mercredi 28 décembre 2011

La dernière séance

Et voilà le dernier billet. Oui, vous avez bien lu.  Moi, Clara et les mots s'arrête. Pas de pause ou de trêve hivernale mais une fin définitive.

Ce fut une belle aventure sur tous les plans mais surtout sur le plan  humain ! Des livres voyageurs, des  rencontres, des fous rires  et des échanges,  des marques de sympathie, des mails d'auteurs et de lecteurs ... Autant de pépites et d'étincelles! 
La vie continue et  je passerai vous lire de temps en temps.  
Ah oui, à la question :  pourquoi ? Rien n'était prévu, j'ai simplement mes raisons...

Edit de 18h15 : il faut croire que j'ai du mal à tourner la page ! Je rassure tout le monde : cette décision n'est pas liée à ma santé.


mardi 27 décembre 2011

Benoît Séverac - Silence

Éditeur : Syros jeunesse - Date de parution : Septembre 2011 - 150 pages au ton juste!


Aller à une rave pour la première fois,  avaler deux cachets d’ecstasy pour impressionner sa copine. Sauf que Jules, un lycéen tranquille  n’avait pas prévu de se réveiller à l’hôpital dans un silence total. Un silence qui perdure.  Après quelques jours passés dans le coma, Jules est définitivement sourd. 

Je dois dire que j’ai été agréablement surprise par ce roman pour ados. Les thèmes de la drogue et du handicap  sont abordés sous un angle qui devrait toucher bon nombre d’adolescents car le ton est  juste. Suffisamment pour faire réfléchir le lecteur, l’amener à  tirer lui-même ses propres conclusions tout en étant également un livre préventif. Car oui, on peut devenir handicapé en avalant de la drogue. Ou en  mourir. Le personnage principal Jules commet beaucoup d’impairs. Aller à une soirée alors que ses parents pensent  qu’il passe la soirée chez son ami (et vice versa), mentir à la police qui enquête sur un trafic de drogue… Sans être un délinquant ni le fils parfait, cet adolescent est tiraillé de questions où bien entendu l’amitié a une place importante.  Il va lui falloir accepter son handicap et vivre avec. Jules trouve un appui solide auprès de Damien un infirmier. Et Damien lui apprend à positiver malgré sa surdité.
Si le dénouement est prévisible, il n’empêche que ce roman possède de nombreuses qualités !

Le billet de Liyah

lundi 26 décembre 2011

Brigitte Giraud - Une année étrangère

Éditeur : J'ai lu - Date de parution : Août 2011 - 156 pages dressées de marque-pages!

Laura, dix-sept ans part en Allemagne en tant que fille au pair. Pour s’éloigner de ses parents qui ne cessent de se disputer.  Elle arrive chez la famille Bergen alors que sa connaissance de la langue est insuffisante et approximative.  Trop pour répondre précisément à une question ou pour déceler les nuances d’une conversation. 

Plongée dans un environnement qui n’est pas le sien, Laura a choisi de fuir ses parents mais pas son frère Simon. Elle arrive dans cette famille, à cet âge où l‘on n’est  plus une enfant ni encore un adulte. Très vite, on devine que son désarroi cache un drame. Son frère Léo est mort dans un stupide accident de mobylette. Depuis, sa famille n’en est plus une même si elle se raccroche à son frère Simon auquel elle écrit beaucoup. L’action de ce livre se déroule du temps où  l'Allemagne était séparée. D’ailleurs, les parents de Madame Bergen vivent de l’autre côté du mur. Les Bergen sont isolés géographiquement et la jeune fille ne côtoie pour ainsi dire que les quatre personnes de la famille. A tâtons et sans oser s’affirmer, elle cherche à  deviner quel est son rôle et ce qu’on attend d’elle. Dans cette famille où les parents se lèvent tard fument beaucoup dès le matin et où aucun rythme ne semble être imposé. Dès les premières lignes, on ressent la tension et le poids des inquiétudes. Que cache la famille Bergen ? 

Avec beaucoup de subtilité et de finesse, Brigitte Giraud nous dépeint le portait d’une adolescente blessée qui se cherche et qui va grandir . Mais  il y a beaucoup plus dans ce roman. Il est également question des non-dits, des incompréhensions, du poids de l'Histoire  et des secrets de chacun.  
Tout est distillé, saupoudré dans un écriture belle et empreinte de sensibilité. J’ai lu ce roman d’une traite transportée à coté de Laura. Un sans faute et je suis totalement conquise par l'écriture de cette auteure, par son sens de la formulation, et comment elle réussit à me captiver et à faire passer les émotions ! 

Après Pas d'inquiétude, je poursuis ma découverte de cette auteure qui figure désormais dans mon Top Auteurs Chouchous!

Je comprends instinctivement que les mensonges que je commets en allemand ne sont pas de véritables mensonges. Si je ne peux exprimer ce que j'ai fait réellement, j'exprime ce que je n'ai pas fait, mais aurais pu faire. L'écart n'est parfois pas si grand.

Les billets d'Antigone, Arts Souilleurs, MangoSylire et bien d'autres sur Babelio

samedi 24 décembre 2011

M.Ann Jacoby - Un génie ordinaire

Éditeur : JC Lattès - Date de parution : Octobre 2011 - 444 pages agréables!

Oui, je sais. La couverture est hideuse. A tel point que l’on pourrait croire que la personne chargée de choisir les couvertures des livres  a une dent (et pas une petite)  contre l’auteure. Un ancien amant éconduit ? Une copine jalouse qui rêvait d’être elle aussi d'être éditée ?  Comme je ne suis  pas à un atelier d’écriture, j’arrête mes hypothèses hasardeuses. Mais voilà comment à cause d'une couverture, on  peut rater  un moment de lecture agréable !

Mead est un génie, un adolescent pour qui les maths sont un vrai plaisir. A dix-huit ans, il  a déjà terminé son cursus universitaire. Une semaine avant la remise des diplômes, il laisse tout tomber pour rentrer chez ses parents et  travailler avec son père dans l’entreprise de pompes funèbres. Pourquoi ce jeune  prodige abandonne-t-il ses recherches sur « les statistiques liées aux espaces entre les zéros de la fonction zêta » (facile, n’est-ce pas Keisha) ?

Ce retour dans l'Illinois constitue le point de départ de ce roman et la réponse se dessine au fur et à mesure des pages. Construit sur des  retours à différentes époques, on découvre la vie de Mead. Sa mère autoritaire l’a toujours poussé à être le meilleur mais avec des méthodes peu pédagogues. Son père dirige l’entreprise familiale avec son frère et le cousin  de Mead,  Percy, semble tout désigné pour prendre la relève. Etre un génie est plus difficile que de jongler avec les maths quand on y est shooté. Si l’enfance et l’adolescence de Mead sont marquées par la solitude et les brimades des autres, sa  dernière année à l'université va lui  faire  prendre conscience que pour l’argent et/ou le prestige, beaucoup sont prêts à tout.  

Ce roman initiatique d'un grand enfant poussé très vite dans la vie des adultes révèle beaucoup d'humour et de tendresse! Une lecture agréable sans  prise de tête malgré quelques petits bémols : deux ou trois pages complètement matheuses, les hallucinations trop fréquentes à mon goût de Mead et  l’absence d’une fin nette et précise. 

Et un premier livre

vendredi 23 décembre 2011

Glissade

On glisse petit à petit vers le jour de Noël. Avec un peu d’avance, je vous souhaite de beaux et bons moments remplis de sincérité et de partage. Que les yeux brillent d’étincelles (avec ou sans champagne) et que les sourires soient francs.

A toutes et à tous : joyeux Noël !

Bernard Comment - Tout passe

Éditeur : Bourgois - Date de parution : Avril 2011 - 140 pages et 9 nouvelles.

Dans ce recueil, neuf nouvelles au ton mélancolique mettent en  scène des personnages impactées par  la question que laissera-t-on après nous ?  Si les empreintes du temps qui passe marque notre corps, si notre façon de concevoir le présent et nos actions passées évoluent,  à un moment donné cette question nous effleure tous l’esprit.  Un fils distant assiste à l’enterrement d’un père peu connu, un homme enterre dans son jardin son argent, une femme fugue pour retrouver les souvenirs de sa mémoire.  Des instants de vie capturés par une écriture posée où l’auteur a voulu, j’imagine, mettre en exergue le constat que nous faisons et qui nous laisse de marbre, insatisfait, fier ou dépité. Conséquences indélébiles d’une vie ou de ce que l'on veut léguer ou effacer derrière soi. 
J’ai bien  dit j’imagine car après la première lecture de la première nouvelle, j’ai dû la relire et ainsi de suite…

Je n’ai pas trouvé dans ces textes la porte où m’engouffrer pour accéder au cœur même de ces personnages et de ces tranches de vie. Je suis passée à côté de ces nouvelles et recueil a glissé sur moi sans me toucher..

On dit que les pères n’ont pas de beaucoup de sentiments pour les nourrissons, univers des mères , dont ils se sentent exclus, et que leur amour se développe plus tard, au fil des ans et de la maturité. Moi, j’ai le sentiment que ce n’est jamais venu. Une indifférence hypocrite. Quelques signes de façade. Le minimum. Et de moins en moins.

Le billet d’Antigone.



mercredi 21 décembre 2011

Des vents contraires


Film réalisé par Jalil Lespert avec Benoît Magimel, Isabelle Carré, Antoine Duléry 

Synospsis :
La vie de Paul bascule le jour où sa femme Sarah disparait subitement. Après une année de recherches infructueuses, Paul est un homme brisé, rongé par le doute et la culpabilité. Sa dernière chance est peut être de tout reprendre à zéro : déménager avec ses 2 enfants à Saint-Malo, la ville où il a grandi. Mais des rencontres inattendues vont donner à ce nouveau départ une tournure qu’il n’imaginait pas.

Ce film a été réalisé à partir du livre des vents contraires d’Olivier Adam . J’ai lu ce livre il y a plus de deux et j’avais été bouleversée !  Il arrive que les émotions ressenties à la lecture soient absentes ou différentes  à la vision d’un film. Les personnages que l’on s’imagine prennent soudainement vie. Les acteurs  doivent faire passer  tout ce que les mots recouvrent  et contiennent. 

J’ai trouvé que certaines scènes étaient peu crédibles et que certains plans était trop longs. L’ensemble ne m’a guère convaincu… Monsieur qui n’a pas lu le livre n’est pas plus enthousiasme que moi. Par contre, mention spéciale au jeune garçon Hugo Fernandes qui joue le rôle du fils de Paul ! J’ai trouvé qu’il faisait passer beaucoup d’émotions par son regard et ses gestes. Dans la salle, les bruits des  paquets de mouchoir sortis à grande vitesse et  les  reniflements étaient absents. Mon canal lacrymal a juste transporté une petite larme pour  la scène  finale...

Cathulu n'est pas plus convaincue que moi.

mardi 20 décembre 2011

Michel Quint - Close-up

Éditeur : Elb - Date de parution : octobre 2011 - 207 pages et une écriture qui fond sous la langue !

Avertissement : ne lisez surtout pas la 4ème de couverture qui en dit trop !

Au Quolibet, cabaret à Lille,  gags, imitations et effeuillage font l’affiche. Dans ce lieu à part,  Miranda  manie les cartes où la voyance s'invite avec humour.  Bruno directeur d’une société qui brasse des grosses sommes dans l’immobilier  est bluffé par la dextérité de Miranda. Pourtant les cartes lui  prédisent la mort sous peu…

Je vais à l’aventure avec les livres et à mon habitude, je n’avais pas lu la 4ème de couverture donc la surprise a été de taille pour moi ! Donc, un simple conseil, ne retournez pas ce livre avant de l’ouvrir.  Le plaisir de découvrir  toute l’histoire en sera d’autant plus grand ! Est-ce que les cartes  peuvent prédire l’avenir ? On pourrait penser que oui car quelqu’un tente d’assassiner Bruno quelques jours après sa soirée au Quolibet. Et Bruno pense que Miranda  peut le protéger.  Cet homme, riche et cultivé,  soupçonne  même sa belle-famille avec laquelle il est impliqué dans une affaire louche où l'argent se compte en millions.Selon lui, Miranda possède un atout non négligeable. Celui d’interpréter les cartes. 

Michel Quint nous offre une histoire avec une vraie intrigue. Et je n’ai  pas vu venir le fin mot de l'histoire !  Bien au contraire j’ai été très agréablement surprise. Mais surtout, il y a ce style unique ! Cette  écriture qui accroche l’œil et l’esprit,  qui se déguste  et fond sous la langue !  Un mélange atypique d’expressions, de formulations, des dialogues savoureux … bref,  un vrai régal ! Une écriture  qui ressemble au tandem formé par Bruno et Miranda.  
Une très belle découverte car je n’avais jamais lu cet auteur et un vrai plaisir de lecture ! Oui !


Bruno sirote son café, à toutes petites lapées, tête baissée , yeux levés vers Miranda qui regarde couler le sien :
- Je n’ai pas de dettes moi, je veux juste  mettre le temps entre parenthèses jusqu’au 13, être dans la doublure du monde. Il se remettra à tourner après.
- Monte dans ta bagnole et roule, prend un avion, vole jusque n’importe où, cache-toi dans un hôtel et refais surface le samedi de ce foutu vendredi !

- Non, j’ai besoin de toi : tu es mon intermédiaire, ma pythie, ma sibylle, tu me mets au courant des secrets divins… Si tu m’abandonnes, je suis  foutu…

lundi 19 décembre 2011

Comme avant

Copyright Kot

Joli photo, non ? Et voici ma participation à l’atelier d’écriture chez Leiloona (deux semaines de suite, je m’épate !)

Il l’a suivi de loin. Quand elle s’est levée de table, il n’a rien dit. Pas même essayé de l’en empêcher en posant sa main doucement sur son bras. Sa sœur a soupiré fortement avant de se lancer dans des conseils qui ressemblaient plus à des récriminations « c’est ta femme Paul, tu ne devrais pas laisser agir de la sorte. Chaque année, c’est la même chose, avant oui je pouvais comprendre mais là, non ! ». Calmement, il a posé sa serviette et à son tour s’est levé. En prenant sa veste, il  s’est retourné vers elle et lui a dit  tu n’as jamais compris et tu ne comprendras jamais.  Son beau-frère lui fait un léger signe de la tête, un signe pour lui dire va la rejoindre Paul, c’est ton devoir, occupe-toi de ta femme.  

Il la regarde marcher. Elle avance tranquillement  la tête relevée vers le ciel. Arrivée devant la cabine, elle y entre sans hésiter. A à cet instant précis, il serre les poings fortement et les  jointures de ces phalanges deviennent blanches. Il ne voit que son dos mais  il sait qu’elle a décroché le combiné et composé un numéro. Il trompe l’attente en regardant les gouttelettes de pluie s’écraser dans la lumière des réverbères.
Quand elle s’accroupit, il la rejoint. Elle pleure. Du combiné pendu dans le vide, une voix répète inlassablement le numéro demandé n’est plus en service. Il lui dit c’est fini,  ça va aller, on va rentrer, viens. Il la prend dans ses bras, embrasse ses cheveux. 

C’est son anniversaire. Aujourd’hui, elle a vingt-huit ans.  Et à chaque anniversaire, elle téléphone à son frère jumeau. Depuis  douze ans, en ce jour important, elle lui raconte ces petites choses de sa vie ou un souvenir d’enfance qui lui est revenu à l’esprit. Elle parle à un téléphone en dérangement  ou à une tonalité qui sonne occupée.  Il est mort. Frère et sœur complices, ils avaient l'habitude de partager ce jour ensemble. Pour le moment, elle a encore besoin de perpétuer ce geste. Comme avant.

dimanche 18 décembre 2011

Le vol en provenance de Lyon pour Brest...

Brouillon du vendredi 16 décembre 10 h00 pour le dimanche 18
Aujourd’hui, nous recevons pour quelques  des amis de Lyon! Dans la bonne humeur,  je mets ce blog en mode pilotage automatique jusqu’à jeudi prochain. Place à la joie des retrouvailles et des discussions ! I’m happy !

Brouillon du samedi 17 décembre 17h00 pour le dimanche 18
Si tout va bien c'est-à-dire si la grève est terminée, nos amis de Lyon atterriront sur le sol Brestois  dans quelques heures (pour les pointilleux de la géographie, l’aéroport est à Guipavas, charmante commune de plus de 12000 habitants située aux portes de Brest...)Bon, j’arrête là ma prose  pour dépliant touristique car à l’heure où j’écris ce billet, je suis anxieuse. Ce blog passe en mode pilotage automatique jusqu’à jeudi prochain. Mon ordi reste bien entendu éteint sauf pour suivre les informations de l’aéroport de Lyon. Et si je le rallume avant jeudi, ce sera mauvais signe…

Dimanche 18 décembre
La nouvelle est tombée hier soir aux alentours de 23h00. Pas de vol aujourd’hui au départ de Lyon pour Brest. Nous avons eu nos amis au téléphone ce matin. Nous sommes impuissants face à cette grève qui nous prive de moments planifiés depuis plusieurs mois. Que dire de plus ? Que nous n'entendons pas la voix standardisée énoncer d'un débit lui aussi uniformisé: "Le vol en provenance de Lyon va atterrir". Qu'il n'y aura ni embrassades chaleureuses ni ces moments tant attendus...

samedi 17 décembre 2011

Paula Fox - Les enfants de la veuve

Éditeur : Joëlle Losfeld - Date de parution : 2010- 216 pages féroces !
 
A la veille de leur départ pour l’Afrique,  Laura et son mari Desmond attendent leurs invités dans une  chambre d’hôtel new-yorkaise. Laura vitupère tandis que Desmond s’enfonce dans les vapeurs d’alcool. Ils attendent Clara, la fille de Laura, Peter Rice un ami éditeur et Carlos le frère de Laura. Si certains individus sont doués dans des domaines, Laura excelle dans l’art de la manipulation. Rien ou plutôt personne n’échappe à ses remarques. Mielleuses pour mieux  se faire assassines, faussement gentilles avant d’être glaciales. 

Avertissement : Attention, âmes sensibles vivant dans un pays où tout le monde s’aime (même si l’on s’approche de  Noël), veuillez-vous abstenir de cette lecture sous peine de grand choc. 
 
Malgré la date de parution de ce livre, que l’on ne s’y trompe pas, Paula Fox n’est pas une nouvelle auteure. Dans ce roman dont l’action se situe dans les années 1950,  Laura domine les quatre autres personnages par sa présence et son imprévisible caractère que tout le monde craint et redoute. Son mari se noie dans l’alcool, son frère Carlos est la  gentillesse même et Peter Rice nourrit envers elle un amour depuis plus de trente ans. Elevée depuis toute petite par sa grand-mère maternelle Alma, Clara est partagée entre admiration et une forme de dégoût pour sa mère. Mais, la jeune femme préfère s’effacer de peur de paraître gauche. Chacun joue son rôle devant Laura et Desmond se saoule. On discute, on demande des nouvelles d'une connaissance commune ou d'Alma. Laura juge tout son petit monde et s’amuse avec une ironie féroce. 
Alors que la  tension devient de plus en plus étouffante dans cette chambre d’hôtel, le départ pour le restaurant pourrait être libérateur. Du moins c’est que l’on souhaiterait pour les invités. Et bien non. Les lendemains de fête sans fard révèlent ou endorment un peu plus la nature de chacun. Surtout quand celle qui orchestre s’est bien gardée d’annoncer une nouvelle familiale...

Avec un tranchant de lame de couteau, Paula Fox décortique, pose un regard sans concession sur les relations mères-fille, analyse les comportements et les vieilles amitiés.  Ca claque ! L’auteure ne nous laisse aucun répit, quitte à frôler un sentiment d'oppression.

En fait, Clara n’avait entendu parler de ce coffre que quelques années plus tard. Elle s’était sentie exaltée à l’idée que son nom avait été noté sut un document authentique par une vieille dame riche qu’elle ne connaissait pas. Et elle était, immédiatement, tombée d’accord avec Eugenio : elle n’aurait probablement  jamais pu mettre ces vieilleries démodées et dignes d’un musée ; elle avait rarement l’occasion de porter de la mousseline. Alors elle  s’était dépêcher d’oublier l’héritage volé, mais il s’était logé quelque part dans ses pensées, grande boîte oblongue à la serrure coincée et au couvercle bloqué par la rouille. La déception fit place, avec les années, au triomphe amer que l’on ressent quelquefois devant le mauvais sort, lorsqu’il s’acharne.

Le billet d'Antigone.

vendredi 16 décembre 2011

Nicholas Shakespeare - Héritage

Éditeur : Grasset - Date de parution : Août 2011 - 419 pages de plaisir !

Andy Larkham voit sa vie tourner au désastre : il travaille pour une petite maison d’édition où il est exploité, sa petite amie vient de le plaquer et les factures s’accumulent dangereusement. Comble de malchance, il assiste par erreur à l’enterrement d’un parfait inconnu. Poli et bien élevé, il n’ose pas partir vu que l’assistance se résume à trois personnes, lui compris. S'être trompé fait de lui un homme riche. En effet, le défunt avait spécifié dans son testament que les personnes présentes à ses funérailles hériteraient de sa fortune.

Ce roman cache bien son jeu ! A la lecture des premiers chapitres, je riais presque des malheurs d’Andy Larkham. Ce jeune homme un tantinet tête en l’air mais terriblement attachant n’a pas la chance à ses côtés. Donc, je me disais que j’allais passer un agréable moment avec une lecture distrayante à l’humour so british. Et bien, j'ai eu faux ( à moitié) car la suite du roman prend une autre tournure très intéressante ! En devenant riche, Andy croit accéder au bonheur. Certes, il peut dépenser sans compter, s’offrir ce qu’il veut mais il s’ennuie. Le notaire ne lui a confié que peu de renseignements sur le défunt, un dénommé Christopher Madigan. Riche, solitaire, il avait bâti sa fortune en partant de rien et sa fille le détestait. Le personnage est une énigme pour Andy. En se confiant à son meilleur ami, Andy comprend qu’en acceptant l’argent, il lui faut aussi découvrir qui était cet homme et quels étaient ses secrets. 

Et, avec bonheur, une deuxième histoire débute ! Celle de la vie de Christopher Madingan du temps qui s'ouvre sur sa grand-mère arménienne. Alternant la vie du défunt avec le présent, ce roman nous rappelle que nos racines n’ont pas de prix (sans être pour autant moralisateur).

Un roman très bien construit avec une galerie de personnages fouillés. Le tout est desservi par une écriture fluide teintée d’humour et de tendresse, avec cerise sur le gâteau, une histoire qui ne faiblit jamais. 
Du plaisir ! Donc pourquoi s’en priver ? 

Les billets d'EstelleCalim, Griotte, GwenMimi

mercredi 14 décembre 2011

Brigitte Giraud - Pas d'inquiétude

Éditeur : Stock - Date de parution : Août 2011 - 266 pages et un coup de cœur ! 

Mehdi est tombé malade quand nous avons emménagé dans la nouvelle maison. C'est moi qui avais relevé la boîte aux lettres ce jour-là, c'était un samedi matin. J'avais entre les mains l'enveloppe blanche petit format qui contenait des résultats d'analyses que nous ne saurions pas interpréter et qui allaient changer notre vie. Premières phrases de ce livre qui explore toutes les facettes quand la maladie de votre enfant vous oblige à changer de vie. Alors que le narrateur accède à son rêve de toujours celui avoir sa propre maison avec son propre jardin, le bonheur d’y installer sa famille comme l’idée de s’y projeter dans un avenir quelconque sont contrecarrés par la maladie de son fils. Medhi âgé de douze ans est atteint d'un cancer. En dehors des périodes d’hospitalisation, il ne peut plus aller à l’école. Sa femme a de fortes chances que son  CDD  devienne un CDI. Pour qu’il puisse s’occuper de son fils,  le médecin de famille  le déclare en arrêt maladie.

Depuis le temps que me disais qu’il fallait que je découvre cette auteure, le hasard a plus que bien fait les choses car il s’agit d’un coup de cœur ! Le narrateur est marié et père de deux enfants. Sa vie bascule soudainement et brusquement avec l'annonce de la maladie de son fils.  Le nom de cette maladie, de ce combat contre la mort  même si on le devine n’est jamais nommé, ni les traitements. Rien de tout cela. Par contre, les interrogations, les doutes et  les peurs qui ébranlent ce père, ce mari sont décrits très intelligemment. Aider son  fils, mais comment ? Il cherche un équilibre,  même précaire pour lui-même et  tente de faire au mieux. Brigitte Giraud n’a pas peur d’écrire les impacts inavoués ou dont on parle à demi-mots  dans le cadre de la vie familiale, de  la vie de couple et de la vie sociale.
Alors que les longues phrases ne sont pas ma tasse de thé, je me suis  sentie à l’aise dans cette écriture faussement simple. Oui, faussement car sans tabou, elle dessine les sentiments complexes et quelquefois opposés : amour, rancœur, peur, désarroi, humanité mais aussi la  grande hypocrisie et la solidarité.  Mais, je ne veux pas vous en dire plus sur l’histoire ! Car je veux que lorsque vos yeux se baigneront de larmes, vous ayez la surprise  de vous demander de  quoi elles sont imprégnées. Ou si vous avez poussé un petit cri bref d'effroi parce que vous êtes mordu brusquement la lèvre ( ou inversement). Un conseil : avant votre lecture, bannissez votre curiosité et ne cherchez pas à en savoir plus.  

Un coup de cœur  en apnée totale aussi beau que bousculant !  Par petites touches, on creuse toutes les strates émotionnelles de la famille car si c’est le père le narrateur tous les  angles de vue sont traités via son regard.  Sans pathos et sans noircir un tableau déjà sombre, l'auteure a su trouvé le ton juste et y placer des touches d'humour. Forcément, ce livre m’a  renvoyée à  des attitudes déjà vues et le sentiment effroyable d’abandon, d’inutilité  sociale et la culpabilité que l’on peut  percevoir lorsque la maladie vous éloigne de l'environnement professionnel. Mais, ce sont surtout les questions qu’il pose en filigrane qui sont importantes.

Les billets  d'Anne, Antigone, FransoazLyvres
Pour signaler votre billet, laissez moi un mot en  commentaire.

Un énorme merci à Dialogues Croisés pourvoyeur de belles découvertes !

 

dimanche 11 décembre 2011

Une dernière fois

Copyright Kot

Que vous inspire cette photo ?  Et voilà mon texte pour l'atelier de Leiloona.

Romain
Je suis certain que c’est lui ! Depuis une semaine, son équipe est arrivée en France pour les championnats. Il a sans doute voulu visiter Paris par lui-même, se glisser comme un  anonyme dans la foule. Enfin incognito, quand on est idolâtré dans le monde du basket, ça doit être difficile. C’est pour ça qu’il s’est habillé décontracté. Et le chapeau, c'est vraiment bien vu !

Jérôme 
J’ai envie de chialer. Je ne pensais que le petit allait me manquer autant. Et voilà que le premier week-end où sa mère a accepté de me le confier s’est terminé. Pratiquement deux jours entiers en compagnie de ce minuscule bonhomme. Mon fils.  Je n’ai pas beaucoup dormi. Je me suis levé presque toutes les heures pour vérifier qu’il respirait bien.  J‘avais tellement peur.


Romain
J’ai laissé passer mon arrêt depuis une demi-heure. J’expliquerai au surveillant du collège que j’ai eu un problème de réveil. Enfin, j’espère qu’il ne n’est pas décidé à passer sa matinée dans le métro. D’ailleurs, c’est un peu  bizarre qu’il ait emprunté cette ligne car  il n’y a pas de monuments ou d’autres sites touristiques. Oh, mais je suis bête ! Evidemment, il est obligé de s’éloigner des touristes. S’il se retrouve en face d’une trentaine d’Américains, il est cuit et fini la ballade tranquille. 

Jérôme
Je n’ai pas envie de rentrer chez moi. Si je m’écoutais, je retournerais chez Lisa lui dire que je veux qu’on essaie de vivre ensemble avec le petit. De former une famille, une vraie. Elle sait bien que je suis devenu un gars sérieux. Les mauvaises fréquentations, j’ai arrêté.  J’ai même trouvé un boulot stable. C’est bizarre, j’ai comme l’impression que quelqu’un me fixe. Dans le dos. Je sais bien que je  dois toujours un peu d’argent à Jimmy mais il ne me ferait pas suivre. Ou alors si. Pour me donner une leçon. 

Romain
C’est dingue ! La plus grande star de basket qui  est à peine à trois mètres de moi. J’ai déjà mis mon téléphone en  mode vidéo. Dès qu’il se retourne, je le filme. La classe ! En plus, le wagon s’est vidé hormis un gars à l’autre bout qui dort. J’ai ce qu’on appelle de la chance pour une fois. 

Jérôme
Je n’ose pas me retourner ou m’assoir. Oh, j’ai les mains qui tremblent. J’entends un bruit bizarre…Il ne faut pas que je perde mon sang froid. Jimmy ne me ferait pas ça quand même. 

Romain
Dans deux arrêts, c’est le terminus. Je suis complètement énervé. Et voilà, à force de tripoter  la fermeture éclair de mon blouson, j’ai réussi à la casser. 

Jérôme
OK, je crois que je ne vais pas avoir le choix. Ce sera lui ou moi. Heureusement que j’avais mis ce  chapeau pour amuser le petit. On ne pourra pas me reconnaitre sur les enregistrements  des caméras de surveillance.

Romain
Allez, je vais  le voir façon cool.

Jérôme
Une main sur mon épaule. Je serre une dernière fois le manche de mon couteau dans ma poche. Ca y est. A moi de jouer.Une dernière fois. 

samedi 10 décembre 2011

On suit le rythme et un et deux...et un et deux...


Des anniversaires en pagaille, des amis qui arrivent bientôt pour quelques jours. Génial ! Mais, oui il y a un mais, je n'arrive pas à suivre le rythme.  A cause des paresthésies qui  m’enquiquinent sans compter une tension qui  joue à cache-cache. 

Vous l’aurez compris, une pause s’impose ( oh, je fais des rimes , je suis trop forte !). Me voilà à explorer une fois de plus  mon lit même si je le connais par cœur ! Du repos, du repos et du repos.

A très bientôt !
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...