mardi 10 septembre 2013

Virginie Deloffre - Léna


Éditeur : Le Livre de Poche - Date de parution : Août 2013 - 238 pages et un premier roman très réussi ! 

On oublie vite la couverture hideuse car je sais qu'avec de telles couleurs et un graphisme digne des mauvais dessins animés des années 80, on a plutôt envie de fuir mais ce serait vraiment dommage car ce premier roman est une magnifique découverte !

Fin des années 80 en URSS. Léna bien que mariée est très souvent seule. Son mari Vassili pilote dans l’armée de l’air s’absente pour des missions. Solitaire, rêveuse et d’un tempérament effacé, elle écrit à Mitia et Varia, blottie dans une mélancolie feutrée où la Sibérie lui manque. Lena refuse de connaître précisément le métier de son mari et  préfère se rappeler son grand Nord. Varia communiste convaincue regrette le temps d’avant alors que Mitia a été muté justement en Sibérie à cause ses opinions. Logé chez Varia, il a participé à élever Lena recueillie à l’âge de sept ans. Enfant silencieuse, calme. Et ce sont deux caractères opposés qui commentent chaque lettre reçue de Lena. Des lettres où elle se confie à nue et raconte comment la contemplation d’un arbre la comble. Autant de phrases qui laissent Varia perplexe et interrogative. Tandis que Mitia géologue de formation reconnaît dans ces mots l’amour de la beauté du silence, du pays et du temps.
L’Histoire intervient grâce aux souvenirs de Varia mais aussi avec la mutation du pays et sa conquête de l’espace. Des changements subis, des espoirs et des rêves inassouvis...
Je n’en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de cette lecture !

On entre dans ce roman sur la pointe des pieds, on s’immisce dans la bulle et dans l'âme de Léna, d’aspect fragile et d’une nostalgie aussi belle que délicate dissimulant bien des tourments. Les descriptions de la Sibérie et de l'URSS dont les coutures craquent sous les pressions du changement sont remarquables!  Et l’écriture de Virgine Deloffre est splendide. Poétique, subtile, puissante.

Un premier roman qui serre la gorge et  allume des étincelles de bonheur dans les yeux et dans le coeur !

Mon bon et cher Mitia et toi ma douce Varia,
Je crains le stylo du départ et le moment de le reprendre. Je crains  le papier, l'enveloppe pour la  la lettre de son départ. Ils sont là pourtant, étalés sur ma table. Vassili est reparti à la Base. Et me voilà repartie moi aussi, dans l'attente, qui m'est comme un pays. Comme il est long mon pays, comme il est plat, infiniment plat et long. Il n' a pas de terme mon pays, il n'a pas de contours, il offre au regard ses alentours semblables, de tous côtés la même étendue devant soi étalée.

Le billet de Theoma, un livre lu par Aifelle,  Anne , Kathel, Yv... et bien d'autres !


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