jeudi 2 mai 2013

J. Courtney Sullivan - Maine


Éditeur : Rue Fromentin - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Camille Lavacourt - Date Parution : Mai 2013 - 450  pages absolument géniales ! 

Comme tous les étés, la maison de vacances d’Alice doit accueillir enfants, petits enfants et arrière-petits-enfants ou du moins une partie. Son fils Patrick a fait construire sur le même terrain une autre bien plus confortable que celle de sa mère pour lui et sa famille. Qu’importe car pour Alice ses souvenirs s'entassent dans sa maison et lui rappelle Daniel son époux décédé depuis dix ans. Bigote assidue, Alice n'est pas pour autant une sainte. Sa belle-fille Anne Marie  a organisé le planning pour tout le monde tout en sachant pertinemment que ses belles-sœurs et leurs moitiés ne viendront pas. L’épouse modèle de Pat avec qui elle forme un couple parfait, a une famille dont elle est fière avec ses enfants et petits-enfants exemplaires. Attentive et aux petits soins, Ann Marie est comme une fille pour sa belle-mère et a elle prévu de venir dès juin afin qu’Alice ne soit pas seule. Kathleen ne supporte guère sa famille surtout sa mère et Ann Marie. L’autre fille d’Alice, Clare vit trop loin pour venir passer un mois dans le Maine. Mais Ann Marie n’avait pas prévu que Maggie la fille trentenaire de Kathleen s’invite sans prévenir. Et c’est ce qui arrive. Maggie  vient de rompre avec son copain alors qu’elle est enceinte. Sans vouloir déranger, elle est venue passer quelques jours au bord de la mer là où elle passait toujours ses étés.

Fichtre, que ce roman est génial ! A travers ses personnages féminins sur trois générations à qui elle donne la parole à tour de rôle, J. Courtney Sullivan nous plonge dans les joies de la famille au sens large. Les dîners de famille où tout le monde riait et s’entendait sont bien du passé pour Alice. Loin d’être dupe et entretenant rivalités et jalousies avec ses propres petites remarques assassines, Alice ne s’attendait pas ce que ce été soit aussi mouvementé. Elle n’a pas dit à ses enfants la légère modification, apportée à son testament et quand ils la découvrent c’est l’étincelle qui allume l’incendie. Mais bien avant d’en arriver à ce moment précis du roman, Kathleen débarque elle aussi et les hostilités sont au programme. Ann Marie opte pour la version chic et polie derrière son sourire (parfait) tandis que Kathleen aime se complaindre dans le rôle de Caliméro l’incomprise. Maggie, elle, ense plus à son futur avenir de mère célibataire et Alice attend que cet été se termine au plus vite tout en aspirant à rejoindre Daniel.

Sans tomber dans les clichés, on découvre au fil des pages de nombreuses révélations tendres, gaies ou agaçantes comme ces personnages et cette famille. Car J. Courtney Sullivan nous dépeint de vraies femmes humaines qui ont des désirs, des remords, des regrets ou des préoccupations. Elle leur insuffle des émotions, des défauts et des qualités, les sonde avec finesse et psychologie pour nous livrer ce roman  pétillant, savoureux , captivant et  très pertinent sur la famille et le rôle de la femme ! 
Une fois commencé ce livre, on ne veut pas e refermer car au fond cette famille renferme un peu (ou beaucoup) de la nôtre.

A lire, à savourer seule ou entourée des siens (dans ce cas prendre toutes les dispositions nécessaires afin que personne ne remarque vos petits haussements de sourcils, vos rires ou votre regard qui trahirait le fond de votre pensée). Peu importe car  le vrai  bonheur de la lecture est bien là et j’en redemande !
Après Les débutantes,  J. Courtney Sullivan s'affirme  en tant que romancière très douée.

Passé un certain stade , vous ne vous inquiétez plus pour vos rides et vos bourrelets. Vous refusez de rentrer votre ventre au moment où vous tentez d'avoir un orgasme. ( Et toc, bien dit Kathleen)

Si vous hésitez encore à vous précipiter sur ce livre,  je vous conseille hautement de lire les billets de Cathulu et de Cuné. Brize est moins enthousiaste
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