dimanche 8 septembre 2013

Thomas B. Reverdy - Les évaporés


Éditeur : Flammarion - Date de parution : Août 2013 - 299 pages fascinantes et troublantes ! 

Au japon lorsqu’une personne disparaît, elle rejoint le rang des "johatsu" c’est-à dire des évaporés. Personne ne cherche à savoir ce qui pu pousser la personne à partir ou ce qu’elle est devenue. Un halo de mystère et de respect les entoure. Après trente-cinq annéss de mariage, Kaze licencié par la banque qui l’employait a fait ce choix. Sa fille Yukiko qui vit à San Francisco veut savoir pourquoi. Elle demande à son ex petit ami, Richard B., détective privé de son état de l’accompagner au Japon pour retrouver son père. 

Nous sommes au Japon de l’après Fukushima. Un pays en proie à soigner ses propres blessures, frappé par la crise économique et les catastrophes et où l’argent domine. Sale ou corrompu. Un pays où les yakuzas font régner la loi. L’enquête de Yukiko et de Richard B. est loin d’être facile car parler des évaporés porte malheur. Richard B. est partagé par sa fascination envers ceux que l’on appelle les évaporés et son désir pour Yukiko. Ce roman n’est pas uniquement porté par le personnage de Richard B.   Kaze, Yukiko et Akainu un jeune garçon dont les parents ont disparu lors du tsunami interviennent nous faisant part de leurs questions et de leurs craintes.
Cette porte donnée à chacun de disparaître sans se justifier est tout aussi envoûtante que douloureuse. Tourner une page de sa vie pour en écrire un autre sans se justifier n’est pas si simple qu’elle y paraît. Roman sur l’exil, la disparition, la renaissance mais aussi cette quête existentielle que nous portons tous en nous. L’image du Japon actuel côtoie une poésie, une mélancolie douce. L’écriture délicate et subtile presque évanescente de Thomas B. Reverdy nous offre un autre regard sur ce pays. Et la quiétude qui s’en dégage n’est qu’un apparat car les récifs et la détresse sont bien présents.

Une lecture fascinante et troublante !

Aujourd'hui, voilà ce qui leur importait. Pour le reste, on verrait. Aujourd'hui, c'est l'assurance d'aller jusqu' à demain. Et demain, c'est peu mais une promesse suffisante. Les camionnettes se remplissaient. La misère est une énergie renouvelable.

Lu du même auteur :  La montée des eaux
De nombreux billets sur Babelio  que je remercie !



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