lundi 26 mars 2012

Didier Decoin - Une Anglaise à bicyclette


Éditeur : Stock - Date de parution : Juin 2011 - 375 pages à l' écriture raffinée !

Dakota du Sud, Décembre 1890. La tribu des indiens Lakotas à Wounted Knee est massacrée. Ehawee, âgée de trois ans, y échappe et est confiée à Jayson Flannery, photographe de son état, qui doit rejoindre New-York. Au lieu de la laisser dans un orphelinat, il décide d’emmener la fillette avec lui dans le Yorkshire. Jayson Flannery ment  sur l’identité d’Ehawee renommée Emily et prétend qu’elle est sa fille adoptive.

Le début du roman s’ouvre sur le massacre d’une tribu de Sioux, les Lakotas, aux Etats-Unis. L’armée américaine demande à Jayson Flannery, un  photographe anglais qui se trouve sur les lieux  par hasard d'effectuer  un cliché de chaque indien tué.  Ehawee a échappé de peu à la mort. Personne ne sait que faire de cette fillette indienne de trois ans retrouvée saine et sauve. Jayson Flannery s’apprête à rejoindre sa terre natale en prenant le ferry à New-York.  Au lieu de confier la fillette à un orphelinat, il embarque avec elle en direction de l’Angleterre. Ehawee renommée Emily est censée être sa fille adoptive. Ce jeune homme veuf depuis peu décide d’élever Emily comme sa propre fille.  Il invente un passé à Emily qui  grandit et s’acclimate à sa nouvelle vie. Solitaire, elle aime écouter les  vieilles comédiennes que Jayson photographie. Des femmes sur le déclin en mal d’une jeunesse et d’une beauté passées qui prennent plaisir à  enjoliver  leurs heures de gloire éphémères. Le Constable Tredwell doute des dires du photographe car celui-ci n’a  jamais pu produire le moindre papier attestant qu’Emily a bien été adoptée. La jeune femme devenue majeure accepte la demande en mariage de Jayson. Son mari  lui offre une bicyclette  et très vite, Emily aime se promener  des heures durant dans la campagne anglaise. Au cours d’une ses expéditions à bicyclette, elle découvre dans les journaux une affaire qui divise l’opinion.  Deux filles affirment avoir rencontré à plusieurs reprises des fées avec photographies à l’appui. Le grand Conan Doyle les défend et soutient l’existence de ces êtres fantastiques. 

Didier Decoin  nous offre une histoire à  l’écriture raffinée et délicate. Et ce roman semble se fondre comme par enchantement dans la campagne anglaise du début du XX ème siècle. L'auteur explore les facettes du mensonge et celui de la vérité. Celle de la vérité remaniée, souvent  embellie à l’instar des portraits retouchés. 
Hélas, mon enthousiasme a été terni car l'auteur termine par une fin précipitée.  Ce qui est bien dommage car ce livre possède de nombreux atouts ! 

Rien, ni dans son langage  ni dans ses manières, ne peut laisser supposer qu'Emily n'est pas irlandaise, et une Irlandaise élevée en Angleterre, avec les exigences et la vérité que cela implique. Désormais, ce qui pourrait trahir ses origines sioux lakotas n'est plus d'ordre du visible : elle ne s'est pas contentée d'emprunter aux vieilles comédiennes leur accent irréprochablement anglais, elle a appris d'elles l'art d'enfouir sa propre vérité pour en endosser une autre.

Le billet de Jérôme .

Cette lecture rentre dans  le cadre de la 10ème édition du prix des Lecteurs du Télégramme.


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