mardi 22 mai 2012

Stewart O'Nan - Emily


Éditeur : Editions de l'Olivier - Date de parution : Mai 2012 - 335 pages remplies de tendresse !

Pennsylvanie, Pittsburgh. Emily quatre -vingt ans est veuve depuis plusieurs années. Ses deux enfants et ses petits-enfants habitent loin. A son âge, elle n’a pas à se plaindre de soucis de santé ou d’argent. Emily a du temps. Beaucoup de  temps.  Avec sa belle-sœur Arlene, elles ont quelques activités hebdomadaires mais cela ne comble pas toutes ses journées.

Dans les nombreux romans qui fleurissent sur le thème de la vieillesse, celui-ci est différent. Point de maison de retraite ou d’humour noir  ou d’héroïne qui n’a que pour but de tyranniser son entourage.  Emily est quelqu’un d’ordinaire. Elle a eu une vie bien remplie avant mais maintenant à quatre-vingt ans, son quotidien est autre. Vous ne trouverez pas dans ce livre des aventures rocambolesques mais la vie d’une personne âgée. Une existence brodée autour d'habitudes qui quelquefois se trouvent chamboulées pour trois fois rien, l'attente et l'espoir que les enfants viennent pour les fêtes,  les souvenirs, les amis qui décèdent et la solitude, les sorties avec Arlene au Club, la venue de la femme de ménage deux fois par semaine.

Avec beaucoup de tendresse et de délicatesse, Stewart O’Nan nous décrit l’apprentissage de cette nouvelle vie.  Le temps qui passe et qui décompte celui de l’existence, les  moments de petits plaisirs,n’avoir pas peur de conduire. Et puis il y a des peines, des peurs.  Quand Emily appelle ses enfants, ils sont souvent occupés et elle hésite de plus en plus à s’introduire dans leurs vies. La crainte que sa fille Margaret retombe dans l’alcool ou la drogue, les premiers vides du cerveau, la préparation du testament... Emily accepte que la roue de l'horloge tourne sans se plaindre et sans s’apitoyer sur elle-même.Elle accepte  l’homosexualité de sa petite-fille, les choix  de ses enfants et avec beaucoup de pudeur, elle s'inquiète pour les siens et leur avenir.

Ce qui aurait pu être ennuyeux  ne l’est pas, et il se dégage beaucoup de tendresse et d’humanité de ce livre ! Il  s'agit d'un roman que j'ai refermé  avec une boule d'émotions dans la gorge !

Merci à Dialogues Croisés !

De la bouche de chaleur, dans le coin provenait  le son de la télé, dans la chambre de Margaret. Au lit, elle entendait encore faiblement l'écho d'une conversation tonitruante qu'elle couvrit du son de sa propre radio. La journée n'avait pas-elle donc pas été assez longue? Mais c'était sa faute, pensa-t-elle, elle était trop habituée à vivre seule. Elle les aimait tous tendrement bien sûr, mais elle avait oublié combien il était épuisant d'être entourée d'autres gens.






28 commentaires:

keisha a dit…

j'ai lu un roman de cet auteur, assez tranquille mais attachant; on a l'air dans le même créneau.

Clara a dit…

@ Keisha : oui, attachant !

Anne a dit…

Eh bien je ne peux que le noter, une fois de plus ;-)

Mango a dit…

Ce livre me changerait des thrillers plein de rebondissements!

antigone a dit…

Ah, ça m'intéresse, je note !!

Alex Mot-à-Mots a dit…

Pas un peu lent comme roman ?

Unknown a dit…

Ce livre semble la suite de "De beaux lendemains". L'avez-vous lu ?

Clara a dit…

@ Anne : super!

@ Mango : gros changement en effet !

@ Antigone : ce livre m'a émue !


@ Alex : ce n'ets pas lent, non, l'auteur nous renvoie à ce quotidien qu'il faut combler.

@ Unknown : oui en effet c'est la suite mais je ne l'ai pas lu.

Aifelle a dit…

Pas le genre de lecture que j'ai envie de faire en ce moment.

Clara a dit…

@ Aifelle : quand tu auras fini ta "série" policière, je te conseille!

Asphodèle a dit…

Un livre que je note et que je lirai plus tard, il me ramène trop à...

Philisine Cave a dit…

Il me fait penser à Dernière adresse d'Hélène Le Chatelier, en moins autocentré. Bises

Manu a dit…

J'ai dans ma PAL "Nos plus beaux souvenirs" dans lequel ce personnage apparaît déjà. Tu me donnes envie de l'en sortir.

Noukette a dit…

Un joli billet... Voilà qui donne envie de se pencher sur ce roman et de prendre son temps...

Clara a dit…

@ Asphodèle : je comprends..

@ Philisine : je ne connais pas ce livre!

@ Manu : oui!!!! sors-le!


@ Noukette : merci et oui, il faut prendre son temps pour le lire!

Nadael a dit…

Ah de la tendresse et de la délicatesse dans un roman...je prends!

Clara a dit…

@ Nadael : oui !!!!!!

claudialucia a dit…

Un roman qui a l'air plein de finesse et très juste de ton si j'en juge par l'extrait et ce que tu en dis!

Clara a dit…

@ Claudia Lucia : beaucoup de finesse et de tendresse !

y.bierry@wanadoo.fr a dit…

Stewart O’NAN – Emily
Dans « Emily », roman intimiste, Stewart O’NAN met en scène une héroïne, veuve octogénaire, à la recherche d’un nouvel équilibre pour affronter l’avenir. Il analyse avec justesse, délicatesse et tendresse les problèmes liés à l’âge, à la solitude et au silence, qu’Emily rencontre et résout peu à peu en réinventant sa vie. Il observe et décrit avec finesse les détails minuscules de sa vie qui lui permettent d’aller au fond des choses, elle assume sa vieillesse avec application et une certaine forme de liberté. L’auteur démontre brillamment, qu’en l’absence de soucis majeurs, cette tranche de vie peut encore être la source de joies multiples et d’émerveillement : « Depuis des mois, elle rêvait du printemps ; et il était là, dans son éclatante fraîcheur, … une fleur, une branche, un air tiédi par le soleil ». Par ailleurs, la solitude étant propice à la réflexion, Emily se livre à l’introspection, essaie de corriger son caractère et devient plus indulgente : elle accède ainsi à une meilleure compréhension de soi, de son entourage familial et même social. Cependant, tout en veillant à ne pas « s’isoler dans les limbes du passé », elle n’échappe pas à la nostalgie, et les évocations du passé mêlent invariablement joie et tristesse : « Comme il était fort le charme du passé et combien tristes toutes ces occasions perdues malgré le tour heureux qu’avait pris sa vie »… Et les souvenirs de vacances à Chautauqua : … « le feu dans la cheminée…, le crépuscule dans lequel Henry (son époux) et elle s’étaient enfoncés en canoë sur le lac, le premier été après la guerre ». Emily est un récit initiatique très réussi où la poésie est éminemment présente. En conclusion, même si l’espérance de vie décroît inexorablement, l’essentiel n’est-il pas de réussir son ultime départ ?
Yvette Bierry, le 13 juin 2012

Clara a dit…

@ Yvette : merci Yvette ce très bel avis!

Hélène a dit…

J'ai bien apprécié le charme de cette vieille dame encore bien décidée à croquer la vie à pleines dents...

Anonyme a dit…

bravo

Mona a dit…

.

Mounette a dit…

Merci, Clara, pour vos analyses si fines et justes. Je
viens de lire Emily et ai été séduite par la beauté de ce livre (et son humour). Comment un écrivain de 50 ans
a-t-il pu percevoir aussi délicatement et tendrement
la psychologie d'une femme de 80 ans ? C'est
magnifique et tellement vrai. Je compte présenter ce
livre en exposé dans un cercle de lecture où nombre de personnes sont proches de l'âge d'Emily. Comme
moi elles seront ravies et partageront mon admiration.
Merci de vos appréciations, elles me seront précieuses.

Clara a dit…

@ Mounette : merci énormément !!!!!!votre commentaire me touche vraiment !

Franck FINET a dit…

Je viens de terminer ce magnifique roman .
Un peu moment de bonheur sur papier...
Tendresse, nostalgie et petits détails de la vie qui en font son éclatante beauté !
Du très grand Art !
Merci Mr O'NAN .

luocine a dit…

j ai lu ce livre et j'ai bien aimé j'ai mis un lien vers ta critique
Luocine

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...