vendredi 19 novembre 2010

Cécile Oumhani - Un jardin à la Marsa

Éditeur : Paris Méditerranée - Date de parution : 2003 - 195 pages sublimes...

Assia ne conserve de sa mère décédée qu’une photo. Les souvenirs de sa mère  sont enfouis dans la mémoire de sa petite enfance en Tunisie. Après le décès de sa mère, son père avait décidé de quitter le pays pour venir s’installer en France. Le pays de sa femme, avec le but qu’Assia soit une française comme les autres. Mais Assia est une enfant de deux cultures. En grandissant, elle ressent de plus en  plus le besoin de connaître ses origines. Un sujet tabou, pas de discussion possible pour son père qui n’en dit aucun mot. Jeune fille,  elle va tomber amoureuse d’Amine, étudiant d’origine algérienne qui va l’initier la langue Arabe. Il faudra un grave accident pour que Fouad se décide à ouvrir les portes de son pays et des souvenirs à sa fille.
Encore une très, très belle lecture ! J’ai eu la gorge serrée  d’émotions de la première à dernière ligne.  Car Cécile Oumhani possède une écriture lumineuse aux accents poétiques. Une écriture qui puise sa force dans des tournures de phrases majestueuses  et délicates.
L’histoire est belle, prenante… Fouad, le père, est avocat et mène une vie calme un peu  à l’écart des autres. Un homme secret, effacé qui ne veut pas faire de vague. Il porte en lui la différence de ses origines comme un fardeau.  Pourtant,  selon l’expression, « il a réussi » sa vie professionnelle. Et il y Assia. Assia, petite fille renfermée, et les questions qu’elle garde pour elle. Avec la crainte de faire de la peine à son père en lui les posant. Alors, elle se tait.  En grandissant, cette soif de connaître son identité et  cette culture devient nécessaire pour mieux se construire.  Pétri de bonnes intentions, son père ne pense qu’à son bien et veut la protéger. En  voulant veiller sur sa fille,  c’est  également un  moyen pour lui de tenir à distances les souvenirs d’une enfance difficile en Tunisie. Ici, pas de comparaison entre deux cultures.  L’écriture se teinte de couleurs chaudes, de parfums quand ce pays  est évoqué. Pour Fouad, le choc sera quand sa fille rencontrera Amine. Cécile Oumhani montre que chacun a besoin de savoir d’où il vient  sans en avoir honte…
J’ai refermé ce livre avec des larmes aux yeux tellement j’ai été touchée par cette écriture et cette histoire. Une lecture  d’une intensité et d’une beauté rare…un vrai coup de cœur !
Un énorme merci à Sylire pour ce prêt, Gwen a été également conquise (et le mot est faible)!
Elle contemple  la mer à la porte-fenêtre, aperçoit les touristes dévêtus, allongés au soleil. La mer…Celle qui épelle la certitude qu’elle  a rejoint sa terre natale, celle où sa mère les laissa, celle où ses yeux d’enfant se gorgèrent de lumière, de ces feuillages qu’elle ne reconnait pas mais qui accompagnèrent peut-être ses promenades. S’est -elle baignée dans cette mer ? Liliane a t-elle tenu la main, de sa fillette qui goûtait les joies de l’eau pour la première fois ? Et si Fouad venait lui raconter ce temps, affranchi du Nord et  des contraintes qu’il a crues nécessaires pour son bonheur à elle…
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