mardi 20 novembre 2012

Nathalie Démoulin - La grande bleue


Éditeur : Rouergue - Date de parution : Août 2012 - 205 pages lues en apnée !

En 1967,  Franche-Comté, Marie abandonne le lycée pour se marier. Elle habite chez les parents de son mari. Quelques mois plus tard, elle accouche d’une fille puis très vite d’un garçon. Son mari travaille à l’usine chez Peugeot, Marie l’y rejoindra.

Dès la naissance de son premier enfant en 1968, le désenchantement est rapide. Mari est cadenassée dans son existence. Son parcours jusqu’en 1978 retrace les illusions de cette jeune femme en proie à des rêves de liberté mariée trop vite jusqu’à son divorce.  Avec le travail à l'usine, son quotidien est calqué au rythme des cadences toujours plus  rapides à respecter, des grèves qui agitent les usines, de la  fatigue et de la peur de perdre son emploi. Sa vie est liée aux mouvements sociaux, aux évènements de cette décennie. Des lendemains de la guerre d’Algérie aux mariages mixtes, des grèves aux licenciements chez Peugeot à  la fermeture de Lip, du bonheur d’avoir son  appartements dans une  barre HLM aux  premières vacances à la mer, des luttes de la classe ouvrière à son propre combat pour mener sa vie de femme et gagner enfin son indépendance. Si la réalité lui a ôté ses utopies de jeunesse, Marie  a mené son propre combat, incessant et journalier. En équilibre sur le fil de sa vie,  avec sa folie douce, sans rêve de strass mais de liberté, elle représente des milliers de femmes. C’était il y a quarante ans, c’était hier,

Forcément, on pense à Annie Ernaux et à son livre Les années, à  Ouvrière de Franck Magloire car l'auteure nous restitue un pan de notre mémoire collective. 
L'écriture a un goût d'inédit (et c'est rare).  Sublime, maîtrisée et  poétique. Avec des phrases courtes, Nathalie Démoulin passe du "elle" au "on" pour allier la vie de Marie à celle de toute une classe. Roman social, intime  avec  des personnages vrais et touchants qui nous habitent longtemps.  Impressionnant.

On voudrait rester froide. Il parle de l'avenir. C'est beau l'avenir.  On y habite des maisons individuelles. Le pays tourne à l'énergie nucléaire. On est une femme réinventée.

Le billet de Kathel  (la tentratrice!)
 

10 commentaires:

cathulu a dit…

Je le note mais pour plus atrd car j'ai envie de textes plus enjoués!:)

Aifelle a dit…

Ma libraire m'en avait parlé dès sa sortie. Je l'attends à la bibliothèque.

Kathel a dit…

Je suis ravie de t'avoir tentée puisque tu as aimé ! C'est un très beau premier roman.

Gwenaelle a dit…

Ton texte de dimanche est comme un écho à ce livre...

sylire a dit…

Il me tente beaucouo !

Philisine Cave a dit…

À l'occasion si je trouve à la bibliothèque mais sans grande conviction : les phrases énoncées me plaisent qu'à moitié. Bises (j'adore votre dialogue, celui entre toi et le doc Théoma)

keisha a dit…

C'est vrai que Le rouergue a de belles tentations.

Clara a dit…

@ Cathulu : il n'est si sombre !

@ Aifelle @ Sylire @ Keisha: on peut s'arranger

@ Gwen : eh oui, bien vu ! je suis un papier buvard ( sans talent...)

@ Philisinne : Oui nous avons des discussions très profonde...

Midola a dit…

Comment résister à ton billet ?

Alex Mot-à-Mots a dit…

On te sent sous le charme. Es-tu remonté à la surface depuis ?

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