vendredi 29 juin 2012

Virginie Carton - Des amours dérisoires


Éditeur : Grasset - Date de parution : Mai 2012 - 184 pages légères.

Vincent trentenaire et architecte est un garçon qui baigne toujours dans ses rêves d’adolescent. Il tombe amoureux de Marine mais se rend compte qu'il n'est pas si amoureux que ça. Le problème de Vincent est qu’il est gentil. Trop gentil et qu’il n’ose pas la quitter. Vincent, Marine, Raphaël, Juliette… Des amis, des amants, des couples, des jeunes futurs adultes…

Vincent et ses amis sont des jeunes trentenaires insouciants partagés entre  l’envie et l'appréhension de devenir vraiment adulte. Car qui dit adulte dit responsabilités, amour sérieux, engagement.  Une rencontre hasardeuse au zoo et Vincent tombe amoureux de Marine. Mais quand Raphaël son meilleur ami et associé lui présente  sa copine Juliette, Vincent est sous le charme. Entre aventures, mésaventures sentimentales et le grand amour,  Vincent, Raphaël, Juliette, Claire , Paul et les autres vont grandir, se trouver et/ou trouver l'âme sœur.  
La quatrième de couverture indique « entre Friends et Coup de foudre à Notting Hill ». Et voilà le hic pour moi avec une sensation de déjà lu et déjà vu sur la trame de fond. L'originalité est absente et c'est dommage parce j'ai aimé l'écriture de Virginie Carton ! Une écriture sans fioritures qui établit une musicalité, un rythme et qui colle aux émotions (et donc une auteure que je vais suivre).

Des personnages attachants, des références musicales, des situations qui amènent le sourire aux lèvres, voilà un roman léger ( mais vite oublié) à glisser à l'occasion dans son sac de plage...

Le billet de Nadael




mercredi 27 juin 2012

Brigitte Aubert - Freaky fridays


Éditeur : Editions La Branche - Date de parution : janvier 2012 - 220 pages sans aucun temps mort !

Mamie Hélène est une tranquille sexagénaire qui arrondit ses fins de mois en confectionnant des gâteaux. En se rendant chez ses voisins les Devauchelle , elle est témoin du carnage de toute la famille. 

Ne vous fiez pas au portait tranquille de la retraitée qui manie avec dextérité le rouleau à pâtisserie ! Car Mamie Hélène est une ancienne professionnelle de la gâchette alors on ramasse vite fait la gaine Playtex, on enlève son tricot de corps Damart, on déchausse ses charentaises et en avant toute ! Mamie Hélène veut connaître la vérité sur le meurtre de la famille Devauchelle et quitte à reprendre du service, elle n'a peur de se mouiller.  Débordante de punch ( vous ne la trouverez  pas à somnoler dans son fauteuil l'après-midi devant une série télé ô combien passionnante), possédant un humour corrosif,  elle en fait voir de toutes les couleurs aux meurtriers de ses voisins. Magouilles, intérêts financiers et géopolitiques, les cadavres s'accumulent à Deauville.  

L'écriture de  Brigitte Aubert est vive et entraînante. On ne s’ennuie pas une seconde et malgré la (sur)dose d'actions,  je me suis bien amusée!

Il n'y avait pas de portillon électronique à l'entrée.Ils avaient pu donc rentrer enfouraillés. Pas avec les fusils ayant servi au massacre, certes, mais ils pouvaient avoir leur artillerie perso sur eux. Plus personne ne dit "enfouraillé", ma vieille, ça date. Tu es bonne pour faire du strip intégral aux Noëls des maisons de retraite.


Les billets de Cathulu, MyaRosa, Noann, Yv

mardi 26 juin 2012

Nils Trede - Le nœud coulant


Éditeur : Impressions Nouvelles - Date de parution : Mars 2012 - 142 pages troublantes!

North est une ville dans le nord, située à un bout du monde. Personne ne va à North. Car North est coupée du reste du monde. Chez nous il n’y a que la mer, notre ville et un peu de pays alentour. Tout ce qui existe à North vient de North et jamais rien n’en sort. Si jamais une chose quitte North, elle est amenée à y retourner aussitôt. Les bateaux qui entent au port le soir sont les mêmes qui l’ont quitté le matin. Les routes de North conduisent aux quatre fermes des alentours. Là, elles se terminent brusquement et reconduisent à North. Notre nourriture est fabriquée sur place : les produits de la pêche et des produits des quatre fermes.

Voilà les premières lignes de ce roman qui instaurent d’emblée une atmosphère pesante où l’énigmatique a sa place.  A North, les  habitants vivent reclus sur eux-mêmes, coupés du reste du monde. Ce schéma se reproduit de  génération en génération comme la pêche au nœud coulant. Cette pêche annuelle et sanguinaire est une tradition à North. Un événement jamais remis en cause et qui est le point d’orgue de la vie dans cette étrange ville.  Seule Miss D. n’adhère pas à ce principe.
Par petites touches, l’auteur nous immerge dans un univers à part. North une ville coupée de tout où ses habitants ne remettent jamais rien en cause.  Ils reproduisent ce qui s'effectue depuis toujours et la  vie de North est bâtie autour de  la pêche au nœud coulant.  Dans cette ambiance très particulière, un jeune garçon le fils de Miss D. devient une innocente  victime et un jour, North est reliée au reste du monde. Si l’auteur nous confine à North, cette ville quasi  irréelle laissant planer au-dessus du lecteur une forme d’oppression, brusquement, il nous projette dans un univers bien ancré dans la réalité avec un autre texte. 

Avec une écriture elliptique non dénue de poésie, Nils Trede a réussi à me tenir en haleine et à me surprendre. Il s’agit d’un livre à part, un de ces  livres où une forme de beauté côtoie un aspect sombre. Une lecture troublante !

Les billets de ICB, Kathel et Lystig

lundi 25 juin 2012

Nicole Krauss- L'histoire de l'amour

 Éditeur : Gallimard - Date de parution : 2008 - 459 pages 

De Nicole Krauss, j’avais lu et aimé La grande maison un  roman à tiroirs imbriquant plusieurs histoires autour d’un seul et unique objet.  Mais, l’alchimie qui se produit entre un live et un lecteur n’a pas opéré cette fois-ci... Pourtant, je me suis accrochée à cette lecture même si je me suis perdue, embrouillée dans les différentes narrations.
Si ce livre a été un coup de cœur pour de nombreux lecteurs, mon ressenti est à l’opposé des avis très élogieux car j'ai passé trop de temps à m’interroger.

L’histoire de l’amour est un livre qui unie sans le savoir plusieurs personnages. A New-York, Léopold Gursky, un vieil homme d’origine polonais vit dans le souvenir de son amour pour Alma et de son fils qu’il n’a pas connu en attendant la mort. Quand il arrive aux  Etats-Unis après la seconde guerre mondiale, Alma y est également mais elle déjà mariée et mère d'un second enfant.  Léopold a suivi  dans l’ombre le parcours de son fils Isaac devenu un célèbre écrivain. Toujours à New-York, Alma, âgée de quatorze ans, peine à  se remette du décès de son père survenu sept ans plus tôt. Sa mère est  déconnectée de la réalité et son jeune frère Bird est obsédé par Dieu.  Alma doit son prénom aux héroïnes du livre l’histoire de l’amour, un livre que son père avait offert à sa mère. Quand un certain Marcus Jacob demande à sa mère  de traduire ce livre, Alma n’y voit pas une simple coïncidence. Enfin, au Chili Zvi Litvinoff un exilé polonais dans les années 1940 écrit un livre. 

Le manque, les souvenirs marquent ce livre mais comme je le disais au  début de ce billet, je me suis sans arrêt perdue dans le dédale des narrations. Il m’a fallu souvent revenir plusieurs pages en arrière ( ou à y insérer des marque-pages) pour tenter de suivre toutes ces histoires.
Quand des lecteurs éprouvaient  du bonheur, j’étais trop préoccupée à ne pas couler pour pouvoir ressentir des émotions. Une lecture sans aucun plaisir et de la frustration… 

De nombreux avis sur Babelio

vendredi 22 juin 2012

Brigitte Allègre - Le corail de Darwin


Éditeur : Actes Sud - Date de parution : Mai 2012 - 390 merveilleuses et riches! 

Via un site sur internet, Vigdis et Livia procèdent à un échange de leurs maisons pour les vacances.  Un petit village en Islande contre Rome en Italie et inversement.  Au fil des mois avant ce voyage, elles s’écrivent de plus en plus. L’une et l’autre ont la certitude de  pouvoir se confier en toute liberté « sans se mettre en danger d’aucune façon. Cette femme, elle ne le rencontrera pas ailleurs que derrière l’écran. »

Quel livre merveilleux ! Je l’ai lu en apnée totale, j'ai été ferrée dès les premières pages par l’écriture ! Mais d’abord, l’histoire. Dire que ce livre  se résume à deux femme qui s’échangent leurs domiciles pour les vacances serait on ne peut plus réducteur. Car il y a beaucoup, beaucoup plus ! Vidgis l’Islandaise mariée à un pasteur et Livia l’Italienne dont le mari est très souvent absent pour  son travail vont tisser une relation par mail. Les quelques  lignes échangées vont s’allonger et devenir plus personnelles. Elles peuvent tout se dire car elles ne se rencontreront jamais. Les confidences  remplacent les explications pratiques et chacune s'est imaginée la maison de l’autre au fil du temps. Habiter le domicile de quelqu’un d’autre pendant plusieurs semaines s’apparente à pénétrer dans son intimité. Sans chercher à s’approprier la vie de l'autre, Vigdis et Livia vont découvrir un lieu d’habitation mais surtout elles vont accéder à une nouvelle existence. Les rapports qu’entretiennent les deux femmes avec leurs maris, leurs histoires, leurs sentiments sont décrits tout en finesse. En plus de ces deux récits, il  y a celui du père de Livia, un homme âgé qui écrit pour tuer le temps et se confesser du passé. Je n’en dis pas plus !

L’écriture de Brigitte Allègre est tout simplement superbe : riche, travaillée (mais sans être lourde) ! L’auteure possède  un sens de la formulation magnifique tout comme ce roman!  Du pur plaisir de la première à la dernière ligne ! Un livre hérisson tant j’y ai inséré de marque-pages et impossible de me résoudre à choisir un extrait :


Le billet de Cathulu

jeudi 21 juin 2012

Emmanuelle Pagano - Un renard à mains nues


Éditeur : P.O.L - Date de parution : Avril 2012 - 333 pages et 34 nouvelles ou instantanés de vie  touchants!

Les personnages de ces nouvelles ne se trouvent pas au milieu du récit, ils restent dans les marges, ils se tiennent au bord de leurs vies, de leur maison, de leur pays, ils marchent au bord des routes, à côté de leur mémoire, à la lisière de l'ordinaire et de la raison, comme il leur arrive de faire du stop : au cas où on s'arrêterait pour les prendre. Je les ai pris dans mon livre.

Il m’est difficile de parler de ce recueil  de nouvelles tant j’ai été touchée ! Trente-quatre nouvelles comme des instantanés de vie où Emmanuelle Pagano déploie un patchwork d’émotions avec finesse et sensibilité. L’auteure nous donne l’impression d’avoir rencontré ses personnages et de raconter leurs histoires. Pas de chutes à couper le souffle mais des ambiances qui se ressentent, des situations à la limite du réel et de l’imaginaire. Dans chacun  de ces  textes, l’auteure sonde l’indicible, elle rend palpable la douleur, la joie, l’amour, la souffrance. On croise plusieurs fois les mêmes personnages  dans ces nouvelles, l’angle de vue est modifié. Les facettes d’une situation sont revues, réorientées. Il y a des textes vibrants de sensibilité comme par exemple  les langues maternelles, d’autres laissent la porte ouverte à l’imagination du lecteur mais tous mettent en exergue la détresse des personnages.

Emmanuelle Pagano nous offre son univers à travers ces nouvelles et il faut juste prendre son temps pour les apprécier.
Je n’ai pas lu ces nouvelles, je les ai ressenties! 

Elle m' a raconté qu'il lui arrivait de lire aussi ente les pages, entre les pages et dans les pages en même temps, parce que les livres c'est comme le sang, ils sont marqués. Pas génétiquement,non, mais ils ont des marqueurs aussi, pas des marque-pages, si, des marque-pages, mais des marque-pages qui sont des marques de gens.

Le billet d'Antigone

mardi 19 juin 2012

Federica de Paolis - Je t'écoute


Éditeur : Grasset - Date de parution : Mai 2012 - 317 pages et une jolie découverte!


Diego court à travers le monde pour son travail mais un incident l’oblige à rentrer en Italie pour subir une opération  de l’œil. Il occupe l‘appartement de ses parents décédés. A sa grande surprise, il découvre que la ligne  téléphonique de l’appartement lui permet d’écouter les appels reçus ou émis des autres locataires de ce petit immeuble. Diego ne va pas se contenter d'être un spectateur, il va s’immiscer dans leurs vies pour les aider.

Il se dégage de ce livre une ambiance une atmosphère particulière qui dès les premières pages nous transporte en Italie. Rédacteur de guides touristiques, Diego a toujours parcouru le monde. Sa sœur avec qui il a peu de contact est partie vivre aux Etats-Unis avec son mari. On pourrait même dire qu’ils sont comme deux étrangers. Quand il découvre que le téléphone de l’appartement où il a grandi permet d’écouter les conversations des autres locataires, Diego ne va pas prévenir du dysfonctionnement de la ligne. Non, il va écouter et  découvrir les mensonges, les trahisons, les secrets, les malheurs et la souffrance des autres. Une femme malade, un homme qui ne sait plus où il en est, une  adolescente en détresse, .. Diego va faire connaissance de ses voisins pour les aider. Ce retour obligé dans les lieux de son enfance va lui permettre également de faire la lumière sur ses propres zones d’ombre.  Je n'en dis pas plus...

Ce roman est bercé par une douce mélancolie omniprésente et un  rythme calé sur celui de la vie en Italie. Ce livre sans être parfait m’a touchée car il met en scène des gens ordinaires. Pas des héros mais tout simplement des êtres humains. Des personnes qui ont des problèmes, des forces et  des faiblesses, des fêlures, de l'amour et des envies. Une jolie découverte !

- Il se passe que personne ne dit la vérité, que personne n'a le courage d'être ce qu'il est, que nous vivons de mensonges par omission, nous vivons de mensonges, nous sommes assis sur des mensonges, nous somme ce que voudraient les autres, c'est note seule préoccupation, ils nous demandent trop, toujours trop, le modèle est inatteignable. Qui est vraiment lui-même?

lundi 18 juin 2012

François Garde - Ce qu'il advint du sauvage blanc


Éditeur : Gallimard - Date de parution : Janvier 2012 - 327 pages et un  premier roman époustouflant!

En 1844, le jeune matelot Narcisse Pelletier originaire de Vendée est  abandonné pas son navire sur une côté australienne. Dix-sept ans plus tard après avoir vécu avec les aborigènes, il est  recueilli par un navire anglais. A  Sydney, il erre à moitié nu, ne parlant aucune langue. Octave de Vallonbrum le prend sous son aile et est déterminé à comprendre qui est ce sauvage blanc.

Ce roman à deux voix inspiré d'une histoire vraie est très, très  loin  d’être une pâle copie de Robinson Crusoé ! Nous  suivons le jeune Narcisse Pelletier à partir du moment où il se réveille  seul sur une plage d’Australie.Matelot, il croit que son navire viendra de retour le chercher. Forcément, le capitaine remarquera qu’il lui un manque un homme. Il ne sait comment faire pour se nourrir, trouver de l’eau dans cet environnement inconnu. Affaibli, il sombre dans un état proche de l’inconscience prêt à attendre la mort. A son réveil, une femme âgée s'occupe de lui. Et voilà que commence l’aventure de Narcisse avec les aborigènes. Des espoirs qui renaissent, des doutes, des peurs et nous le quittons lorsqu’il devient Amglo, un membre des aborigènes. En parallèle, à travers la correspondance d’Octave de Vallonbrum, membre de la Société de Géographie, nous le retrouvons à trente-quatre ans. Cet homme a pris le parti de prendre Narcisse/ Amglo sous sa protection et de tenter de comprendre qui il est. Une énigme doublée de « rendre » Amglo à l’état civilisé. 

Les sentiments sont merveilleusement rendus ainsi que les questionnements ! A travers le regard d'Octave de Vallobrum, François Garde nous invite à la réflexion sur des questions humanistes et ethnologiques dont une : qu'est-ce qu'un monde dit civilisé (et selon quels concepts)? Tout l’art de l’auteur est d’attirer  notre attention sur certaines questions : comment un homme peut-il oublier  sa langue maternelle, comment un individu effectue ses premiers pas dans une autre civilisation jusqu’à oublier son identité première et bien d'autres encore.
Non seulement, François Garde réussit  à écrire avec le phrasé du contexte historique mais en plus il se glisse avec une parfaite maîtrise dans la peau de trois hommes : Narcisse à dix-huit ans, Narcisse/Amglo dix-sept ans plus tard et celle d’Octave de Vallonbrume. 

Un premier roman très brillant et passionnant sur tous les points, chapeau bas !

Les billets ( tous élogieux) de BibliophagieConstance, Leiloona, L’Irrégulière, Moustafette

 

samedi 16 juin 2012

Erri De Luca - Et il dit


Éditeur : Gallimard - Date de parution : Mai 2012 - 103 pages riches de sens ! 

Un homme est retrouvé épuisé après avoir marché plusieurs jours au sommet d’une montagne. Cet alpiniste semble avoir perdu la raison et la parole. Au campement, il reprend des forces puis décline un à un les dix Commandements.

Ce livre d’Erri De Luca est très différent de ce j’avais pu lire de cet auteur auparavant. Il s’agit aussi d’un livre qui offre aux mots leurs sens les plus profonds. Avec une écriture toujours aussi ciselée, l’auteur reprend les dix Commandements de l’Ancien Testament. Les hommes et les femmes du campement écoutent cet alpiniste revenu miraculé don chaque parole est riche de sens.  L’alpiniste, figure de Moïse, ne se fait pas moralisateur ou imposteur mais interprète les écrits. La poésie alliée à une certaine philosophie (ou sagesse) frappe en plein cœur ! Le mot comme  analysé donne sa quintessence à ces textes religieux. Comment ne pas être touché par la description de ces hommes et de ces femmes qui écoutent l’alpiniste, qui boivent ses paroles ? Interpellés comme si une lumière éclairait le chemin à suivre. L’alpiniste parle ainsi : Quand l'écriture se débarrasse de son auteur, elle appartient à celui qui la lit et fait de chaque lecteur suivant son héritier direct.

La force de ce livre est de toucher tout le monde : croyant ou athée (ce qui est mon cas) et de s'ouvrir sur l'avenir. A chacun de construire sa vie.
Dans les deux dernières pages, Erri de Luca parle de lui et de sa relation au judaïsme. Se définissant comme un étranger respectueux et de conclure par cette phrase :  le judaïsme a été une piste caravanière de consonnes accompagnées au-dessus et au-dessous de la ligne par un volettement de voyelles. Entre une ligne et l’autre, dans l’espace blanc, c’est le vent qui gouverne. C’est la voix réunie de tous ceux qui ont ajouté en marge un commentaire. L’écriture hébraïque finit avec : vaiàal, et il monta. En revanche, moi, je descends ici.

Un texte profond,  intemporel qui ressource le lecteur ! Laissez-vous porter par ce livre, vous ne le regretterez pas car il s'agit d'une lecture rare ! 

Un énorme merci à Dialogues Croisés pourvoyeur de bonheur officiel (label A.O.C. garanti) !


vendredi 15 juin 2012

Quand un auteur remercie les blogueuses !


Quand nous n'avons pas aimé certains livres, ll arrive que des auteurs mécontents déversent ego boursouflé, vanité ( et autres) en mails ou commentaires peu sympathiques à notre égard. Beurk,  passons ! Car à côté, heureusement, il  y a des auteurs qui nous disent merci. C’est le cas de Raphaël Thomas avec cette vidéo excellente !!!

J’avais aimé son premier roman La vie commence à 20h10 tout comme Amanda Meyre, L’Irrégulière, Mango  et d’autres blogueuses.



Si nous avons pu contribuer à ce que ce roman vive, je dis tant mieux ! Et il vit ! Le livre est désormais en poche et une suite paraîtra au printemps prochain (youpee!!!).

Merci à Raphaël Thomas pour ce clin d'oeil (et par le biais de ce billet, je remercie d'autres auteurs qui se reconnaîtront :)) !

jeudi 14 juin 2012

La Bretagne se meurt....

Alors qu’un tweet fait la une de l’actualité, la Bretagne si souvent vendue avec cette phrase «  terre de légendes au charme pittoresque avec ses côtes sauvages » va être modifiée. Oui car la Bretagne se meurt. Une future zone sinistrée où des milliers d’emplois sont en jeu avec le groupe Doux et  la Brittany Ferries. Deux sociétés qui vont mal.
Doux qui  fait vivre le bassin de Châteaulin ( Finistère)  est placé en redressement judiciaire. Une première vague de licenciement a été annoncée. Doux ? Ce nom ne vous dit peut-être rien. Si je vous parle de Père Dodu , je pense que ce nom vous est plus familier.  Il s’agit d’une filiale du groupe basée à Quimper (Finistère).
Doux c’est 3 400 salariés en  France et plus de 2000 en Bretagne,  800 éleveurs dont 300 en Bretagne. Sans compter les sociétés de services qui en dépendent comme toute l’économie locale (les commerces, les artisans, …). Et des  salariés payés au SMIC sur les chaînes de production de l'agro-alimentaire.

La Brittany Ferries dont les dirigeants ont jonglé imprudemment avec les capitaux emploie plus de 1 000 personnes à Roscoff (Finistère)  et est le premier employeur de marins français, Il est demandé aux salariés de revenir sur leurs acquis sociaux pour donner une bouffée d’oxygène à la compagnie.  Dans 6 mois,  les 2 200 employés de Doux en Bretagne seront fixés tandis que ceux de la Brittany Ferries doivent se serrer la ceinture.

Espérons que les trois ministres bretons au gouvernement se souviennent de leurs racines et que les tweets se taisent.

Si vous venez en vacances dans le Finistère et que vous croisez des visages fermés, inquiets, ne croyez pas que les bretons soient bourrus ou des taiseux. Ils sont justes préoccupés. Ici, pratiquement tout le monde  connaît quelqu’un qui  vit directement ou indirectement de ces deux sociétés. Certains triment et d’autres jouent avec les chiffres oubliant que derrière il y a des vies.

Nathalie Léger - Supplément à la vie de Barbara Loden


Editeur : P.O.L. - Date de parution : Janvier 2012 - 150 pages sublimes !

Wanda est l'unique film réalisé par l’actrice Barbara Loden en 1970 est un fil qui relie plusieurs femmes. Barbara Loden deuxième épouse d'Elia Kazan y joue le rôle de Wanda dans ce film inspiré d'un fait réel. Wanda, une blonde oxygénée façon pin-up qui  un jour a abandonné mari et enfants et s'est retrouvée en pirson. Un parcours sans attaches comme une fuite, une  errance et elle se retrouve complice d’un braquage complètement désastreux qui tourne mal. Et il y a Nathalie Léger à qui son éditeur demande une notice du film. Trois femmes Wanda, Barbara et Nathalie Léger et trois vies qui se croisent.

Dès les premières lignes, j’ai su que j’allais aimer ce livre ! L’écriture m’a accrochée l’esprit et le cœur. Dire qu’il s’agit de l' histoire d’une femme qui raconte une femme qui a a réalisé un film sur une autre femme ne serait pas faux. Mais ce livre est bien plus. Avec une écriture singulière, très visuelle, parfaitement maîtrisée,  Nathalie Léger revient sur la vie de Barbara Loden. Née en 1932, à l’âge de 38 ans, elle réalise le film Wanda et y interprète le rôle de Wanda. C’est ce que la mémoire collective retiendra de cette vie fauchée par un cancer foudroyant dix plus tard. Pourquoi a-t-elle voulu jouer ce rôle ? « I was the best for it ». Barbara Loden trouvait en Wanda des points d’ancrage, des liens indescriptibles. A partir de documents et d’un voyage aux Etats-Unis, Nathalie Léger raconte, imagine Wanda et Barbara Loden. Le lecteur est à ses côtés.  Lorsqu'elle  décrit une scène de film, on visualise Barbara Loden en Wanda. Lascive, sensuelle et paumée, Wanda avait tiré une croix sur sa famille. Une femme énigmatique, troublante et fragile, en quête d’elle-même, d'un bonheur impossible ou consciente de sa solitude trompée par les hommes. Que cherchait Barbara Loden dans Wanda ?

A partir de ces deux femmes, Nathalie Léger sonde, explore et parvient à combler sa propre histoire. Qui d'ailleurs n’a jamais lu un livre (ou vu un film) et a été troublé par une attitude, un comportement qui l'a renvoyé à soi-même?

J’ai terminé ce livre magnifique les yeux remplis de poissons d'eau ! Il faut prendre le temps pour le lire car il s’agit d’un texte exigeant qui pourra dérouter certains par la mise en forme non linéaire, à la manière d’un kaléidoscope où trois vies se reflètent. Un roman où les références littéraires, cinématographique sont nombreuses.  

L'ensemble m'a conquise et touchée ! La sensibilité qui s'en dégage, le frôlement ou le chevauchement des existences, les quêtes de l'écrivain et ces femmes reliées sans le savoir...
(Et maintenant à vous de continuer « c’est une femme qui a lu un livre qui raconte… »)

Je m'essayais à toujours plus d'objectivité et de rigueur. Décrire, rien que décrire. L'état des choses saisi en un de moindres mots. Barbara, Wanda. S'y tenir.Viser au général et à lanodin.  Mais j'avais beau m'appliquer  chaque matin à la saine et bureaucratique impassibilité d'un rédacteur de notice, je me faisais toujours emporter par le sujet, effarée, effondrée de découvrir que tout avait commencé malgré moi et même sans moi dans le désordre et l'imperfection, l'inachèvement prévisible et l'incomplétude programmée.

mercredi 13 juin 2012

Hélène Vignal - Plan B pour l'été


Éditeur : Rouergue - Date de parution : Avril 2012 - 216 pages qui se lisent toutes seules!


Avertissement : si vous avez aimé Comment ( bien ) rater ses vacances d’Anne Percin, précipitez-vous sur celui-ci !

Louise, quinze ans, en vacances chez Jamie sa grand-mère à Morgat avec sa mère. Elle a prévu et organisé d’aller passer une semaine en camping à Bénodet avec Théo son grand copain et sa mère. Hélas, cette dernière doit rentrer à Paris pour le travail. Adieu le camping ?  Non car Louise est bien déterminée à bousculer  Jamie pour qu’elle les accompagne.

Plantons le décor et les caractères. Morgat, charmante commune de la Presqu’Ile de Crozon et Jamie. La grand-mère coincée, maniaque, hyper-organisée entre l’arrosage de ses rhododendrons et les courses à la biocoop, vieille depuis toujours. Elle a ses habitudes et s’y cramponne. Entre elle et  Louise, sa petite-fille, il y a un monde. Le décalage des générations a creusé un fossé, des incompréhensions réciproques. Quand la mère de Louise doit rentrer à Paris pour remplacer une collègue, Jamie sermonne Louise « on ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie ». Mais voilà, cette semaine au camping avec Theo est  capitale. Son meilleur ami est  homosexuel et ses parents aux préjugés bien ancrés n’en savent rien. Pour lui, cette semaine est une bouffée d’oxygène, une échappatoire. Louise va secouer Jamie mais bien plus qu’elle ne le pense… Et les voilà qui partent tous les trois en camping à Bénodet (charmante commune balnéaire près de Quimper). Louise va apprendre l'histoire de Jamie, découvrir vraiment qui elle est.

Si ce livre est truffé d’humour, il n’en demeure pas moins qu’il aborde la guerre d’Algérie et ses conséquences, l’homosexualité et les liens entre générations. Frais, dynamique et touchant, il se lit tout seul avec des personnages attachants! Vivement la suite !!!!  
Lu Dévoré et aimé également par Fifille de 14 ans.

Merci à Karine (une de mes libraires de l’équipe choc de Dialogues) de m'avoir conseillé ce livre !

mardi 12 juin 2012

Catherine Charrier - L'attente


Éditeur : Kero - Date de parution : Mai 2012 - 248 belles pages !

Marie marié à Paul le trompe avec Roch. Il ne s’agit pas d’une liaison furtive mais d’un amour interdit sur treize années. Des années où l’attente  s’est faite compagne à double visage  pour cette femme à la brillante carrière professionnelle et mère de famille.

Un premier roman comme une succession de photos de  cet amour entre Marie et Roch. Marie a un peu plus de trente ans quand elle rencontre Roche par le biais de son travail. Un premier rendez-vous puis un autre et Marie  trompe Paul. Tout comme Roch trompe sa femme. Non seulement, on suit cette histoire d’amour mais Catherine Charrier nous décrit les facettes de l’attente déclinée sur ces treize années. L’attente joyeuse, charnelle et  faite de désirs, souvenirs d’une robe portée et enlevée dans une chambre d’hôtel, l’attente d’un coup de téléphone et le cœur qui se met à battre à tout rompre quand enfin il sonne. L’attente coupable quand les remords surgissent, l’attente irrationnelle et la pulsion de quitter son mari, l’attente qui languit et celle qui commence par la ronger. A l’intérieur, insidieusement.
De mensonges déguisés en rendez-vous, d’étreintes volées en week-ends planifiés, Marie s’est construite une double vie. Sur le fil du rasoir. Vertiges de l’amour caché et  à ce  jeu dangereux Paul la quitte.  A partir de ce moment, sa vie entière sombre. La dépression qui se cachait dans l’attente et dans la pensée de tromper les siens la fait basculer. Entièrement et totalement. L’attente devient ennemie, jalouse  et non plus complice. Marie n’arrive plus à jongler entre ses vies et s’écroule.

Dans les premières pages, on sent que l’auteure cherche son style mais ensuite elle trouve ses marques avec une écriture qui colle aux émotions. Le récit est tout en subtilité mais sur les derniers chapitres, le rythme s‘essouffle un peu et l’on devine facilement la fin. Malgré ces bémols, il s’agit d’un beau premier roman et d’une auteure à suivre !

L'attente compte ses plaisirs un à un, d'ailleurs elle ne déteste pas l'ordre. On y range ses souvenirs comme des livres dans une bibliothèque. Elle rend aussi attentif à saisir les occasions qu' à les organiser, à gérer leur ordonnancement. Dans l'attente on cultive le double talent d'opportuniste et de planificateur.

Les billets (et des avis différents ) d'Emily, L'IrrégulièreLittérature et chocolat, ThomasLouis



lundi 11 juin 2012

J'en suis.... grand prix des lectrices de ELLE 2013!!!!!

Peut-être qu'à force de recevoir depuis cinq ans ma candidature, ils en ont eu marre et ont fini par céder...

Mais, pour la première fois, je suis retenue pour faire partie du jury prix ELLE 2013 pour le mois d'avril!!!!!



Aurélie Lévy - Ma vie pour un Oscar


Éditeur : Plon - Date de parution : Juin 2012 - 152 pages distrayantes !

Camille, une parisienne de vingt-deux, rêve de briller sous les projecteurs. Elle s’envole pour Los Angeles où elle est embauchée en tant qu’assistante personnelle de John Bogus, une star du cinéma américain. En attendant le rôle de sa vie, elle doit être disponible vingt-quatre-heures sur vingt-quatre-heures pour John Bogus.

L’auteure raconte dans ce livre son propre récit. Et oui, sous les pseudos de Camille et de John Bogus, il s’agit d’Aurely Lévy et d’un acteur très connu. Au départ, Camille est ébahie par ce luxe cette démesure et s’étonne des caprices de John Bogus, elle pense rester elle-même. Non, Los Angeles ni John Bogus ne déteindront pas sur elle ! Déterminée, mégalo, elle veut réussir. Et bien, elle se trompe. La voilà à s’alimenter de soja, à faire partie de ceux qui gravitent autour de cette star et Camille perd pied peu à peu avec la réalité. De la cérémonie des Oscars à un voyage (soi-disant) humanitaire avec John Bogus en Afrique, l’auteure n’hésite pas à se moquer d’elle-même pour nous montrer les dérives excessives des stars et les coulisses du quotidien. Mais, jusqu’où pouvons-nous aller pour à aller pour apaiser notre soif de notoriété ou de reconnaissance?

Même si  on aurait aimé qu’elle creuse plus par moments, l’auteure préfère jouer la carte de légèreté. Mais, il s'agit d'une lecture distrayante et la satire fait (forcément) sourire! 

Le car-wach, les mani-pedis, les balayages capillaires, massages réflexologiques et autres yogas Bikrma, Iyenger, Ashtanga ou Hatha sont autant de stratagèmes que les Californiens ont trouvé pour cultiver leur moi intérieur et maintenir un taux de consommation digne d'un Etat gouverné par un ex-star du porno reconvertie en RoboCop du déficit budgétaire.


Le billet de Cathulu

 

dimanche 10 juin 2012

Ant the winner is...

L'heure est venue de vous annoncer le nom de la gagnante ( et oui, Messieurs, désolé pour vous...) du CD audio de La liste de mes envies aux éditions Audiolib de Grégoire Delacourt.

1) Quelle est la date de parution de ce livre audio ?
le 6 juin

2 ) Et enfin, la question "locale" : quand est-ce que le tramway sera mis en circulation à Brest ?
L'inauguration est prévue ( par un beau temps) les 23 et 24 juin. 

La gagnante ( merci à la petite main de Fifille Ado number two) est ... Valérie !

Rendez-vous aujourd'hui chez Sylire  pour tenter de gagner à nouveau ce livre audio !

samedi 9 juin 2012

Roddy Doyle - Paula Spencer


Éditeur : Robert Laffont - Date de parution : Mai 2012 - 302 pages âpres et belles! 

Dublin, Paula a arrêté de boire de boire depuis quatre mois et cinq jours. Un combat de chaque instant pour cette mère de famille de quarante-huit ans. Seuls  Leanne et Jack vivent avec elles, Nicola a un bon travail et est maman deux petites filles. Son aîné John Paul, ancien toxicomane, a renoué contact avec elle. 

Roddy Doyle nous entraîne dans une Irlande en pleine mutation, un qui sort de la crise d'avant l'an 2000. Dans ce roman, il n’est pas question de vertes prairies mais du quotidien de Paula Spencer à Dublin.Elle fait des ménages pour vivre,  lle connaît la précarité et  les fins de semaine difficiles depuis toujours. Son combat de chaque instant est de lutter contre l’envie d’un verre et de vivre aussi dignement que possible. Elle n’a pas bu une seule goutte depuis quatre mois et cinq jours. Si elle a arrêté c’est pour ses enfants même si Leanne lui renvoie souvent en plein  figure le passé, les soirées où elle était ivre ou quand son mari la battait. Consciente de leur avoir fait du tort,  elle ne baisse pas les bras surtout pas quand elle se rend compte que Leanne boit. Jack à seize ans est un garçon sans problème et sérieux. Il travaille l’été et a un compte en banque alors que Paula  n'en possède pas. Elle est est la souvent la seule Irlandaise à faire son travail ingrat avec des hommes et des femmes venus des quatre coins du monde. Elle s’accroche à l’avenir, économise pour rendre un peu plus confortable la vie. Si Nicola a endossé très vite le rôle de mère envers Paula  et lui fait des cadeaux, Paula a sa fierté et sa détermination également. Celle de se dire qu’elle a une nouvelle vie devant elle qui ne tient qu’à sa volonté malgré les baisses de moral qui surviennent de temps en temps.

Avec une écriture minimaliste sans fioriture, et sans pathos, Roddy Doyle nous dresse le portait d’une femme courageuse qu’on a envie de soutenir. Dans des phrases courtes et  percutantes, l’âpreté côtoie l’humour et il s’agit d’un très beau roman !

Il ne s'agit pas d'argent, il s'agit de prudence. Elle doit être prudente. Pour le restant de ses jours.Ca la tue, elle le sent. Le moindre mot, la moindre décision. Ca l'use à petit feu. Elle a envie de poser sa tête sur la table. Elle a juste envie d'abandonner. Pas d'abandonner, de faire une pause. Ne plus à voir ignorer Leanne, ne plus à voir s'inquiéter pour Jack. S'asseoir et se sentir bien. Dormir. Et se réveiller reposée.

Le billet de Maeve


vendredi 8 juin 2012

Jeanette Winterson - Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?


Éditeur : L'Olivier - Date de parution : Mai 2012 - 267 pages touchantes et empreintes de belles réflexions!


Si Jeanette Winterson avait déjà parlé de son enfance et de ses parents adoptifs les Wintenson dans les oranges ne sont pas les seuls fruits (lu avant ce blog), dans ce roman autobiographique elle revient bien entendu sur cette enfance mais aussi sur sa vie.

Le moins que l’on puisse dire est que Jeanette Winterson n’a pas eu une enfance heureuse. Sa mère adoptive était une femme dotée d’une forte personnalité, méchante, épiscopalienne et obsédée par Dieu. Pas d’amour, des interdits et très vite, Jeanette s’est réfugiée à la bibliothèque de sa ville d’Accrington, une ville ouvrière du  nord de l’Angleterre. Des parents de condition modeste comme beaucoup de personnes dans ces années 1970, un père effacé devant son imposante épouse qui fuyait le lit conjugal. Sa première relation homosexuelle lui a valu des châtiments dignes du Moyen-âge. L’auteure revient sur son accès à la liberté par l’écriture et par les femmes , sur sa dépression, sur sa quête de ses parents naturel et ses difficultés à construire un foyer. Avec beaucoup de recul, elle  dit que cette enfance l’a façonnée. Qui serait-il aujourd’hui sans Madame Winterson? 
Une autobiographie où la colère légitime a laissé place à des réflexions superbes sur le rapport à l’écriture, la lecture et le féminisme. 

Sans pathos mais  surtout  avec beaucoup d’intelligence et une lucidité marquante, il s’agit d’un livre très fort qui touche le cœur et l’esprit!  J’ai eu du mal à choisir un extrait tant ce livre est riche par la réflexion, le travail sur soi !

La vérité est une chose très complexe pour tout un chacun. Pour un écrivain, ce que l'on retranche en dit autant ce que l'on intègre.Que retrouve-t-on par-delà des marges du texte? La photographe cadre son sujet ; les écrivains cadrent leur univers. Mrs Winterson m' a reproché ce que j'avais intégré alors que j'avais plutôt l'impression que le jumeau muet de l'histoire était ce que j'avais retranché. Nous taisons tant de ces choses trop douloureuses. Nous faisons le vœu que ce que nous pouvons raconter apaisera le reste, l'atténuera d'une façon ou d'une autre. Les histoire sont là pour compenser face à un monde déloyal, injuste, incompréhensible, hors de contrôle. Raconter une histoire permet d'exercer un contrôle tout en laissant de l'espace, une ouverture. C'est une version mais qui n'est jamais définitive.On se prend à espérer que les silences seront entendus par quelqu'un d'autre, pour que l'histoire perdure, soit de nouveau racontée. En écrivant, on offre le silence autant que l'histoire. Les mots sont la part du silence qui peut être exprimée.

Les billets de Cathulu, Céleste


mercredi 6 juin 2012

John Verdon - N'ouvre pas les yeux


Editeur : Grasset - Date de parution : Mai 2012 - 568 pages et un coup de cœur ! 

Jillian Perry est retrouvée décapitée dans la cabane du jardinier lors de la réception de son mariage avec le docteur Scott Ashton un brillant psychiatre. Le jardinier du Docteur Ashton d’origine mexicaine un certain  Hector Flores est introuvable et l’enquête piétine depuis quatre mois. La mère de Jillian demande à l’ancien inspecteur de police Gurney d’enquêter. Il se donne quinze jours pour faire la lumière sur ce meurtre.

Si j’avais eu un avis partagé sur 658 le premier livre de John Verdon et bien, j’ai été happée et captivée par celui-ci ! La jolie mariée était  loin d’avoir une personnalité simple. Décrite comme narcissique, à moitié folle et aux mœurs légères par sa propre mère, elle a connu son futur mari en tant que patiente. Scott Ashton dirige une clinique d’un genre un peu particulier où il s’occupe des abuseurs sexuels.  La cérémonie du mariage a été filmée mais sur aucune des vidéos, la fuite d’Hector Flores n’est visible. D’ailleurs, personne ne l'a jamais côtoyé hormis son patron et sa fiancée. D'après les dires du docteur Ashton, Hector Flores n'aimait pas Jillian. Gurney va reprendre l’enquête à zéro en n’omettant aucun détail. Je n'en dis pas plus sauf les surprises sont de taille et que ce thriller est réussi sur toute la ligne!

Ce livre est un vrai  plaisir car l’intrigue est menée de main de maître et axée sur la psychologie. Aucun temps  mort, aucune longueur et impossible de lâcher cette lecture une fois commencée ! J’ai tourné de plus en plus en  vite les pages pour connaître le dénouement final ! Un coup de cœur!


Le billet d'Isa

mardi 5 juin 2012

Carlos Ruiz Zafon - L'ombre du vent

Editeur : Le livre de poche - Date parution : 2006 - 637 pages 

Barcelone, 1945, Daniel Sempere âge de dix ans est amené par son père au Cimetière des Livres oubliés. Dans ce dédale  qui regorge de livres peu connus ou oubliés, il doit en choisir un seul. Le jeune Daniel repart avec un livre "L'ombre du vent" de Julian Carax. En voulant en apprendre d'avantage sur cet auteur, Daniel va se retrouver confronter à de nombreuses énigmes.

Il était une fois  des lectrices dont une eut l'idée de lancer une lecture commune autour de ce livre. Telles des aventurières des temps modernes, toutes répondirent présentes à l'appel. Mais pour certaines cette LC se révéla à la hauteur d'un Koh-Lanta littéraire ! Entre rebondissements inattendus (une lecture qui semblait ne jamais se terminer), des coups de mou et une indigestion frôlée de peu, elles en vinrent à bout mais non sans peine. Seules certaines y arrivèrent avec plaisir... 

Dès lors que Daniel a entre les mains L'ombre du vent, son obsession sera de découvrir qui était Julien Carax et pourquoi ce livre est l'unique exemplaire qui existe. Aidé par Fermin Romero de Torres, un des nombreux personnages de ce livre, Daniel va devoir résoudre des énigmes. Qui ets ce mystérieux et inquiétant personnage qui brûle tous les livres de Julian Carax ? Mais surtout pourquoi ? Au fil des pages, on alterne entre les histoires des différents personnages  et la quête de Daniel. Dans ce roman d'apprentissage où Daniel grandit et découvre l'amour, l'auteur crée une ambiance particulière : il pleut souvent, beaucoup de scènes se déroulent de nuit et la ville de Barcelone est décrite sans beauté. Mêlant une touche de fantastique à la réalité,  la guerre civile et ses meurtrissures ne sont pas oubliées. Mais voilà,  des longueurs et  des redites, la multiplicité des personnages (certains sont détestables, d'autres attachants mais celui de Fermin m'a particulièrement agacée) ont fait que ce fut une loooongue lecture.

Mon intérêt a été en dents de scie tout au long de ma lecture, certains passages m'ont vraiment intéressée et d'autres m'ont ennuyée.
Je n'ai pas réussi  à rentrer vraiment dans ce livre et à ressentir des émotions, dommage...

Les billets des autres (courageuses) participantes : NathaliePhilisineSylireTheomaUne comète

lundi 4 juin 2012

Lucia Puenzo - La fureur de la langouste


Éditeur : Stock - Date de parution : Mai 2012 - 212 pages et une déception...

A Buenos Aire, Tino âgé  de onze ne ne se déplace jamais sans Tino Bruno, le garde du  corps de son père. Pour tous les autres membres de la famille Razzani, il est en de même. Son père est un homme d’affaires très riche et très puissant en Argentine mais il est trempé dans de sales affaires. Condamné par la justice, il fait bientôt la une des journaux.

On est très loin des quartiers pauvres de Buenos Aire et de la misère, Razznni est un homme parti de rien mais qui a réussi. A la tête de plusieurs sociétés, il est accusé de détournement et de blanchiment d’argent. Pour Razzani, seule sa famille compte : sa femme et ses trois enfants dont Tino. Très vite, la vie menée par la famille bascule. Razzani s’est enfui pour se cacher de la police dans l’une de des ombreuses propriétés, sa femme et ses enfants restent cloîtrés dans leur belle maison des quartiers chics car les journalistes guettent tous leurs faits et gestes. A partir de ce moment, la famille perd peu à peu pied. Seul Tino qui voyait en son père une forme de héros commence à douter a du mal à croire les rumeurs concernant son père. Jusqu’au jour le cadavre de Razzani est retrouvé. Est-ce vraiment lui  ou alors est-ce une ruse de plus?

Si j'ai lu ce livre sans déplaisir,  j'ai trouvé cette histoire vraiment trop classique et sans surprise par les thèmes : l'argent sale, le pouvoir. Et, je n'ai pas ressenti d'émotions à cette lecture. Dommage.

dimanche 3 juin 2012

Ah... La fête des mères!

Comme chaque année, à la même époque, ma boîte aux lettres est remplie de divers prospectus débordant d’idées cadeaux pour la fête des mères. En faisant le tri, j’ai remarqué que le choix n’est guère varié et représente ce que devrait être la maman idéale (ou plutôt l'épouse parfaite).

Le matin, vous vous levez de bonne heure en écoutant votre musique préférée car vous avez désormais un radio-réveil station Ipod. Vous êtes vêtue de votre toute nouvelle nuisette en satin, car évidemment, votre gamin de 6 ans préfère vous voir en tenue de nuit sexy plutôt qu’avec votre vieux pyjama en coton que vous adorez tant. D’ailleurs, vous l’avez gardé et vous le cachez dans votre armoire derrière les piles de draps car il est hors de question que vous vous en sépariez.

En sortant de votre douche, vous vous épilez les jambes et les aisselles en hurlant de douleur. Mais, vous êtes attendrie que votre ado préfère vous voir avec des jambes à l’aspect satiné, douces comme une peau de bébé, sans aucune éraflure ou pansement. Eh oui, car auparavant vous aviez toujours l’habitude d’utiliser un rasoir que vous piquiez à votre mari.
Vous n’oubliez surtout pas de vous parfumer et de mettre tous les bijoux et breloques ornés de petits cœurs où sont gravés des « maman, je t’aime ». Vous êtes émue que votre fiston de quinze ans ait sacrifié son argent de poche du mois pour ce cadeau plutôt que de s’acheter le dernier jeu vidéo dont il parlait tant.

Direction la cuisine, où vous vous lancez dans la confection du pain et des yaourts « maison » sans oublier de faire un jus de fruits frais grâce à votre nouvelle centrifugeuse. Puis, au lieu de penser « oh, zut, je dois faire du repassage ! », vous vous dites « chouette ! Je vais m’éclater avec ma centrale vapeur ».

Les trois bacs à linge qui débordent ne vous font plus peur, au contraire vous êtes ravie de repasser les grenouillères de votre petit dernier âgé de six mois. Vous savez que les enfants sont de plus en plus précoces, mais vous n’en revenez toujours pas que votre petit bout de chou ait réussi avec ses gazouillis à faire comprendre à son père qu’il préfère des bavoirs sans aucun faux plis.

Enfin, vous préparez le déjeuner pour tout ce petit monde. Et là, vous n’avez aucune excuse pour ne faire des gâteaux ou des tartes pour le dessert car vous avez eu un tout nouveau robot multifonctions

Votre après-midi, vous le passez à dépoussiérer tous les bibelots, les vases et les cadres photos que l’on vous a offert à l’avant-dernière fête des mères. Vos enfants et votre mari sont censés savoir que vous détestez faire du ménage, mais ils avaient dû oublier. Vous ne ronchonnez pas car bien entendu c’est l’intention qui compte.

Votre journée n’est pas totalement finie, hélas, non pas encore…. Il vous reste à faire du vélo d’appartement puis du rameur pour entretenir votre corps sculptural et votre silhouette. Quoi de plus normal que votre fille de dix ans vous préfère svelte et sans un gramme de cellulite.

Et, je dis non!!!!
Maman oui mais pas un robot-super-woman!
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samedi 2 juin 2012

Lyonel Trouillot - La belle amour humaine


Éditeur : Actes Sud - Date de parution : 2011 - 170 pages magnifiques !

A Anse-à-Folêur, un village côtier d’Haïti, Anaïse est venue chercher des traces de son père. Un homme qu’elle a peu connu et qui était parti d’Haïti sans aucun remord à sa majorité. Assise dans le taxi de Thomas, elle l’écoute raconter l’histoire de son grand-père.

Quelle écriture magnifique! Une écriture riche de poésie, de musicalité et de profondeur ! Thomas parle en s’adressant à Anaïse et c’est comme s’il s’adressait à nous lecteurs. Avec un sens profond de l’observation et une connaissance de de l’âme humaine, il nous fait découvrir son pays, son village et nous fait partager ses réflexions. Des réflexions pleines de sens sur les touristes qu’il prend à bord de son taxi, sur notre mode vie et le sens que nous lui donnons. Le grand-père d’Anaïse et son grand ami sont morts tous deux dans l’incendie de leurs maisons construites l’une à coté de l’autre. Le colonel à la retraite Pierre André Pierre et Robert Montès un homme d’affaires crapuleux étaient unis par la puissance et la cruauté. A eux deux, ils dirigeaient la vie des habitants. Qui a déclenché l’incendie ? Thomas n’apporte pas de nom à Anaïse. Plus qu’une réponse, il lui décrit ce qu’ont fait ces deux hommes. Elle qui n’est pas une touriste mais la petite-fille de Robert Montès écoute Thomas. Puis, Anaïse à son tour prend la parole. Elle décrit les gens rencontrés, la gentillesse, l’humilité et le partage.Venue à la source de ses racines, à travers ce pays et ses habitants, elle trouvera des valeurs souvent oubliées dans notre société.

Un livre splendide et profond, envoûtant de la première à la dernière ligne !

Dans le monde de ton grand-père, on se donne les moyens d'acheter du temps au temps. Le génie des gens bien consiste à mener une longue guerre contre l'inévitable. Il se meurent lentement, se préservent, se momifient de leur vivant comme une mesure préparatoire pour perdurer dans l'au-delà, en s'octroyant souvent le droit à une dernière fantaisie : un ultime tour du monde ou un portrait en pied.

Les billets d' AsphodèleChiffonnette, Constance, Emeraude, Enna, Insatiable Charlotte  LiliLiliba qui renvoie à de nombreux liens, Mélusine, SaxaoulStéphie


vendredi 1 juin 2012

Qui veut gagner un livre audio?

Je vous l'avais promis donc aujourd'hui, je vous propose de gagner un livre audio en avant-première et pas n'importe lequel !

Il s'agit de La liste de mes envies de Grégroire Delacourt qui sortira en  juin prochain aux éditions audiolib :


Vous pouvez écouter  un extrait ici.
Et pour les amateurs de facebook, Audiolib a désormais sa page : https://www.facebook.com/audiolib.

Pour participer, rien de plus simple, il suffit de s'engager à chroniquer le livre  et de répondre  aux questions suivantes :

Quelle est la date de parution de ce livre audio ?
Et enfin, la question "locale" :  quand est-ce que le tramway sera mis en circulation à Brest ?

Vous m'adressez vos réponses par mail avent le 9 juin (midi) avec vos coordonnées postales ( jeu ouvert à toute personnes qui habite en France métropolitaine)

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