samedi 23 février 2013

Sherwood Anderson - Pauvre Blanc


Éditeur : Le Livre de Poche - Date de parution : Janvier 2013 - 403 pages qui n'ont pris une ride !

Etats-Unis, Hugh McVey quitte le Missouri et son père alcoolique. Ce jeune homme impressionnant par sa taille et son calme devient cheminot. Herbergé chez un couple, l’épouse Sarah Shepard entreprend de l’éduquer.

Nous sommes à Bidwell une petite ville de l’Ohio du Middel West vers les années 1890 et la fièvre de l’industriaisation se répand. Des usines voient le jour modifiant les villes et le travail. Hugh va révolutionner la vie de Bidwell. Il réfléchit, dessine des plans mais les gens s'imaginent qu'il a déjà un projet au point. Ce qui n'en est rien. Le jeune homme veut créer une machine à planter les choux pour simplifier ce labeur pénible. En mettant sur sa route des personnes dont les yeux brillent à l'idée de se remplir les poches, Hugh va pouvoir se consacrer à son invention. Certains veulent une part plus grosse du gâteau en investissant dans la future usine tout ce qu'ils possèdent. La machine voit le jour, imparfaite mais il continue à la perfectionner. Lui qui pensait apporter un certain bien-être grâce à cette machine et aux suivantes va déchanter. Contrairement à Hugh, l'industrie et son cortège d'hommes d'affaire pensent en terme de rendement et de profit. Les ouvriers se plaignent des cadences, regrettent le travail  à la ferme. Clara une jeune file revient à Bidwell après voit terminé l'université. Elle aussi constate bien des changements. Son père veut qu'elle fasse un bon mariage mais Clara a un autre conception de l'union. Elle rencontre Hugh qui tombe d'amoureux d'elle. Hugh va se maudire d'avoir inventé des machines, il lui faudra comprendre que tout le monde n'a pas les mêmes visions de la vie que lui. Mais la vie n'est pas long fleuve tranquille ni la suite de ce roman ...

Ce livre est impressionnant par sa finesse psychologique et par ses interrogations sur les conséquences de l'industrialisation dans tous les domaines.. Est-ce que le progrès rime avec bonheur ? Sherwooh Anderson dépeint des personnages humains : avides d'argent, calculateurs ou simplement désireux d'une vie meilleure. Un roman d'initiation et toujours d'actualité qui n'a pas pris une ride !

La femme  à la fenêtre , comme tous les habitants du Middle West, commençait à se rendre compte des conséquences qu'entraînait l'aventure industrielle  (..) Comme  tous les citoyens d'Amérique, elle croyait aux héros. Dans les livres, des périodiques, elle avait lu des récits sur des hommes héroïques qui s'étaient sortis de la misère par quelques étrange alchimie alliant à leur forte personnalité toutes les vertus. Un pays vaste et immense come le leur n'exigeait-il pas des figures immenses? Lincoln, Grant, Garfield, Sherman, une demi-douzaine  d'autres firent figure en quelque sorte de plus qu'humains dans l'esprit de générations qui succédèrent immédiatement à leurs exploits hors du commun. Et maintenant c'est l'industrie qui inventait une nouvelle race de demi-dieux. 
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