mardi 17 avril 2012

Robert Goolrick - Féroces

Éditeur : Pocket - Date de parution : Avril 2012 - 247 pages puissantes et douloureuses...

L’important est le paraître. C’est ainsi que les parents de Robert Goolrick tissaient leurs vies dans  les années 1950 en Virginie. L’argent manquait mais la mère de l’écrivain portait toujours des tenues élégantes pour les cocktails quotidiens. Les adultes discutaient, buvaient et les enfants assistaient à ce spectacle. 

Dans ce livre, l’écrivain revient sur cette parodie de famille qu’était la sienne. Un père professeur à l’université, la pauvreté dissimulée, l’alcool qui a rongé ses parents jusqu’à l’os et sa propre descente. Un non recevoir vertigineux de cette vie et une tentative de suicide à trente-cinq ans.  Des amours furtifs ou sincères mais sans issue et les blessures de l’enfance.  L’auteur écrit comme s’il était un regard extérieur pour révéler au fil des pages l’horreur. Arrive l’insoutenable, ce qui donne envie de vomir.
Aucun pathos dans cette lecture et  de l'humour pour tromper la souffrance. Des parents féroces sous leurs aspects trompeuses, la superficialité qui primait dans cette Amérique où tout n’était qu’apparence. De cette violence insidieuse vécue par le narrateur, la sienne en sera d'autant plus dévastatrice.
 
Ca fait très mal, c’est dur, violent  mais la  lucidité, la sincérité, se ressentent dans cette écriture impeccable.
Une lecture dont on ne sort pas indemne !

J'ai continué. J'ai fait semblant d'être un enfant. Je savais que je jouais la comédie, que je n'étais pas la personne que je montrais. Je bâtissais sans malice une fiction, afin de pouvoir apparaître tel que les autres enfants : poli, avenant et drôle. je savais que je n'étais rien de tout cela. Je sentais bien que je copiais ce visage souriant, que je n'étais qu'une imitation. J'étais un tricheur, une contrefaçon. 
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