samedi 2 février 2013

Carole Allamand - La plume de l'ours


Éditeur : Stock - Date de parution : Janvier 2013 - 392 pages drôles, fraîches et relevées! 

Après la mort de son épouse, l’écrivain suisse Camille Duval est parti s’installer aux Etats-Unis où durant douze ans, il n’a rien écrit. Puis il est revenu sur le devant de la scène littéraire. Un nouveau style, des romans encensés mais l'auteur reste plus que discret. Exilé en Alaska, Camille Duval décède dans les années 1970 laissant planer de nombreuses questions sur sa personne et sur son œuvre. Et les experts littéraires sont partagés, chacun ayant sa théorie sur son cas. Avec sa bourse d’études, Carole Courvoisier admiratrice de l’auteur veut établir sa biographie qui dévoilera toute la vérité. Elle commence ses recherches aux Etats-Unis en étant loin de se douter de ce qui l’attend.

Avant d’ouvrir ce livre, pauvre ignare que je suis, je ne connaissais pas Camille Duval. Cet auteur suisse dont un livre fut censuré s’installa aux Etats-Unis après le décès de sa femme. Considéré comme l’un des plus grands auteurs suisses, son changement radical de style littéraire a alimenté des théories plus ou moins sérieuses ou fouillées. Biographes et spécialistes littéraires n'étant pas d'accord (*). Carole Courvoisier nous mène dans une quête prenante sur Camille Duval et le mystère qui l'entoure.  Moins de trente ans après la mort de l'auteur, ses recherches débutent à New-York, des archives épluchées et très vite la nécessité de rencontrer des personnes qui ont connu Camille Duval s'impose. Elle découvre que sa fille unique l'avait fait interner "pour son bien" dans un établissement dirigé par son mari, élément ignoré jusque là dans les biographies. Sa rencontre hasardeuse avec Jasper un ancien soldat d'Irak l'amène sur des pistes qu'elles n'aurait pas forcément exploitées. Et Carole parvient à retrouver celle qui fut l'infirmière et la dame de compagnie de Camille Duval. Ajoutez un colloque où tous les spécialistes de l'auteur sont présents, la mère de Carole qui s'invite, un voyage dans l'Ouest des Etats-Unis où Carole enseigne puis l'Alaska et un ours ! Je n'en dirai pas plus ce sur premier roman qui se lit d'une traite !
Des situations drôles et vives, les guerres de clocher entre personnes littéraires sont dépeintes avec humour et mordant sans compter la mère de Carole qui vaut le détour à elle tout seule.
Pas de temps mort et des recherches qui prennent l'allure d'une enquête policière révélant bien des surprises.
Carole Allamand laisse une marge de manoeuvre au lecteur pour qu'il se pose des questions sur l'auteur et plus généralement les auteurs. Les événements d'une vie qui influencent ou modifient la personnalité d'un écrivain, les changements littéraires qui en découlent et la part des différents composants d'une biographie.

Un premier roman vif, drôlement bien écrit, intéressant avec de l'humour ! Et même si les pièces du puzzle nous permettent de trouver la solution avant la page finale, il s'agit d'une très belle découverte !

(*) : Que ceux qui ont abandonné temporairement la lecture de ce billet pour taper frénétiquement le nom de l'écrivain sur le net et qui n’ont rien trouvé soufflent (et reprennent le fil de ma chronique), Camille Duval n’a jamais existé. 

Un colloque sur un écrivain a tout de la réunion de famille, avec sa bonne chère, ses concessions, ses anecdotes mille fois resservies et ses rancoeurs, mais surtout la certitude profondément ancrée en chacun, d'une branche et d'une génération à l'autre, d'avoir tout simplement raison. Des adeptes de l'approche narratologique de Duval à ceux qui déploraient dans ce rapprochement textuel un aveuglement à la dimension sociopolitique ( et sexuelle!) de la production duvalienne, tous se sentaient aussi pleinement dans la vérité et le droit chemin que le bourgeois attablé face à une petite cousine-fofolle qui collectionne maris et dettes. 

Le billet de Kathel


16 commentaires:

cathulu a dit…

Je suis cuite mais pas pour tout de suite car je sais être raisonnable, hum !:)

keisha a dit…

Repéré chez kathel. Un ours, l'Alaska, c'est pour moi tout ça!!!
Tiens, je viens d'apprendre que babelio m'envoie Bernadette a disparu (ma demande masse critique suite aux billets de qui, hein? ^_^)

Irrégulière a dit…

Repéré la semaine dernière dans ça balance à Paris, je pense que ça pourrait me plaire !

Anne a dit…

Déjà repéré chez Kathel, et bien sûr tu confirmes ! J'avais oublié qu'il s'agit d'un premier roman, ça m'intéresse d'autant plus !

Gwenaelle a dit…

A te lire, c'est assez tentant, en effet... :-)

luocine a dit…

j 'avais gardé le nom en mémoire de Camille Duval pour le gooliser après ton texte.. alors tu m'as fait sourire évidemment et carrément tenté
pour ce livre
Luocine

Kathel a dit…

Je suis ravie que tu aies aimé aussi ! C'est pour le moment ma seule lecture de la rentrée de janvier, mon flair ne m'avait pas trompé... ;-)

Catherine a dit…

Tu m'as intriguée, je le note ! Car je ne connais pas du tout cet auteur suisse et ce récit a l'air passionnant. Bon weekend.

Jacky Caudron a dit…

Je note Clara...bises en passant...^.^...

gambadou a dit…

et bien je suis aussi ignare que toi !

Philisine Cave a dit…

Tu es passionnée et j'aime bien (sauf la couverture du livre que je trouve affreuse)

Lystig a dit…

il y a un ours, donc forcément, noté !
en attendant de le lire...

Manu a dit…

Bien sûr, tu en rajoutes une couche !!!! Bon, c'est noté de chez noté :-)

antigone a dit…

Je suis cuite aussi car je l'avais en plus déjà noté chez Kathel !!

Géraldine a dit…

Et bien pourquoi pas, en plus, maintenant, on en sait une peu plus sur cet auteur suisse inconnu dans ma bibliothèque.

DF a dit…

Ca a l'air marrant tout ça, un écrivain suisse... miam!

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