vendredi 26 novembre 2010

Stefan Zweig - Le joueur d'échecs

Éditeur : Livre de poche - Date de parution : 04/2010 - 94 pages

Seconde Guerre Mondiale, le narrateur   se trouve sur un paquebot reliant  New-York à  Buenos-Aires.  En discutant avec un passager, il apprend qu’à son bord se trouve le célèbre champion mondial d’échecs Czentovic. Cet homme rustre, antipathique  va se faire prier pour jouer. Durant la partie, un inconnu souffle les coups  à effectuer. Ce qui se termine par une partie nulle. Czentovic accepte une revanche à la condition que  son adversaire soit cet inconnu. Comment cet homme qui affirme ne pas avoir joué depuis plus de 20 ans peut-il  jouer de cette façon ?  
Ah, merveilleux Zweig ! Une fois encore, je suis conquise ! Ici, il ya deux récits enchâssés comme le fait si bien cet auteur.  Le narrateur à bord du paquebot apprend que le champion du monde d’échecs est à bord. Czentovic a appris à jouer aux échecs par hasard. Cet homme peu intelligent s’est montré au fil des années particulièrement doué pour ce jeu.  Toute la première partie du récit se concentre sur ce champion du monde.  La tension s’élève subrepticement quand un homme parmi l’assistance souffle les coups à jouer.  Notre narrateur est épaté ! Il veut en savoir davantage sur cet inconnu Mr B. Sa curiosité est à son apogée quand Mr B déclare ne pas avoir joué aux échecs depuis  plus de 20 ans. Mais surtout, il refuse d’affronter Czentovic ! Et là, tadam… il y a tout le génie de Zweig ! On  découvre l’histoire de Monsieur B.  Un homme emprisonné par les Nazis. Non pas dans un camp mais seul dans une chambre d’hôtel. Sans notion de l’heure ou des jours et à subir des interrogatoires. Les armes étant la manipulation et la pression psychologique. En volant un manuel d’échecs à un gardien, il trouvera son salut. Celui de ne pas sombrer dans la folie. Il apprendra toutes les stratégies en visualisant mentalement un échiquier. Gangréné pas la folie du jeu, il se fera la promesse de ne jamais jouer. Sans tout dévoiler de ce livre,  la revanche aura lieu opposant la technicité de Czentovic  à l’incroyable mémoire de  Monsieur B.
Dénonçant les manipulations psychologiques, Zweig aborde le thème de la folie sous plusieurs angles. Celle des hommes et celle du jeu. Un livre magistral qui m’a laissée sans voix…
C’est Zweig et j’en redemande !

Bijou extrait de ma PAL! Mais je vais le remplacer immédiatement par un autre livre de cet auteur ( donc match nul)...


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