mercredi 26 septembre 2012

Michaël Ferrier - Fukushima


Éditeur : Gallimard - Date de parution : Mars 2012 - 263 pages et un avis mitigé

Michaël Ferrier enseigne et habite à Tokyo. Il nous livre ce qu‘il a vécu, vu et ressenti en 2011.

Sur le bandeau il est écrit l’horreur nucléaire donc j’ai été très surprise qu’une bonne partie du livre concernait les tremblements de terre. Deuxième surprise qui m’a fait craindre le pire est le style pompeux employé au début pour décrire le séisme : les verres à pieds font des claquettes, les assiettes des castagnes. (..)Saint-John Perse tombe le premier. « S’en aller ! S’en aller, Paroles de vivant !». Celui qui peint l’amer au front des plus hauts caps , qui marque d’une croix blanche la face des récifs, ne résiste pas plus quelques secondes à la bourrasque : le Saint-Léger s’envole. Vigny le suit de près, et Lamartine, et même Rimbaud qui prend la tangente sur sa jambe unique avec une facilité déconcertante, poursuivi par Verlaine et ses sanglots longs. Heureusement, l’auteur ne s’en tient à dix pages de ces métaphores ronflantes pour laisser place à un style différent. Il raconte le premier tremblement, comment il est perçu dans ce pays habitué à ce genre de manifestations terrestres, puis les répliques. Incessantes, encore plus dangereuses. Il le raconte en tant que français habitant à Tokyo mettant en parallèle les réactions des Tokyoïtes différentes. Eux ne cèdent pas dans un premier temps à la panique. Puis, dans la seconde partie l’auteur se rend à un village-frontière limite de la zone interdite. Il constate l’effroyable étendue des dégâts du tsunami et ce qui n’a pas été dit par le gouvernement. La demi-vie mode d’emploi, dernière partie du livre concerne la catastrophe de Fukushima. Et la, j’ai eu envie de crier au scandale, aux mensonges. La mascarade d'un gouvernement et  ses silences. Fukushima ? Sujet tabou. Il s’agit de cette dernière partie sans concession qui m’a le plus intéressée.

Des  nombres étayent ce livre montrant ô combien que les conséquences de Fukushima inscrite dans l’année 2011 n’en sont qu’à leurs débuts et demeurent inquantifiables pour la planète et pour les habitants. 

Mon avis est mitigé car j’ai trouvé que la vie de couple de l’auteur n’avait pas sa place dans ce récit et que l’auteur utilisait un peu trop l’effet choc pour nous décrire une région dévastée après le tsunami. L’auteur utilise l’ironie pour démontrer que la communication gouvernementale et la réalité sont opposées.  
Malgré ces bémols, ce témoignage nous éclaire sur la catastrophe de Fukushima et sur l’utilisation du nucléaire. Mais voilà j'ai trouvé qu'il manquait un je ne sais quoi à ce témoignage.. 

Face à ces chiffres, comme on ne sait plus quoi faire, on fait n'importe quoi. Le 14 mars, le ministère de la Santé et du Travail augmente la dose maximale autorisée pour les travailleurs de centrale de cent millisieverts pour cinq ans... à deux cent cinquante millisieverts par an! C'est vrai, quoi à à bon, des normes si ce n'est pour les transgresser? En avril,  il fera encore mieux : il élèvera la dose maximale pour les enfants à vingt  millisieverts par an... ce qui est tout simplement le taux maximum en France ( et pour la Commission internationale de protection radiologique) auquel on peut exposer les travailleurs du nucléaire!


10 commentaires:

Valérie a dit…

Un livre chaudement recommandé par Olivia de Lamberterie (de Elle) dans le Masque et la plume.

Aifelle a dit…

Je pense qu'il y aura d'autres livres à l'avenir sur Fukushima, j'attendrai peut-être. Ce que tu dis de celui-ci ne m'inspire pas.

Alex Mot-à-Mots a dit…

Je n'aime pas, comme toi, quand il manque ce "petit quelque chose". Mais un témoignage qui peut être intéressant.

Philisine Cave a dit…

Normal qu'Olivia de Lamberterie conseille un livre qui concourt pour le prix du magazine pour lequel elle travaille, non ? Ma pile à lire explose, je vais m'abstenir sur celui-là.

antigone a dit…

Ton avis rejoint celui d'autres blogueuses... je crois que je vais faire comme Aifelle et attendre "autre chose" sur le sujet !!
Bon courage sinon pour ta fatigue (blog-it) ;(. Bises.

Brize a dit…

Je ne savais pas que l'auteur évoquait sa vie de couple dans ce récit.
Malgré tes bémols, j'aimerais le lire (en bibliothèque).

Clara a dit…

@ Valérie : il s'agit d'une journaliste ?

@ Aifelel : oui , je le pense aussi!

@ Alex : le témoignage est intéressant sur certains points mais je m'attendais à un livre traitant uniquement de la catastrophe de Fukushima, ses premières conséquences et les questions en suspens.

@ Philisine Cave : ce mois-ci, la sélection n' a pas été tip-top!

@ Antigone : je vais surveiller les prochains publications sur le sujet. Pour la fatigue, un un seul mot d'ordre : du sommeil et encore du sommeil...

@ Brize : cette évocation de sa vie personnelle m'a gênée.

Theoma a dit…

Je suis comme toi, ce petit quelque chose m'a manqué et j'ai souvent réfléchi et tenté de l'identifier. Toujours pas trouvé. Oui, parfois, ces détails privés m'ont gênée. Ai-je besoin de savoir que l'on fait mieux l'amour après à tremblement de terre ? En même temps, je l'ai pris plus comme un journal, des pensées couchées sur le papier, pour garder une trace, puis dans la seconde partie pour informer, transmettre. Hélas, je crois qu'il ne pas m'en rester grand chose. A voir.

Clara a dit…

@ Theoma : si je devais me retrouver face à l'auteur, je serai gênée justement pas ces détails personnels(!). Il m'a manqué je pense les émotions et l'interpellation , cette lecture m'a effleurée mais n' a pas pas réussi à me procurer de vraies émotions ou à susciter des questions de ma part.

Grimmy a dit…

J'en avais entendu parler. J'essayerai de le lire tout de même car c'est un témoignage mis en forme (et je ne suis pas gênée par l'idée d'avoir des détails personnels au milieu d'un tel témoignage).

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