jeudi 20 décembre 2012

Gail Jones - Cinq carillons


Éditeur : Mercure de France - Date de parution : Septembre 2012 - 315 pages superbes !

Dans la foule et sous un soleil de plomb, quatre personnes parmi les centaines d’autres se dirigent vers l’opéra de Sydney. Quatre personnes dont les vies sont différentes et qui sont vont se croiser, juste s’entrevoir ou échanger quelques minutes ou plus.

Catherine d’origine Irlandaise est arrivée depuis peu. Journaliste de formation, toute ses pensées convergent vers Brendan son frère décédé. Le frère admiré, passionné par ce qu'il entreprenait,  fier de son sang irlandais. James a donné rendez-vous à Ellie alors qu'ils ne sont pas vus  depuis vingt ans. L’enfance dans un même quartier, puis les débuts de l’adolescence qui à l'âge de quatorze ans les a conduits dans le même lit. Tous deux se comprenaient sans se parler, unis par ce lien de compréhension. Puis James est parti pour ses études et  n'a plus donné de nouvelles. Ellie mène existence stable tandis que James est rongé par un poids bien trop lourd. Et enfin Pei Xing venue s’installer en Australie après avoir vécu en Chine la terrible période des gardes rouges. Respectueuse et dégageant de la sérénité, au fil des pages son histoire revêt la forme d’un cauchemar suivie d’une accalmie soudainement brisée. Comme si son passé l’avait suivi aussi à Sydney. Avec elle, le pardon revêt son sens le plus noble et le plus humble.
Tout en brassant les souvenirs et  le présent, Gail Jones déploie et croise les existences. L’auteure ne confine pas ces personnages dans le passé et ouvre habilement des portes. L’opéra de Sydney revient tel un lieu fédérateur, preuve tangible du présent et monument rassurant.

Je me suis glissée dans ce roman à l’écriture gracieuse et lancinante où j'ai été plus que touchée par ces personnages et par leurs manières de gérer leur sensibilité, de l'intégrer ou de la dissimuler.  Pei Xing m'a marquée et m’a énormément apportée. Il est rare qu’un personnage fictif engendre de tels ressentis de ma part. Dernier point et pas le moindre : chapeau bas pour la traduction ! 
Un très beau roman ! 

Les billets de Cathulu, Gwen
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...