jeudi 11 avril 2013

Joyce Maynard - Baby Love

Editeur : Philipp Rey - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Mimi Perrin - Date de première parution : 1981 - Date de parution : Avril 2013 - 301 pages à la fois belles et terribles sur la maternité ou son désir... 

Fin des années 1970, elles sont quatre adolescentes à passer beaucoup de temps de temps ensemble. Agées de seize à dix-huit ans, leurs conversations tournent de leur bébé. Sandy mariée depuis plus d'un an est une parfaite maman et mère au foyer. Mark son mari se sent coincé dans son rôle de père et d'époux car le bébé n'était pas prévu. Tara comme Wanda élève seule son enfant. Jill lycéenne qui habite toujours chez ses parents est enceinte depuis peu.

La vie de ces quatre jeunes filles tourne autour de la maternité. A l'âge où elles devraient s'amuser, penser à l'université, les responsabilités d'être mère ont balayé tout le reste. Encore que. Car Sandy désarmante par sa naïveté et par son innocence pense de temps de temps aux études qu'elle pensait suivre. Maman, épouse, femme au foyer : elle se sent importante dans ce schéma et ne regrette rien. Wanda galère avec sa petite fille. Bien sûr, elle aime son enfant mais c'est si dur quand la petite pleure, c'est si frustrant d'avoir un corps qui a changé et de ne plus sortir comme avant. Bien que sa mère voulait qu'elle avorte, Tara a refusé et a aujourd'hui une relation très harmonieuse avec son bébé. Jill est excité à l'idée d'être enceinte comme si cela représentait une réussite en soi.
La petite ville connaît des changements : un peintre et sa compagne tous deux de New-York viennent s'y installer comme Ann une jeune femme de vingt ans seule et brisée par une rupture. Sans oublier une femme en âge d'être grand-mère qui porte un intérêt particulier au bébé de Wanda, un détenu en hôpital psychiatrique qui cherche à donner son amour passionné et exclusif.

Tout en finesse et avec subtilité, Joyce Maynard nous invite dans le quotidien et dans l'intime de ses personnages. Bercés d'illusions, prisonniers d'une vie non choisie ou aspirant à une autre chose, une intrigue se noue peu à peu entre eux. Entre les désirs, les rêves, les remords, les désillusions et les fantasmes, on pressent que ce que livre se terminera mal. Très mal. La fin en sera d'autant plus terrible.
Avec une écriture sans fioriture, l'auteure nous décrit une Amérique profonde et cette perception  de devenir mère qui revêt des dimensions différentes.
A la fois touchant par ces jeunes filles aux vies soudainement étriquées et dérangeant par plus d'un aspect, j'ai lu ce roman d'une traite ! Et maintenant je n'ai qu'une seule envie lire Les filles de l'ouragan !

C'est bien mieux d'avoir un vrai bébé qu'on peut cajoler, laver et pomponner, au lieu d'en rêver seulement. En janvier dernier, c'était un peu comme un paquet-cadeau qu'on promène partout sans y toucher, en se demandant ce qu'il y a à l'intérieur. On peut imaginer qu'il contient une bague en diamants, ou les clés d'une mobylette, ou encore autre chose. Mais une fois ouvert, on est toujours déçu même s'il s'agit de l'objet tant désiré. Maintenant qu'il est là, on n'attend plus rien. 

Lu de dette auteure : Et devant moi, le monde 

Le billet de Delphine
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...