux et blessant refuse de parler d’elle aux siens. Mais elle veut remonter le fil de cette famille à travers les archives pour découvrir ses ascendants. Piquée du virus, elle se jette à corps perdu dans la généalogie. Ses recherches l'amènent à  des personnes qui ne sont pas  forcément de sa propre famille. Qu'importe,  ils lui sont liées par leur humanité, par leur histoires que ces dossiers racontent. 

Ce récit réfléchi, riche et profond explore les sillons des racines familiales pour faire le jour sur ce qui nous construit et nous définit. Une  quête identitaire où l'honnêteté de l'auteure est frappante. J'ai beaucoup aimé cette lecture pleine de sens et porteuse de réflexions! 

Le récit fragile, fragmentaire, la trame ténue, l'intrigue de ma vie se trouvent brusquement remaniés. Me voici confrontée au fossé qui sépare la sociologie de la biologie : au collier chimique de l'ADN, qui se porte tantôt comme un magnifique ornement - notre droit de naissance, notre histoire-, et tantôt comme un collier étrangleur.

Des billets et des avis différents Au bonheur du jour,  Jostein  , Zarline

mardi 28 mai 2013

Peter Hobbs- Un verger au Pakistan


Éditeur : Christian Bourgois - Traduit de l'anglais par Julie Sibony - Date de parution : Mars 2013 - 138 pages lues en apnée!

Un adolescent pakistanais tombe amoureux d’une jeune fille dont le père est un haut politicien. N’écoutant que son cœur, il voit seul la jeune fille osant braver la hiérarchie sociale. Cette imprudence liée à l'insouciance de son âge le conduira en prison. Torturé, emprisonné dans des conditions inhumaines, au bout de quinze années il est relâché. Brisé moralement et physiquement, il est recueilli par Abbas un poète qui prend soin de lui. Il écrit à sa bien-aimée tout ce qu'il a vécu.

Avec l'aide du poète et de sa fille âgé de dix ans, le jeune homme réapprend à vivre. Doucement, il retrouve des plaisirs simples oubliés. Mais en en quinze années le monde a changé, sa famille n'habite plus là, le verger de son père appartient à quelqu'un d'autre qui le délaisse. Et la guerre commence à gronder. Bien plus qu'un simple déclaration d'amour, l'écriture lui permet de se reconstruire.

Ce livre est magnifique, douloureux et rempli d'une sagesse qui ont noyé mes yeux de poissons d'eau. Un texte où la puissance côtoie le souffle délicat de la poésie. L'écriture de Peter Hobbs, auteur anglais, est un travail d'orfèvre. Récit empreint d'universalité où l'amour, les souvenirs et le pouvoir de l'imagination permettent à un homme de se relever.
Un coup de coeur entier ! Et l'excellent travail  de traduction est à souligner.

Le temps s'étire pendant l'enfance, et les choses sont simplement ce qu'elles sont. Nos parents et nos grands-parents sont toujours présents et ne semblent pas vieillir. Une maison est un endroit fixe, immuable, dans lequel on peut toujours revenir, et les enfants restent des enfants, avec des plaisirs et des besoins simples et constants. Le monde est ce qu'il est. 
Mais à présent  tout change si vite. La guerre, qui a contourné ces vallées sans y pénétrer,  se fait désormais menaçante. Les frontières sont franchies par les armées, mais aussi par les  idées. 



lundi 27 mai 2013

Ilaria Gremizzi - Les nigauds de l'oubli et autres saloperies


Éditeur : Castor Astral - Date de parution : Mai 2013 - 262 pages qui sortent des sentiers battus !

Comment vous parler de cet OLNI littéraire ? Parce qu’il s’agit livre truculent, iconoclaste, pétillant, drôle et sensible. Et si c’est un roman à l’envers, plein de ratages, de fautes, de maladresse, de trucs qui se passent malgré nous, il y aussi Lily la narratrice âgée de treize ans. Habitant dans un petit village S*. près de Milan où rien ne se passe avec son père Ronny coiffeur de profession  et Jeanne sa belle-mère. Si tout commence par la mort de Voltaire, le chat de Lily, on découvre les pensées, le quotidien de cette jeune fille dans une famille un peu barrée. Entre son père dont l’arrivée des visagistes est un désastre pour son commerce (ce qui ne l’empêche pas de  s’intéresser de très près aux extra-terrestres), sa belle-mère à la taille de guêpe (à en être complexée quand on est un peu enrobée comme Lily), et Franz un inconnu hébergé chez eux qui ne sort jamais et dont Lily va apprendre pourquoi il se cache, on ne s’ennuie pas une seule seconde ! Pourtant ce roman ne recèle pas d’aventures. Cette vie morne racontée par Lily qui fait des digressions, expliquant le pourquoi de certains points avec un franc-parler prend une autre dimension. Elle ferre le lecteur et là impossible de lâcher ce livre ! 

On pourrait croire que l’on va se perdre dans des dédales mais l'auteure mène sa barque en  jouer avec nous et avec les mots grâce à un mélange de fraîcheur,  une écriture étonnante et savoureuse !Surprenant sous bien des aspects, ce livre sort des sentiers battus et  je me suis régalée ! Une tranche de vie où les questions, les préoccupations des plus anodines aux plus sérieuses de Lily m’ont fait rire et émue.
Malgré un  petit bémol concernant le rythme qui s’essouffle un peu avant la fin, je dis bravo car  Illaria Gremmizzi dont le français n'est pas la langue natale bouscule les conventions littéraires et c’est réussi.
Même s'il n'est pas parfait, j'ai pris un immense plaisir à le lire ! Rien que les notes de bas de page valent le détour ( et sachez en passant que j’adore la brandade de morue…).

Malgré tout Jeanne était mieux que rien. Parmi ses qualités, il y avait la fait qu'elle adorait parler :  elle avait compris que c'était uns stratégie fondamentale de survie.Ce n'est pas donné à tout le monde. Ronnie, lui, était un mauvais parleur, c'est pour ça q'il risquait de crever plus vite.

Les billets de Brize, Cachou, Keisha




dimanche 26 mai 2013

Oh ma maman...

En ce jour de fête des mères, je ne vais pas me lancer dans de longues tirades (où forcément le personnel perlerait entre les lignes). Je vous mets juste les paroles de la chanson de Miossec "maman", chanson qui exprime ô combien une partie de ce que j'aurais aimé dire...

Je n'ai pas su devenir l'homme qui devait tant te plaire
Qui aurait dû assouvir toutes tes prières
J'ai même appris à te mentir à te voir sous une autre lumière
Tu voyais mon avenir un peu plus terre à terre
Mais je suis tombé dans les orties j'ai dévalé dans les fougères
En voulant te faire plaisir en sortant de l'ordinaire
J'ai côtoyé le pire j'ai fait le nécessaire
Pour un jour te faire sourire ou tout du moins je l'espère

Oh ma oh ma Oh ma maman `
J'ai si peu de regrets et tellement de souvenirs
Que s'il fallait tout refaire je prendrais un grand plaisir
A tout reprendre à l'envers
Je n'ai pas envie d'en finir il faudra un jour t'y faire
Je n'ai jamais osé te le dire
Je n'ai jamais cherché qu'à te plaire

Oh ma oh ma Oh ma maman
Tant que je respire j'espère encore Maman
Je ne sais rien de l'avenir je ne contrôle plus mes arrières
J'ai succombé à des plaisirs qui devraient un jour te déplaire
Oh ma oh ma Oh ma maman

Maman moi-même, j'avance, j'essaie de faire au mieux et de ne pas  répéter des erreurs commises par ma mère. Donner à mes filles ce qui m'a manquée ( je ne parle de choses purement materielles) et surtout leur transmettre à mon tour des valeurs dans lesquelles je crois. Le respect, l'ouverture d'esprit, et apprendre à ne pas juger  les personnes selon des critères qui deviennent de plus en plus importants dans notre société. La valeur humaine ne se compte pas selon le paraître mais dans l'amitié, l'entraide, l'écoute, la complicité... j'en reste persuadée.


samedi 25 mai 2013

Aimée Bender - La singulière tristesse du gâteau au citron


Éditeur : Editions de l'Olivier ) Traduit de l'anglais(Etats-Unis) par Céline Leroy - Date de parution : Février 2013 - 344 belles pages entre fable et réalité ! 

Le jour de ses neuf ans, Rose goûte au gateau spécialement cuisiné par sa mère. Sous le citron et le sucre, elle ressent le sentiments de sa mère. Un vide, une tristesse. Pourtant, sa mère semble heureuse. A partir de ce jour, Rose ne peut plus manger un plat sans éprouver les émotions de celui qui l'a cuisiné. Et dans quel état d'esprit était la personne  : heureuse, préoccupée, énervée ou inquiète. Elle qui croyait sa mère contente de son existence et de sa famille va douter. Comment vivre avec un tel don? Comment dissimuler à sa mère ce qu'elle a deviné à son sujet ?

A mi-chemin entre la fable et la réalité, ce livre est une très belle découverte ! A l'école, Rose  se tourne vers la nourriture industrielle pensant échapper aux émotions mais elle reconnaît d'où les ingrédients proviennent. Chez elle, elle s'efforce ne le laisser rien transparaître en avalant difficilement chaque bouffée préparée par sa mère. Rose grandit et son palais s'affine. Son frère aîné et unique, un petit génie, voit lui aussi sa vie bouleversée par un autre don. Dans ce roman d'apprentissage, Rose comprend  que les fondations de sa famille ne sont pas aussi solides qu'elle en ont l'air et qu'elle doit s'accommoder de son pouvoir.

S'il y une belle sensibilité dans ce roman, il n'est pas pas aussi léger que l'on pourrait le penser. Aimée Bender nous démontre avec poésie et tendresse que l'on peut grandir en étant différent. Trouver sa place et se servir de qui était un handicap comme un atout.
Un roman d'une beauté singulière  qui m' a touchée et fait vibrer ! Un livre qui n'est pas sans rappeler  Chocolat amer de Laura Esquivel.

Julien (mon libraire chouchou ) me l'avait conseillée.
Cathulu, La ruelle bleue, Reading in the rain ont beaucoup aimé, Jérôme et Joëlle sont d'avis différents.

vendredi 24 mai 2013

Brian Leung - Seuls le ciel et la terre


Éditeur : Albin Michel - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Hélène Fournier - Date de parution : Mais 2013 - 369 pages et des émotions arrivées trop tard... 

Etats-Unis, 1927. Adele Maine surnommée Miss Addie revient à Dire Draw une petite ville minière du Wyoming. On l’accueille à bras ouverts pourtant quarante ans plus tôt, elle a failli être tuée pour avoir aidé un chinois à s’enfuir lors d’une émeute. Et si elle est de retour c’est dans le but de connaître enfin la vérité.

J’aurais aimé dire vous que j’ai été emportée par cette histoire mais les émotions sont arrivées en fin du roman. Pourtant, il s’agit du portrait d’une femme courageuse, téméraire que nous dresse Brian Leung dans un contexte historique que j’ignorais. A partir de 1820, il y eut de grandes migrations d'Irlandais, de Suédois, de Norvégiens, d'Allemands et de Chinois vers les Etats-Unis. On leur offrait un emploi assuré par la compagnie des chemins de fers ou celle des mines, un salaire, le rêve américain sauf que le racisme avait été oublié pour  les Chinois. Abandonnée par sa mère très jeune, Addie a toujours côtoyé un monde d’hommes avec son père et son frère Tommy. Mais à sa majorité, Tommy délaisse le Kentucky, leur père alcoolique et part dans le Wyoming qui représente un Eldorado. Il y a acheté une concession et demande à Addie de venir avec lui mais elle ne peut se résoudre à laisser son père seul. Après sa mort, elle rejoint Tommy. Stupéfaite, elle découvre que son frère travaille dans une mine de charbon et survit dans des conditions déplorables. La concession de Tommy n’est qu’une terre aride où rien ne pousse. Pour la première fois de son existence, elle voit des Chinois et Tommy lui conjure de ne pas les approcher. Considérés comme des sous-hommes, ils sont exclus. Tommy lui présente Muuk un européen. Lors d’un éboulement, Addie perd son frère et est la seule à descendre pour sauver des hommes dont un chinois. Elle se marie avec Muuk et se noue d’amitié avec Wing Lee. Mais Muuk ne voit pas d’un bon œil cette relation. Les tensions se font plus vives à la mine, les "blancs" prétendent que les Chinois prennent leur travail et demandent leurs départ. Ce sera l’étincelle qui mettra le feu aux poudres.

Une femme qui juge les personnes pour ce qu’elles sont et non en fonction de leurs origines raciales, une femme  animée de justice et non  de vengeance,  de grands espaces, une histoire d’amour impossible au vu des préjugés, une belle écriture  : tous les ingrédients que j’aime sont présents mais je suis en restée en dehors de ce roman. Une certaine lenteur dans le récit a joué comme un frein et a empêché que les émotions me saisissent. Elles sont arrivées mais trop tard... Dommage.

jeudi 23 mai 2013

Résultats du jeu concours L'attentat



Vous avez été peu nombreux à participer à ce jeu pour gagner  des places pour le film L'attentat qui sortira en salle 29 mai. Mais je suis très contente car des lecteurs fidèles de mon blog ( mais non blogueurs) ont participé, merci à eux !


Place aux noms des gagnants :
Eric D.
Sylvain D.
Pascale de L.
Nadine L.
Jean-Claude K.

qui recevront par courrier leurs places.

Bon ciné !

Denis Labayle - Nouvelles sur ordonnance


Éditeur : Éditions Dialogues - Date de parution : Avril 2013 - 151 pages et des nouvelles dévorées ! 

Si l’on pouvait dire que les médecins prennent le pouls de notre société, ce recueil illustrerait parfaitement cette définition. Ancien médecin hospitalier ( pourtant au vu de la qualité de son écriture, on pourrait croire qu’il a été auteur toute sa vie), Denis Labayle nous fait partager ses  rencontres avec  des patients mais avant d’être « malades » ce sont avant tout des hommes et des femmes. Des êtres humains qui ont croisé celui de du médecin et celui de l’homme. Dix nouvelles où le médecin parle librement et sans tabou. Des sentiments amoureux envers une jeune femme, au constat amer d’un protocole administratif aberrant et coûteux pour une SDF âgée qui n’en est pas plus heureuse, de l’homme devenu alcoolique à celui qui fait passer en priorité sa religion catholique devant la santé de sa femme et se révèle cupide, autant de situations qui sentent le vécu.

Avec de l’humour mais surtout une réelle humanité et des engagements profonds, l’homme pour qui la médecine est un véritable sacerdoce nous dresse des portraits très justes reflétant la nature humaine.
J’ai dévoré d’une traite ces nouvelles d’une qualité rare qui ont réfléchir et passer par l’arc en ciel des émotions ! A lire absolument !

Les billets de Cryssilda, Keisha, Sylire
 Et ce livre peut voyager, il suffit juste de me contacter par mail !

mercredi 22 mai 2013

Lauréat du 11ème prix des lecteurs du Télégramme

Et le lauréat du 11ème prix des lecteurs du Télégramme est Jean-Luc Nativelle avec Le promeneur de la presqu'île.




Mon favori Un repas en hiver d'Hubert Mingarelli n'a pas été élu.

Je me retrouve de moins en moins dans le choix final du prix des lecteurs du télégramme.  A voir si je participerais l'année prochaine...


Dorothy Baker - Cassandra au mariage


Éditeur : Robert Laffont - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Elisabeth Janvier - Date de parution : Avril 2013 ( date de première publication : 1962) - 325 pages dont je me suis régalée !

Cassandra et Judith sont des sœurs jumelles. Si physiquement, elles se ressemblent comme deux gouttes d’eau, leurs caractères sont à l’opposé. Judith s’apprête à se marier avec un étudiant en fac de médecine et Cassandra voit cette union comme une opposition au lien qui l’unit à sa sœur jumelle. Cassandra est une étudiante brillante mais elle souffre de névroses. Après avoir passé une année sans avoir vu Judith, son père et sa grand-mère, elle revient chez eux pour le mariage de Judith. Et elle est décidée à tout faire pour que ce mariage n’ait pas lieu.

Je me trouve dans une situation très particulière, ma mère ayant été écrivain ; auteur de deux romans, trois pièces de théâtre et un certain nombre de dialogues pour l’écran, tous très connus. Or il n’et pas facile de devenir écrivain lorsqu'on, est soi-même la fille d’une femme de lettres. Je ne sais pas au juste pourquoi, mais c’est un fait. Probablement par crainte d’une comparaison. La peur de l’égaler, ou de ne pas l’égaler, ou de finir de la même façon… Non que j’aie quoi que ce soit contre ma mère ; je crois que je l’aimais. Mais il y avait à peine trois ans qu’elle était morte, trois ans seulement, et je préférais attendre encore un peu avant d’essayer. Ou de ne pas essayer. D’abord il fallait que j’écrive cette thèse idiote et que je décroche le diplôme, ce bouche-trou. 
Voilà une des questions que se pose Cassandra en se rendant chez sa famille. Fille d’une mère écrivain décédée qui était toujours absente et d’un père professeur de philosophie désormais à la retraite qui a un sacré penchant pour la bouteille, Cassandra et Judith ont suivi durant leur enfance et l’adolescence le même chemin. Les mêmes passions les unissaient et pas d’amies (trop inintéressantes au goût de Cassandra). Ajoutez-y en plus une grand-mère qui voulait qu’elles s’habillent de la même manière. Coupées du monde pour ainsi dire, leur gémellité a été renforcée  en les rendant fusionnelles. Mais les études de Cassandra l’ont éloignée de sa sœur qui a rencontré quelqu’un et qui veut désormais vivre sa vie. Ce que Cassandra ne peut accepter. La première partie du récit est raconté par Cassandra, fantasque, manipulatrice, névrosée et jalouse de celui qui va lui voler sa sœur. Dans la seconde partie, Judith prend la parole pour raconter ces deux jours qui ne vont pas se dérouler comme prévu.

Fichte, si Dorothy Baker explore avec une plume vive et acérée les relations si particulières entre jumeaux,  elle analyse également  avec brio cette séparation qui marque l’entrée dans vie adulte. La grand-mère, le père de Cassandra et de Judith sont à eux seuls des personnages qui valent le détour.
Je me suis régalée! Une plume alerte, caustique et intelligente ! 

Les billets de CathuluLe nez dans les livres

mardi 21 mai 2013

Gatsby le magnifique


Réalisé par Baz Luhrmann
Avec Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire, Carey Mulligan
Synopsis: Printemps 1922. L'époque est propice au relâchement des mœurs, à l'essor du jazz et à l'enrichissement des contrebandiers d'alcool… Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s'installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit désormais entouré d'un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby, qui s'étourdit en fêtes mondaines, et de sa cousine Daisy et de son mari volage, Tom Buchanan, issu de sang noble. C'est ainsi que Nick se retrouve au cœur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges. Témoin privilégié de son temps, il se met à écrire une histoire où se mêlent des amours impossibles, des rêves d'absolu et des tragédies ravageuses et, chemin faisant, nous tend un miroir où se reflètent notre époque moderne et ses combats.

Depuis l’annonce de la sortie de ce film, je voulais le voir et bien c’est chose faire. Tiré du roman éponyme de Francis Scott Fitzgerald publié en 1925 que je n’ai pas lu, je ne peux donc pas effectuer de comparaison. Ce que je sais, c’est que ce film de plus de 2 heures mise sur une certaine audace, de clins d’œil et que je n'ai pas vu le temps passer ! Les scènes filmées en studios sont visibles en référence aux films au film au de l’époque. Lors des fêtes données données par Gatsby où gangsters côtoient sénateurs et où tout le New York vient s’amuser, la musique est endiablée, fiévreuse. Le charleston est dépoussiéré grâce à une musique complètement actuelle qui donne envie de se lever de son son siège et de danser. Devant cette profusion d’excès et de rires, on a la tête qui tourne, on est dans la fête. Mais venons-en à l’histoire. 1922, Nick Carraway s’installe à New York et travaille dans le milieu de obligations. Sa cousine Daisy y habite également et est mariée depuis cinq ans à Tom Buchanan . Riche, aux idées racistes et surtout infidèle. Daisy n’est spas pas dupe du comportement volage de son mari et en souffre. Tom Buchanan se sert de Nick comme alibi pour voir sa maîtresse et fréquenter des lieux de débauche.Un nom intrique le tout New York celui de Jay Gatsby. Un jeune homme très riche qui donne chaque week-end des fêtes dans sa somptueuse demeure. Or Nick loue une petite maison justement à côté de celle de Gatsby. Des rumeurs  plus folles les une que les autres circulent à son sujet. On dit qu'il a commis un crime, qu'il est l'unique héritier d'une famille riche. D’où vient réellement sa fortune ? Personne ne le sait mais tout le monde s’amuse allègrement à ses fêtes. Gatsby invite Nick à l’une de celles-ci et lui demande un service celui de rencontrer Daisy. Gatsby et Daisy ne sont pas deux inconnus. Ils s’aimaient avant que Gatsby ne se porte volontaire pour la guerre. Daisy a attendu son retour en vain... Je ne raconterai pas toute l’histoire...

L’ambiance folle du début années 20 est parfaitement retranscrite. L’argent, les mensonges, les manigances et l’amour rythment ce film. Les émotions sont présentes et l’on se prend à détester à la fin la lâcheté de certains. Leonardo DiCaprio excelle dans son rôle ! Un film à voir !

lundi 20 mai 2013

Peter Cameron - Coral Glynn


Éditeur : Rivages - Traduit de l'anglais( Etats-Unis) par Bruno Boudard - Date de parution : 2012 - 284 pages magnifiques tout en subtilité !

Fin des années 1940, Coral Glynn infirmière est engagée depuis deux mois pour s’occuper de Mme Hart une femme âgée et très malade. Coral n’est guère appréciée par Mme Mrs Prence la gouvernante qui régente la vie au manoir isolé dans la campagne anglaise. Le major Clement le fils unique de Mme Hart est plus âgé qu’elle. Blessé à la guerre, il porte des stigmates profondes à la jambe qui l’handicape. Malgré la gentillesse du major Clement, Coral ne sent guère à l’aise au manoir, elle profite de son temps libre pour se promener dans la campagne avoisinante. Mais durant l’une de ses sorties, Mme Hart décède. A sa grande surprise, le major Clement propose de l’épouser. Ils se connaissent à peine et sont issus de deux milieux différents. Troublée, Coral se réfugie dans la campagne où elle est témoin d’un jeu entre deux enfants. Orpheline et sans famille, timide et d’un caractère effacé, elle accepte d’épouser Clement alors qu’elle n’éprouve que de l’amitié pour lui. Elle n’a pas réfléchi à ce que cette union représente ni aux engagements et aux conséquences qu’elle implique. Clement semble amoureux mais épouser Coral représente une échappatoire à la solitude auquel il est destiné. En fait, il est convaincu du fait de ses de ses blessures qu'aucune femme ne l’épouserait. Son ami de longue date Robin marié et amoureux de Clement montre une certaine jalousie. Une fillette est retrouvée pendue là où Coral se promenait et la police mène une enquête. Précipitamment, Coral décide d'avancer le mariage en taisant ce qu'elle a vu. Ni en disant à son futur époux en quels termes elle a quitté son ancien employeur. Le jour même du mariage, la police veut interroger à nouveau Coral qui a menti une première fois en affirmant n'avoir rien aperçu dans la campagne. Elle est est suspectée d'être la meurtrière. Clement lui dit de s'enfuir à Londres. 

Je n'en dirai pas plus sur l'histoire ! Une histoire d'amour sans amour pourrait-on dire. Clement cherche un réconfort pour son avenir et Coral a voulu d'une certaine façon aider le major. On pourrait croire que Coral est sotte, il n'en est rien. Il s'agit d'une jeune femme un peu perdue sans amie,  sans personne pour l'épauler . Sa relation avec Clement est une suite de maladresse, de malentendus mais surtout de non-dits. Elle agit en croyant bien faire. Sa métamorphose aura lieu à Londres où elle gagnera en confiance en elle et arrivera à opérer des choix selon sa volonté.

A partir de de situations, d'un "oh " de surprise échappé, d'un corps qui se raidit brusquement , Peter Cameron décrit avec une ironie cruelle mais touchante le portait d'une époque et de ses tabous. Une formidable étude de moeurs sur l'Angleterre et ses classe sociales,  leurs carcans et sur l'homosexualité. 
Dès premières pages, il se dégage une ambiance qui m' a ferrée. Tout en suggestions et en subtilité, l'auteur nous amène aux bords du gouffre qui n' a fait que se creuser entre Clement et Coral. Un gouffre que tout sépare. 

Avant que nous me désigniez d'un doigt coupable de tentatrice ( ou que vous juriez entre vos dents vade retro satanas), je tiens à préciser pour ma légitime défense que je suis innocente. Oui, car sans le billet alléchant d'In Cold Blog, je serais passée à côté de ce livre qui est un réel bonheur de lecture de la première à la dernière page !

Chaque individu était comme une pièce de monnaie, à deux faces, ou un dé, à six.

samedi 18 mai 2013

Fatou Diome - Impossible de grandir


Éditeur : Flammarion - Date de parution : Mars 2013 - 406 page d'un chant qui brise les chaînes et un coup de cœur ! 

Dans son receuil de nouvelles La préférence nationale, Fatou Diome racontait son arrivée en France, le racisme qu'elle avait sublie mais aussi sa rage de vivre. Ce nouveau roman permet de mieux connaître l'auteure. Fatou Diome habite à Strasbourg et écrit souvent la nuit comme la narratrice Sallie. Invitée à un dîner par une de ses amies, Sallie ne veut pas y aller. Se rendre chez les autres lui est trop douloureux. Les souvenirs de son enfance sénagalaise s'invitent à travers la Petite, personnage qui la renvoie des années plus tôt. Fille illégitime élevée par des grands-parents, Sallie a dû s'adapter et grandir trop vite. Entre le  présent et cette invitation qui la paralyse, le passé à travers la Petite, Sallie rembobine le film de sa vie pour combattre ses démons mais aussi se montrer sans sa carapace. Récit où le masque est laissé à terre, Sallie affirme ses idées, ses opinions sans avoir peur  de parler de ses blessures d'enfance non cicatrisées, plaies douloureuses que seule l'écriture permet d'extérioriser. Refusant catégoriquement les soi-disant thérapeutes que soignent l'âme avec des plantes, la jeune femme écrit.

Comme toujours, l'écriture de Fatou Diome est magnifique ! Une écriture riche, poétique, puissante d'où jaillissent les émotions et où elle est capable de nous faire sentir des odeurs de son enfance. Une écriture comme un chant avec l'importance de la musicalité mais qui peut asséner un coup de poing au lecteur ou le secouer.
J'ai pris mon temps pour lire, pour savourer ce roman et il le faut. A travers ce récit, Fatou Siome affirme haut et fort ses idées sur notre société, sur la place du matérialisme et de sa superficialité alors que la solitude gangrène de plus en plus de personnes. Auteure engagée dont les opinions claquent tel un drapeau au vent mais sans se faire moralisatrice, elle défend ses valeurs, explique le rôle de l'écriture.

Magnifique livre sur la construction de l'identité, sur des combats contre ses démons intérieurs pour être soi, ce roman est un coup de cœur !Il m' a frappée en plein cœur et en plein esprit, mais surtout il a réveillé la Petite qui cohabite avec moi me tendant un miroir pour me permettre d'avancer. 
Comment choisir un extrait tant j'ai inséré de marque-pages ?

Grandir, devenir adulte, c'est peut-âtre admettre ls vacillations de cet enfant en nous et considérer l'instinct de survie comme le support des supports, le phare qui brille dans l'océan des doutes, le mât sur lequel hausser la bannière des derniers espoirs. L'instinct de survie est cette flamme, donnée à tous, que chacun peut alimenter du bois à sa portée. (..) On peut manquer d'amis ou de famille;, parfois, on manque de joie, de courage ou d'entrain, il arrive même qu'on accumule plusieurs de ses carences, mais la pire perte, c'est celle qui ôte le goût de vivre. Tant que persiste l'envie, l'horizon reste un toile qui invite à peindre ses rêves. Vivre c'est répondre à cet appel.

A lire également Celles qui attendent, Le vieil homme sur la barque
Pour L'irrégulière il s'agit aussi  d'un coup de cœur,  Noann et Paikanne sont plus réservés.

vendredi 17 mai 2013

Rachel Cusk - Contrecoup


Éditeur : Editions de l'Oivier - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Céline Leroy - Date de parution : Avril 2013 - 176 pages profondes ! 

La narratrice divorce. Mère de deux filles, si elle analyse avec lucidité et clairvoyance ce  qu'elle est devenue, elle passe au crible l'institution du mariage, la soi-disant égalité entre homme et femme dans le couple, le rôle de la femme dans la société. Au lieu de s'apitoyer, elle mène ses réflexions dans des situations concrètes, s'interroge, observe ses filles confrontées à avoir désormais deux maisons. Quel sera le retentissement de la séparation sur ses enfants? Elle se réfère aux mythes grecs littéraires, essaie de comprendre si l'égalité et les principes du féminisme ont joué un rôle. La narratrice subit le contrecoup car son corps refuse de manger, avec l'appréhension d'être invisible au yeux des autres couples et de devenir l'élément qui ne va pas dans le décor. Pour ne pas sombrer, elle se raccroche à ses filles, décide d'aller de l'avant.

Roman où la réflexion a une place importante, l'émotion n'est pas oubliée. A fleur de peau et aussi paradoxalement que cela puisse paraître, splendide et touchant au plus profond.
Dès le premières pages, l'écriture de Rachel Cusk m'a conquise, cette analyse passée à travers différents prismes m'a fascinée ! Un livre devenu hérisson où les nombreux marque-pages témoignent de la richesse et de la profondeur de ce récit ! 

La femme qui croit qu'elle peut choisir le féminité, peut jouer avec comme le buveur mondain avec le vin - autant dire qu'elle cherche les ennuis, elle veut être défaite, dévorée, veut passer sa vie à perpétuer une nouvelle imposture, confectionner une nouvelle fausse identité, sinon que désormais, c'est son égalité qui est factice. Soit elle en fait deux fois plus qu'avant, soit elle sacrifie son égalité et en fait moins moins qu'elle ne devrait. Elle est deux femmes ou demi-femme. Dans un cas comme dans l'autre, elle devra dire, je suppose, parce qu'elle  l'a choisi, que cela lui convient.

 Les billets d'Antigone, Cathulu

jeudi 16 mai 2013

Karin Slaughter - Genesis et Broken

Aujourd'hui, un billet double pour vous parler de deux thrillers d'une même auteure Karin Slaughter.


Éditeur : Le Livre de Poche - Traduit du l'anglais (Etats-Unis) par François Rosso - Date de parution : Avril 2013 - 663 pages lentes...

Près d’Atlanta, une femme surgit sur la route devant un couple de retraités. Conduite à l’hôpital, elle a été torturée. Au même moment, Will Trent et Faith Mitchell, agents du GBI s’y trouvent également car Faith a fait un malaise. Le docteur Sara Linton constate avec effroi que la jeune femme a subi des atrocités (âmes sensibles s’abstenir) et Will Trent découvre sur les lieux de l’accident une grotte creusée. La jeune femme a été séquestrée dans cet abri et une autre jeune femme est retrouvée morte.

Que ce livre est lent à démarrer ! Il faut pratiquement attendre deux cent pages où les états d’âmes des deux agents du GBI ( sorte de FBI ) et du docteur soient passées au crible. La police locale n'aime pas que deux agents viennent mettre le nez dans leurs affaires Le docteur Sara Linton veuve depuis trois ans ne se remet pas de la mort de son mari ancien policier (que de pages de descriptions où elle se remémore sa vie !). Une autre jeune femme disparaît et tous les ingrédients d’un thriller sont réunis. Enfin, ça se met en route mais l’intrigue est lente, trop lente à mon goût. Ai-je rongé mes ongles ? Non.Tourné les pages avec frénésie ? Non. A vouloir trop s’attarder sur ses personnages principaux, le rythme en pâtit.
Pas d’enthousiasme débordant pour ce thriller d’une facture assez classique mais vraiment trop lent.. 




Éditeur : Grasset - Traduit du l'anglais (Etats-Unis) par Bernard Ferry - Date de Parution : Avril 2013 - 412 pages bien menées mais sans plus...

On retrouve le docteur docteur Sara Linton non plus à Atlanta mais dans la ville où elle a vécu enfant puis mariée. Les fêtes de fin d’année approchent et elle est venue les passer avec ses parents et sa sœur. Le corps d’une étudiante est retrouvée dans un lac et tous les soupçosn se portent immédiatement vers Tommy Graham un jeune homme attardé mentalement. Il avoue sous contraintes mais se suicide et laisse un message disant qu’il n’est pas le meurtrier.

Tommy Graham était un patient de Sarah et selon elle il est incapable d’avoir commis un tel acte. Elle connaît la police locale dont son mari faisait parti. Elle fait appel à Will Trent pour venir enquêter. La guerre des polices est déclarée comme dans Genesis mais plus fortement accentuée. Les fautes, les preuves sont dissimulées chacun ayant de se protéger. Sara Linton veut sa vengeance. Pour elle, l'agent  Lena est la source de tout les problèmes et surtout responsable de la mort de son mari . Tommy Graham n’est pas le meurtrier, elle est en persuadée. Aidée par Will, ils vont faire le jour sur des éléments pas très jolis, jolis. Rien de nouveau avec ce thriller où l’auteure a repris les ingrédients de Genenis. Mais l’honneur est sauvé grâce à une enquête plus intéressante et mieux construite et plus cernée.
Malgré le manque d'adrénaline, j’ai apprécié cette lecture mais sans plus non plus. Et de là à relire cette auteure, c’est une autre question...

mercredi 15 mai 2013

Don Carpenter - La promo 49

Éditeur : Cambourakis - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Céline Leroy - Date de parution : 15/03/2013 ( date de première publication : 1985) - 137 pages et le portait bluffant d'une génération ! 

Etats-Unis, Portland , fin de années 1940. Plus d’une vingtaine de personnages garçons et filles sont en classe de terminale. La dernière année avant la fac pour la plupart d’entre eux. A travers vingt-quatre vignettes, Don Carpenter nous décrit cette jeunesse entre ses rêves, le monde adulte avec qui elle flirte, ses espoirs et ses appréhensions.

Si l’action se situe en 1949, certaines des situations pourraient aisément être de notre époque. Alcool en douce, la fête de fin d’année et le fameux bal, l’amour, le choix de la fac et les décisions qui pèsent lourd pour la suite. Né en 1931, Don Carpenter avait donc l’âge de ces jeunes quand il a écrit ce livre. Sous son regard aiguisé, juste et psychologue, l’amertume et le désenchantement se font sentir. Dernières semaines de cours au lycée, préparatifs du bal, concurrence et jalousie entre ces demoiselles, la cigarette et la bière bue en douce. L’insouciance commence à s’envoler peu à peu,  ils deviennent des adultes. Ils cherchent à s’affirmer, à défendre leurs opinions politiques ou à se rassurer. C’est ce sentiment de protection qu’ils quitteront progressivement. Puis l’été et ceux qui travaillent, d’autres qui s’amusent. Viendra la fac ou l’armée pour certains ou l’entrée dans la vie active. Quelques mois plus tard, la photo de groupe soudé en apparence sera pas complète.

Ce livre est bluffant par sa maîtrise ! Les portraits sans concession  sont brossés tout en subtilité et en force et avec une lucidité incroyable ! On oscille entre ces espoirs, ces utopies d’adolescents, leurs joies, leurs peines mais aussi leurs désillusions. Remarquable !

Lu du même auteur : Sale temps pour les braves.

Un grand merci à Libfly et à l'éditeur pour cet envoi!

En mai tu gagneras des places de ciné


Le 29 mai prochain sortira le film L'Attentat du réalisateur libanais  Ziad Doueiri. Ce film est adapté du roman éponyme de l'écrivain algérien Yasmina Khadra, un lecture coup de poing qui m'avait ébranlée ( pas de billet car il s'agissait d'un livre lu avant mon blog).

Je vous propose de gagner 5*2 places de cinéma.

Mais  d'abord il faut répondre correctement à quelques questions :
1- M'indiquer un autre livre de Yasmina Khadra qui a été lui aussi adapté au cinéma
2- Me citer le nom du dernier roman de cet auteur
3- Quelle est la profession du personnage masculin dans ce livre ?
3- Et enfin, signer une pépition pour que je remplace que F. Busnel, me dire qui j'ai enfin renconté récemment à Brest ( ô immense bonheur!)

Les réponses ( et vos coordonnées postales, j'insiste pour ne pas avoir à les réclamer après) sont à me transmettre à mon adresse mail : blog.clarac@yahoo.fr.

Vous avez jusqu'au 22 mai midi pour y répondre. Bonne chance à tous !


mardi 14 mai 2013

Agnès Ledig - Juste avant le bonheur


Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Mai 2013 - 343 pages qui font du bien ! 

A vingt ans, Julie est caissière est caissière dans un supermarché. Harcelée par son patron, elle serre les dents car elle a besoin de son boulot. Maman d'un petit Ludovic de trois ans, au lycée elle rêvait d'études. Il aura fallu d'une soirée un peu trop arrosée pour que son monde s'écoule. Mise à la porte par un père qui ne jure que par la religion catholique, Julie a dû se débrouiller seule et continue à le faire. Méfiante, la tête sur les épaules, elle survit grâce à des économies de bouts de chandelle, la fierté dans son mouchoir pour récupérer des jouets son fils et des vêtements. Paul lui revit. Sa seconde femme aussi froide que matérialiste vient de le quitter. Il est sur le point de partir en vacances en Bretagne avec son fils Jérôme un médecin dont l'épouse dépressive s'est suicidée. En terminant ses courses, Paul est à la caisse de Julie. Il remarque qu'elle ne va pas bien. Il lui adresse la parole, elle est sur la défensive avec son humour corrosif comme bouclier. Paul la revoit et lui tend une main en lui en lui proposant de partir avec eux.

Présenté de cette façon, on pourrait croire que ce roman dégouline de bons sentiments et bien ce n'est pas le cas. Roman ancré dans la réalité, Julie connaît la dureté d'une vie précaire. Et là j'imagine en que certains vont se dire "oui mais mère à vingt ans, de nos jours, tralala, ... et cette conclusion péjorative cas social". Elle a fait le choix de garder son enfant et de l'élever dans la dignité. D'ailleurs, Jérôme qui découvre l'invité surprise a cette même opinion en pensant que Julie est là pour l'argent de son père. Au contraire quand Paul propose de payer elle s'offusque car elle a sa fierté. Sa méfiance va peu à peu disparaître et elle va découvrir que certaines personnes veulent réellement vous apporter une aide sans poser de questions.
Une suite convenue? Non  car l'auteure crée la surprise en donnant au lecteur une gifle en pleine figure, histoire de lui rappeler que la vie n'est pas un long fleuve rose et tranquille. Le corps médical a a son importance dans ce roman, Agnès Ledig nous le décrit humain avec cette conception que corps et esprit sont liés. Ce corps qui refoule les traumatismes et finit quelquefois par les extérioriser.

Ces personnages abîmés vont se reconstruire en ôtant leurs œillères ou à réapprenant à faire confiance. Par rapport à  l'atelier des miracles de Valérie Tong-Cuong, ce livre paraît plus crédible, cette histoire sonne vraie par la justesse des dialogues et surtout par les personnages.
Contre les idées reçues, Agnès Ledig utilise l'humour mais aussi la  tendresse et la confiance soit solide soit fragile comme une toile d'araignée, l'amitié et surtout la volonté de changer le quotidien, l'avenir des autres.

Une belle bouffée d'oxygène qui (re)donne espoir en l'être humain et qui a su me toucher donc ce serait dommage de s'en priver !

Dans les jolies histoires, les femmes n'élèvent pas seules leur enfant, elles ne triment pas toute la journée pour pouvoir survivre. Dans les jolies histoires, les femmes sont belles, les hommes sont forts, ils s'aiment et la vie leur est aussi douce que bienveillante. C'est nul les contes de fée.

dimanche 12 mai 2013

Des abandons en vidéo...




Trois abandons :
Demain est un autre jour de Lori Nelson Spielman (éd. Cherche Midi), La 5e saison (éd. Seuil) de Mons kallentoft et Fleur de tonnerre de Jean Teulé  (éd. Julliard).
Articulations en vrac donc je passe à la vidéo ! Indulgence demandée.


samedi 11 mai 2013

Philip Hensher - Vices privés


Éditeur : Le Cherche Midi- Traduit de l'anglais par Jean-Luc Piningre - Date de parution : Mars 2013 - 607 pages fichtrement bien menées! 

Hanmouth est une charmante petite ville du Davon en Angleterre. Tranquille avec son quartier cossu mais où depuis peu des logements sociaux ont été construits. Ce qui n'est pas pour plaire à toute la population car on ne mélange pas les genres et après tout chacun chez soi. Hanmouth possède son Comité de surveillance, de braves citoyens zélés et fait régner les bonnes moeurs. Des caméras de surveillance ont même été installées avec la bénédiction de la police car le Comité pèse lourd dans la vie locale. Mais la petite China disparaît. La mère de l'enfant mène une vie qui ne plait pas à tout le monde et Hanmouth est envahie par les journalistes et les curieux. Chacun y va de sa propre idée concernant la disparition de China. Et où est le mal à s'intéresser un peu plus à ses voisins?

Dans ce roman choral, on découvre derrière les vies roses de façade, l'intime, les petits ou les gros secrets de chacun, des vies ou des comportements moins reluisants. La disparition de China,  point de départ, donne lieu à une réflexion sur la liberté avec un humour british. Cerise sur le gâteau, Philip Hensher nous offre des dialogues relevés, des situations croustillantes ou glaçantes pour cette satire sociale fichtrement bien menée ! Je n'en ai pas perdu une miette !

Le billet de Keisha


vendredi 10 mai 2013

Emmanuelle Bayamack-Tam - Si tout n' a pas péri avec mon innocence


Éditeur : P.O.L - Date de parution : Janvier 2013 - 444 pages qui sortent des sentiers battus !

Sous ce titre magnifique empreint de douceur et de nostalgie se cache un roman audacieux. Kimberly dite Kim est la troisième fille d’une fratrie cinq enfants. Deux sœurs aînées aux prénoms slaves avec qui elle ne partage rien et deux petits frères qu’elle appelle ses petits agneaux. Une progéniture engendrée par Gladys (qui doit son prénom à la sage–femme et qui garde de son bec-de-lièvre un problème de diction) et d'un tatoueur. Dès leurs naissances, Gladys a laissé à sa mère Claudette le soin de s’en occuper de ses enfants  et de se charger de l’organisation des repas et du ménage. Claudette femme  dévouée à ses petits-enfants mariée à Charlie l’œil toujours aussi frais et qui se croit encore charmeur. Car tout le monde habite dans la maison des parents de Gladys. Ce qui n’est pour déplaire à Charlie pour qui l’esprit de famille est important.
Kim grandit avec cette mère égoïste et imbue d’elle-même qui ne pense qu’à ses deux filles aînées aussi bêtes qu'elle.  Gladys délaisse et néglige ses deux petits garçons et son époux Patrick ne va jamais à l’encontre de sa femme. A neuf ans, Kim décide de rompre avec sa famille en renaissant, une façon d’oublier d’où elle vient. A dix ans, elle découvre la poésie, apprenant et se récitant des vers entiers de Victor Hugo. La poésie  en guise de survie malgré les remarques basses de son sa famille hormis ses deux petits-frères qu’elle cherche à protéger de sa famille. Viendra la gymnastique rythmique comme échappatoire  et l’amour pour sa professeur. Kim se nourrit de poésie, Rimbaud , Baudelaire,  s’épanouit grâce à elle et devient une belle jeune  fille. Sa mère sa lance sur le tard dans une profession de strip-teaseuse avec la bénédiction de toute la tribu. A  l’école, un des frères de Kim est le souffre douleur  à  cause sa couleur de cheveux qu’il tient de sa grand-mère, laquelle commence à avoir des absences. Kim abandonne le sport et à dix-sept s’échappe de plus en plus dans un relation physique avec un garçon. Le sexe sans l’amour. Son petit-frère se pend et Kim se fait tatouer en guise de bracelet un vers d’Hugo, elle et Claudette se reprochent de n’avoir pas su déceler l’ampleur du mal-être du garçon. Si sa grand-mère se réfugie dans son enfance passée en Algérie , Kim pour qui le poètes sont « ses amis et sa vraie famille » rencontre la sage-femme dont sa mère tient son prénom. Une ancienne infirmière devenue prostituée et qui lui apprend à vendre son corps. Je n’en dirai pas plus…

Dans une écriture superbe et exigeante, Emmanuelle Bayamack-Tam décrit avec férocité la bêtise, la bassesse de la famille de Kim et y oppose la beauté de la poésie. Roman d’initiation à être soi, de la découverte du corps et de l'esprit, où le souffle chaud de la sensualité  balance avec un  langage qui peut se faire cru. On sourit, on rit de cette famille à l’allure des bidochons, on se délecte des citations d’Hugo. Et il y a Kim. Audacieuse, guerrière comme ce roman, pour qui l’écriture va devenir une vocation.

Si j’ai fait corps avec ce livre, j’ai deux petits bémols. Claudette repartie en Algérie est peut-être trop vite délaissée et je n’ai pas compris pourquoi il comprenait tant détails sur l’expérience de prostitution de Kim. Mais ce livre m’a éblouie  par son écriture et sa puissance!

L'amour, c'est le goût de la prostitution. Il n'est pas de plaisir noble qui ne puisse être ramené à  la Prostitution.  Baudelaire, dans Fusées.

En fait, rien ne s'arrange  jamais car ce qui est abîmé l'est une fois pour toutes. La résilience, c'est un conte inventé pour les gogos : ça permet à tout le monde de vivoter tranquillement, les victimes comme les tortionnaires  - les uns survivant dans l'espoir inepte d'une amélioration, les autres disposant d'un alibi pour torturer  ad libitum.


jeudi 9 mai 2013

Claire Castillon - Les couplets


Éditeur : Grasset - Date de parution : Avril 2013 - 203 pages et 36 nouvelles biseautées au vitriol !

Que ceux ou cellee qui s'apprêtent à convoler en justes noces évitent de lire ce recueil. Ou si justement. Vous croyez connaître la chanson du couple la chanson, son refrain ? Lisez les couplets de Claire Castillon. Car ici la façade du bonheur doré ou rosé est éclatée, mise à mal, oh, non, je ne parle pas de la routine qui peut s'installer dans un couple. Ici, les personnages du couple tanguent, chavirent, s'échappent par l'imaginaire ou par les actes. Claire Castillon nous livres leurs pensées, leurs définitions du couple, leurs regards posés sur l'autre. La pièce montée du mariage est biseautée au vitriol, mots qui percutent, situations qui nous abasourdissent ou laissent un sourire déconfit ou de compassion.
Des nouvelles courtes et l'art de jouer avec les mots de Claire Castillon y prend sa place à merveille. 
Du mari parfait qui trompe son épouse, de la femme frigide aux défauts traqués du conjoint, de l'épouse qui ne supporte plus la présence de son mari après des années de mariage.

Si certaine textes sont moins réussis que d'autres, l'ensemble est une danse vive où l'ironie,  la psychologie creusée des personnages est un vrai régal ! Ou l'art de disséquer ...

"Tu es le sosie de l'hommme de mes rêves", a-t-elle écrit en pattes de mouche sur cet haïku. Mais je vais faire comme si je n'avais rien lu. C'est tarte. Et ce matin;, j'aime toujours l'idée d'être libre. A midi, je laisserai sans doute monter le vide, je souffrirai d'une certaine solitude. Je reviendrai peut-être sur mon bien-être de célibataire. Après, je l'appellerai. Et ce soir, je serai pris. J'ai dit Peut-être ! Par Carole, le sosie de la femme ma vie. Un sosie pour commencer, ça n'engage à rien, c'est ça qui peut être bien.

Lu de cette auteure : InsecteJe prends racine - Les merveilles - Tous les matins depuis hier

mardi 7 mai 2013

Taggus, taggum, taggée

Une fois n’est pas coutume, je me prête au jeu des questions- réponses de Coccinelle  ( et pour les copains/copines : ce n'est pas une raison pour me filer d'autres tags).

1 - Ton blog, quand et pourquoi t'es-tu lancée ?
Pourquoi cette question, ohlala, il va me falloir une heure pour tout expliquer. Un copier coller et hop, voilà. Je me suis lancée il y a un peu plus de 4 ans dans cette aventure sans rien connaître à la blogosphère. Un blog qui s'appelait initialement Moi, Clara : fibromyalgique , une épouse, une mère pas comme les autres avec pour but d'expliquer le handicap, l'invalidité sans que l'on soit forcément en fauteuil roulant.Des premiers écrits gauches, maladroits où se jetaient pêle-mêle colère et révolte. L'humour et l'auto-dérision se sont très vite invités dans ces billets d'humeur et ce blog continue d'évoluer au fil du temps. Mon premier billet lecture est arrivé trois mois après. Juste quelques lignes de ressentis. Pas plus. Maintenant, j'y parle lectures. Toujours et encore. Insatiable, affamée de l'échappatoire, de l'imaginaire et de la réflexion apportée par les livres. Ce blog me reflète et je me rends compte de tout le chemin effectué sur l'acceptation d'être qui je suis avec mes problèmes de santé car l'étiquette fibromyalgie est définitivement rangée au placard ( j'ai une maladie neuro-tendino-musculaire rare et évolutive, de l'arthrose, une polyarthrite), l'inconnu en ce qui concerne mon  avenir (côte santé) mais surtout de savoir recevoir des moments simples de la vie comme des offrandes. Des instants de bonheur, d'émotions qui me permettent d'avoir des étincelles dans les yeux, des étoiles dans le cœur et dans l'esprit.

 2. As-tu changé de plate-forme en cours de route ou prévois-tu de le faire et pourquoi ?
Je prévois de changer l’URL de mon blog en claraetlesmots mais l’export plante.., alors repartir à zéro ne me tente pas. J'attends que mon mari mette le nez dedans...

 3. Penses-tu que ton blog existera encore dans quelques années ?
Sincèrement non je ne le crois pas mais on verra bien. Attends, je prends ma boule de cristal et je vois un point d’interrogation. Si un jour l’envie disparaît, j’arrêterai. Egalement si le blog devient une contrainte. Si quelqu'un sait prévenir l'avenir, qu'il me le dise !

 4. Ton livre préféré en ce moment ?
En cours de lecture ? J’ai commencé Vices privés et j’accroche bien pour le moment.Sinon, je viens de terminer le Dictionnaire amoureux de la Bretagne de Yann Quéffélec et c’est un  coup de cœur ! Régionaliste moi ? Non  mais fière de mon héritage culturel et de ma région !

 5. Ton film préféré ou ta série préférée en ce moment ?
Je ne suis pas télé à vrai dire et le dernier film qui a trouvé grâce à mes yeux est Lincoln

 6. Ton artiste préféré ou ta chanson préférée en ce moment ?
Miossec forever !

 7. Quel serait le menu du repas si tu m'invitais ?
Je ne  fais jamais d'entrée donc une paëlla car c’est convivial et surtout facile à préparer. Pour le dessert : un crumble aux pommes et à la rhubarbe ( du jardin) accompagné de glaces vanille et caramel beurre salé fabriquées par le glacier Jampi à côte de Brest. Ah ou et  pour l’apéritif un cake salé au saumon.

 8. Préfères-tu la vie rurale ou la vie citadine et pourquoi ?
La vie citadine ! Ayant vécu mon enfance et à l’adolescence à la campagne, je me suis sentie lésée d’être loin de tout. Pas de ciné à moins de 20 kms. A pied ou à vélo ça faisait beaucoup... J’habite à Brest mêm' et pour rien au monde je retournerai hors de la ville. Je peux faire mes courses à pied , prendre le bus ou la tram et comme je ne peux plus conduire c’est indispensable pour moi d’avoir tout à côté.

 9. Où passeras-tu tes prochaines vacances ?
Dans le bassin d’Arcachon

10. Si tu étais une couleur ?
Couleur arc-en-ciel

 11. Si tu étais un animal ?
Un caméléon soit pour me cacher ou pour me montrer selon mon humeur…

Ce tag tournant comme une toupie, je ne désigne personne.

Yann Quéffélec - Dictionnaire amoureux de la Bretagne


Éditeur : Plon - Date de parution : Mai 2013 - 780 pages riches et une très belle déclaration d'amour ! 

Me voilà bien embêtée pour parler de ce livre car il faudrait que j'en cite chaque page tant cet ouvrage est une mine incroyable de découvertes, d'histoire de la Bretagne où Yann Quéffélec raconte la sienne et celle de sa famille, son attachement, ce cordon ombilical que tout breton possède avec sa région où la culture, les traditions l'ont nourri.
Comme le dit si dans la préface bien Georges Dottin, professeur à l'université de Rennes : "ce tout ondoyant et divers, est fait pour déconcerter les critiques qui cherchent à enfermer un peuple dans un formule étroite" .

"Ma Bretagne est d'Armor, le pays dans la mer. Ma Bretagne fut un royaume, il n' y a pas si longtemps. Ma Bretagne est le pays des marins. Ma Bretagne n'oublie jamais les périls en mer. Ma Bretagne est le pays des femmes vraies, le pays des épouses et des veuves. Ma Bretagne est un pays qui chante à travers les âges. Ma Bretagne est le pays des écrivains. Ma Bretagne est le pays d'une langue bretonne qui faillit s'en aller d'une mort programmée par l'Etat, - qui mourut quelque temps d'ailleurs, et qui lutte aujourd'hui pour sa résurrection. Ma Bretagne est le pays des lumières et des peintres, les mangeurs de lumière venus en chemin de fer à la belle époque comme Gauguin ou Méheut. Ma Bretagne est le pays des Pardons, la fête estivale du péché célébré sous la bannière de sainte Anne, bonne mère ! Ma Bretagne est le pays des souvenirs, les miens et ceux des anciens qui m'ont raconté l'Armorique d'avant les moteurs, la Bretagne mal aimée, vexée, réduite au silence, La Bretagne de Bécassine en délicatesse avec l'Etat français. Ma Bretagne est mon pays usuel, mon pays définitif, j'y naîtrai toujours".

Ma  Bretagne est un patchwork où les tradition côtoient la modernité. Nous avons su prendre le vent en poupe à l'image des grand skippers comme Eric Tabarly, l'industrie et l’agriculture y sont présentes. Et qui dit agriculture dit l'élevage intensif porcin, nitrate et phosphore et cette douloureuse ambivalence à résoudre. A la différence de Yann Quéffélec qui est né et a grandi l'Aber Idult (Finistère nord), ma Bretagne est celle du Poher région du centre Bretagne celle des terres et le sang de plusieurs générations de paysans coulent dans mes veines, elle est aussi elle est celle de de Brest mêm' la cité du Ponant et de son histoire " Il était une fois un bombardement. Il était une fois une ville brestoise effacée par ce bombardement. Il était une fois un grand terrain vague au bord de la mer, d'un bleu bien particulier , ce jour là - un bleu qui bleuit la voix des conteurs. Il se disait mais il n'y avait personne, qu'une ville existait à cet emplacement , la veille, une ville heureuse et blanche comme dans les prophéties où des sauterelles de feu s'abattent en rangs serrés sur la cité coupable, jusqu'à ce qu'il n'en reste rien, pas même une petite larme pour humecter sa mémoire".
Une ville dont je suis suis tombé amoureuse et que je trouve belle contrairement à certains. Et ce malgré sa météo, sujet éternel de conversations et qui peut fâcher en Bretagne, où quand on parle du Sud, il faut comprendre sud-finistère ou le pays de Vannes.
Et y a tant à dire sur ma Bretagne ! L'Ankou, les chantiers navals, les Saints, le lien celte, la mer, les druides, ses îles, ses grèves et les marées noires qui s'y abattirent en les souillant de pétrole.

Yann Quéffélec né en 1949 parle de son père Henri avec amour et fierté, de sa mère, de ses oncles et tantes comment il a grandi, façonné comme tout breton par sa région. Une Bretagne en pleine mutation mais attachée aux traditions, à sa géographie, à son histoire. Un livre truffé d'anecdotes, d'humour et d'amour !

Vous comprendrez que je pourrais vous en parler des heures durant de ma Bretagne car je suis fière de mon patrimoine culturel et de ma région. Il faut que je vous dise aussi aussi que quand j'entends le son d'un biniou ou d'une bombarde, un frisson me parcourt le dos et pourtant je ne suis pas une adepte de musique traditionnelle.
Et regardez-bien, lors de rassemblements n'importe où dans le monde , il y a toujours un Gwen Ha Du ( le drapeau  breton) qui flotte au dessus des têtes ( j'en ai vu durant les derniers JO...). Les bretons sont un peuple voyageur, ils sont plus de cinq millions à travers le monde.

" L' appartenance - abusement qualifiée d'identité -, voilà bien la force innée qui l'attache à la tribu, breton qu'il est avant d'être français, européen. Ce n'est pas un repli, c'est un ancrage. (..) Il n'y pas d'identité bretonne au sens freudien, sanguin. "Le "questionnement identitaire" enjeu dont on nous rabat les oreilles, accapare la planète entière en train de jouer son destin sur tous les fronts."
Pourtant personne ne pourra empêcher un breton de parler de ses origines ou de les couper.

Ce dictionnaire est un livre indispensable dans lequel je me replongerai parce qu'il m'a faite vibrer d'émotions (entre sourires, larme à l’œil en pensant à mes propre souvenirs), qu'il m'a permis d'apprendre certains points de l'histoire que j'ignorais et  que surtout il  témoigne merveilleusement de tout l'amour que je porte à ma Bretagne !

Je termine avec cette invitation : "entrez dans la danse avec les Bretons, chantez avec eux, et vous éprouverez pour le monde un paisible sentiment d'amitié." On vous attend...

lundi 6 mai 2013

Didier Van Cauwelaert - La femme de nos vies


Éditeur : Albin Michel- Date de parution : Février 2013 - 294 pages et une belle lecture  !

Janvier 1941, Jürgen Bolt est considéré comme un idiot alors qu'il ne souffre que d'un léger problème d'autisme. Dans l'Allemagne nazie, les parents sont invités à se séparer de leur progéniture défaillante contre une prime. Le jeune vacher de quatorze ans se retrouve interné à  l’hôpital psychiatrique d’Hadamar. Il se noue d'amitié avec son voisin de dortoir David Rosfeld un garçon Juif surdoué dont la mère a été assassinée est une scientifique ayant travaillé sur les travaux de la fission nucléaire. David est en possession du livre qu'elle a rédigé et de ses notes. L'hôpital psychiatrique n'est qu'un leurre et l'ensemble des garçons doit être euthanasié. Seul un. David à cause de son QI de 180 repéré lors d'un test passé par Ilsa Schaffner. Mais l'enfant préfère mourir et propose à Jürgen d'échanger leurs places. Il lui apprend des formules, comment déjouer les questions et se comporter et surtout la manière aiguiller l'Allemagne sur des fausses pistes en matière de bombe atomique. Jürgen devient David, "un imposteur. Lorqu'Ilsa Schaffner vient chercher David pour l'amener au chateau d'Helm, elle se rend compte immédiatement que ce n'est pas le David qu'elle avait vu. Elle joue sa vie. Jürgen devenu David lui raconte la vérité. Elle lui propose de s'enfuir mais Jürgen reste car il a fait une promesse à David. Le château d’Helm regroupe des enfants surdoués dans un domaine scientifique précis mais aussi des chiens que l'on dresse. Le nouveau David va apprendre grâce l'aide d'Ilsa mais dix-sept mois plus tard, sa vie va prendre un tournant inattendu.

Soixante années ont passé, le professeur David Rosfeld désormais à la retraite se rend en Allemagne au chevet d'Ilsa plongée dans le coma. Il ne l'a pas revue depuis Helm. Sa petite-fille Marianne Bert avocate au barreau de Morlaix en passe d'être radiéé  arrive  dans la chambre demandant à ce que les médecins débranchent immédiatement les machines. Elle possède de sa grand-mère l'image véhiculée depuis la guerre celle d'une femme sans coeur ayant exécuté des enfants et appelée La chienne d'Helm. Alors qu'elle défend un projet, elle vient d'être salie car quelqu'un a comuniqué à la presse son ascendance.  Sa vie selon elle est désormais gâchée. Malgré les réticences qu'elle affiche, David veut lui raconter son histoire et celle de sa grand-mère qui lui a sauvé la vie. Narrateur hors pair, il  sait éveiller sa curiosité.

D'emblée, Didier Van Cauwelaert met le lecteur dans sa poche par cette construction où Jürgen s'adresse à Marianne. Charmeur et possédant de l'humour, épicurien ayant acquis une certaine vision de la vie, ce simple vacher déroule sa vie où Ilsa a toujours été presente. Amoureux d'elle, scientifique ayant travaillé sur de nombreux projets mais sans se mettre en avant, il a côtoyé Einstein et les têtes américaines. A la question pourquoi n'a-t'il rien dit avant sur Ilsa, le lecteur aura une réponse imbriquée dans l'Histoire. Marianne s'adoucit au fil du récit de Jürgen passant de l'agressivité à l'étonnement, la honte d'avoir Isla comme grand-mère s'estompe pour disparaître.  L'admiration, l'humilité, la filiation, la rédemption, l'amour mais aussi la foi en un certaine bonté de Hommes jalonnent cette belle histoire. Je n'avais jamais lu Didier Van Cauwelaert avant ce roman et je suis conquise ! 

C'est là que je me rends compte pour la première fois que, si vous catalogué génial, vous pouvez sortir n'importe quelle ineptie, on lui donnera un sens. 

Les billets de Jostein, l'Irrégulière.

Ce livre fait partie  de la sélection de mai du prix Relay des Voyageurs





dimanche 5 mai 2013

Graham Swift - J'aimerais tellement que tu sois là


Éditeur : Gallimard - Traduit de l'anglais par Robert Davreu - Date de parution : Avril 2013 - 402 pages et une belle lecture ! 

Jack Luxton attend derrière sa fenêtre un fusil posé à côté de lui. Son regard se porte en contrebas sur les caravanes inoccupées en ce mois de novembre de 2006 qu'ils louent avec sa femme Ellie l'été à des vacanciers. Principalement des habitués sur cette île de Wight. Quelques heures plus tôt, Ellie furieuse est partie en voiture. D'habitude,  c'est eux qui partent en vacances au soleil à cette période de l'année mais une lettre arrivée quelques jours plus tôt a changé la donne. Tom le frère cadet de Jack qui le jour de ses dix-huit ans s'était engagé dans l'armée est mort en Irak. Jack a assité aux cérémonie militaires puis aux obsèques sans Ellie qui n'avait pas voulu venir. Pour Jack, les vacances sont à oublier. Il ne peut pas.
Jack un ancien fermier fermier du Devon, un agriculteur qui s'était retrouvé pris à la gorge par les dettes, privé de son outil de travail de ses vaches tuées et brûlées suite à l'épidémie de vache folle. Des années auparavant, sa mère Vera était morte laissant Jack et Tom son frère cadet de huit ans seuls avec leur père. Un homme taiseux, pas facile à vivre. Et puis Tom avait décidé de s'engager dans l'armée, de partir, de fuir. Jack n'avait rien dit, hormis un simple bon courage écrit sur une carte d'anniversaire. Il n'y eut plus que son père et lui engagé dans dans la poursuite de la ferme. Quand leur père s'est suicidé, Tom n'avait répondu au courrier de son frère et ne s'était pas rendu aux obsèques. Ellie qu'il connaissait depuis l'enfance avait été à ses côtés mais pour elle  Tom avait oubliés son frère, sa seule famille désormais. Le père d'Ellie avait rejoint celui  celui de Jack eu de temps après alors que sa mère avait pris la poudre d'escampette des années auparavant. Ellie avait reçu en héritage d'un oncle des caravanes et elle avait une idée celle de réunir les deux fermes et de les vendre. Fini les problèmes financiers et agricoles, ils pouvaient tourner la page et goûter aux-aussi au bonheur. Jack avait accepté et  suivi Ellie sans rien dire. Raccrocher son ancien métier et quitter le Devon mais sans l'oublier. Une victoire pour Ellie qui le voulait à elle toute seule.

Depuis que Tom est mort, il hante Jack. Son décès a déterré tout ce que était enfoui, entassé. Derrière sa fenêtre, Jack replonge dans ses souvenirs et dans ses relations avec son père et Tom. Jamais d'effusion de sentiments, des émotions toujours refoulées et enfouies, courber l'échine et des non dits en guise d'acceptation. Pourquoi étaient-ils devenus deux inconnus chacun menant sa vie ? Il pense à Ellie une meneuse qui a toujours pris des initiatives. Mais leur couple s'est distendu avec les années, ils se sont éloignés sans y faire attention.
Jack cet homme calme est gagné par une sorte de folie, une sorte de vent où les remords, l'attachement à son ancienne vie de fermier tourbillonnent. Il attend qu'Ellie revienne, il faut qu'elle revienne pour lui.

Le poids du passé, celui des morts et d'un monde agricole au bord de l'asphyxie marquent la vie de Jack. Des empreintes au fer rouge indélébiles dont il aimerait s'affranchir. Graham Swift à cet capacité à s'attacher aux détails, à des vies ordinaires brouillées par les événements et à les mettre à nu.
Un roman amer bercé par la nostalgie qui se termine sur l'espoir. Une belle lecture !

Au moment même où Ellie le prenait dans ses bras, le tenait- elle sentait le coton propre -, l'embrassait dans le cou en disant : " Ca va Jacko, ça va". Et qu'est ce que ça voulait dire - uniquement qu'il n'y avait pas de mal à pleurer pour un adulte? Au moment même où les larmes brûlantes jaillissaient - il ne pouvait pas en être autrement - des yeux de Jack Luxton, des yeux gris comme la pierre et, la plupart du temps, froids et sans expression comme ceux de son père. Ma foi, les gens ne sont pas du bétail.






vendredi 3 mai 2013

Jean-Luc Nativelle - Le promeneur de la presqu'île


Editeur : éditions du petit véhicule - Date de parution : 06/2012 - 169 pages et un avis en demi-teinte.

Antoine Desprez effectue sa promenade dans le village où il est venu habiter il y a vingt-cinq ans avec sa femme Michelle. Ce soir, contrairement aux autres jours, il décide de l'entreprendre dans le sens opposé. Cette  cassure dans l'habitude est "comme un interdit, il ne respecte pas la règle qu'il avait établi depuis tant d'années". Une manière d'entreprendre une introspection. Tandis qu'il passe devant les maisons, leurs habitants nous livrent leurs points de vue sur ce qui s'est passé trois jours plus tôt.

On devine très vite qu'Antoine est habité par la mort de son épouse. Comme un puzzle devant chaque maison où il passe, les habitants reviennent sur cet homme et sa famille, et les relations entretenues ou non avec eux car on apprend qu'il a un fils Julien. On avance à petits pas ne sachant pas exactement l'âge de Julien. Un lieu, une maison réveillent les souvenirs d'Antoine alors que les pensées des habitants oscillent entre pitié, compassion ou une forme de stupidité bête et méchante. Car  on pressent  qu'il y a autre chose de plus noir, plus sombre. L'accident qui a eu lieu trois jours auparavant est la  noyade de Julien. Un jeune homme différent atteint d'un handicap mental depuis sa naissance. Au fil des pages, la vie d'antoine, de sa femme et de Julien se déroule. L'incompréhension, la culpabilité, les remords mais aussi des moments simples de bonheur apprivoisés nous sont dévoilés.  On se prend des émotions comme des claques en plein figure quand l'on s'y attend le moins. La nature humaine nous saisit à la gorge par tous ses aspects.  Je n'en dirai pas plus sur l'histoire...

Mais j'ai trouvé que l'auteur jouait trop sur la code sensible et le mélo chargeant cet homme de strates de malheur un peu à la Olivier Adam.  Pour faire parler son personnage, l'auteur a choisi de longues phrases où l'on peut se perdre par faute d'un manque de ponctuation. Il y a quelques maladresses également. Conduit à l'hôpital après le décès de son fils, on lui demande de remplir des papiers et de choisir les textes qui seront lus lors de la messe d'enterrement (dans mon souvenir, cette organisation religieuse est préparée à part avec le prêtre ou le curé). En quelques années, sa femme est foudroyée d'une cirrhose. Et là j'ai tiqué car il faut bien plus que quelques verres par jour pour passer directement à la case cancer (l'alcoolisme tue de façon plus insidieuse et plus complexe). Enfin, l'histoire se déroule dans un village d'une presqu'île bretonne comme le titre l'indique et à part l'évocation d'une cale, de rochers et d'une plage, il n'y a rien d'autre.
Jean-Luc Nativelle a choisi de détailler certains points et d'autres moins laissant planer un certain flou.

Je crois que l'auteur a voulu évoquer trop de thèmes dans ce livre et il aurait fallu soit en supprimer soit en faire un roman plus approfondi. Sans les défauts que j'ai évoqués, ce roman aurait gagné en force mais la sensibilité et les réflexions de cet homme m'ont touchée.

Ce livre fait  partie de la 11ème sélection du prix des Lecteurs du Télégramme et maintenant place au vote  jusqu'au 5 mai dernier délai!


jeudi 2 mai 2013

J. Courtney Sullivan - Maine


Éditeur : Rue Fromentin - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Camille Lavacourt - Date Parution : Mai 2013 - 450  pages absolument géniales ! 

Comme tous les étés, la maison de vacances d’Alice doit accueillir enfants, petits enfants et arrière-petits-enfants ou du moins une partie. Son fils Patrick a fait construire sur le même terrain une autre bien plus confortable que celle de sa mère pour lui et sa famille. Qu’importe car pour Alice ses souvenirs s'entassent dans sa maison et lui rappelle Daniel son époux décédé depuis dix ans. Bigote assidue, Alice n'est pas pour autant une sainte. Sa belle-fille Anne Marie  a organisé le planning pour tout le monde tout en sachant pertinemment que ses belles-sœurs et leurs moitiés ne viendront pas. L’épouse modèle de Pat avec qui elle forme un couple parfait, a une famille dont elle est fière avec ses enfants et petits-enfants exemplaires. Attentive et aux petits soins, Ann Marie est comme une fille pour sa belle-mère et a elle prévu de venir dès juin afin qu’Alice ne soit pas seule. Kathleen ne supporte guère sa famille surtout sa mère et Ann Marie. L’autre fille d’Alice, Clare vit trop loin pour venir passer un mois dans le Maine. Mais Ann Marie n’avait pas prévu que Maggie la fille trentenaire de Kathleen s’invite sans prévenir. Et c’est ce qui arrive. Maggie  vient de rompre avec son copain alors qu’elle est enceinte. Sans vouloir déranger, elle est venue passer quelques jours au bord de la mer là où elle passait toujours ses étés.

Fichtre, que ce roman est génial ! A travers ses personnages féminins sur trois générations à qui elle donne la parole à tour de rôle, J. Courtney Sullivan nous plonge dans les joies de la famille au sens large. Les dîners de famille où tout le monde riait et s’entendait sont bien du passé pour Alice. Loin d’être dupe et entretenant rivalités et jalousies avec ses propres petites remarques assassines, Alice ne s’attendait pas ce que ce été soit aussi mouvementé. Elle n’a pas dit à ses enfants la légère modification, apportée à son testament et quand ils la découvrent c’est l’étincelle qui allume l’incendie. Mais bien avant d’en arriver à ce moment précis du roman, Kathleen débarque elle aussi et les hostilités sont au programme. Ann Marie opte pour la version chic et polie derrière son sourire (parfait) tandis que Kathleen aime se complaindre dans le rôle de Caliméro l’incomprise. Maggie, elle, ense plus à son futur avenir de mère célibataire et Alice attend que cet été se termine au plus vite tout en aspirant à rejoindre Daniel.

Sans tomber dans les clichés, on découvre au fil des pages de nombreuses révélations tendres, gaies ou agaçantes comme ces personnages et cette famille. Car J. Courtney Sullivan nous dépeint de vraies femmes humaines qui ont des désirs, des remords, des regrets ou des préoccupations. Elle leur insuffle des émotions, des défauts et des qualités, les sonde avec finesse et psychologie pour nous livrer ce roman  pétillant, savoureux , captivant et  très pertinent sur la famille et le rôle de la femme ! 
Une fois commencé ce livre, on ne veut pas e refermer car au fond cette famille renferme un peu (ou beaucoup) de la nôtre.

A lire, à savourer seule ou entourée des siens (dans ce cas prendre toutes les dispositions nécessaires afin que personne ne remarque vos petits haussements de sourcils, vos rires ou votre regard qui trahirait le fond de votre pensée). Peu importe car  le vrai  bonheur de la lecture est bien là et j’en redemande !
Après Les débutantes,  J. Courtney Sullivan s'affirme  en tant que romancière très douée.

Passé un certain stade , vous ne vous inquiétez plus pour vos rides et vos bourrelets. Vous refusez de rentrer votre ventre au moment où vous tentez d'avoir un orgasme. ( Et toc, bien dit Kathleen)

Si vous hésitez encore à vous précipiter sur ce livre,  je vous conseille hautement de lire les billets de Cathulu et de Cuné. Brize est moins enthousiaste
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...