dimanche 31 octobre 2010

Nathalie de Broc - La tête en arrière

Éditeur : Diabase - Date de parution : 20/05/2009 - 89 pages

Une enfant est confiée en  pension à Tantine. Sa mère Thérèse vient la voir le dimanche. Une mère absente, difficile à cerner et aux amours tumultueux. L’enfant grandit avec  ce désir d’être plus proche de Thérèse et la quête  de connaître son père.  
Dès que j’ai commencé  ce livre, la femme de l’allemand de Marie Sizun m’est  revenue en mémoire. Impossible d'ailleurs de ne pas penser à cette auteure car on retrouve cette même écriture. Un style ciselé, des mots tout en pudeur. Ici, les thèmes sont à peu près identiques : une mère fantasque et une enfant qui cherche à connaître la vérité. Le personnage de la Tantine m’a touchée. Elle s’occupe avec amour de la petite mais celle-ci le dimanche fait tout pour intéresser Thérèse.  Mais, Thérèse dort généralement.  En grandissant, la fille discerne mieux la personnalité de sa mère mais elle n’a toujours pas de nom pour son père. 
Mon bémol : la fin m'est apparue un peu précipitée..
Je pense que j'aurai apprécié davantage ce livre si je n’avais pas déjà  lu la femme de l’allemand. Dommage.
L’écriture  de Nathalie de Broc est belle, sensible et touchante…Une jolie découverte !
Merci à Fransoaz pour ce livre voyageur, le billet d’Yvon.
Tantine se levait en tirebouchonnant se serviette, elle si soigneuse de son repassage, retournait dans la cuisine. Un jour, je l’y avais suivie après la même scène et l’avais retrouvée, immobile devant un faitout, les deux mains appuyées à la cuisinière, ses larmes tombant dans le pot-au-feu. J’avais eu honte de ma cruauté.

samedi 30 octobre 2010

Demain, demain...

Je suis en pleine préparation intensive pour demain.  Mais qu’y a t-il donc demain ? Le festival du livre à Carhaix  plein centre Bretagne, l’ancienne capitale  du Poher (et non Power…).
Un salon et des blogueurs : Yvon ( le seul blogueur parmi  une horde de femmes), Gwen ( qui sera  aussi mon chauffeur), Sylire, Joëlle, Griotte, Fransoaz, Armande … J’espère que je n'ai oublié personne.
Donc aujourd’hui, une préparation digne d’un athlète de haut niveau : point de pompes ou autres actes de barbarie mais du repos ! Et oui, si je veux tenir toute la journée sans faire de couac, je recharge les batteries.
Bon, vivement demain!

Sylvia Tabet - l'Atelier rouge

Éditeur : Editions-dialogues - Date de parution : 28/10/2010 - 128 pages

New-York, une nuit de novembre. Un  homme caché dans un coin d’une pièce peinte en rouge observe une scène. Le peintre Markus Rothko vient de se suicider  à ses côtés  se trouve Nicolas de Staël. L’homme tapi n’est autre que Romain Gary  qui va raconter l’échange improbable de ces deux hommes.
Un huis clos entre fiction et réalité baigné dans les confidences et mettant en scène trois personnages importants. La rencontre  de ces deux peintres Mark Rothko et Nicolas de Staël et un observateur Romain Gary qui revient sur sa vie. Les deux hommes Mark Rothko et Nicolas de Staël parlent peinture, bien entendu, mais surtout ce qu’ils veulent faire passer à travers leurs toiles. La conversation  tourne aussi au désaccord mais s’engage sur des terrains plus intimes : des enfances fracassées, la mère patrie la Russie. Ils ne sont pas forcément d’accord sur les Maitres mais Matisse les réunit.
Romain Gary parle de  son remords de n’avoir été  qu’un aviateur médiocre « Un jour à Londres, Le Général m’a dit quelque chose du genre : «  ne vous inquiétez pas Gary, vous savez bien que ce sont toujours les meilleurs qui partent ». Ma médiocrité ainsi posée, je ne risquais pas, à l’avenir, d’être fier de mes activités d’aviateur. Sans rire : grâce à mon héros le Général de Gaulle (…) toute fierté m’était désormais  interdite ». Une souffrance pour cet écrivain qui évoque certains de ses livres : « comme ce père, dans Les enchanteurs, ce père rêvé qui me prenait dan ses bras la nuit lorsque, enfant, j’avais peur. » L'écrivain se dévoile et c’est un homme avec ses blessures et ses peines qui apparaît.
J’ai beaucoup aimé l’introspection de Romain Gary. On sent un travail de l’auteure pour  s’approprier ce personnage. Bien que ma culture en Art est limité (oui, je le dis) , cet échange entre ces deux peintres est beau. On comprend que la peinture vient du plus profond de leurs entrailles. L’écriture possède une musicalité qui accentue l’atmosphère des confidences.  J’ai lu, j’ai écouté ces hommes qui se mettent à nu.  
Une agréable  découverte que je dois aux Editions Dialogues (et à Charles Kermarec qui m’a convaincue de le lire).

vendredi 29 octobre 2010

Annie Lemoine - Amusez-vous

Editeur : FLAMMARION - Date de parution : 17/10/2010 - 127 pages et 28 pages de photos

Claire, presque quarante ans. Un divorce. Deux enfants. Une escapade au bord de la mer en solitaire qui prend une couleur imprévisible et bouleverse sa vie.
Cette quatrième de couverture m’a attirée. Un thème prometteur, un portait de femme … tout ce j’aime ! Mais non, cette histoire m’est apparue un peu surfaite comme si l’auteure  était restée en surface des personnages, des sentiments.  J’ai essayé de trouver un point d’ancrage mais non…Une histoire qui ne m’a rien apportée, un sentiment de déjà vu et je suis restée sur ma faim. Les rencontres de Claire lors de son week-end me sont apparues peu crédibles comme la fin.
Un livre trop court et l’envie de dire à l’auteur « creusez, n’ayez pas peur de fouiller au plus profond de vos personnages  ».
L’écriture est agréable mais je suis restée insensible à cette lecture.
Ce livre comporte des photos d’hôtels illustrées par quelques lignes. C’est ce que j’ai préféré, ces photos où  le fictif peut tresser  des histoires…
L’avis beaucoup plus  enthousiaste de Stephie

Susan Fletcher - Un bûcher sous la neige

Editeur : PLON - Date de parution : 26/08/2010 - 400 pages sublimes...

Ecosse fin du XVIIe siècle. Corrag une très jeune  femme d’origine anglaise est emprisonnée. Accusée de sorcellerie, elle est condamnée à être brûlée dès l’arrivée du printemps. Le Révérend Charles Leslie venu d'Irlande est à la recherche d’informations sur le massacre de Glencoe. Un massacre perpétré par l’armée du Roi Guillaume dit l’Orange. Alors que le Roi Jacques s’est exilé en France,  le pays est en proie à l’affrontement entre les partisans de chaque Roi.  Charles Leslie, bien que réticent, va écouter  le récit de Corrag qui a été témoin du massacre.
Quel livre ! Dire que j’ai aimé serait faux…. J’ai adoré, j’ai vibré à chaque page, j’ai bu chaque mot  !
Car Corrag avant de raconter le massacre du Clan Mac Donald va expliquer comment elle est parvenue en  Ecosse.  Son enfance auprès d’une mère elle-même accusée de sorcellerie. Sous le mot sorcellerie, les hommes y ont mis l’utilisation et l’usage de plantes pour soigner et guérir  des maux. Une mère qui lui a transmis l’amour et le respect de la nature. Charles Leslie, campant sur ses positions d’homme d’église l’écoute, l’œil et le jugement sévères. Le soir, il écrit à sa femme lui relatant les dires de Corrag. Chaque jour, il revient la voir, les barrières et les œillères morales s’amenuisent. Lui qui prêche Dieu, l’Amour reviendra sur se positions vis-à-vis de Corrag.
A 16 ans, sa mère ordonne à Corrag de partir. Avec sa jument, elle va fuir, se cacher des hommes pendant son voyage et vivre de ce que la nature lui offre.  Corrag est un petit bout de femme qui veut vivre à tout prix ! Outre son voyage, elle raconte l’attitude des gens à son égard et les mos qui font mal : sorcière, gueuse et parfois pire. Arrivée en Ecosse, le clan MacDonald sous  ses apparences brutales va l’accepter. Tout le livre alterne subtilement entre  le récit de Corag et les lettres de Charles Leslie à sa femme. Les barrières et les œillères morales s’amenuisent.  On suit ses réflexions, l’acheminement de sa pensée qui l’amèneront  à comprendre Corrag.
Les descriptions sont magnifiques, la plume de Susan Fletcher nous donne l’impression d’être aux côtés de Corrag et d’admirer, d’apprécier la nature. L’écriture est belle ( et le mot est faible !), la poésie perle dans les mots de Corrag mais surtout l’amour et l’humilité.
On est révolté, on a peur pour Corrag  car on ne peut que s'y attacher.L'analyse du comportement de Charles Leslie, son raisonnement sont remarquables.
J’ai eu la gorge serrée tout au long de cette lecture ! Un énorme coup de cœur pour ce roman sublime !
Merci à Liliba pour ce livre voyageur, d’autres billets pour vous mettre l’eau à la bouche : Kathel, Lili Galipette, Cathulu, George, Marie, Sandrine (SD49)

Quand même j'ai un réconfort. Il est petit, mais je l'ai, ce réconfort, je me le chuchote au creux de mes mains. Des gens sont en vie grâce à moi. C'est vrai. Il sont en vie parce que je les ai sauvés, parce que j'ai écouté la voix de mon âme, la chanson de mes os, les paroles de la terre.J'ai écouté mes entrailles, mon ventre, ma poitrine. Mon instinct.

mercredi 27 octobre 2010

Christian Gailly - Lily et Braine

Editeur : Editions de Minuit- Date Parution : 07/01/2010 - 189 pages

Lily est venue l’attendre à la gare accompagné de leur fils Louis, 3 ans et de la chienne. Après  trois mois passés dans un hôpital militaire, son mari Braine rentre enfin. Braine bien changé après la guerre dans laquelle il s’est  porté volontaire. Un mari qui doit réapprendre à vivre et Lily qui essaie de faire au  mieux pour que son retour  se passe bien.
Je suis embêtée pour parler de ce livre…A vrai dire, je ne sais pas quoi trop en penser. L’histoire m’a intriguée. Au début, j’ai crû que Braine était un ancien GI , j’ai eu tout faux. Nous sommes en France et Braine s’est engagé dans une guerre pour un autre pays. Il a quitté son travail dans le garage de beau-papa, son fils âgé de quelques mois.
Une échappatoire  à sa vie ?  Les éléments peu nombreux donnent cette impression. Sa femme Lily semble vivre  dans un monde à part choyée par des parents au portefeuille bien garni. Elle s’occupe de sa maison et de ses enfants. Car dans ce livre, la chienne est traitée et considérée comme un enfant. J’avoue ne pas avoir pas compris ce point…La vie semble reprendre son cours normal et paisible. Mais, une femme mystérieuse fait son apparition. Elle propose à  Braine de remonter sur scène et de  recomposer le groupe de jazz dont il faisait parti il y a bien longtemps . Lily est jalouse et  sur ses gardes. Braine accepte et se remet  à la musique.
Je n'ai pas été à l'aise dans cette lecture même si j’ai  aimé l’écriture :  un style non conventionnel, des phrases très courtes. Mais, le déroulement de l’histoire et la fin de ce livre m’ont laissée  perplexe. J'ai eu l'impression d'avoir à faire à des personnages irréels.
Bref, je suis incapable de dire si j’ai aimé ou non…
Merci à Hélène et à Dialogues Croisés pour ce livre.
Le billet de Midola.



mardi 26 octobre 2010

Julia Strachey - Drôle de temps pour un mariage

Editeur : la Table ronde - Date Parution : 11/06/2009 - 118 pages

«Le 5 mars, Mrs Thatcham, une veuve de la bourgeoisie,
maria sa fille aînée Dolly, âgée de vingt-trois ans, à Owen Bigham, de huit ans son aîné et employé par les services diplomatiques.»
Ce livre raconte cette journée ô combien mémorable et émaillée d’incidents…
L’écriture est pétillante, vive et je me suis régalée. Le lecteur est plongé au centre de cette plume entraînante  et de cette journée qui se déroule sur les chapeaux de roue. Pas de temps mort avec  la mère de mariée qui ne sait plus où donner de la tête et  s’emmêle les pinceaux. Exaspérante et fatigante, elle s’active, virevolte d’un invité à l’autre. Dolly, la future mariée, se saoule en s’habillant  et peu à peu, les regrets et la nostalgie pointent leur nez.  Les autres personnages valent le détour mais je trouve dommage que la personnalité  du marié soit juste effleurée. Dolly et sa mère sont les personnages prédominants. Cette  journée ne se terminera pas dans la joie et  la bonne humeur, loin de là…
Julia Strachey prend plaisir à user de l’ironie  envers les codes et  les conventions  ce qui donne  ce petit livre exquis… Juste un bémol : j’ai trouvé la fin un peu précipitée.
Merci à Hélène pour le prêt, les billets et avis de Manu , Cathulu, Lilly et ses livres, In Cold Blog  

Goupil & Douyé, Laetitia Aynié - Je veux l'homme parfait

Editeur : VENTS D'OUEST - Date de parution : 26/10/2010 - 71 pages

Quand Suzanne de chez les filles m’a proposé de recevoir cette BD, je n’ai pas su dire non à cause du titre. Eh oui, même si je n’ai plus 20 ans (mais presque le double) et que j’ai trouvé l’Homme qui me supporte, je me suis dit que c’était l’occasion de replonger dans les souvenirs.
Revenons en arrière, à ce temps où l’on rencontre l’Homme celui avec qui on décide de partager notre vie et donc notre quotidien. Le temps où l’on voit tout en rose et où l’on pense que la vie à deux n’est qu’un long fleuve tranquille. Stop !!! Très vite, on se rend compte que notre moitié n’est pas parfaite  (mince !), on découvre les défauts (Comment ? Sa mère m’a dit qu’il n’avait  que des qualités ? ) et un mot qui bercera les futures  années : compromis.
Forcément, j’ai souri en lisant cette BD même si j’ai trouvé qu’il y a beaucoup trop  de clichés et qu’elle  tend vers la caricature. Par exemple : qui dit Homme dit foot, qui fit femme  dit magasin de fringues.
Divisée en trois chapitres : comment ça fonctionne un homme, le dressage, les exercices pratiques, j’ai préféré la dernière partie ( où l’art de la carotte  appliqué aux Hommes).  Les illustrations sont  dans l’esprit « girly ».
Une BD à lire évidemment   au second degré  et qui s’adresse à celles qui s’installent avec l’Homme parfait (laissons-les le croire, les désillusions viennent souvent trop vite).
Ah oui, pour celles qui persistent à croire  que l’Homme parfait existe, dans ce cas la femme parfaite serait sur cette terre  (ce qui n’est pas le cas…).                                                          

Merci à 

lundi 25 octobre 2010

Parissss me revoici !

Dans le cadre du prix RFO du livre, je suis invitée à l'occasion de la délibération qui aura lieu le 25 novembre prochain à Paris. Le jury est composé de journalistes et d'écrivains.  

Les titres sélectionnés sont  les suivants :

« L’affaire de l’esclave Furcy »,
Mohammed Aïssaoui, Editions Gallimard
Maryse Condé, Editions JC Lattès
« Photo de groupe au bord du fleuve »,
Emmanuel Dongala, Editions Actes Sud
« Les affres d’un défi »,
Frankétienne, Editions Vents d’ailleurs
« Les Veuves de verre »,
Alexis Gloaguen, Editions Maurice Nadeau
« Dalonaz é shamayaz » (Bises et bisbilles),
Céline Huet, Editions Udir
« Saisons sauvages »,
Kettly Mars, Editions Mercure de France



N'ayant lu que le livre de Maryse Conde, je vais  essayer de lire les autres avant...
Paris, me revoici  fin novembre et je suis toute contente !

Elizabeth Strout - Olive Kitteridge

Editeur : ARCHIPEL - Date de parution : 06/10/2010 - 375 pages

Avertissement : Pour bien démarrer la semaine, rien de mieux qu’un très bon livre  ! Oui vous  avez  bien lu…
A travers 13 histoires, on découvre Olive Kitteridge, professeur de maths, mariée à un pharmacien Henry et mère de Christopher. La famille habite à Crosby, petite ville du Maine et l’on suit sur une période de trente ans Olive. Elle n'est jamais la narratrice du récit et on  la découvre  via le regard des autres.
Entre roman et nouvelles dont le fil conducteur serait Olive, j’ai pris énormément de plaisir à lire ce livre !   Au début, Olive  parait bougonne, autoritaire mais peu à peu on découvre sa personnalité plus en profondeur.  Dans certains des récits, elle intervient très peu et ce sont des thèmes comme la vieillesse, la solitude qui sont dépeints. L’écriture est vive, nette et précise comme les descriptions d’Olive : son franc- parler, sa gourmandise.  On s’interroge, on est titillé, on se demande qui elle est vraiment. Quelquefois elle semble être détestée ou alors admirée. L’épouse qui semble froide, la mère possessive, le professeur exigeant se révèle une femme loin d'être antipathique.  Au fil des pages,  les différentes facettes d’Olive apparaissent et la montre comme tout à chacun : une personne avec ses forces et ses faiblesses. Et avec cette trame, c'est autant de vies avec leurs hauts et leurs bas qui nous sont décrites sans fausse note...
C’est avec regret que j’ai refermé ce livre tellement je l’ai aimé ! Un livre qui nous décrit avec  brio  la personnalité humaine...
Merci à Keisha pour le prêt, les billets de Cathulu, Gwen, ClaudiaLucia, le Pandémonium littéraire

dimanche 24 octobre 2010

Dominique Mainard - Je voudrais tant que tu te souviennes

Editeur : Gallimard - Date  de parution : 25/05/2009 - 364 pages pour un beau voyage...

Il y a des livres vers lesquels je  vais les yeux fermés, en toute confiance  parce  que je suis certaine d’y trouver un univers. Les livres de Dominique Mainard en font partie.
Avec  je voudrais tant que tu souviennes,  j’ai retrouvé l’ambiance du ciel des chevaux et de leur histoire.
Une banlieue triste et grise comme tant d’autre aux abords d’une petite ville.  Mado est un femme âgée dont la mémoire s’enfuit. Alda a toujours pris soin d’elle, Alda et ses cartes qui disent l’avenir. Mais un jour Alda décide de retourner dans son pays. Elle fait promettre à sa nièce Julide de continuer à veiller sur Mado.  Un jeune homme qui vit la tête dans le ciel,  les pieds sur les toits arrive en ville et Mado en tombe amoureuse.  Julide, 16 ans, enfant de l’immigration apprend que ses parents lui ont  trouvé un futur mari.  
Dans ce livre à  l’écriture si sensible et où la poésie perle, on suit ces personnages. Des personnages bien loin des clichés. Mado qui n’a plus de repère de temps et si fragile, Julide qui la protège et  qui veut l’empêcher de tomber amoureuse de ce couvreur. Julide joue le  rôle de sa mémoire car Mado a perdu la notion du temps.  Elle se croit encore jeune et l’amour est toujours  possible à ses yeux. Julide  se bat avec la réalité : un cousin que ses parents  veulent qu’elle épouse, ses cours de sténo  et veiller sur Mado. Une histoire  d’amour qui semble impossible. Pas de heurt ou de fracas, juste  la mémoire qui  se souviendra et qui laissera place à une belle histoire.
Encore  un beau voyage en  apnée totale bercée par l’écriture de Dominique Mainard.
Un titre qui m’a tout de suite rappelé  la chanson de Serge Gainsbourg :
Oh je voudrais tant que tu te souviennes
Cette chanson était la tienne
C'était ta préférée, je crois
Qu'elle est de Prévert et Kosma

Cette chanson, Les Feuilles Mortes
S'efface de mon souvenir
Et ce jour là, mes amours mortes
En auront fini de mourir
Les billets de Sylire et  de Gambadou

samedi 23 octobre 2010

Mon coup de gueule du moment

Eh oui, je reprends mon clavier pour déverser ce qui m’énerve en ce moment.
Le  projet de loi sur l’âge du départ à la retraite et l’attitude du gouvernement.
Pour montrer l’exemple (? ) ou calmer la tension, les députés ont dit qu’ils baisseront de 8% leur retraite à compter du 1er janvier 2011. Une retraite  qui est  actuellement de 2700 Euros. Les sénateurs ont 4.400 sonnant et trébuchant pour leurs vieux jours. Personnellement, je ne connais personne qui a une retraite de plus de 2 500 Euros…Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne me direz-vous  mais  y a t-il beaucoup de Français qui touchent des retraites mirobolantes?
Quand on sait que beaucoup de nouveaux  retraités ont du mal à joindre le deux bouts, les croisières au tour du monde  ou les voyages tous les trois mois ne sont pas tous.  
Travailler plus, toujours plus et ce jusqu’ à 67 ans. Et la santé là-dedans ? S’user encore plus, tirer un peu plus sur son corps car il manque des trimestres de cotisations.
Notre gouvernement semble sourd aux appels de la rue. Pire, il dit se montrer inflexible alors que nous sommes dans une démocratie.  Deux mots qui  sont, il me semble, à l’opposé.

Gerbrand Bakker - Là-haut, tout est calme

Editeur : GALLIMARD - Date  de parution : 03/09/2009 - 351 pages

Helmer van Wonderen vit depuis trente-cinq ans dans la ferme familiale, malgré lui. C'est Henk, son frère jumeau, qui aurait dû reprendre l'affaire, mais il a disparu dans un tragique accident à l'âge de vingt ans. Alors Helmer travaille, accomplissant les mêmes gestes, invariablement, machinalement. Un jour, sans raison apparente, il décide d'installer son vieux père au premier étage, de changer de meubles, de refaire la décoration de la maison...
Voilà le début de la quatrième de couverture.  Si je vous l’ai indiquée,  ce n’est pas par pure fainéantise ( même si l’on pourrait le croire)  mais parce que  dans ce livre le rythme est important, fondamental même.  Helmer  âgé de 55 ans vit au rythme du travail à la ferme lié aux saisons, au temps. Des journées où la solitude est interrompue par la visite de  la voisine  ou de ses jeunes garçons.  Suite à la mort de son frère jumeau, Helmer n’a pas eu  le choix face à son père d’arrêter ses études et de travailler à la ferme. Un père autoritaire qui dirigeait et décidait pour tout le monde.  L'installer à l'étage, là-haut permet à Helmer de mettre fin à la domination de ce père âgé.
Un jour, Helmer reçoit une lettre de l’ancienne fiancée d’Henk. Elle lui demande de donner un peu de travail à son plus jeune fils nommé Henk. Entre  souvenirs et présent, Helmer tente de trouver sa place et sa vie. Lui qui n'a vécu jusqu' à présent qu'en étant le "remplaçant" d'Henk. Même ci se roman parait calme, on ressent toute la violence, le désarroi qu’Helmer a enfoui, accumulé pendant toutes ces années. Tous ces évènements vont permettre à Helmer de choisir et de réaliser ce qu’il veut réellement faire.  A la question : peut-on changer de vie à et trouver son bonheur ? Ce roman nous donne la réponse.
Un livre qui demande seulement qu’on prenne le temps de se caler soi-même sur le rythme. Il faut prendre le temps, s'en imprégner et pour ma part, j'en suis ressortie troublée. L’éveil de cet homme à sa propre vie est tout simplement beau..
Comme pour Rosa Candida, il m’a fallu quelques pages pour rentrer dans ce livre.
Merci à Cathulu pour ce livre voyageur, d’autres billets : Aifelle, Antigone, Dominique, BelleSahi , Gwen, Armande, Mirontaine

vendredi 22 octobre 2010

Delphine Bertholon - Twist

Editeur : J'ai lu - Date de parution : 18/08/2010 - 444 pages

Comment parler de l’enlèvement, de la séquestration d’une fillette sans tomber dans le mélo ou le larmoyant ? Delphine Bertholon a réussi ce pari avec  Twist.
Madison, 11ans, est enlevée un jour par  un inconnu à bord d’une voiture noire. Après, ses parents n’auront plus de nouvelles d’elle pendant cinq  longues années.  Madison va se réfugier dans l’écriture de cahiers qu’elle dissimule.
Sa mère  lui écrit  des lettres, elle qui n’a jamais  perdu espoir que Madison soit toujours vivante. Des lettres comme des bouées de sauvetage qui lui permettent de ne pas sombrer. On la  lit imaginant sa fille à son anniversaire, comment elle a pu grandir. Et à chacune des lettres, ce sont des cris d’amour où se mêlent l’incompréhension, l’espoir, les regrets. Car le jour de la disparition, Madison est partie fâchée pour une broutille… Stanislas qui lui donnait des cours de tennis avait annulé pour un rendez-vous avec Louison. Et Madison  en était secrètement amoureuse . On suit Stanislas  étudiant en lettes dont le rêve est de devenir écrivain qui aime l’insaisissable Louison. Louison qui aime  trop sa liberté, son caractère assez  imprévisible, l’histoire d’un amour impossible où Stanislas s’échoue, blessé et meurtri.
Et Madison maintenue séquestrée chez R. pendant 5 ans. Elle écrit dans un cahier  puis dans un autre. Autant de lignes, de mots et de phrases où elle décrit la pièce où elle est enfermée, l’attitude de R. , ses rêves, sa colère et ses plans pour s’évader. Madison essaie de cerner au mieux la personnalité de R. , de le comprendre pour déceler ses points faibles.  Tout au long du livre, ses écrits évoluent : on débute avec les mots d’une fillette de 11 ans qui petit à petit grandit et  mûrit. J’ai été frappée par son intelligence et son sa formidable envie de vivre !
Delphine Bertholon évite les écueils du sordide ou du voyeurisme. Elle décrit de façon très juste les « relations » ( bien que ce terme ne soit peut-être pas le plus approprié ») qui se créent  entre  le ravisseur et sa victime.  
C’est un livre marqué par l’attente, les mots et l’amour … J’ai été touchée par ce livre, surtout par Madison et sa mère mais beaucoup moins par l’histoire de Stanislas.

Rencontre avec Olivier Adam


Comme chaque semaine, missionnée pour vérifier l’avancement  des travaux du tram Rue Siam ( non, mais on pourrait le croire), mes petits pas légers m’ont conduit jusqu’à chez Dialogues. Et oui ! Hier, Olivier Adam venait parler de son livre le cœur régulier. Je ne vous cache pas que j’étais toute « émotionnée » de le rencontrer. En attendant, j’ai pu discuter avec Fransoaz qui, elle, aussi était présente. Et d’une pierre deux coups car c’était l’occasion de faire connaissance. Même si nous avons eu du mal à nous retrouver malgré nos signalements vestimentaires respectifs…  
Je n’ai eu que très peu de temps toute seule avec Olivier Adam. Et une fois devant lui, j’ai buggé… Oui honte à moi, bouche ouverte tel un poisson en train de s’asphyxier, la première phrase que j’ai réussi à prononcer est « j’aime ce que vous écrivez ». Bibi, vous pouvez le constater, a été très originale… Après cette mise en route fastidieuse ( l’émotion !), j’ai réussi à  lui parler de son écriture que j’ai trouvé plus apaisée dans son dernier roman. Et bingo ! J’ai vu juste, Oliver Adam me l’a confirmé.
Puis, il a parlé pendant près d’une heure de son livre, mais aussi comment il écrit d’une façon générale ses livres.  Il débute avec une personne quelque part et à partir de ces deux éléments, il écrit. Pour le cœur régulier, il avait lu un article consacré  à cet endroit au Japon où les gens viennent se suicider. 
Non, Olivier Adam ne sait pas faire dans  le happy, dans les  vies qui ressemblent à des autoroutes ( tout est beau, tout est rose)… il me l’a dit. Ecrire sur des personnes fracassées, qui se remettent en question  ou qui tombent  et se relèvent, voilà ce qui l’intéresse.
Merci encore à Clémence de chez Dialogues!

mercredi 20 octobre 2010

Langue de vipère

Cette semaine chez les impromptus littéraires,  le thème est langue de vipère...de quoi délier bien des langues.

Quand on me demandait quel était mon travail, je répondais toujours ce mot :
-Chasseur.
Les gens surpris me dévisageaient  et enchainaient aussitôt :
-Chasseur de tête ?
-Oui, en quelque sorte…
Je préférais cette appellation à celle de mon vrai job : journaliste  en  freelance. Car dans mon métier, la discrétion était une des qualités primordiales comme la patience et l’anonymat. Je chassais du gros gibier pour alimenter les revues et les journaux à scoop.  La traque des people et des politiques. Les suivre, les filer et au moment importun faire la photo qui fera sensation ou qui déclenchera un scandale. Révéler au public leurs faiblesses et  leurs relations douteuses. Dans ma branche, j’ai vite  obtenu le surnom de langue de vipère car pour obtenir mes photos, je réclamais de rédiger l’article. Montrer sur papier glacé  les vices et  les défauts ne me suffisait pas, j’aimais accompagner  la photo de  mes mots dénonciateurs.  Et un jour, je l’ai prise, elle, en filature. Trop parfaite, une vie  trop rangée pour cette  jeune actrice. J’ai cherché longtemps et j’ai fini par trouver la faille. Son petit ami la trompait avec une autre. Elle l’a appris en même temps que  madame-tout-le-monde dans les journaux. Sauf que durant ces mois à l’observer, j’ai fini par tomber amoureux d’elle. Je la connaissais sur le bout des doigts : ses fleurs préférées,  ses habitudes jusqu’au  petit sillon qui se formait  sur son front quand elle  était anxieuse.  
Pour elle, j’ai tout largué. Je suis maintenant journaliste dans un quotidien  où j’officie à la rubrique chiens écrasés. Plus de planque mais interview à domicile (s’il vous plait) de Madame  S. qui a vu la voiture volée de Monsieur P.. Je joue mon nouveau  rôle à merveille. Et quand l’adrénaline du scoop me manque, je sors mon appareil photo. Je sais tout du voisinage : le retraité de l’immeuble d’en face qui mate des films pornos quand sa femme est à son club de bridge, la femme du premier qui sort la bouteille de whisky dès que ses gamins sont à l’école…
Elle ne sait rien de mon passé et personne de mes anciennes fréquentations se risquera sur ce terrain, ils savent que  la langue de vipère est toujours là. Quelque part à l’affut.  
Tout le monde a  des petits secrets, il suffit juste de gratter un peu pour les découvrir.  

Eric Fouassier - Le traducteur

Editeur : PASCAL GALODE - Date de parution : 19/08/2010 - 186 pages magnifiques..

Ceux et celles qui se plaignent que leur PAL et leur  LAL augmentent à chacune de leur visite  vont me détester ou m’en vouloir. Car j’ai adoré ce livre !!!!
Cette lecture fait partie de celles qui une fois  commencées exercent un tel pouvoir, qu’on ne peut plus les arrêter.  On  ouvre ce livre et  on se retrouve sous l’emprise  de la narration, envoûté par l’écriture. Et oui, rien que ça…
Ce roman se passe aux alentours de 1925. Le narrateur, un jeune homme de 21 ans travaille depuis peu à Alexandrie. Il occupe  un emploi sans intérêt  dans la société de son oncle. Au hasard d’une soirée, il va rencontrer Gabriel Prometh, ancien médecin et individu peu fréquentable selon les dires.  Poussé par la curiosité, le narrateur va vouloir s’entretenir avec lui et  en apprendre d’avantage à son sujet. C’est ainsi que Gabriel Prometh lui parle d’un projet mystérieux qui le rendra riche et célèbre.
Notre homme va l’accompagner à la recherche d’un ouvrage mythique, le Livre de Pao, qui serait un chapitre oublié de la bible. Un livre détenu par un peuple parlant un dialecte que seul Gabriel Prometh connait.
Bien entendu, on suit leur quête. Mais la postérité peut être à  double tranchant,  Gabriel Prometh va l’apprendre à ses dépens. Tout le monde l’applaudit pour sa traduction du livre, le voilà adulé. Mais son secret va l’anéantir et il préfèrera se retier de la vie mondaine. Je n‘en dirai pas plus sur l’histoire...
La plume est élégante, raffinée, le tout forme un  grand moment de plaisir !
Le billet de Stephie toute aussi enchantée par ce roman.

mardi 19 octobre 2010

Pierre Gagnon - Mon vieux et moi

Editeur : AUTREMENT - Date de parution : 21/08/2010 - 87 pages

Rencontrer des auteurs est une source de tentation. Jeudi dernier en attendant que Fatou Diome termine  une  interview pour une radio, je me suis  assise et j’ai commencé à lire ce livre. Je n’allais quand même pas partir et l’abandonner lâchement !  Et voilà comment ce petit livre s’est retrouvé en  ma possession.  
Le narrateur, jeune retraité, décide d’adopter Léo. Léo n’est pas un enfant, non, mais un pensionnaire d’une  maison de retraite où  le narrateur  rendait visite à sa tante. Léo 99 ans aménage chez lui et entre les deux hommes nait une belle histoire.
Dans ces 87 pages, on trouve beaucoup  d’amitié, de l’humour mais également un regard  sur la vieillesse. Au début, il y a les interrogations des amis  qui vous admirent, les aménagements  à apporter à la maison et la complicité entre les deux hommes. Mais  la santé de Léo va se dégrader. Les parties de cartes sont rempacées par l’inquiétude des hospitalisations et l’impuissance que l'on ressent devant  la vieillesse. Le narrateur nous décrit les problèmes qu’une personne rencontre quand elle s’occupe d’un parent âgé. Tout y est dit avec les mots justes :  la mémoire qui flanche, la sénilité, la dépendance…
Alors oui, ce livre m'a touchée... Un seul regret, j'aurai bien aimé un livre un peu plus long. 
Il attend quelqu’un… plus tard devant l’évidence que personne ne viendra, il se remet en route pour sa chambre ou  la salle de bains. Voilà, c’est tout.Ca s’appelle vieillir. Jamais on ne raconte ces choses là, bien sûr.Ca n’intéresse personne.
Les avis de Stephie et de Noukette.

Kate O'Riordan - Le garçon dans la lune

Editeur : Folio - Date de parution : 04/06/2009 - 352 pages

Mariés depuis dix ans, le couple de  Julia et Brian bat de l’aile. Ils sont parents  d’un petit garçon Sam âgé de 7 ans. En se rendant en Irlande pour passer quelques jours chez le père de Brian, Sam trouve la mort. Contre toute attente, Julia décide de reste chez son beau-père Jérémiah  alors que Brian retourne en Angleterre et sombre dans la dépression. Julia travaille à la ferme familiale  en se soumettant à son beau-père, un homme taciturne et tyrannique.  Elle va découvrir un carnet rédigé par  la mère de Brian qui va éclairer le passé et bousculer le présent.
Un livre magnifique ! Dès les premières pages,  j’ai été happée par l’écriture de Kate O’Riordan et par l’histoire.  Car il s’agit d’un livre à tiroirs multiples qui traite de nombreux thèmes : le couple, la mort,  la famille, l’enfance,  la culpabilité…
Dès les premières lignes, on ressent la tension entre Julia et Brian. Julia est  autoritaire  et très protectrice envers Sam, elle décroche des remarques incessantes à son mari. Lui encaisse les reproches. Et le drame le plus affreux se produit :   la mort accidentelle de Sam. Un accident dont  Brian est responsable. Avec les souvenirs de Brian, on replonge dans son enfance : élevé « à la dure » par Jeremiah, l’impuissance de sa mère face à son mari et la mort de son frère jumeau. Le poids de la culpabilité écrase Brian. Julia se réfugie  dans des travaux de la ferme  pour échapper à son chagrin. Petit à petit, elle découvre la personnalité de son beau-père et en apprend davantage sur lui. On  remonte le fil de l’histoire Brian et de sa famille, une histoire sombre  qui cache un lourd secret.
La psychologie des personnages est saisissante, remarquable. Une histoire de famille dure, violente mais superbement traitée. L’écriture de Kate O’Riordan nous prend par la main, il n’y a qu’à se laisser guider...
Un coup de cœur !

dimanche 17 octobre 2010

Virginie Despentes - Apocalypse Bébé

Editeur : GRASSET- Date de parution : 18/08/2010 - 343 pages

Présentation de d'éditeur:
Valentine Galtan, adolescente énigmatique et difficile, a disparu. La narratrice, Lucie, anti-héroïne trentenaire, détective privée sans conviction ni talent engagée par la grand-mère de Valentine pour surveiller ses faits et gestes, l’a perdue sur un quai de métro parisien. Comment la retrouver ? Que faire des édifiantes photos de Valentine qui la montrent si expérimentée avec les garçons ? Aurait-elle rejoint sa mère, qu’elle n’a jamais connue, à Barcelone ? Le mieux pour Lucie serait de faire équipe avec la Hyène, une « privée » aux méthodes radicales, une femme puissante, au corps souple, plein d’une violence qui s’exprime par saccades : moyennant finances, et aussi par amusement, La Hyène accepte le marché. Voici les collègues mal appariées, l’une lesbienne volcanique, l’autre hétéro à basse fréquence, qui traversent la France et l’Espagne jusqu’à Barcelone à la recherche d’une petite fugueuse, une gosse mal grandie, une fille de la bourgeoisie qui finira – on ne vous en dit pas plus – par rejoindre le camp des irréductibles....

Et oui, encore un billet sur ce livre, je sais… PriceMinister m’ayant  proposé de lire soit Michel Houellebecq soit Virginie Despentes, j’avais opté pour faire  connaissance avec cette auteure.
J’avais commencé ce livre  et bout d’un trentaine de pages, je l’avais refermé pour deux raisons : l’histoire à laquelle je n’arrivais pas vraiment à accrocher mais surtout à cause du langage de Virginie Despentes. Vu toutes les critiques élogieuses, je l’ai ré-ouvert et je l’ai fini. Alors, non ce n’est pas un coup de cœur, et non, je n’ai pas aimé ce livre. J’ai trouvé l’écriture de l’auteure trash et provocante. Toutes les deux ou trois pages, les mots sont crus surtout de la part de la Hyène qui elle joue aussi sur carte de la provocation. A part le personnage du père de Valentine dont j’ai trouvé les descriptions assez crédibles, les autres m’ont semblé tendre vers la caricature. Et pour ce qui est de l’histoire, malheureusement, je n’y ai pas été sensible.  
Merci cependant à PriceMinister.
Antoine lui aussi n’a pas aimé ( on est au moins deux…).

samedi 16 octobre 2010

Lauren Groff - Fugues

Editeur : Plon Date de parution : 14/01/2010 - 264 pages

Neuf longues nouvelles dans ce recueil. Des nouvelles où sont brossés des portraits de femmes. Mon enthousiasme était à son point culminant  à la lecture des trois  premières.
Lucky Chow Fun met en scène une adolescente complexée dans une petite ville en Amérique. La petite  vie tranquille des habitants va être bouleversée par un évènement inattendu.
L. DeBar et Aliette m’a touchée. Une histoire d’amour entre un ancien champion de natation et la jeune fille  malade à qui il donne des leçons.
Avec Majorette, on est plongé dans l’Amérique de la classe moyenne. On découvre les rêves et les  ambitions  d’une jeune fille.
Et ensuite, ça s’est gâté…  Mon enthousiasme s’est effondré  très rapidement.  
Je suis passée à côté des autres nouvelles. Je n’ai pas franchement  compris où l’auteure voulait m’amener Kathel fait référence  pour l’écriture à Lorrie Moore, je suis d’accord avec elle. Mais ce recueil m’a fait la même impression globale que « Déroutes » de cette auteure. Un livre que j’avais abandonné car je ne m’enlisais dans ces vies. Ce sont des univers particuliers, des personnages auxquels je n’arrive pas à m’attacher… On suit des personnages et brusquement, on les quitte sans qu’il y ait une fin à l’histoire.  Et je n'aime pas ce genre de nouvelles.
Merci à l’ami BOB pour ce partenariat.

vendredi 15 octobre 2010

Rencontre avec Fatou Diome

C’est sous un ciel laiteux que je me suis rendue   dans le haut lieu  de débauche culturelle qu’est Dialogues pour rencontrer  Fatou Diome.
Et quelle rencontre ! La plus belle à ce jour !
Une auteure qui m’a appelée par mon prénom ( le vrai !), qui m’a embrassée chaleureusement en me disant combien elle avait été émue par mon billet sur son livre Celles qui attendent.
Nous étions  très en retard sur le planning et nous avons beaucoup rigolé…
Fatou Diome a commencé à écrire à 13 ans des petits textes. Tout ce qui la révoltait, l’indignait, elle l’écrivait mais sans jamais penser à devenir un jour auteure.  
Dans son dernier livre, elle dénonce la polygamie. Comme elle le dit : « je donne les bases au lecteur, je lui apporte des éléments, à lui de tirer des conclusions ».
L’écriture chez elle est viscérale : « ne pas écrire ? Non c’est impossible, j’en ai besoin ! » et elle part dans un grand éclat de rire.  
 «Je lève le rideau  sur des situations et tout ce qui m’importe c’est le plaisir de l’écriture. »  
Une  joie de vivre, une gentillesse et une générosité incroyable, voilà comment je la définirai. Un grand rayon de soleil à elle seule ! Merci à Clémence de chez Dialogues et à Gilles Paris  pour cette très, très  belle rencontre !
Alors Fatou, ne changez surtout pas  et  continuez à être vous-même !

Tiens, ca faisait longtemps...

Oyez, oyez!!!
Un nouveau livre part en voyage : La ballade de Lila K de Blandine Le Callet.

jeudi 14 octobre 2010

Jeanne Benameur - Les Demeurées

Editeur : Gallimard - Date Parution : 22/05/2002 - 80 pages qui coupent le souffle...

La mère, c’est La Varienne, c'est l'idiote du village, la demeurée.  Il y a  sa fille Luce et le lien qui les unit est fort, de cet amour que rien ne peut détruire. Mais leur monde où les mots n’ont pas leur place est menacé quand Luce doit aller à l’école. L'institutrice, Mademoiselle Solange, veut faire son devoir et inculquer à la petite la connaissance.
Ce livre est une grande claque ! Je l’ai lu en apnée, je l’ai refermé abasourdie…. On parle souvent de la puissance des mots mais  ici la relation fusionnelle entre La Varienne et Luce se passe de mots. Elles se comprennent, s’aiment à travers les gestes, les comportements, les regards et les silences : « les mots n’ont pas lieu d’être. Ils sont ». Elles vivent de ce bonheur silencieux d’être toutes les deux. Quand Luce va aller pour la première fois à l’école, sa mère sera déstabilisée de cette coupure de quelques heures. Luce va entrer en résistance contre les mots, les fuir, les oublier. Elle est Luce et non pas Luce M. comme l’a écrit Mademoiselle Solange au  tableau.  Combat de l’instruction et celui d’un bonheur à préserver à tout prix. Est-ce que Luce accèdera aux mots et si oui à quel prix ?  
Je n’en dirai pas plus sur cette histoire très belle  sauf qu’elle fait partie de ces textes  dont la force est dans l’écriture.  Des phrases très courtes, une écriture épurée où les mots  sonnent par leur justesse et se font précieux.
Tout simplement  magnifique…
Dès que les paroles claires de Mademoiselle Solange menacent de pénétrer à l’intérieur d’elle, là où toute chose pourrait se comprendre, elle fuit. D’une enjambée muette, elle se niche où le plâtre du mur se délite, au coin de la grande carte de géographie, près du bureau. Entre les grains usés, presque une poussière, elle  a sa place. Elle fait mur. Aucun savoir n’entrera. L’école ne l’aura pas.
Plein de billets chez l'ami BOB !
Et dire que ce  livre dormait dans ma PAL ...

Et un de moins dans la PAL !

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