jeudi 29 novembre 2012

Pierre Péju - La petite Chartreuse


Éditeur : Folio- Date de parution : 2004 - 199 pages sublimes !

Par un mois pluvieux de novembre, Eva après l'école attend sa mère Thérèse qui n’arrive pas. Nouvelle dans la ville, Eva hésite à rentrer chez elle. Elle ne connait pas bien le chemin. Elle se décide, se lance dans les rues devenues sombres et traverse affolée sans regarder. Étienne Vollard à bord de sa camionnette a beau appuyer sur la pédale du frein, la collision est inévitable.  Libraire passionné, peu bavard, cet accident bouleverse sa vie. Il ne prend plus plaisir à lire, délaisse ses occupations pour Eva. Homme au  corps grand et fort habité par toutes ses lectures, imposant comparé à Thérèse, jeune femme frêle et fuyante, devenue mère trop jeune dont la  responsabilité est trop lourde. Etienne se rend à l’hôpital où elle ne passe qu’en coup de vent. Il raconte à Eva des histoires qu’il a lues. Sa mémoire temple immense de tous les livres qui lui sont passés entre les mains réveille d’autres souvenirs. Eva sortie du coma ne parle plus et est placée dans un institut au cœur des montagnes de la grande Chartreuse. Thérèse prétexte un nouveau travail trop lointain et fait promettre à Etienne de rendre visite à sa fille. Le libraire l’amène marcher, se promener mais Eva décline. Perd le peu de forces qu’elle a, s’éteint à petit feu.

Dès les premières pages j’ai su que j’allais aimer ce livre d’une façon particulière. Lecture qui noue  la gorge, touche le cœur et l'esprit. L’écriture de Pierre Préju est tout simplement sublime. De la tristesse des solitudes des trois personnages s’élève une beauté majestueuse. Transcendante et incandescente.  Hymne d’amour à la littérature qui nous interroge aussi sur le pouvoir des livres, hommage aux libraires, je l’ai terminé en pleurant. 

Un livre magnifique et bouleversant conseillé … par un libraire.
 
Un long extrait ici.

mardi 27 novembre 2012

Episode 4 - Saison 2012... And the winners are...

Il y a eu beaucoup de monde  à participer pour gagner des exemplaires de Kampuchea de Patrick Deville, J'ai réussi à rester en  vie de Joyce Carol Oates  et Jésusalem de Gonçalo M.Tavares.

Avant de donner le nom des gagnants, d'abord, les réponses aux questions.

1°) Patrick Deville vient d'obtenir un prix récemment. Lequel et pour quel livre?
Peste et Choléra pour le prix Femina

2°) Dans la série culturelle ce n'est parce qu'on habite en province, qu'il ne se passe rien, quelle expédition maritime partie de Brest est à l'honneur au Château ( de Brest, bien entendu) : 
l'expédition Lapérouse
l'expédition Kersauson
l'expédition de Bougainville

3°) Et enfin que serait un jeu sans une question sur Miossec ? Citez-moi un artiste et un album sur  lequel de le nom de mon chouchou figure (un indice pour vous aider :  on a parlé récemment d'un album dont le chanteur tient debout on ne sait comment et qui n'a pas annulé sa tournée est archi connu)
On peut au choix citer Jane Birkin, Bashung, Juliette Gréco, Mass Hysteria, Cali,  Nolwen Leroy, notre Jonny Halliday ( bientôt incrit au patrimoine Historique si ça continue...), Joseph d'Anvers et bien d'autres !

Philisine  ( qui a une chance incroyable), Jean-Claude, Catherine ( de la culture se partage), Estelle ( lireetrelire) et Roxane gagnent un exemplaire de Kampuchea.
J'ai réussi à rester en  vie sera lu par Mango, Lystig,  Sylire, Lasardine, Hélène (de litterature et Chocolat).
Enfin, Pascale, Jostein, Didi, Jean-Claude et Agathe( encore une chanceuse) gagnent un exemplaire de Jerusalem.

J'envoie un mail de confirmation à chacun des gagnants.

Merci à tout le monde!

lundi 26 novembre 2012

Pierre Lemaitre - Sacrifices


Éditeur : Albin Michel - Date Parution : Octobre 2012 - 362 pages terriblement efficaces !
 
En plein Paris, le braquague d'une bijouterie ne se passe pas comme prévue. Une femme Anne Forestier aperçoit le visage des malfaiteurs. Molestée rudement, elle aurait pu mourir. Alors qu'elle est hospitalisée, le commissaire Verhoeven de la Criminelle se charge de l'enquête.On s'étonne en hauts lieux mais le commissaire Verhoeven ne va pas lâcher prise car Anne Forestier est la femme qu'il  aime...

Un nouveau livre de Pierre Lemaitre est pour moi un événement à ne pas rater. Sous aucun prétexte. Surtout quand je retrouve le commissaire Verhoeven. Sacrifices s'ouvre sur une scène d'une  terrible violence, Anne Forestier est une poupée de chiffon que les braqueurs s'amusent à déchirer, perdant du  sang comme du coton. En loques mais toujours en vie et transportée à l'hôpital. Camille Verhoeven est prévenu car son numéro de téléphone figure comme celui étant le plus appelé à partir du téléphone d'Anne. Alors même s'il est de la Criminelle et quitte à balancer quelques mensonges, à ne dire aucun mot sur sa liaison avec Anne, il est décidé à retrouver les coupables. Verhoeven  déploie les grand moyens, accumule mensonge sur mensonge auprès de sa hiérarchie. Il y a quatre ans sa femme Irène était tuée, il lui a fallu du temps pour retrouver un semblant de vie. Anne qu'il connaît depuis quelques mois s'est trouvée au mauvais moment au mauvais endroit. Alors non, ne pas s'impliquer est impossible.

Pas le temps de souffler dans ce dernier volet de la trilogie avec le commissaire Verhoeven. On retrouve ce qui a fait le succès de Travail soigné, Robe de marié et AlexUne écriture sèche, directe, sans fioriture. 
Histoire racontée en temps réel par Verhoeven et par le braqueur, le suspense gagne en intensité.
On est balloté, secoué et quand le commissaire se rend compte qu'il a fait fausse route, les dernières soixante dernières pages deviennent brûlantes.  
Un thriller vif, percutant, électrique. Pour ceux qui ont lu Travail soigné  et Alex comme moi, le final est une claque.

Un petit bémol : j'ai trouvé un peu trop rapide le dénouement par rapport au reste du livre et je regrette sincèrement de ne plus retrouver dans le futur le commissaire  Verhoeven.
Camille tu vas me manquer !

De cet auteur, mon préféré demeure toujours Robe de marié.







Coup de gueule du lundi matin...

Ayant été perplexe suite à la lecture du recueil Les attaques de la  boulangerie de Murakami, j'avais écrit en conclusion " Une relecture et toujours le toujours le même constat. Soit mes deux neurones ont définitivement grillé soit ces deux nouvelles nécessitent un sens particulier intellectuel  que je ne possède pas..." et le président du CNES qui répond :" l'ouverture de wagner de la première nouvelle m'autorise a vous signaler que vos neurones ont grillé désolé XXX B.  Prdt du CNES".

Voilà on donne son nom et sa fonction, ah ! Ben oui, président du CNES forcément  ça en jette  ! Même si on ne sait pas ce que ce sait. On utilise en couverture sa fonction  : président, membre de l'association de défense des goélands pour imposer son avis " j'ai raison parce que ma fonction me confère plus d'intelligence, de culture que vous ".

Tout à fait le genre de personnes qui en vous serrant la main vous crache à la figure avec dédain "Mr Henri Bouboule président de BoubouleMachin et membre du conseil d'administration de la ETGDJ...".
Je n'aime pas ces personnes.

dimanche 25 novembre 2012

Le seul vrai lecteur, c'est le lecteur pensif

Classant une fois de plus mes livres, je me dis qu'après tout, moi aussi, j'aurais bien aimé devenir libraire, passer le plus clair de mon temps dans la compagnie des écrivains. Les découvrir, les faire lire, les aider à sa vendre, favoriser cette prostitution splendide, m'entremettre pour cette marchandise-là. Trafiquant de drogue littéraire. Libraire de fin de siècle.

Qui saura, dans un avenir pas très lointain, ce que représentaient, pour des gens comme moi, les libraires et les librairies ? Ce qui signifiait, dans une ville, grande ou petite, le présence de ces lieux où l'on pouvait entrer dans l'espoir d'une révélation. Qui se souviendra de la façon paisible dont on pénétrait dans ces antres à l'odeur  de papier et d'encre ? De cette façon de pencher la tête pour déchiffrer un titre nouveau, puis un autre, des noms d'auteurs familiers ou inconnus, afin de glaner des indices et des signes vivant sur les couvertures claires? "Le seul vrai lecteur, c'est le lecteur pensif". Qui se souviendra de cette façon de poser l'index au sommet de l'ouvrage pour le basculer en arrière, l'attirer à soi, l'ouvrir, le parcourir. Lire la quatrième de couverture. Debout, dans le bruit des pages tournées, découvrir les quelques mots qui paraissent s'adresser précisément à soi. L'inespéré noir sur blanc.Intime universel. Musique silencieuse

Extrait de la petite Chartreuse de Pierre Péju

Les pop-up

Avec ce billet, j'inaugure  une nouvelle rubrique dans ce blog "ce n'est parce qu'on habite à Brest qu'il ne se passe rien". Une rubrique pour vous parler d'évènements, de chiens écrasés, et qui s'enrichira au fur et  à mesure de mes rencontres et ballades.



La preuve, depuis le 10 novembre et jusqu'au 5 janvier 2013, les bibliothèques de Brest  et de Morlaix  exposent sur les livres en reliefs et animés : les pop-up.

Un projet dont le papa n'est  autre  que Julien mon libraire chouchou de chez Dialogues. La mairie de Brest s'est engagée  à ses côtés pour ce projet  qui a germé il y plus d'un an et qui a demandé beaucoup de temps à Julien ( ce qui ne l'a pas empêché de me conseiller de merveilleuses lectures !).

D'ailleurs, en ce moment chez Dialogues, il y a un espace  dédié aux  pop-up où l'on peut admirer aussi quelques livres.
Les pop-up sont un monde où l'on replonge en enfance, dans le rêves mais qui s'adresse également aux adultes avec des livres étonnants ou féériques.
Mon nouvel avatar est issu d'un ces livres et  voici quelques photos  que vous pouvez retrouver sur le blog Ohpop-up de Julien. Un blog à  consulter, à regarder pour le plaisir des yeux ! 









Le jour de l'inauguration pour lequel des éditeurs  s'étaient déplacés 




Bulleblog et Gaël  en parlent  également. 


samedi 24 novembre 2012

François Marchand - Un week-end en famille


Éditeur : Le Cherche Midi - Date de parution : Août 2012 - 110 pages d'un humour lourd, très lourd...

Après un mariage éclair, le narrateur parisien consent à son épouse d’aller passer le week-end dans sa belle famille habitant à la campagne.

Dans ma politique de ne pas faire des tartines quand je n’ai pas aimé, ce billet sera court. Notre narrateur en bon parisien speedé et stressé arrive à Samousse avec des préjugés. Forcément en province nous sommes des ploucs. Par exemple, si  nous prenons le temps d’indiquer  aux personnes les directions à prendre pour ne pas se perdre dans la campagne, nous ne sommes pas non plus des sortes d'extra-terrestres. Piquée dans mon orgueil? Non, mais je m’attendais à des flèches piquantes et fines, à de l'humour acéré. Or François Marchand sort l’artillerie lourde. Et c’est lourd. Ca dézingue sur tout et n'importe quoi, une enfilade de clichés et  des situations caricaturales  voulues mais tellement  exagérées que ça en devient ridicule. Et ça part dans tous les sens !  L’auteur s’est fait plaisir. Tant mieux pour lui, pour ma part j’ai trouvé ce livre consternant… 

Un livre qui divise :   Géraldine , Gwen , Philisinne partagent mon avis, Cathulu, GeorgeNoukette se sont amusées, Hérisson , Stephie   ont eu des bémols. 

vendredi 23 novembre 2012

Riika Ala-Harja - Un hiver aux Canaries


Éditeur : Gaïa - Date de parution : Novembre 2012 - 175 pages dont on ne sort pas indemne !

Jori Nyman a pour habitude de passer l’hiver au soleil loin de la Finlande sur l’île de Gran Canaria. A la retraite, cet ancien patron de chantier naval demande (ou ordonne) à Mikko de venir le rejoindre. Bricoleur, il s’occupe de tout pour lui. Dior d’origine malienne est embauchée comme la nouvelle femme de ménage de Nyman . Veuf depuis peu, sa femme était rongée par la cancer mais surtout par l’alcool.

Ces trois personnages se croisent et chacun prend la parole. Trois personnages habités par des espoirs ou des idéaux. Mikko est obnubilé par la réalisation d’ une chaise au design inégalable. Dior mariée à un homme âgé verse une partie de son salaire à son père resté au pays. Cette jeune femme a été vendue à cet homme qui est aujourd’hui son époux. Mikko et Dior dépendant financièrement de Nyman qui ne peut oublier ni sa femme, ni son ancienne faillite.  Les personnalités se dessinent, les remords et les regrets apparaissent métamorphosant la configuration des relations. Les solitudes de chacun se bousculent, s’effleurent mais les frontières restent imperméables. L’accès au bonheur en devient illusoire alors que  les vacanciers continuent à se dorer au soleil...L’ambiance en devient presque pesante et on est balloté du début à la fin de ce livre dont on ne sort pas indemne !  

Le billet de la tentatrice Cathulu 




jeudi 22 novembre 2012

Eric-Emmanuel Schmitt - Les deux messieurs de Bruxelles


Éditeur : Albin Michel - Date de parution : octobre 2012 - 281 pages et  5 nouvelles intelligentes !

Eric-Emmanuel Schmitt nous revient avec un recueil de cinq nouvelle avec un fil rouge l’amour. Ah l’amour, il y a tant à dire ! L’auteur crée la surprise avec la première nouvelle mettant en scène un couple d’homosexuel. N’ayant pas le droit au mariage, les deux messieurs se cachent au fond de l’église lors d’un mariage traditionnel et échangent vœux et promesses. L’avenir les surprend à suivre discrètement le couple marié et leurs enfants dont un auquel ils s’attachent. Ce garçon représente l’enfant qu’ils n’auront jamais. Dans deux autres nouvelles, des sujets d’ordre éthiques sont abordés : l’avortement médicalisé pour cause de maladie, le don d’organe. Enfin, l’amour d’un homme âgé pour son chien nous révèle son histoire marquée par les camps de concentration. L'animal est-il plus humain que l'homme?  Aux premiers abords,  Ménage à trois semble plus légère, détrompez-vous...

On voyage de Bruxelles à Viennes, du 18ème siècle à nos jours. A travers une galerie de personnages dont la psychologie est creusée, Eric-Emmanuel Schmitt nous pose avec sensibilité et finesse des questions sur l’amour sous toutes ses formes et  la vie. Beaucoup d'humanité s'en dégage.

En complément de ces nouvelles, l'auteur  dans le journal d'écriture explique la genèse de ses textes émaillée de réflexions et de questions très, très intéressantes. Et j’y ai surligné des phrases empreintes de sagesse, de philosophie! Ce prologue apporte des éclairages, des ouvertures nouvelles à la réflexion et c’est un vrai bonheur !

Toute sagesse commence par l’acceptation de la souffrance.

La littérature nous met en garde contre les idées simples. En cela,elle agit différemment de l’idéologie qui, elle, tend à chercher l’élémentaire sous la pluralité.

mercredi 21 novembre 2012

Qui veut gagner des livres saison 2012- épisode 4?

Me revoici avec des livres à gagner avec les éditions Points et pas n'importe combien ( ou n'importe quoi) ! 15 livre au total !

5 exemplaires de  Kampuchea de Patrick Deville

5 exemplaires de J'ai réussi à rester en  vie de Joyce Carol Oates dont Cathulu  ( connue également des services bloggesques sous le surnom de vilaine tentatrice) en a parlé hier ( ce qui vous fera des économies  en ces périodes d'impôts à payer, de cadeaux noël à acheter, de disette, de récession, de restriction budgétaire...à vous de choisir ce qui convient le mieux )

5 exemplaires de Jésusalem de Gonçalo M.Tavares
Vous pouvez jouer pour gagner un exemplaire des 3 livres. Soyons fou !

Mais il faut d'abord répondre  à quelques questions...

1°) Patrick Deville vient d'obtenir un prix récemment. Lequel et pour quel livre?

2°) Dans la série culturelle ce n'est parce qu'on habite en province, qu'il ne se passe rien, quelle expédition maritime partie de Brest est à l'honneur au Château ( de Brest, bien entendu) : 
l'expédition Lapérouse
l'expédition Kersauson
l'expédition de Bougainville

3°) Et enfin que serait un jeu sans une question sur Miossec ? (Gwen, Keisha, Aifelle , je ne veux rien entendre! ).
Miossec chanteur est également compositeur.
Citez-moi un artiste et un album sur  lequel de le nom de mon chouchou figure (un indice pour vous aider :  on a parlé récemment d'un album dont le chanteur tient debout on ne sait comment et qui n'a pas annulé sa tournée est archi connu)

Les conditions pour participer :
habiter en France métropolitaine, répondre correctement aux 3 questions, m'adresser par mail pour quel(s) livre(s) vous participez, votre adresse postale, avoir déjà laissé des commentaires sur ce blog ou en privé  et m'envoyer le tout avant le mardi 27 novembre midi.

Allez, et pour me faire plaisir égoïstement ( n'est ce pas ? ) une photo de Miossec :


Et chez Leiloona, c'est Noël  avant l'heure aussi ...

mardi 20 novembre 2012

Nathalie Démoulin - La grande bleue


Éditeur : Rouergue - Date de parution : Août 2012 - 205 pages lues en apnée !

En 1967,  Franche-Comté, Marie abandonne le lycée pour se marier. Elle habite chez les parents de son mari. Quelques mois plus tard, elle accouche d’une fille puis très vite d’un garçon. Son mari travaille à l’usine chez Peugeot, Marie l’y rejoindra.

Dès la naissance de son premier enfant en 1968, le désenchantement est rapide. Mari est cadenassée dans son existence. Son parcours jusqu’en 1978 retrace les illusions de cette jeune femme en proie à des rêves de liberté mariée trop vite jusqu’à son divorce.  Avec le travail à l'usine, son quotidien est calqué au rythme des cadences toujours plus  rapides à respecter, des grèves qui agitent les usines, de la  fatigue et de la peur de perdre son emploi. Sa vie est liée aux mouvements sociaux, aux évènements de cette décennie. Des lendemains de la guerre d’Algérie aux mariages mixtes, des grèves aux licenciements chez Peugeot à  la fermeture de Lip, du bonheur d’avoir son  appartements dans une  barre HLM aux  premières vacances à la mer, des luttes de la classe ouvrière à son propre combat pour mener sa vie de femme et gagner enfin son indépendance. Si la réalité lui a ôté ses utopies de jeunesse, Marie  a mené son propre combat, incessant et journalier. En équilibre sur le fil de sa vie,  avec sa folie douce, sans rêve de strass mais de liberté, elle représente des milliers de femmes. C’était il y a quarante ans, c’était hier,

Forcément, on pense à Annie Ernaux et à son livre Les années, à  Ouvrière de Franck Magloire car l'auteure nous restitue un pan de notre mémoire collective. 
L'écriture a un goût d'inédit (et c'est rare).  Sublime, maîtrisée et  poétique. Avec des phrases courtes, Nathalie Démoulin passe du "elle" au "on" pour allier la vie de Marie à celle de toute une classe. Roman social, intime  avec  des personnages vrais et touchants qui nous habitent longtemps.  Impressionnant.

On voudrait rester froide. Il parle de l'avenir. C'est beau l'avenir.  On y habite des maisons individuelles. Le pays tourne à l'énergie nucléaire. On est une femme réinventée.

Le billet de Kathel  (la tentratrice!)
 

lundi 19 novembre 2012

Colombe Schneck - La réparation


Éditeur : Grasset - Date Parution : Août 2012 - 212 pages et une impression d'inabouti

Je me disais c'est trop facile, tu portes des sandales dorées, tu te complais dans des histoires d'amour impossible, tu aimes les bains dans la Méditerranée et tu crois qu'une fille comme toi peut écrire sur la Shoah ?  Cette question Colombe Schneck se la pose dans ce roman où elle remonte la mémoire familiale. Durant les soixante-dix premières pages soit presque tiers, elle tourne autour du pot. Vais-je me lancer ou pas ? Dès la lecture du nom de l’auteur,  le souvenir d’un livre m’est revenu à l’esprit, récit autobiographique racontant une enfance dorée et luxueuse.  Ici aussi, Colombe Schneck ne peut s’empêcher à quelques reprises de placer des signes de richesse. Passons car là n’est pas le hic.   
Alors qu’elle est enceinte, sa mère Hélène lui demande de donner à l’enfant le prénom de sa défunte cousine Salomé. Hélène n’en dira pas plus ni mère Ginda . Elle accouche d’un garçon mais son deuxième enfant, une fille, portera ce prénom.  La famille maternelle  Juive est originaire de Lituanie, une famille réduite après la guerre. Ginda et Hélène n'en n'ont jamais parlé, sujet tabou sur lequel on a voulu tourner la page. L’auteure cherche à en savoir plus et découvre les faits. Trois générations déportées : la mère de Ginda, ses sœurs et leurs enfants  Seules les deux grandes tantes de l'auteure en sont revenues vivantes.  La vie de ses deux femmes a eu un coût, celui d'une horreur inimaginable mêlant sacrifice et sens de la famille. 

En  tant que  lectrice et mère, j'ai été émue, interpellée par l'épreuve où sont passées ces deux femmes mais il il  se dégage de ce livre une impression générale de confusion. Si l'on y retrouve des thèmes liés à la Shoah sur la transmission, la peur de voir ressurgir le malheur, je me suis posée la question de savoir quelle était la  finalité de ce roman-témoignage.   En remontant le temps ou en affrontant la réalité, chacun est confronté à  des drames dans sa famille. Mais écrire demande du style, un talent  pour le raconter et intéresser le lecteur.  Je me suis posée la question sur la finalité de ces pages. Purement cathartique ?  
Je n’ai pas la réponse mais il me reste  le sentiment d’un livre inabouti à l'écriture banale où l'auteur n'arrive pas à trouver sa place.  

 

dimanche 18 novembre 2012

Vie de phalène

Chez Gwen, les plus téméraires ont écrit  un poème, j'ai opté pour un texte où il fallait inclure ces dix titres de Patrick Modiano:
  1. L’herbe des nuits
  2. Dans le café de la jeunesse perdue
  3. Un cirque passe
  4. Chien de printemps
  5. Fleurs de ruine
  6. Vestiaire de l’enfance
  7. Rue des boutiques obscures
  8. De si braves garçons
  9. La ronde de nuit
  10. La petite Bijou

Dans le vestiaire de l’enfance
Elle va d’un pas hésitant
Passant des bras de sa mère aux jeux avec ses cousines plus grandes.
Calme, enfant peu bavarde et toujours conciliante
Un cirque passe laissant une traînée d’étoiles dans ses yeux.
Elle articule  une poupée sans savoir que
Dans quelques années,
Accompagnée de si braves garçons elle ira à la ville voisine
Passer ses samedis soirs
L’œil noirci au crayon, et toujours à sa bouche rouge provocante une cigarette allumée,
Une fois la portière claquée rue des boutiques obscures
Elle enfilera des bas volés à sa mère et une jupe courte cachée dans son sac.
Menant sa troupe masculine, rougeauds et maladroits, mal à l’aise sous les néons urbains.
Dans le café de cette jeunesse perdue, elle pensera radieuse se glisser dans la doublure des jours.
Et vivre plus intensément.
Elle reviendra aux lueurs du jour,
L’herbe des nuits folle humide collant à ses bottes,
Le rimmel coulé sur les joues, les cheveux emmêlés,
Prenant le temps de regarder la campagne se réveiller
D’écouter le silence, d’embrasser d’un regard ce pays qu’elle trouverait morne, vieillot.
Dans la ronde des nuits passées à refaire le monde sur des fleurs de ruine,
Elle trouvera la mère assise dans son vieux fauteuil en velours.
Visage pâle et tendu, rongée par l’inquiétude.
Phalène attiré part la lumière, elle aura accumulé des trésors de strass et de pacotille.
Butin qu’elle aimera imaginer de diamant.
Aux reproches, elle  criera qu’elle veut partir de ce trou.
La mère hochera la tête, lui répétant qu’elle est mineure  et elle, elle lui jettera à la face l’absence  d’un père, une vie aux vêtements donnés par les cousines.
Elle claquera le porte,  ira se blottir auprès  de Petite Bijou son chien de printemps trouvé dans un chemin.
L’épicentre de l’amour maternel  sera fendu. Blessé à jamais.
Quelques  semaines plus tard,  elle rencontrera un  garçon  qui la fera rougir.
Une nuit qu’elle passera dans une voiture révélant sa nudité pour s'offrir entière.
Dix-huit et des poussières, la robe de mariée tendue sous le ventre bien arrondi.
On pensera que c’est beau l’amour, qu’on a toute la vie devant soi.
L’année suivante, entres les pleurs du petits et le mari presque jamais là, on regrettera le lycée abandonné.
Et déjà la routine installée. Usante, corrosive et aride.   
Les soirées devant la télé et toujours regarder à la dépense.
A vingt ans, on se dira heureuse en cachant ses larmes dans les cheveux de l’enfant.

samedi 17 novembre 2012

Résultats du jeu concours Thérèse Desqueyroux

Pour gagner des places de cinéma pour le film Thérère Desqueyroux réalisé par Claude Miller qui sortira le 21 novembre, il fallait répondre aux questions suivantes :
Qui a écrit le livre dont est tiré ce film ?
Me donner le nom du blog consacré aux livres pop-up de Julien Laparade ( mon  libraire chouchou de chez Dialogues.
Me dire qui était l'invité jeudi 15 novembre sur France Inter entre 9h00 et 10h00.

Les réponse sont :
- François Mauriac.
- Le blog tenu par Julien consacré aux livre animés s'intitule Ohpop-Up (avec bientôt, un article consacré à l'expo sur ces livres merveilleux  d'où est issu mon nouvel avatar).
- Jeudi, sur France Inter Brest était à l'honneur et mon chouchou également... Miossec était l'invité de l'émission "Comme  on nous parle"  (à réécouter  ici).

Les heureuses gagnantes qui recevront chacune  2 places de ciné sont :
Cathulu, Liliba, Philisinne et Anna.

Haruki Murakami - Les attaques de la boulangerie


Éditeur : Belfond - Date de parution : Novembre 2012 - 64 pages qui m'ont laissée plus que perplexe... 

Ce petit recueil illustré par Kat Menschik comporte  deux nouvelles dont une déjà parue dans L'éléphant s'évapore. la première nouvelle L'attaque de la boulangerie met en scène deux jeunes hommes. Poussées par une faim, ils décident de braquer une boulangerie mais le boulanger les laisse se servir à leur guises à une seule condition, qu'ils écoutent la musique de Wagner. Dans la seconde nouvelle La seconde attaque de la boulangerie, on retrouve un des jeunes hommes des années plus tard. Fraîchement marié,  une nuit il se réveille avec une faim démesurée. Son épouse également. Il lui raconte ce qu'il a commis des années auparavant. Les placards dont vides,  son épouse prend les devants. Aller braquer à nouveau une boulangerie. Il ne trouvent qu'un MacDo ouvert qui va être leur cible. 

Depuis IQ84, je voulais lire Aruki Murakami en tant que nouvelliste et  j'aurais mieux fait de m'abstenir.  Je n'ai pas compris le sens de ces deux nouvelles, ni où l'auteur voulait m'emmener. Une relecture et toujours le toujours le même constat. Soit mes deux neurones ont définitivement grillé soit ces deux nouvelles nécessitent un sens particulier intellectuel  que je ne possède pas...

vendredi 16 novembre 2012

William Corlett - Deux garçons bien sous tous rapports


Éditeur : Robert Laffont -Date de parution : Septembre 2012 - 487 pages distrayantes mais vite oubliées...

Le château de Bellingfort un village de la campagne anglaise vient d'être acheté.  Aussi quand deux messieurs seuls aménagent, les langue se délient.

Richard producteur de cinéma   et  Bless son jeune amant sont les nouveaux habitants du château. Bellingfort est à une heure de Londres et semble un village charmant. Mais un couple d’homosexuel dans ce tableau so british divise les habitants. Il y a ceux qui n'y voient aucun inconvénient et ceux qui comme le général Jerolld crient à la perversité. Pendant une semaine, Richard s'absente à New-York pour son travail et Bless doit faire aux questions et à des situations complètement inattendues. Un Italien à la recherche d'une jeune femme échappée d'un couvent français, une femme de ménage adepte des ragots,  un pasteur appelé pour un exorcisme. Quiproquos et malentendus se succèdent et s'enchaînent.

C'est gai, distrayant au départ et j'ai souvent souri. Mais la multitude de personnages, les effets de théâtre vaudeville ternissent l'ensemble car tout devient prévisible. Une comédie légère sur les différences qui sera vite oubliée malgré la touche british.

 

jeudi 15 novembre 2012

Concours pour le film Thérèse Desqueyroux


Les copines ( Aifelle, George, Hérisson, Leiloona, Mélo, Noukette,   Stephie , Soukee) vous font gagner des places et ça continue sur ce blog, c'est Noël avant l'heure grâce à Way To Blue !
Vous pouvez multiplier vos chances  car il y 4 personnes sur ce blog qui repartiront chacune avec deux places de ciné pour le film Thérère Desqueyroux réalisé par Claude Miller qui sortira sur les écrans le 21 novembre prochain.
Alors, c'est  pas beau la vie ?




Les modalités pour participer :
1) Habiter en France Métropolitaine
2) M'envoyer par mail (les mails reçus sur Facebook ne seront pas pris en compte) son adresse postale avant samedi 17 novembre midi avec les réponses aux trois questions suivantes :
Qui a écrit le livre dont est tiré ce film ? ( facile!!!)
Me donner le nom du blog consacré aux livres pop-up de Julien Laparade ( mon  libraire chouchou de chez Dialogues)
Me dire qui était l'invité ce matin sur France Inter entre 9h00 et 10h00.

( Et nul besoin d'aller farfouiller dans les archives tout est sur sur ma page d'accueil pour les deux dernières questions)


Sébastien Fritsch - Se retenir aux brindilles


Editeur : Fin Mars Début Avril - Date de parution: Novembre 2012 - 326 pages touchantes !

Ariane s'est enfuie  avec ses deux jeunes enfants. Justes quelques affaires de rechanges mises précipitamment dans  sa voiture et elle a parcouru des centaines de kilomètres pour revenir aux sources. Au village où elle a passé son enfance. Là où elle a grandi entre un père autoritaire, une mère distante mais où la  compagnie de Tristan et de Mathias comptait plus que tout.

Sébastien Fristch alterne habilement le présent d'Ariane et son passé.  Une jeune femme  qui a peur pour elle et surtout pour ses enfants. Elle a déjà réussi à partir, un grand pas malgré l'angoisse qui la tenaille. Fragile, manquant de confiance en elle mais prête à tout pour ses enfants. En revenant là où elle  a passé de nombreuses années, elle se remémore son enfance, son adolescence,  le temps passé  avec Tristan et Mathias au château. Un trio inséparable où Ariane était la seule fille et la plus jeune. Tristan mettait en scène des jeux où Ariane et Mathias étaient ses acteurs. Des jeux où  le parfum de la peur rôdait en permanence. Ariane en porte des stigmates sur son bras, meurtrie d'avoir été abandonnée par Tristan et Mathias. En affrontant  ses souvenirs et son présent, Ariane va grandir. Se délester de la peur actuelle qui la paralyse et de celle instaurée par Tristan qui ne l'a jamais quittée. En quelques semaines, la jeune femme va pouvoir chasser ses anciens démons, casser la spirale de sa jeunesse à laquelle elle se rattachait,  trouver la force d'aller de l'avant. Oser dire non à son mari qui la bat pour se reconstruire.


Quel chemin parcouru depuis Invitation à la petite fille qui parle au vent ! Tant au niveau de l'écriture que de la construction du roman ! La psychologie d'Ariane est toute en finesse, une jeune femme qui va savoir puiser  des ressources en elle, balayer les souvenirs douloureux  pour partir sur de nouvelles bases. Evidemment, j'ai été  touchée, je me suis aperçue dans un miroir à une certaine époque, similitude des pensées et  des gestes d'Ariane. Si j'ai trouvé quelques  longueurs inutiles, elles sont largement compensées par un rebondissement complètement inattendu qui clôt définitivement le passé d'Ariane.

Mais moi à trente-six ans, me voici retombée dans ce décor grotesque, hébergée comme une gamine fugueuse qu'on case n'importe où tel un objet inutile. Une famine fugueuse déjà deux fois mère et dont les seules richesses sont une voiture de cinq ans, trois mille euros sur un compte en banque et un sac de voyage rempli à la va vite.


Les billets d'Antigone, Gwen

mercredi 14 novembre 2012

Gillian Flynn - Les apparences


Éditeur : Sonatine - Date de parution : Août 2012 - 570 pages scotchantes qu'on ne lâche pas ! 

Avertissement : ne commencer pas ce livre le soir en allant au lit car vous ne pourrez pas le reposer avant de l’avoir terminé ( une erreur que j’ai commise…).

Amy et Nick forment un couple idéal. Habitants à New-York, mariés depuis presque cinq ans, tous deux sont journalistes. Sans problème d'argent surtout qu'Amy a inspirée enfant puis adolescente toute une série de livres écrits par ses parents. Mais la crise est passée par là, ils ont perdu leur travail et  les parents d’Amy ont dépensé sans compter. La mère de Nick est atteinte d’un cancer et Go la sœur jumelle de Nick a besoin d’aide.  Ils quittent New-York pour venir s'installer dans la ville natale de Nick dans le Missouri.  Nick et Go ouvrent un bar  grâce à de l'argent prêt par Amy dans cette petite ville de province où de nombreuses entreprises ont fermé. 

Le jour de leur  cinquième anniversaire de mariage un cauchemar sans nom commence. Nick  trouve le salon sens dessus dessous et Amy a disparu. La suite?  570 pages que j’ai dévorées !!! Ce livre est tout simplement diabolique, scotchant, captivant  et  hypnotique ! On suit en parallèle le récit de Nick et le journal intime d’Amy. Nick devient rapidement le coupable aux yeux de tous sauf qu’il y a des retournements de situations (et pas des moindres). On découvre au fil des pages les vraies personnalités de Nick et d’Amy. Chacun a sa vérité, qui croire? On ne sait pas sur quel pied danser. A la moitié du livre, un coup de théâtre magistral double la montée d'adrénaline !  Les non dits, les secrets, les manigances, l'idéalisation du mariage,  les manœuvres pour arriver à ses fins ... tout est distillé savamment.
Gillian Flynn dissèque la vie de ce couple aux apparences trompeuses et nous mène là où elle veut jusqu'au point final qui laisse un goût très, très ambiguë...Impressionnant !
Superbement construit, à vous donner des frissons dans le dos tant la manipulation et l'ombre de la  paranoïa qui planent sont machiavéliques, j’ai adoré !
 
Les gens aiment bien s'imaginer qu'ils connaissent les autres : les parents veulent croire qu'ils connaissent leurs enfants. Les femmes veulent croire qu'elles connaissent leurs maris.


 

dimanche 11 novembre 2012

Mathias Enard - Rue des voleurs


Éditeur : Actes Sud - Date de parution : Août 2012 - 252 pages et une très, très belle découverte !

Lakhdar est  jeune marocain de dix-huit ans habitant à Tanger. Il aime les polars français  et rêve de liberté. Pour lui, elle se symbolise par la vue de l’Espagne au loin. Seule la mer le sépare de cette terre. Avec son copain Bassam, ils aiment regarder les jeunes filles étrangères, imaginer leur avenir de l’autre côté de la méditerranée. Il fantasme sur sa cousine Meryem qui n’est pas indifférente. Tous deux sont surpris nus par son père.  Lakhdar est chassé de lui, il a apporté honte et déshonneur sur sa famille et  Meryem est envoyée loin de Tanger. Le jeune homme quitte la ville, mendie pour survivre.   

Il faudra plusieurs mois pour que Lakhdar revienne à  Tanger. Sa mère, ses frère et sœurs lui  manquent et  il se fait du souci pour Meryem. Bassam l’aide et lui trouve un emploi de libraire dans devient libraire au sein du mouvement  pour la diffusion de la pensée coranique dirigée par le Cheick Nouredine. Musulman de naissance, Lakhdar a du mal à concilier les interdits, la rigidité de la religion et la modernité. Nourri, logé, blanchi, cet emploi lui laisse du temps pour lire et  traîner sur internet. Bassam a changé, il respecte à la lettre les paroles du Coran et du Cheick Nouredine proclamant la parole d’un Islam radical.  Alors que le printemps Arabe embrase  certains pays, Lakhdar se demande quel sont les véritables projets du  Cheick Nouredine. Dans un café,  il rencontre une étudiante espagnole en voyage au Maroc. Judit apprend l’Arabe à l’université et elle va l’initier aux auteurs arabes classiques. Amoureux, des idées pour l'avenir plein la tête,  Lakhdar est rattrapé par la réalité avec l’attentat de Marrakech.   Pigiste à Tanger,  homme à tout faire sur un paquebot puis exploité à la manière d’un esclave par un espagnol qui bâtit sa fortune sur  des naufragés marocains, Lakhdar  se sent perdu, trahi.  Même s’il est  parvenu à Barcelone, les désillusions sont nombreuses. Il n’a pratiquement plus aucune nouvelle de Judit. L’Espagne est secouée  par la crise et par les indignés dont Judit fait partie. La contestation gronde partout, l’amalgame religion et terrorisme ne fait pas bon d’être musulman. Dans ses moments de désespoir, seule la beauté de certains passages du Coran, la méditation apportée par la prière, et la lecture sont ses seuls réconforts. Sa vie est ballotée, remise en question dans la tourmente, l'exil et  est bien éloignée de tout ce qu'il aurait pu imaginer.

Ce livre  est comme un  cœur palpitant au gré du printemps Arabe et  de la crise en  Europe. Battements où résonnent les questionnements d’une jeunesse avide de liberté dont les idées se fracassent contre  un système économique, social, politique. Au rythme d’une écriture riche, brute, douce ou qui peut se faire violente, Mathias Enard contrebalance la manipulation extrémiste religieuse et ses dérives par les fondements humanistes de la religion musulmane.  Un roman  littéralement viscéral. Magnifique !

L'Unité du Monde Arabe n'existait qu'en Europe.

Le billet de Constance
 

samedi 10 novembre 2012

Sandra Kollender - La tête à toto


Éditeur : Steinkis - Date de parution : Janvier 2012 - 154 pages qui m'ont lassée et pire qui ne m'ont pas touchée...

Sandra  Kollender a un petit garçon atteint d’une maladie  rare et détectée tardivement le syndrome de  West.  Maladie handicapante, invalidante qui ne permet à Noé comme les autres enfants

Quand à la roulette russe, le handicap et la maladie vous tombent dessus , il y a deux façons de réagir : adopter l'auto-apitoiement et attendre la compassion ou alors se battre et être optimiste.
J’ai toujours considéré l’humour, l’auto dérision  comme des armes redoutables pour parler du handicap et de ses nébuleuses cohortes. Démarches qui s’apparentent à un combat plongé dans  la jungle des papiers, des médecins manquant d’humanité, le regard et l’incompréhension d’autrui. Il faut un moral d’acier, une bonne dose d’humour pour y faire face.  Ce dernier  est même nécessaire pour ne pas sombrer quand le handicap, la maladie sont obscurs, progressifs et que l’avenir ressemble à un point d’interrogation.  Si je me suis retrouvée dans certaines situations comme vouloir jeter un médecin par la fenêtre ou le traiter intérieurement de tous les noms oiseaux, l’auteur dans ses descriptions complique des démarches qui sont déjà malheureusement assez complexes. 

Bien que Sandra  Kollender pointe du doigt les dysfonctionnements de prise en charge en matière d'handicap, l'humour et le fun (mot qui revient souvient dans ce court texte) surchargent grossièrement  le trait de pinceau.
A vouloir rendre à tout prix son récit drôle, le texte en devient par moment lourd, excessif. L’écriture proche de l’oralité, trop vive, les digressions soi disant humoristiques ( les trop de la balle … très peu pour moi) m’ont lassée. Et pire, je n'ai pas été touchée.   

Etant moi-même atteinte d’une maladie invalidante et handicapante, en comparaison,  j’étais sortie « grandie » après la lecture de Où on va Papa ? de Jean-Louis Fournier.
Dommage qu'en annexe, l'auteur n'ait pas jugé utile de joindre le lien d'un site sur cette maladie peu connue. 


 
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