mardi 2 juillet 2013

Pierre Béguin - Vous ne connaîtrez ni le jour ni l'heure


Éditeur : Philippe Rey - Date de parution : Janvier 2013 - 188 pages dignes, belles, douloureuses et qui ne peuvent pas laisser indifférent...

Un homme et une femme vont mourir. Le narrateur, leur fils, passe la dernière nuit avec eux la veille de l'euthanasie. Ses parent sont  gravement malades, son père refuse de payer pour végéter dans une maison de retraite car son éducation, son rapport au l'argent lui fait dire que ce serait du gaspillage. Et ils veulent mourir dignement. C'est lui qui en a parlé en premier, son épouse commence à perdre la tête. Partir dignement après une vie simple menée sur des principes.

Durant cette ultime dernière nuit, le narrateur revient non seulement sur le choix suicide assisté en fin de vie (nous sommes en Suisse) mais également sur son enfance et adolescence. Ecrire tout ce qui n'a pas été dit : les blessures, les failles , la manque d'amour paternel, sa mère obéissant sans discuter aux choix de son père, avec "cet espoir qu'un jour le dialogue serait rétabli". "
"Ses parents sont avant tout le produit d'une époque, d'une empreinte sociale et morale qui relègue toute dimension psychologique à l'arrière-plan". Pas communication et le mot phare "travailler" a été le leitmotiv de son père. Le fils a enfreint cette règle en entamant des études supérieures sans aucune reconnaissance de son père.
"Il y a entre eux une telle  somme de non-dits, de malentendus, de rancoeurs, d'incompréhension". Et dans ces dernières heures qui vont le séparer définitivement de ses parents, il mène une réflexion sur l'euthanasie. Complice désigné de cette mort, il s'interroge. Sa mère a-t'elle prise sa décision en toute liberté ou obéi à son mari ?

Ses parents ne sont plus et d'autre questions le hantent sur ce droit à mourir, sur la liberté de vivre, sur ce qu'il est désormais.

Ce roman, je ne ce comprends pas pourquoi ce livre est appelé ainsi, a été un coup de poing. Comme je le disais il y a quelques jours, l'enfance et l'adolescence du narrateur sont des calques des miennes. Encore que ma mère ne m' a jamais montré une marque d'amour. A travers la figure du père et de ses principes, j'ai retrouvé le mien. Et vous vous doutez bien que ce livre m'a plus que touchée. 

Les questions sur l'euthanasie et le libre-arbitre abordées interpellent, font réfléchir. Un livre  digne, sans pathos , douloureux  et qui ne peut pas laisser indifférent... 
Je conseille de lire également le roman Tout s'est bien passé d'Emmanuèle Bernheim qui traite du thème de l'euthanasie sous un autre angle.

Etre fort, maîtriser sa vie  éviter le honte absolue d'être à la charge de la société  Autant d'influences, d'injonction sournoises, auxquelles mes parents n'ont pu échapper. Leur dignité n'était pas fluctuante mais inhérente à leur personne; elle ne dépendait pas de l'image donnée, elle n'était visible qu'avec le coeur. Le mien a-t-il suffisamment entendu, ressenti, parlé ? 

Les billets de Gwordia, Hélène,  Noann

15 commentaires:

Lucie a dit…

merci à toi de nous livrer ta lecture, ton ressenti si personnel...

cathulu a dit…

Les blessures de l'enfance , on a du ma à s'en remettre...Je comprends que ce texte t'ait autant touchée...

krol a dit…

Le même thème que Tout s'est bien passé... qui n'est pas non plus un roman... Un sujet qui mène à la réflexion et qui touche à ce qu'on a de plus intime en soi... ça remue...

Asphodèle a dit…

Un livre que je lirai un jour quand ce sera le bon moment ou du moins, un moment plus favorable à la lecture !;)

Alex Mot-à-Mots a dit…

Pas sûre d'être touchée par la situation. Alors je passe mon tour.

luocine a dit…

oh là là! je ne sais pas si c'est la météo mais mes blogueuses préférées font dans la tristesse absolue
j'imagine la dureté du livre et je crois que je ne le lirai pas.. on n'a pas toujours le courage de tout lire
Luocine

chalipette a dit…

Merci pour cette lecture, je sens que ce livre va avoir des résonances personnelles également pour moi. Je le note précieusement...

Irrégulière a dit…

J'avoue que ce livre me fait un peu peur...

Clara a dit…

@ Lucie : oui personnel et je peux me permettre de le livrer car sur ce blog j'ai carte libre..

@ Cathulu : les stigmates sont toujours là. Après il faut savoir avancer avec son vécu.

@ Krol : ça remue, on se pose des question sur ce droit de vivre, de mourir. Un livre très fort !

@ Alex : le débat sur ce thème m'intéresse !

@ Luocine : l'euthanasie est un sujet complexe, et l'auteur nous amène à nous poser des questions.

@ Chalipette : merci à toi !

@ Irrégulière : il faut choisir le bon moment pour le lire. Nous avons tous une opinion sur ce sujet et l'auteur par ses réflexions si justes nous mène à considérer d'autres points de vue, ou des questions qui auraient pu nous échapper.

Mango a dit…

Nul doute que je lirai ces deux livres sur un thème qui ne m'a jamais laissée indifférente depuis certains événements familiaux qui m'ont bouleversée!

gambadou a dit…

Je pense qu'il faut trouver le bon moment pour lire ce livre. Je le note

Kadoutikou a dit…

Bonjour,

Il y a bien longtemps que je n'ai pas déposé de commentaire sur votre Blog, Clara.
Mais c'est le titre qui m'a interpellé.
Vous vous posez la question de la raison du titre.
Ce que je peux vous dire, c'est qu'il fait référence à un verset biblique.
Mais peut-être le saviez-vous déjà ?
Bonne soirée et Bonne continuation.

Clara a dit…

@ Mango : je pense qu'ils pourront t'apporter beaucoup !

@ Gambadou : oui car c'est une lecture très forte !

@ Kadoutikou : merci ! oui j'avais lu après ma lecture l'explication du titre. Et c'est d'autant plus marquant...

siri a dit…

Suite à votre texte sur ce livre, je l'ai acheté, lu et fini cette après midi...je ne pense pas pouvoir commencer une autre lecture tout de suite.Quel uppercut..Merci

Clara a dit…

@ Siri : Merci Siri !!!! Oui ce livre est un uppercut !

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