vendredi 5 novembre 2010

Markus Zusak - La voleuse de livres

Éditeur : Pocket- Date Parution : 20/03/2008- 632 pages

Allemagne, 1939, Liesel Meminger âgée de 9 ans est conduite à la gare avec son frère par sa mère. Les deux enfants doivent être placés dans une famille d’adoption car leur mère ne peut plus s’occuper d’eux. C’est à ce moment que la narratrice intervient : la Mort. Elle emporte avec elle le petit frère de Liesel. Après l’enterrement, la fillette ramasse un livre dans la neige. Ce sera son premier livre volé. Arrivée à Molching, elle s’habitue peu à peu à ses parents adoptifs Hans et Rosa Huberman. Elle se fait un ami Rudy qui est amoureux d’elle. La guerre survient et les conditions de vie en Allemagne sont loin d’être faciles. Même si la Mort a beaucoup de travail, elle continue de garder un œil sur Liesel et les siens.

Dire que j’ai adoré ce livre serait mentir. Oui, j’ai été touchée par l’histoire de Liesel, cette fillette attachante qui va trouver dans les livres un réconfort. Mais bien plus que Liesel, j’ai aimé la narratrice, la Mort. A travers elle, c’est l’Histoire et la stupidité des Hommes qui est décrite. Elle en devient humaine et presque compatissante. Elle s’adresse au lecteur, mettant le doigt là où ça fait mal : les milliers de mort, les chambres à gaz. Pour en revenir à l’histoire, Rosa est dure, sévère, elle jure souvent et n’hésite pas à utiliser sa cuillère en bois pour taper Liesel. Hans est très proche de Liesel, c’est lui qui lui apprend à lire, il est présent chaque nuit quand elle fait des cauchemars. Sous ses apparences calmes, il s’agit d’un homme qui voit d’un mauvais œil la popularité d’Hitler. Liesel grandit en même temps que la guerre éclate et perdure. Des temps durs en Allemagne où tous les efforts doivent être pour le Führer. La nourriture manque, Liesel et Rudy volent, chapardent pour se remplir de temps en temps l’estomac. Liesel aimant les livres ne pourra pas s’empêcher d’en voler d’autres. Hans mettra sa vie en danger et celle de sa famille en hébergeant un Juif. Et Rosa n’ira pas contre les agissements de son mari. Tout le livre est ponctué de mots d’allemand surtout dans les conversations mais ça ne m’a pas gênée. Mon amour pour la langue allemande (bêtement abandonnée au lycée) y est peut-être pour quelque chose… Bien que le sujet soit grave, il y a des étincelles de joie et de l’espoir à travers le personnage de Liesel.
L’auteure glisse des jeux de mots en rapport avec l’Histoire : Il se tourna vers le Führer et ne s’adressa plus qu’ à lui. (..)"Dans ce cas, je suis tout prêt à fermer les yeux sur les méthodes peu orthodoxes que vous pourriez utiliser pour envoyer au tapis cette engeance juive." Il hocha la tête très courtois. "Est ce clair ?". Le Führer prononça alors ses premiers mots. "Comme du cristal ".

Mais, il s'agit d'un livre destiné à un public plus jeune. Et je l’ai ressenti tout au long de ma lecture...

Allons-voir ce que les autres participantes à cette lecture commune en ont pensé : Canel, ValérieCynthia, Ellcrys, Mango, Lalou, George, Herisson08 et aBeiLLe.

Pour moi, le ciel était couleur Juifs.
Quand leurs corps s’étaient en vain rués sur la porte pour trouver une issue, leurs âmes s’élevaient. Quand leurs ongles avaient griffé le bois et parfois même y restaient plantés par la force du désespoir, leurs âmes venaient vers moi, je les accueillais dans mes bras et nous quittions ces douches par le toit pour gagner l’immensité de l’éternité. Je n’arrêtais pas. Minute après minute. Douche après douche.
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