mardi 25 juin 2013

Samira El Ayachi - Quarante jours après ma mort


Éditeur : l'Aube - Date de parution : Mai 2013 - 228 pages d'un chant de colère, d'injustice ou de rédemption !

Un jeune homme de trente-cinq ans est mort à Paris. Il est le narrateur de ce récit. Son corps et rapatrié au Maroc la terre de sa famille. Bien que né en France, c’est à Fès que son corps sera gardé en attendant l’arrivée de ses parents selon le rite musulman. Son corps est exposé pour la venue des voisins, des amis, de la famille. Il entend tout le bien, comme le mal, les mensonges comme les pleurs. Il sait comment se déroule les funérailles. Mais il a peur. Pas de la mort mais que son existence en France soit mise à nue. Et elle l’est.

Une attente qui va durer quarante jours, autant de journées où tout s’effondre, où la vérité prend un autre visage. . De Paris, trois femmes qui ne se connaissent pas arrivent affirment chacune être sa compagne. De son sont statut de mort pleuré, il devint un objet de honte. Impuissant, il raconte ses propres mensonges qu’il a brodé tout la comme vie qu’il disait mener. Mais l'arrivée surprise  des compagnes n’est pas la dernière en révélation inattendue.

L’auteure alterne habilement les traditions marocaines et toute une famille qui va se confronter elle-même à ses propres secrets et la vie du narrateur. Deux styles où poésie et lyrisme contrastent avec une langue actuelle sans concession. Entre traditions et modernité, ce roman s’élève comme un chant où colère, honte et rédemption dominent. Et les désillusions de jeune homme nous sautent à la gorge comme le témoignage de ses rêves inaccomplis.

Même si ce roman n’est pas parfait, l’écriture de Samira El Ayachi est un chant à elle tout seule. Elle réussit ce pari d'intégrer la mort comme entité, les coutumes religieuses et de nous pendre la main par cette histoire dont la dimension fait réfléchir.
Une lecture qui sort des sentiers battus ! 

Et je me demande " Qu'ont donc tous ces gens? " N' y a t-il pas endroit plus propice à déballer ses petite affaires que sur la table de mes funérailles ? Depuis ma mort, chacun se hâte de décharger sa conscience en me rapportant comment, toute sa vie durant , il ou elle manœuvré pour dissimuler une partie de son identité. Surtout, je comprenais que dans le moindre recoin  de ce pays , toute chose est autorisée tant qu'elle demeure, clandestine, calfeutrée dans le psyché de l'individu. C'est le règne de la vie souterraine, au détriment de la vie révélée. 

5 commentaires:

Yv a dit…

J'aime quand ça sort des sentiers battus et c'est un thème qui me plait bien

Clara a dit…

@ Yv : ouf... un commentaire sur ce livre qui mérite d'être lu !!!

Sarah ben a dit…

Mon coup de cœur ! Pari réussi que de faire parler un mort... Lu d'une traite ! étrange idée de faire parler un mort, mais cela fonctionne, en plus dans une langue poétique et moderne, vous avez vu juste. Je découvre cette jeune auteure à suivre

Nadael a dit…

L'idée est belle. On en rencontre tellement "des morts" dans les romans avec moults détails de l'assassinat, de la maladie... mais une fois mort, le personnage s'évapore... voilà qu'un auteur a l'audace d'en faire parler un. Je trouve ça magnifique.

Clara a dit…

@ Sarah Ben : oui, c'est un livre étonnant et l'auteure a de nombreuses qualités ! Je suis triste car voilà petite maison d'édition et ce livre passe inaperçu..

@ Nadael : et il y a l'écriture en plus ! Un livre que je prendrai plaisir à relire !

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