mercredi 30 novembre 2011

Annie Ernaux - Ecrire la vie

Éditeur : Gallimard - Date de parution : Octobre 2011 - 1084 pages et un indispensable !

Non pas ma vie, ni sa vie, ni même une vie. La vie, avec ses contenus qui sont les mêmes pour tous mais que l’on éprouve de façon individuelle : le corps, l’éducation, l’appartenance et la condition sexuelles, la trajectoire sociale, l’existence des autres, la maladie, le deuil. Par-dessus tout, la vie telle que le temps et l’Histoire ne cessent de la changer, la détruite et la renouveler. Je n’ai pas cherché à m’écrire, à faire œuvre de ma vie : je me suis servie d’elle, des évènements, généralement ordinaires, qui l’ont traversé, des situations,  et des sentiments qu’il m’a été donné de connaître, comme d’une matière à explorer pour saisir et mettre au jour quelque chose de l’ordre d’une vérité sensible.

Ces phrases sont extraites de la préface ô combien magnifique où Annie Ernaux  présente cette anthologie qui regroupe les armoires vides, la honte, l’événement, la femme gelée, la place, journal du dehors, une femme, je ne suis pas sortie de ma nuit, passion simple, se perdre, l’occupation et les années.Si Ecrire la vie reprend une partie des livres de l'auteure déjà parus, il est  enrichi de photos personnelles et d’extraits du journal intime d’Annie Ernaux. 
Depuis l’âge de seize ans, elle n’a jamais cessé d’écrire. La fille de l’épicerie-café d’Yvetot en Normandie  devenue professeur  a toujours cherché par l’écriture à dénouer ses sentiments vis-à-vis de ses parents et principalement de sa mère. A travers sa vie,  il s’agit des chroniques sociales de notre pays et  de ses changements sur plus de quarante ans. Ses livres sont devenus une part de notre mémoire collective. Des écrits à portée universelle s'inscrivant dans notre patrimoine à tous  et qui reflètent toujours avec justesse les sentiments de cette femme. 

Alors qu’elle était  étudiante elle se fera avorter illégalement en 1963, mariée et mère de famille, elle divorcera et connaitra des aventures  purement charnelles. Elle s’occupera de sa mère atteinte d’Alzheimer, cette mère qui pouvait se montrer dure puis l’instant d’après débordante d’amour. Avec Journal du dehors écrit sur plusieurs années, elle observe :  Il ne s’agit pas d’un reportage, ni d’une quête de sociologie urbaine, mais d’une tentative d’atteindre la réalité d’une époque, - cette modernité dont une ville nouvelle donne le sentiment aigu sans qu’on puisse la définir - au travers d’une collection d’instantanés de la vie quotidienne collective. C’est, je crois , dans la façon de regarder aux caisse la contenu de son Caddie, dans les mots qu’on prononce pour demander un bifteck ou apprécier un tableau, que se lisent les désirs et les frustrations, les inégalités socioculturelles.

J’ai été bouleversée. J’ai pleuré, je le redis. De rage et  de honte.  Une génération me sépare de celle qui su décrire ce que j’ai pu ressentir à l’égard de mes parents  et  celle qui a retracé une partie de mon vécu. Si certains de ses livres sont pour  moi des boomerangs, l’ensemble est une œuvre à portée universelle, déchirante par la précision  de l’écriture. La condition des femmes à travers le parcours d’Annie Ernaux y est inscrite en filigrane.  Jamais  elle  ne s’est endormie sur ses lauriers ou ses acquis, sans cesse, elle continue d’explorer  son rapport à l’écriture. Admirable (et un indispensable pour la fan que je suis!).

mardi 29 novembre 2011

Etape 3 - Déshabillez-moi !

Quelquefois, je ferais mieux de tourner sept fois mes petits doigts avant de taper sur mon clavier d’amour. Comme les candidates à l’élection de Miss France, je fais donc mon show final. A cette occasion, de grands couturiers m’ont confectionné une tenue sur mesure dans des tissus nobles.



Pantalon ZARA à 25 Euros, écharpe Burton achetée l’année dernière en solde (qui commence sérieusement à faire des pouloutes) et un gilet C&A à 22 euros.
Voilà pour le défilé …

Passons à la photo que vous attendez tous/toutes !!
Amateur de chair fraîche et ferme (ou avariée), de mollets galbés et de jambes fuselées, j’ai une pensée pour vous !


Vous pouvez admirer mon sublime bonnet de bain et mes lunettes.Le reste de mon corps de sirène est  visible à la piscine...

Alors, qu'est ce qu'on dit ? Le ridicule ne tue toujours pas...Ouf!
Pour me soutenir, c'est ici  (on vote tous les jours  jusqu'au  vendredi 2 décembre inclus)

lundi 28 novembre 2011

Shaïne Cassim - Je ne suis pas Eugénie Grandet

Éditeur : l'École des loisirs - Date de parution : Octobre 2011 - 182 pages


Alice étouffe. Cette adolescente a peur de rater sa vie face à une sœur  fantaisiste et à l’absence de sa mère partie quand elle avait neuf ans.  En se rendant à une exposition de l'artiste Louise Bourgois sur Eugénie Grandet, Alice en proie à une crise de panique réalise qu’il est temps pour elle d’affronter ses démons.

Dès les premières pages, j’ai su que cette histoire allait me toucher. Forcément même si ça n’a pas été immédiat. Alice se définit elle-même comme une digue, un rempart contre  les émotions excessives de sa sœur. Bien qu'adolescente, elle a l’impression de vivre dans l’ombre de sa sœur aînée Anne-Louise et de devoir veiller sur elle. Anne-Louise partage la passion et la vie de Max qui met en scène la Cerisaie de Tchekhov. Même si elle n’a pas terminé le livre de Balzac, Alice a une peur  viscérale de rater sa vie. De se dessécher  comme Eugénie Grandet. Sans compter le poids de l’absence de la mère et la certitude de passer à côté de sa propre vie même si cette dernière est devant  elle. Au lieu de fuir ou de s’enfermer sur elle-même, Alice va avoir le courage de relever la tête.

Même si ce livre n’est pas parfait,  il mérite qu’on s’y attarde. Bonus : l’art y trouve sa place aisément et naturellement. L’écriture de Shaïne Cassim est belle et sensible, un roman ado très loin de la guimauve !

On ne peut pas toujours être au premier rang de la vie des autres, vois-tu. On a sa propre vie à mener et ce n'est pas facile d'être soi.

Les billets d’A bride abattue, Cathulu ( j’ai mis le même extrait qu’elle..oups ! mais, les paroles du père mériteraient d'être intégralement recopiées dans ce passage), Fantasia

dimanche 27 novembre 2011

Jón Kalman Stefansson - La tristesse des anges

Éditeur : Gallimard - Date de parution : Septembre 2011 - 378 pages d'émotions!

Durant une tempête de neige, Jens le postier arrive à l’auberge quasi gelé. Helga s’occupe de lui tandis que le gamin observe. Dans cette terre d’Islande qui semble si hostile à l’homme, les mots transmis par courrier réchauffent bien plus que le cœur. Jens doit prendre la mer or il a peur de l’eau. Helga missionne le gamin d’aller avec lui. Contraint d’abandonner les plaisirs que procurent la poésie et la sensualité charnelle des femmes, le gamin l'accompabne.

L’année dernière, Ciel et terre m’avait fait pleurer d’émotions. Cette semaine, je me suis retrouvée dans le bus avec des poissons d’eaux dans les yeux. En 2010, j’avais été éblouie par l’écriture de Jón Kalman Stefánsson. Cette année, j’ai été à nouveau émerveillée par la portée de son style où la poésie puise au plus profond des mots. Je me suis prise des bourrasques d’émotions en pleine figure, le souffle coupé par la beauté de cette Islande. Devant cette nature où les éléments confèrent à l’homme du courage et une forme d’humilité.

Dans ce nouveau roman, on retrouve des éléments présents dans Ciel et terre. L’adolescent nommé le gamin accompagne cette fois le postier et non pas un pêcheur, la force de la nature et des mots. Et la mort qui n’est jamais loin. Cette ombre carnassière qui rôde auprès des vivants. Le gamin et Jens se retrouvent à accomplir un périple durant lequel ils vont rencontrer différents personnages et les lettres du postier sont comme des relais. La tempête fait rage, Jens et le gamin avancent péniblement confrontés à leurs angoisses.

Ne cherchez pas une histoire haletante. Si j’ai trouvé quelques pages inutiles avec des redites, l’ensemble et surtout la seconde partie du roman balaye d’un revers de main ces bémols.

Jón Kalman Stefánsson sans se faire moralisateur nous donne des clés pour accéder à son univers où la poésie, l’humilité et l’entraide jouent un rôle majeur. J’ai tellement aimé ce livre que je veux aller en Islande !

Je ne peux pas venir travailler aujourd'hui pour cause de tristesse.
J'ai vu ces yeux hier et ne puis, pas conséquent, venir au travail.
Il m'est impossible de venir aujourd'hui car mon époux est si beau quand il est nu.
Je ne viendrai pas aujourd'hui car la vie m'a trahi.
Je ne serai pas à la réunion car il y a une femme qui prend un bain de soleil devant chez moi et sa peau scintille.
Jamais on n'ose écrire ce genre de choses, on ne décrit pas les décharges électriques qui se produisent entre deux personnes, au lieu de cela on parle des prix, on s'attache à l'apparence, et non au souffle du sang, on ne se lance pas en quête de la vérité, de vers de poésie qui surprennent, des rouges baisers; on dissimule notre impuissance et notre résignation par une numération de données factuelles (...).

vendredi 25 novembre 2011

Manu Causse - Petit guide des transports à l'usage du trentenaire amoureux

Éditeur : Editions d'un noir si bleu - Date de parution : Août 2011 - 215 pages de fraîcheur et de dynamisme!


Je soupire de joie grâce à ce recueil de nouvelles un vent de gaieté, de fraîcheur s’est emparé de moi. Même si je n’ai plus trente ans, ces sept  nouvelles à l’écriture vive et dynamique ont eu l’effet d’une cure de jouvence ! Sous ce titre intrigant, Manu Causse nous parle d’amour et c’est très, très réussi. Nul besoin d’être trentenaire pour apprécier la diversité de ton et là, je dis chapeau bas. En un recueil, l’auteur nous prouve qu’il est capable de jouer dans plusieurs registres sans lasser le lecteur. De l’amour de jeunesse  à celui qui renaît de ses cendres ou s’éteint lentement, il nous livre une belle palette d’histoires et d’émotions ! 

De la tendresse, beaucoup d'humour  et  chacun sera touché par le punch qui ressort de ce recueil !
Je ne connaissais pas cet auteur et  franchement, je suis conquise (et toujours amoureuse de mon mari également) !

Bon, Fred, être amoureux, ça veut rien dire. C’est juste comme… trouver quelque chose, je sais pas moi, un billet de quatre mille euros, et le perdre tout de suite. Comme t’avais plein d’espoir, ça crée un manque sur le moment, mais après tu te rends compte qu’avant… Attends, qu’est ce que je raconte, ah ouais, après tu te souviens que tu vivais très bien sans ton billet..
Donc, il suffit de lutter contre le manque. D’attendre un peu que ça passe.
Ils font pas des patches, contre l’amour ? 

Les billets de Cuné, Lyvres

jeudi 24 novembre 2011

Oh, la vie de lectrice est dure parfois ...


Contrairement à ce que la photo pourrait laisser sous entendre, mardi soir, je n’assistais pas à un concours de marinière. Même si Yvon avait trouvé en la personne du patron du restaurant Le Crabe Marteau à Brest un concurrent. Le club de lecteurs de Dialogues avait invité ses lecteurs à une rencontre au café de la librairie suivie d'un dîner. J'ai donc enfin rencontré Hervé du blog temps des livres et découvert que l’Odyssée d’Homer  était le pseudo de deux charmantes jeunes femmes.

Ajoutez Clémence et Caroline de chez Dialogues et Gilles Martin-Chauffier écrivain et rédacteur en chef à Paris-Match. Si je ne suis pas devenue incollable sur la vie des people en vue, j’ai passé en tout cas une excellente soirée !

Gilles Martin-Chauffier - Brest le 22 novembre 2011


Dialogues, mon lieu de perdition préféré, chouchoute en plus ses lecteurs. Qui a dit que l’on était malheureux à Brest ?

mercredi 23 novembre 2011

Laura Kasischke - La vie devant ses yeux

Éditeur : Bourgois - Date Parution : 2002 - 348 pages comme je les aime.

Diana McFee, la quarantaine  est une de ces femmes qui a tout pour être heureuse. Une maison dans un quartier résidentiel, un mari universitaire et une petite fille Emma. Mais lorsque Diana n’était encore qu’une adolescente insouciante, elle a vu sa vie basculer. L'acte fou d'un lycéen qui avait sorti une arme et décidé de tuer soit elle soit sa meilleure amie.


C’est grâce à Joëlle que j’ai lu ce livre et je la remercie ! Récemment elle a parlé du nouveau roman de Laura Kasischke et j'ai eu envie de renouer avec cette auteure (dont un des livres avait connu le sort de mon fameux jeté par dessus l'épaule).  Elle a  fait preuve d'une  passion et d'un enthousiasme communicatifs ! Ce titre n’est pas un des plus récents mais quand je l’ai vu à la biblio, je l'ai pris.  Les premières pages du livre commencent par une scène très forte mettant en scène deux adolescentes, une blonde et  une brune. Un lycéen fou décide d’en tuer une. L’une veut épargner son amie tandis que l’autre préfère la vie et la vie. Diana était l’une de ses deux adolescentes. A quarante ans, elle se rend compte combien elle a pu changer et que ses illusions de jeunesse se sont évanouies. Le passé revient.  Insidieux et  par bribes.
Laura Kasischke crée une ambiance. Elle plante le décor et  analyse son personnage, détaille sa psychologie et ses émotions. Sans bousculer le lecteur,  elle sème le doute dans  son esprit. Et là,  je dis bravo car une certaine tension s’installe au fil des pages. Et l'on pense naïvement ( oh oui) que les dernières pages  nous permettront de connaître la vérité.   Pris au piège, le dénouement final en sera d'autant plus amer...
Un roman très  troublant, une écriture qui s’attache à la finesse psychologique : merveilleux !
D'une étape à une autre, jusqu' à la quarantaine, on avait l'impression qu'une vie se terminait et qu'une autre prenait sa place. La puberté, la maturation, l'accouplement, le mariage, la grossesse, le bébé... et puis, après, toutes ses étapes se fondaient en un tout sans variété. La routine.La quarantaine. Comme un fleuve dans lequel on ne cessait de plonger le pied, pour découvrir qu'il ne changeait jamais.

mardi 22 novembre 2011

Dan Simmons - Drood

Éditeur : R. Laffont - Date Parution : Août 2011 - 865 pages de bonheur!

Le 9 juin 1865, le train où Dickens se trouve déraille. L’auteur, miraculé, descend de son wagon pour porter secours aux nombreux blessés. Il rencontre un étrange personnage blafard, une vision presque sortie des ténèbres au nom de Drood. Perturbé par cet évènement, il met dans la confidence l’écrivain Wilkie Collins qui est également son ami.
O toi lecteur innocent de maintenant et de plus tard, ô toi la pauvre créature innocente qui mettra la main sur ce livre, sois méfiante ! Car cet  ouvrage ensorcelant est une source de plaisir incommensurable ( oui, oui et oui !). De joie, tu pourras crier et  tes nuits seront écourtées. Pas la peine de lire forcément un livre classé X sous le manteau pour éprouver des frissons d’extase (Monsieur s’est d'ailleurs demandé pourquoi je frétillais  autant…  )! Sans avoir à se cacher de honte, il suffit de se munir de ce livre et rien d’autre. C'est dire si j'ai aimé  ce livre (malgré quelques longueurs) !!

Narré par Wilkie Collins qui s’adresse à un lecteur du futur,  ce récit met en scène Dickens dans les cinq dernières années de sa vie. Ce dernier est obsédé par Drood et ce qu’il représente, des bas-fonds aux hécatombes, on est plongé dans une atmosphère Londonienne aux cotés du grand Dickens. Grand consommateur  de laudanum médicinal pour calmer ses douleurs, Collins est en proie à des hallucinations sous l'effet de la drogue. La jalousie que Collins éprouve envers Dickens est manifeste. Jalousie mêlée à de l'admiration et à de la sympathie. Malgré ses sentiments souvent ambiguës, il demeure aux côtés de Dickens prêt à lui rendre service. Encore que…Le portait de Dickens est celui d'un homme qui sombre peu à peu dans une forme de folie. Au lecteur de se demander ce qu'est ce mélange  attractif : la réalité,  le fruit des divagations de Collins ou l'imagination de Dickens. Et voilà, comment Dan Simmons ferre sa victime!

Ne comptez pas pour moi pour vous raconter la suite ! Allez, vous savez ce qu’il vous reste à faire ! Avec une écriture absolument délicieuse ( j’en redemande), cette lecture est du  bonheur !! Sans oublier les références aux ouvrages des deux écrivains...
La centaine de pages en trop m'a privée du bonheur suprême. Pas de coup de cœur mais presque pour  ce voyage à  Londres en compagnie de Dickens et de Collins !

Un grand merci à Charlie et à ses drôles de dames ...

 

lundi 21 novembre 2011

Denise Mina - Le silence de minuit

Éditeur : Éditions du Masque- Date de parution : Octobre 2011 - 365 pages bien ficelées !

Glasgow en Ecosse.  La famille Anwar voit sa soirée  interrompue. Trois hommes cagoulés font irruption et réclament  un dénommé Bob.  Mais il n’y pas de Bob chez les Anwar, les individus enlèvent le père.  Qui en veut à cette famille paisible d’origine pakistanaise ? L’inspectrice Alex Morrow  sait que le loup peut rentrer facilement dans la bergerie. Reste à savoir où le trouver et à démêler les mensonges  de la vérité.   
Je lis très rarement des  policiers. J’aime quand l’intrigue est bien ficelée, tourner les pages sans m’en rendre compte et que ma curiosité soit titillée. Après un début où je m'ennuyais, j'ai enfin commencé à éprouver de l’intérêt et ensuite, ce livre a tenu ses promesses ! Sans pour autant non plus me faire bondir d’extase dans mon lit  (n’exagérons pas). La seconde partie se  révèle bien plus intéressante! Le personnage de l’inspectrice Morrow tout d’abord  intriguant lève le voile  au  fil des pages sur le personnalités.  Point fort du livre qui comble quelques légères  emmêlées inutiles et l’histoire prend un tournant surprenant ! Une écriture agréable et voilà comment passer un moment avec un dénouement inattendu. A découvrir !
Merci à News Book pour ce partenariat.

dimanche 20 novembre 2011

Etape 2 - Le film "Clara fait du sport"

Pour le prix des blogueuses ELLE, j'ai décidé de faire du sport comme les candidates à l'élection de Miss France. Et pour preuve, et en avant-première, le film "Clara fait du sport" ! N'oubliez pas d'activer le son...

Et que ça ne vous empêche pas de voter !Ah oui, Géraldine, j'attends ton avis de Madame Cinéma...

Pour me soutenir, c'est ici  (un vote par  jour jusqu'au 2 décembre inclus)

Hypothèses hypothétiques

Ce restaurant, c'est moi  qui l'aie choisi comme lieu de rendez-vous. Le hasard n’y est pour rien. Je savais qu’en me mettant en haut de l’escalier,  je pouvais observer sans être vu. Et maintenant, il est là. Ca ne peut être que lui.  Il est sorti du restaurant et  a regardé sa montre. Tâté sa poche machinalement, geste de l’ancien  fumeur à la recherche d’hypothétiques bouffées de courage. Il n’en manque pas même après avoir jeté un énième regard dans la rue. Je voudrais juste qu’il regarde vers la droite pour que je puisse voir entièrement son visage. Je pourrais descendre quelques marches mais je n’ose pas. Ma main sur la rambarde tremble et j’ai le tournis.  Il a dix-sept ans de moins que moi exactement. Ce beau  garçon est mon fils. Quand ma copine m’avait annoncé qu’elle était enceinte, j’avais préféré prendre le large. Salement. En l’insultant, la traitant de traînée et nier ainsi ce gamin. Je suis un lâche mais il m’a quand même retrouvé. Il m’a dit au téléphone simplement j’aimerai qu’on apprenne à se connaître.  Pas de remord ou de haine dans sa voix. J’ai eu envie de chialer comme un gosse. Je savais que ce jour arriverait mais je me l’étais imaginé autrement. Des cris, des menaces, non, rien de tout ça. Je pourrais aller à sa rencontre, lui balancer que j’ai réussi ma vie et des foutaises de ce genre. Lui en mettre  plein les yeux. Quand je le vois là, sûr de lui,  je me dis que qu’il ne mérite pas un père comme moi. Et inversement. Sa mère en fait quelqu’un de bien, pas comme moi.  Avant de repartir, je le regarde une dernière fois. J’ai mal et c’est de ma faute.
Hypothétiques rencontres et souhaits. Le jeune homme vérifie que sa poche contient bien l’objet acheté. Depuis dix minutes, il l’attend. Pour tuer le temps, il cherche sa présence du regard, s’imagine la suite de la soirée et  s’en réjouit d’avance. Les minutes semblent interminables d’autant plus qu’il sait que son avenir va se jouer dans les heures suivantes.
Dans une voiture garée à vingt mètre du restaurant, un homme fume cigarette sur cigarette. La femme à ses côtés est silencieuse. Il tapote nerveusement le volant. « Tu l’as vu ? ». La femme se contente d’acquiescer de la tête et de lui désigner l’escalier. Le jeune homme s’approche du pare-brise, plisse les yeux pour deviner la silhouette.
Une jeune femme arrive devant le restaurant. Ses joues rosées indiquent qu’elle s’est dépêchée. Il la prend dans ses bras, l’embrasse. Il ne peut s’empêcher à la boîte emballée dans sa poche qui contient  une bague de fiançailles. Ce soir, il va la demander en mariage.
Dans la voiture, le jeune homme prend un sac de sport posé sur la banquette arrière. La silhouette s’éloigne des escaliers en sens inverse. Il l’ouvre, vérifie que la batte de  baseball est bien là. « On y va, m’man ». « Oui ». Le ton est sec. Dix-sept ans qu’elle attend ce moment. Dix-sept ans à ruminer sa vengeance. Ce soir, il va payer pour tout le mal qu’il lui a fait.
Il s'agissait de mon texte pour l'atelier de Leilonna Une photo, quelques mots  à partir de la photo ci-dessous :


samedi 19 novembre 2011

Anne Percin - Comment (bien) gérer sa love story

Éditeur : Rouergue (collection DoAdo) - Date de parution : novembre 2011 - 246 pages à croquer !

Maxime a retrouvé le lycée après ses vacances mouvementées. La tête bien sur les épaules (enfin suffisamment pour envisager d’intégrer Sciences Po), il s’est mis à la guitare mais surtout son cœur bat pour Natacha et c’est réciproque. L’année de terminale, il y a le bac mais c'est également les dix-huit ans, les copains et la musique. Et si tout peut sembler simple, ce n'est parfois qu’en surface.
Maxime est de retour! Même si ses vacances ne se sont pas  déroulées comme prévues ( ou comment (bien) rater ses vacances? ), elles lui ont permises de rencontrer le big love qui porte le doux nom Natacha. Maxime est fan de musique et exigeant.Entendez par là qu'il aime ce que les autres n'écoutent pas forcément. Il est toujours ami avec Kevin et Alex. Natacha, sa copine est sortie du monde lycéen. En première année de fac de psycho, elle a d'autres préoccupations que Maxime et ses amis.Et oui, avoir dix-huit ou vingt ans, ce n'est pas tout à fait la même chose!

Pour mon plus grand bonheur, Maxime a toujours son sens de la répartie et ses vannes m’ont bien faite rire! Les notes en bas de pages sont toujours aussi excellentes ! Seul bémol à mes yeux : la fin est ouverte et ternit un peu l’ensemble. Pas besoin d’avoir lu forcément les mésaventures de Maxime pour s’y retrouver. La preuve, Fifille number two l’a lu et une fois commencé, elle n’a pas relevé le nez. Enfin si. Car vu l’heure tardive et malgré ses supplications, je lui ai confisqué ce livre pour le lui rendre que le lendemain matin (oui, une mère indigne et qui prive, en plus, sa fille de lecture). Elle a beaucoup aimé mais elle a trouvé tout comme moi que la fin n’en était pas une. Alors, Maxime, un nouveau retour de prévu?

Beaucoup d’humour, de références musicales et des phrases toutes en sensibilité glissées ici ou là dont seules Anne Percin a le secret. Une fois de plus, elle lève le voile sur l’adolescence et c’est un plaisir (sans le bandeau que l'on peut jeter)!

On était comme deux blessés qui n’osent pas se toucher de peur de se faire mal. Et qui se contentent d’esquisser quelques gestes à travers leurs bandages, le plus doucement possible pour ne pas faire craquer les pansements.

Le billet de Cathulu.

vendredi 18 novembre 2011

Etape 1 : le voyage

Rappelez-vous, à l'annonce de ma sélection au grand prix des blogueuses ELLE, j'avais décrété haut et fort que je suivrais le même programme que les candidates à l'élection de Miss France. Ces dernières partent toujours quelques jours au soleil. Au programme : un peu de sport (mais pas trop non plus), du repos, une alimentation équilibrée, des activités ludiques ( je laisse le soin à chacun(e) de mettre derrière ce mot ce qu’il/elle veut). Pour me préparer et être au mieux de ma forme , j’ai pris mon sac et laissé derrière moi mari et enfants. Sans remord, une fois de plus. Avant de franchir la porte, j’ai quand même vérifié qu’aucune Geneviève gantée et chapeautée ne m’attendait en embuscade (on ne sait jamais). Et je suis partie là :



Tadam ! Pas de décalage horaire, juste la mer, les bateaux, le soleil … le tout à vingt minutes de bus! Et oui, pas de décalage horaire ou de transport interminable.

La suite au prochain épisode: "je fais (un peu) de sport"...à ma façon!

Et ce soir, on regarde Thalassa en direct de Brest avec mon chanteur chouchou Miossec.Oui, vous avez bien lu !!!! Inutile de vous demander où je serai...

jeudi 17 novembre 2011

John Burnside - Scintillation

Éditeur : Métailié - Date de parution : Août 2011 - 283 pages scotchantes!

L’Intraville apparaît comme une ville en dehors du monde. Un endroit à part  avec son usine chimique désinfectée mais qui a tout contaminé. Ses habitants ne semblent rien espérer de la vie. Et quand de jeunes garçons disparaissent, il est préférable de penser qu’ils ont fugué.

Avertissement : si vous avez le moral qui frise le niveau de vos chaussettes tirebouchonnées sur vos mollets, abstenez de vous de cette lecture. Tenez vous loin de ce livre et attendez de revoir jaillir le soleil, les petits oiseaux et compagnie…

Pour avoir lu Un mensonge sur mon père, je savais que John Burnside pouvait nous décrire le sombre de l'âme humaine.Mais là, j'ai été scotchée et pas qu’un peu ! Ici, on est dans une noirceur qui frôle le sordide. Dans ce le lieu glauque qu’est l’Intraville, la disparition de jeunes adolescents passe presque inaperçue. Tout le monde semble englué dans ce lieu morbide où l’on meurt de maladie. Le policier Morrison préfère fermer les yeux et enterre ses remords dans son jardin. Et les individus peu scrupuleux comme Brian Smith continuent de s’enrichir en régnant sur ce bout de terre paumé. Il reste aux gamins les jeux dans le bois, l’ancienne usine et le sexe découvert tôt. Fort heureusement dans ce tableau, il y a le personnage de  Léonard. Sans être un saint, à quinze ans, il puise dans les livres bien plus que du réconfort. Une raison d'être. A la noirceur qui découle des hommes, la beauté de l'écriture explose.  

Un lecture qui secoue, qui dérange et  dont on ne sort pas indemne. Un livre puissant, très troublant par tous ses aspects et qui m’a laissée parfois complètement abasourdie. 

Avec une écriture hors normes, John Burnside démontre tout son talent, sa capacité à tenir le lecteur en apnée et à lui renvoyer de la poésie en pleine figure ! Epoustouflant.

Et, donc, ce serait sans doute mieux s'il n'y avait pas de répit, s'il n'y avait pas de moments heureux. Comme ce passage de Tom Sawyer où Tom se demande si les dimanches ne sont pas juste une forme de sadisme un peu plus raffinée que les jours de semaine avec avec leur succession habituelle de corvées et d'école.

Le billet de Keisha qui renvoie à plein d’autres liens et  de nombreux avis sur Babelio.

En route pour l'Ecosse

mercredi 16 novembre 2011

Laurence Tardieu - La confusion des peines

Éditeur : Stock - Date Parution : Août 2011 - 154 pages et un cri d'amour

Tu  ne veux pas que j’écrive ce livre. Tu me l’as dit. Tu me l’as demandé. Tu y avais pensé toute la soirée, toute la nuit, tu ne voulais pas. Ou, plus précisément, tu ne voulais pas que le l'écrive maintenant. Ce livre, Laurence, tu l’écriras quand je serai mort. Voilà ce que tu m’as dit.

A cette demande de son père,  Laurence Tardieu   répond par un acte d’insoumission à trente-huit  ans.  Ce livre, elle l’écrit parce qu’elle en a besoin, pour que les mots soient enfin dits. Le silence a toujours calfeutré les sentiments de l’appartement bourgeois de ses parents et se déclinait en toutes circonstances. Savoir se tenir et jamais d'effusion. En 2000, son père haut responsable de la Compagnie générale des eaux est condamné pour une affaire de pots de vin. Cette même année, sa mère est emportée rapidement par une  tumeur au cerveau.  Mais, même la douleur de la perte n' a pas pas le droit de s'afficher.  

Dans ce livre intimiste, à l’écriture posée sans heurt et sans  violence, l’auteure revient sur cette période et sur ce temps écoulé. Laurence Tardieu ne s’improvise pas juge. Là n’est pas le but du livre.  Elle pose des questions, tente de comprendre comment  son père, cet homme intègre avec des valeurs a pu lui aussi se laisser entraîner dans la corruption. Elle débusque ses peurs, ose lever les yeux vers la figure  tant aimée et admirée. Si l’on peut ressentir une impression de tâtonnement, Laurence Tardieu avance, se grandit  à chaque mot, à chaque brique posée. Elle revient sur l'acte d'écriture salvateur et libérateur. 
Et de cette écriture flamboyante par sa sensibilité, il en résulte un cri d’amour et une main tendue vers ce père. 

J'ai été touchée, je me suis mordue très fort l’intérieur de la joue pour empêcher mes regrets de remonter à la surface..

Je ne veux plus me noyer. Je veux remonter à l’air libre. Respirer.

Les billets d’Antigone, Emeraude et Noann

mardi 15 novembre 2011

Grand prix des blogueuses ELLE 2011

Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai été très étonnée mais contente ! A vrai dire, je n’ai même rien demandé mais cette année, mon blog est sélectionné pour le prix des blogs ELLE 2011 dans la catégorie littérature (et pas grand n’importe quoi). Vous avez jusqu’au 2 décembre pour voter (et on clique tous les jours). Alors oui, j’aimerai bien gagner ! Imaginez-un peu d’ici le topo…Après Miss France 2011 qui est également brestoise, le rêve peut se poursuivre avec Bibi !

Je fais appel à toutes les bonnes volontés, au fan club non officiel de Miossec, au gang des blogueuses bretonnes (association à but non lucratif et ouvert à tout le monde) ! Et pour les Brestois/es, j’offre le café (en journée) à ceux et celles qui voteront pour moi (uniquement sur présentation du ticket de caisse).

Les candidates à l’élection de Miss France ont suivi un entraînement intensif. A mon tour, je relève ce défi. Au programme du sport, un régime alimentaire et la photo en maillot de bain, si, si!!!! Vous vivrez tout, oui!

Et c'est ici pour voter (un vote par  jour jusqu'au 2 décembre inclus).

lundi 14 novembre 2011

Marcel Theroux - Jeu de pistes

Éditeur : PLON - Date de parution : Novembre 2011 - 238 pages lues  avec sourire et enthousiasme !

A trente-cinq ans, Damien March perd se retrouve à sa grande surprise héritier de la maison de son oncle Patrick. Il décide de quitter Londres, sa vie paisiblement et mortellement ennuyeuse pour  l’ile de Cape Cod aux États-Unis. Son oncle Patrick était un écrivain dont le succès fut de courte durée mais surtout un collectionneur fantasque. La clause du testament stipule que Damien ne devra rien modifier dans la maison.

Patrick est le frère du père de Damien qui est toujours en vie. Mais dans la famille, les brouilles semblent être un sujet récurrent.  Et Damien ne prend des nouvelles de personne, ni de son père ou  de son frère. Après dix ans de bons et loyaux services à la BBC qui passent complètement inaperçus, une vie personnelle  désastreuse, Damien voit en la mort de son oncle l’occasion d’un nouveau départ. Il part donc pour les États-Unis s’installer dans la maison capharnaüm de son oncle défunt.  Damien devra faire face à un cambriolage qui lui permettra  de trouve un texte rédigé par son oncle. Une histoire ayant pour personnage principal le frère de Sherlock Holmes. Cette maison peuplée de souvenirs et de bibelots sert de base à un roman divertissant à  l’humour ravageur !
Mais que l’on ne s’y méprenne pas car sous des aspects faussement légers, Marcel Theroux  nous offre un livre sur les racines familiales. Et même si j’ai découvert le fin mot de l’histoire avant la fin du livre, je ne suis pas déçue. Car ce roman comporte tout ce que j’aime : des personnages atypiques, une écriture qui m'a faite penser à Lauren Groff, de l'humour et des secrets de famille. 

Et voilà comment on obtient une lectrice enthousiaste !

Les billets de Cathulu (merci!), Cuné

dimanche 13 novembre 2011

Intouchables

Film d’Eric Toledano et Olivier Nakache avec François Cluzet, Omar Sy, Anne Le Ny

Synopsis : A la suite d’un accident de parapente, Philippe, riche aristocrate, engage comme aide à domicile Driss, un jeune de banlieue tout juste sorti de prison. Bref la personne la moins adaptée pour le job. Ensemble ils vont faire cohabiter Vivaldi et Earth Wind and Fire, le verbe et la vanne, les costumes et les bas de survêtement… Deux univers vont se télescoper, s’apprivoiser, pour donner naissance à une amitié aussi dingue, drôle et forte qu’inattendue, une relation unique qui fera des étincelles et qui les rendra… Intouchables. 

Vendredi soir, j’ai dû faire preuve de patience pour voir ce film. Et, je l’ai été (comme quoi avec l’âge, je me bonifie). La séance à laquelle nous allions était complète. Parqués (comme du bétail) pendant presque 3/4 d’heure. Debout, sans pouvoir aller aux toilettes ou avoir accès à une fontaine d'eau.Quand les cow-boys aux talkies-walkies ont ouvert les portes la clôture et libéré le troupeau, j’ai eu peur un instant qu’il y ait des coups de coude pour les bonnes places. Mais, non !  La nature animale  de chacun s'était (r)endormie … 

J’ai vu ce film avec ma nature de personne handicapée. Et j’appréhendais le larmoyant. Alors oui,  j’ai eu les larmes aux yeux  mais de rire !!!! J’y ai trouvé ce que je prêche : l’humour, l’autodérision pour combler mon handicap. Avec naturel, Omar Sy dégage une de la gaieté, un punch qui dynamise le film. François Cluzet est un acteur que j’aime beaucoup et une fois de plus, il ne m’a pas déçue. La question de la dépendance totale liée au handicap  y est abordée. Ce n'est pas un film sur le handicap mais sur une rencontre, une amitié. On rigole beaucoup mais l’émotion est bien présente. Une émotion sincère et pas surfaite. Ce film est tiré d’une histoire vraie. Ne l’oublions pas et c'est beau...

A voir et à revoir !

samedi 12 novembre 2011

Gaëlle Pingault - Ce qui nous lie...

Editeur : Quadrature- Date de parution : Octobre 2011 - 118 pages et 15 nouvelles

Quinze nouvelles variées en longueur et en contenu. Hasard de la composition de ce recueil ? Je ne sais pas mais j'ai été déçue par les trois premières nouvelles dont la chute est prévisible. Trop. On la voit venir comme un éléphant dans un couloir. Je me suis même  demandée si j’allais poursuivre.. Je n'ai pas apprécié la suivante non plus à qui il manque un petit plus...

Puis,  il y a la nouvelle Compte rond qui met en scène une jeune femme obsédée par les chiffres et leurs totaux. Et ce texte m'a vraiment accrochée. Ecriture limpide, vive, sans temps mort,  entraînant le lecteur dans une danse des nombres et des mots. En voilà une nouvelle qui m’a faite frétiller de plaisir ! Et la suite du recueil suit. L'auteure nous offre des nouvelles à fin ouvertes s'attardant sur la description de ses personnages : leurs espoirs, leurs  rêves et leurs quotidiens. Elle sait mette le doigt là où ça fait ma avec Je ne t’ai pas donné la vie. Mention spéciale à Sur la peau, le blues ma préférée où vous l’aurez compris la musique est presque un personnage à part entière. 

Un avis mitigé dans l’ensemble. Dommage que les quatre premières nouvelles gâchent  un peu  ce recueil qui par la suite offre un vrai panaché d’émotions !

Le billet de Cynthia






vendredi 11 novembre 2011

Tiens, un tag...

Cathulu a eu la gentillesse, que dis-je, la bonté de penser à moi pour un tag. Alors que je n’ai pas répondu aux dix derniers, je me rattrape avec celui-ci. Me voilà tranquille pour plusieurs mois...

1/Une artiste
Tout le monde s’attende à ce que je dise Miossec et oui , Miossec pour ses paroles, pour ses musiques, pour l’écorché vif, pour sa sensibilité à fleur de peau, et parce que je lui ai laissé je ne sais combien de mots dans des endroits qu’il fréquente à Brest ( bien entendu) pour un jour espérer le voir. Seule. Moi et lui. Sans lui sauter dessus. Un artiste que j’admire

2/une matière
La pulpe des lèvres

3/un événement
L’abolition de l’esclavage

4/un film
Muriel

5/un mot
Entre-deux

6/une émotion
L’enthousiasme

7/une sculpture

Le carambar tordu avant que je ne le mange

8/un peintre
Paul Bloas


9/piquante
La pluie mêlée au vent

10/énervante !

La politique

Je refile le bébé (et l'eau du bain) à Liliba, Bulleblog, Krol, Griotte, Leiloona, Lucie, Joëlle, Griotte, Noann et sa bande, Lystig,Valérie, Cynthia et Mango. Inutile de me remercier...
1- Une chanson 2- Un plat 3- Un mot inavouable en public 4 - Un proverbe  5- Un espoir - 6- Un pays  7- Pénible! 8-une odeur 9-un des sept péchés capitaux  10 - une lectrice pas raisonnable

Michael Dobbs - Churchill à Yalta

Éditeur : ZDL - Date de parution : Mai 2011 - 359 pages passionnantes !

Il est impossible de comprendre réellement ce qui s’est produit à Yalta sans sonder le cœur et les entrailles de ces trois vieillards épuisés, dont l’un, Roosevelt, n’avait plus que quelques  semaines à vivre. Ce qu’ils ont accompli en quelques jours devait affecter de façon dramatique le cours de l’Histoire pendant les cinquante années à venir et mettre en péril tant d’enjeux pour lesquels ils étaient entrés en guerre.  Il est presque impossible d’avoir une lecture claire de ces évènements si l’on n’a pas cherché à comprendre ces trois hommes, leurs ambitions, leurs craintes, leurs haines et leurs passions. Alors, seulement, l’Histoire explose soudain de vie.

Cet extrait de la préface signée par l’auteur colle parfaitement au livre. Yalta, dans mon esprit ce nom évoque une photo d’un livre d’histoire. Une photo  où l’on voit Churchill, Roosevelt et Staline. Ma mémoire  ne m’a pas trahie, j’ai vérifié. Staline a l’allure altière du vainqueur. Il peut se le permettre. Du 4 au 11 févier 1945, après la défaite de l’Allemagne, Churchill, Roosevelt et Staline sont réunis à Yalta. Staline a invité et Roosevelt et Churchill à venir car il  refuse de quitter la Russie. En fait, les dirigeants Américains et Anglais n’ont pas et  le choix et ont obtempéré devant Staline.  Ces trois hommes  âgés ont entre  leurs mains l’avenir du monde. Roosevelt est malade et rêve à ce qu’il voudrait laisser derrière lui, les futures Nations-Unis. Staline veut conquérir et marcher sur toute  l’Europe de l'Ouest. Churchill a deviné que le dirigeant Russe  était un homme capable du pire. Il veut défendre l’Europe contre les ambitions de Staline et sauver la Pologne. Et voilà, comment je me suis retrouvée à tourner  avec envie chaque de ce livre qui m'a captivée ! Je ne suis pas une férue d’Histoire mais l’auteur par le regard de Churchill, l’homme et le politicien, nous donne un point de vue sur ce qui allait être le creuset des accords de Yalta. Bien sûr, il s'agit d'un roman mais d'un roman dont les points historiques sont réels. 

Ce qui aurait pu être assommant ou mortellement ennuyeux ne l’est pas ! L’écriture teintée d’humour s’accorde à révéler les facettes de ces trois hommes. On revit ces journées :  les enjeux considérables, la tension et les tractations qui se sont effectuées en coulisses mais aussi ce que fut l'invasion de la Pologne (âmes sensibles, certains passages sont durs). 

Suite à cette lecture, j’ai changé mon point de vue sur Churchill. Le personnage grincheux, coléreux, autoritaire est devenu à mes yeux un homme qui possédait de nombreuses qualités humaines.  Peut-être que ma vision est faussée mais ce livre est tout simplement passionnant ! 

Merci aux agents littéraires de me l'avoir proposé car sans eux, je ne n’aurai pas fait la démarche spontanée d’aller vers ce roman.

Les billets de Catherine ( la culture se partage), Yv.

jeudi 10 novembre 2011

Jean-Philippe Blondel - Brise glace

Éditeur : Actes Sud junior - Date de parution : Septembre 2011 - 106 pages

Aurélien, 17 ans, dans son nouveau lycée fait en sorte de passer inaperçu. S’esquiver après le déjeuner ou entre deux cours pour éviter les autres. Et puis,  Thibaud, un garçon populaire de la classe l’invite à une fête qu’il donne. Pour Aurélien, c’est un grand pas. Depuis quatre ans, il vit en portant sa douleur qu’il ne veut pas partager. Tout de suite, ils s’entendent mais Aurélien reste sur ses gardes. Car même si l’amitié voit le jour , Aurélien ne peut s‘empêcher de rester prudent. Thibaud lui fait découvrir les slams, ces poèmes où les mots peuvent être des bouées de sauvetage ou une main tendue.

Si la rencontre avec Et rester vivant ne s’est pas produite, j’ai dévoré ce livre et à certains passages, j’ai eu un gros nœud dans la gorge ! Aurélien va mal depuis quatre ans. Quatre ans de culpabilité, de douleur et où il s’empêche d’être heureux.  Dès le départ, on pressent qu’il y a au un drame. D’ailleurs il parle par bribes de son enfance heureuse, de ses anciens copains avec qui il formait un trio inséparable jusqu’en quatrième. Lui qui s’empêche d’être heureux, de vivre comme tout ado de son âge voit son univers bousculé par Thibaud. Le gars cool avec qui tout le monde est pratiquement ami. Thibaud arrive le mettre en confiance mais Aurélien ne lâche pas prise sur son passé. Avec les slams, Aurélien découvre la puissance des mots. Thibaud l’encourage à participer et à écrire.   
Il y aura la puissance des mots libérateurs, il y aura pour le lecteur la découverte de ce  passé. Mais ce n’est pas ce secret qui est le plus important dans ce livre et qui par ailleurs m’a faite vibrer. C’est tout le reste, cet ensemble qui constitue un livre à part.  

Des phrases courtes, un style où Jean-Philippe Blondel  nous envoie des décharges émotionnelles et de l’humour. Et au au tournant d’un point,attention, il y a deux slams. Deux poèmes magnifiques où le poids de la culpabilité, l’importance de l’amitié et la rédemption que l’on peut se refuser sont décrits.  
L'auteur arrive à nous rendre très justement et avec émotion les tourments de l’adolescence.
Bonus : tout parent d'ado au lycée reconnaîtra forcément dans les attitudes, les paroles un peu de son ado !

Livre lu et approuvé également par fifille number two.

Casser la routine, amis, connaissances d’une nuit, oubli

Rires automatiques, anachroniques, sitôt jetés sitôt enfuis

Super, superficiel, superficie des sentiments tout au fond

S’étranglent les mots, les espoirs, le profond, alors je romps,

La glace.

Le billet d’ICB qui renvoie à d’autres liens.

mercredi 9 novembre 2011

Une de mes auteures chouchous récompensée !

Le prix Renaudot des Lycéens 2011  ( décidément, ces petits jeunes ont bon goût) a été décerné à Delphine de Vigan pour son terrible et magnifique Rien ne s'oppose à la nuit.

Delphine de Vigan fait partie de ma liste ultra-confidentielle d'auteurs chouchous. Une auteure que je lis depuis ses débuts...
Je suis vraiment contente car ce livre déjà récompensé m'a happée par son développement ( l'histoire familiale de sa mère et la sienne, le rapport à l'écriture) et m'a laissée fracassée d'émotions.Un plus que coup de cœur !

En salle, s'il vous plaît !

Il y a un peu de plus de quinze jours, j’ai été voir :


The artist de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin et Bérénice Béjo.
Synopsis : Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L'arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l'oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au firmament des stars. Ce film raconte l'histoire de leurs destins croisés, ou comment la célébrité, l'orgueil et l'argent peuvent être autant d'obstacles à leur histoire d'amour. 

Film choisi par Monsieur qui ne m’intéressait pas plus que ça au départ. Jean Dujardin  n’est pas un acteur dont je raffole, aussi  j’y suis allée un peu en traînant les pieds. Et, la magie de regarder un film muet  a opéré sur moi et les autres spectateurs. Une salle bondée et pas un seul bruit ! Pas de raclement de gorge ou de chuchotement étouffés. Ce film muet une prouesse car il réussit un pari extraordinaire. Celui d’enchanter les spectateurs  avec une bande son musicale qui souligne le jeu des acteurs  ! 

Et ce week-end, j’ai été voir La couleur des sentiments, le film de Tate Taylor avec Emma Stone, Jessica Chastain et Viola Davis. Le film  adapté du livre...

Synopsis : dans la petite ville de Jackson, Mississippi, durant les années 60, trois femmes que tout devait opposer vont nouer une incroyable amitié. Elles sont liées par un projet secret qui les met toutes en danger, l’écriture d’un livre qui remet en cause les conventions sociales les plus sensibles de leur époque. De cette alliance improbable va naître une solidarité extraordinaire. À travers leur engagement, chacune va trouver le courage de bouleverser l’ordre établi, et d’affronter tous les habitants de la ville qui refusent le vent du changement...

Ce roman La couleur des sentiments de Kathryn Stockett avait été pour moi un gros coup de cœur ! J’avais été captivée, j’avais pleuré  entre espoir et sourire. Donc, je suis allée au  ciné pensant être armée (ou blindée) en me  disant : «  j’ai déjà pleuré à la lecture, cette fois, je sais ce qui va se passer donc pas besoin de préparer mon mouchoir ». J’ai eu tout faux ! Déjà, je n’ai pas vu les 2h20 passer mais surtout, j’ai eu le goût du sel sur le revers de ma main. Évidemment, on ne retrouve pas l’intégralité du livre mais l’adaptation est très, très réussie ! Un bon et beau moment de cinéma !

mardi 8 novembre 2011

Carl Friedman - Mon père couleur de nuit

Éditeur : Gallimard ( collection Folio) - Date de parution : 2003 - 143 pages et un coup de poing...

Il ne le nomme jamais par son nom. Ca s'appelait Trebibor, Majdawitz, Soblinka ou Birkenhausen. Il dit "le camp" comme s'il n'en avait existé qu'un seul. "Après la guerre, dit-il, j'ai vu un film sur le camp. Des prisonniers étaient en train de se faire frire un œuf pour le petit-déjeuner". De la paume de la main, il se frappe le front. "Un œuf ! dit-il d'une voix acérée. Dans le camp !". Le camp est donc un endroit où on ne se fait pas d'œufs. Plus encore qu’un endroit, le camp est un état.

Mon père couleur de nuit  s’ouvre sur ces lignes. Le ton est  donné. Le père d’Hannah est revenu des camps de concentration. Nous ne savons pas où habite la famille. Jochel, ce père miraculé , son comportement et surtout ses  propos sont une énigme pour Hannah et ses deux frères. Découpé en chapitres très courts qui sont autant de bourrasques violentes d’émotions, ce livre opposé toute l’horreur des camps  à l’innocence des enfants.  Le père d’Hannah raconte  à demi-mots.  Il suffit d'un détail qui fait ressurgir ce passé proche. Entre des nuits toujours hantées par les souvenirs de « là-bas » et l’incompréhension quelquefois maladroite  de ses  enfants, les digues rompent sous la colère ou  l’incompréhension mutuelle. Avec son amour sincère et pur, Hannah veut aider son père à aller mieux. Elle-même se retrouve confrontée à l’incrédulité de ses camarades ou de son institutrice.

Ceux et celles qui ont lu et aimé Skoda apprécieront à sa juste valeur ce livre.  
Une lecture comme un coup de poing et qui fait très mal… 

Ce petit livre m’a estomaquée ! Sans fioriture mais avec une extrême tendresse, il dégage un concentré d’émotions ! Je le redis mais je ne m’attendais vraiment pas à ce choc…

lundi 7 novembre 2011

Goncourt des Lycéens 2011 pour Carole Martinez ! Yes!!!!

Le Goncourt des Lycéens 2011 est attribué à la talentueuse Carole Martinez pour Du domaine des murmures ! Et je suis contente (comme beaucoup d'entre vous)!!!!!

Yes!!!!!

J'ai eu la chance de la rencontrer deux fois en tête en tête et de lui poser quelques questions ( c'est  ici) Aifelle, Canel, Constance  , Géraldine, Valérie (il me semble)  l'ont entendue parler de son livre ou du précédent Le cœur cousu (son premier roman) et elles seront d'accord avec moi, il s'agit d'une auteure généreuse et passionnée!

Valentine Goby - Banquises

Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Août 2011 - 247 pages 

Vingt-huit ans après  la disparition de sa sœur Sarah, Lisa mère de famille part pour le Groenland. Elle avait quatorze ans quand Sarah âgée de  vingt-deux s’est envolée pour Uummannaq et n’est jamais revenue. Disparue mais majeure ont répondu les autorités  à ses parents. Depuis vingt-huit ans sa mère s’est figée dans un hypothétique moment au cas où Sarah reviendrait. Lorsque son père entame les démarches administratives pour que Sarah soit officiellement déclarée décédée, le passé ressurgit pour Lisa. Il lui faut suivre, marcher dans les pas de Sarah sur la banquise.

Si je m’étais perdue dans l’écriture de Qui touche à mon corps,je le tue ici l’écriture de Valentine Goby m’a accrochée ! Avec des phrases qui interpellent, des métaphores très belles , ce roman au style vif style est  sans temps mort. Comme s’il s’agissait d’une course après le temps.  Justement  les banquises fondent et Lisa, vingt-huit ans après la disparition de Sarah, éprouve ce besoin d’aller là où  sa sœur s’est rendue avant de disparaître. Sarah partie pour six semaines au Groenland n’est  jamais réapparue et n’a jamais donné aucun signe de vie à sa famille.  L’attente  a commencé à partir de ce jour, une attente de chaque instant qui a pris toute la place. Etouffant Lisa, empêchant le deuil. Mot tabou même en pensée car sa  mère espère encore et toujours.  Les souvenirs de  Lisa ponctuent  ce présent où le grand Nord se meurt, où les banquises disparaissent  entraînant avec elles  les populations locales. 

Dans ce livre,  où l’écriture imprime la rétine et l’esprit, le long quotidien de la famille de Sarah avec  son lot de doutes, d’espoirs et de sentiments inavouables raconté par Lisa m’a touchée. Une histoire criante de douleurs dans un contexte environnemental bien réel. Le décompte a commencé semble nous dire Valentine Goby, réveillons-nous, tout comme la mère de Sarah ne voulait pas que sa file tombe dans l’oubli.

Et puis, à la dernière page, j’ai eu cette impression que le voyage de Lisa n’était par totalement terminé et je suis restée un peu sur ma faim...
Mais, les émotions m'ont prises à la gorge et j'ai vraiment aimé l'écriture !

Vingt-huit ans plus tard, le poids du passé leste davantage encore l'idée de l'envol. Comme elle est pleine, Lisa, de son histoire. Comme elle la porte, l'a portée.Comme elle l'entrave; voyez-vous la voussure de ses épaules.  

Elle voudrait que Sarah se soit assise là. Elle y vient à toute heure, multipliant les chances d'une expérience commune à vingt-huit ans d'intervalle, une minute où se frôler sur le rivage, où la même lumière les saisit ensemble dans une photo jamais prise.

Les billets de Choco, Cuné, Gambadou et Yv


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