mardi 29 décembre 2009

Véronique Olmi "Bord de mer"




Une mère qui a promis à ses deux petits garçons enfants de les emmener en vacances à la mer. Alors, elle va le faire parce qu’une maman ça ne peut pas décevoir. Elle nous raconte, elle nous le dit avec ses mots qu’elle aussi est une maman « bien ».
Dès les premières lignes, on sait que cette escapade à la mer n’en est pas une « on avait pris le car, le dernier car du soir, pour que personne nous voie ». Il n’y aura ni de cris de joie, ni baignade mais la pluie, une mer violente et une chambre d’hôtel sordide.

L’auteur, Véronique Olmi, nous livre l’histoire de cette femme sans prendre parti.
Cette femme qui, pour une fois, voudrait être une maman comme les autres et faire plaisir à ses enfants. Mais, ses angoisses reviennent la hanter et puis il y a cette peur de ne pas y arriver.

Le style épuré, les phrases courtes mettent en exergue son amour pour ses enfants, sa colère à être toujours jugée, cataloguée, son ras le bol qu’on lui dise ce qu’elle doit faire avec ses propres enfants.
Et nous lecteur, on se retrouve d’autant plus impuissant parce qu’on a un mauvais pressentiment.

Le mal-être que l’on ressent s’amplifie et quand enfin on a tourné la dernière page, on est sous le choc, complètement abasourdi.

Une lecture bouleversante après laquelle, on a beaucoup de mal à remette un pied dans la réalité…

lundi 28 décembre 2009

Le cérémonial de fin d'année

A l’époque des mails et des SMS, j’aime toujours adresser des cartes de vœux papier. Pour rien au monde, je ne dérogerai à ce cérémonial de fin d’année. Une après-midi calme et silencieuse, le temps idéal pour se plonger dans l’écriture. S’appliquer, former de beaux arrondis sans rature, sans traits secs ou disgracieux qui pourraient trahir mes douleurs. Réfléchir quelques instants, le stylo suspendu dans l’air et trouver les mots personnalisés pour chacun. Pas de longues tirades ou de phrases ronflantes, juste quelques mots sincères.

Dans quelques jours, la représentation de la pièce «bonne année » va se jouer. Quoi de plus normal de souhaiter ses vœux à ceux que l’on aime, aux personnes qui nous sont chères ou que l’on apprécie ?

Très rapidement, cette pratique vire à l’hypocrisie générale, les vœux se noient dans une parodie de bons sentiments. Distribution à la louche de souhaits et de désirs. Qui en veut ? Allez, on en profite, c’est gratuit ! Rien ne manque : les voix enjouées qui sonnent faux, les sourires d’apparats, la gentillesse soudaine. Mais, chacun joue son rôle de spectateur ou d’acteur parce qu’au fond, on a tous envie d’y croire…

dimanche 27 décembre 2009

Souvenirs d'enfances

Chacun possède ses propres souvenirs d’enfance, qu’ils soient gais, joyeux, édulcorés ou tristes…On peut se les remémorer avec délice et espérer revenir dans le passé pour les revivre intensément ou alors les cacher enfouis au plus profond de soi, vouloir les oublier à tout jamais, tellement ils font mal.


Marie
Elle est bien loin derrière moi mon enfance, plus de quarante ans me sépare d’elle, mais elle demeure présente. Elle surgit au détour d’une odeur que je croyais oubliée à tout jamais, se réveille à la vue d’une vieille photo écornée, revient par bribes à l’écoute d’une chanson démodée. Oh oui, je revois la grande maison de campagne où nous passions nos week-ends et une partie de nos vacances. Le jardin où ma mère passait des heures en chantonnant à couper quelques fleurs ici et là, la grande terrasse pavée jonchée de vieux pots en terre et surtout cette campagne si luxuriante qui m’offrait un immense terrain de jeu. J’attendais impatiemment le moment où le blé et le maïs sortaient de terre, la saison où je ramassais des châtaignes puis les noisettes. J’entreprenais des promenades, des marches à travers les champs avec ou sans autorisation, avide de tout connaître. Je délaissais les poupées, je fuyais les activités imposées par mes parents pour parfaire mon éducation. L’odeur des lupins, l’herbe haute qui me piquait les jambes, les vaches qui me fixaient de leurs gros yeux tout en ruminant et dont je me méfiais, les talus que je franchissais et où il fallait éviter les ronces, les orties pour ne pas abîmer mes vêtements. Je martelais bien fort le sol de mes pieds pour faire peur aux vipères, j’inventais des animaux curieux, dangereux qui se tapissaient dans l’obscurité des ombres mélangées aux fougères. Un bâton à la main pour écarter les branchages, je retenais ma respiration avançant prudemment. Une fois que toute suspicion était levée, je continuais à gambader. Quelquefois, mes deux jeunes sœurs m’accompagnaient. Elles me suivaient toujours de près en se donnant la main. Lili et Marie m’obéissaient, c’était moi la grande. Les petites voulaient toujours rentrer assez vite de peur de se faire gronder mais moi j’aurais pu y rester des heures. Mes parents désespéraient, me menaçaient de m’enfermer dans ma chambre et ma mère soupirait que j’avais de plus en plus l’air d’un garçon de ferme. Malgré les punitions, je continuais à explorer cette campagne si simple et si belle. C’était trop tard, Je m’étais éprise pour toujours de cette nature, de toute cette liberté qui s’offrait à moi.



Sandrine
Ne me parlez de mon enfance ! J’ai tout fait pour l’effacer de ma mémoire. Ah, certains avaient le droit à de l’amour, de l’affection, je n’avais rien de tout cela. Les clichés standards de la famille parfaite, laissez-moi rire. C’est bon la pub, pour faire rêver monsieur et madame tout le monde, leur vendre du bonheur sur papier glacé, rien d’autre. Un père alcoolique, fainéant de surcroît et une mère mélancolique dont les yeux ternes reflétaient toute la tristesse du monde en permanence. Je n’ai jamais connu les histoires que les parents racontent le soir pour vous endormir ou les chansons pour bercer. Dès la fin d’après-midi, mon père, cuvait son vin et ronflait dans le salon endormi devant la télé allumée alors que ma mère était à son travail. Quand il n’avait plus à rien à boire, il me faisait aller à l’épicerie du coin acheter une ou deux bouteilles de rouge bon marché. La tête basse, les yeux fixés sur le trottoir, je me dépêchais de honte. Quand ma mère rentrait, elle allait dans sa chambre, elle y passait tout son temps libre, ne sortant que pour les repas. Quand elle ouvrait la bouche, elle posait toujours les mêmes questions comme un vieux disque. Elle les disait par automatisme, écoutant à peine mes réponses. J’avais à peine 8 ans et je voulais partir, je m’endormais le soir en mettant au point des plans de fugue.
La liberté, je l’avais ! C’était la seule chose qu’ils m’ont offert ou plutôt laissé… La liberté de pouvoir rester traîner le soir après l’école, de partir avec mes copains faire les quatre cent coups, celle d’avoir fumé ma première cigarette à 9 ans ou d’avoir bu ma première bière un an plus tard. Mais, je ne l’ai jamais prise… par peur. Peur de l’inconnu, peur de voir le bonheur chez les autres, je suis restée m’enfermant un monde imaginaire.



Louis
Enfant unique, j’étais dorloté par une mère possessive et choyé par mon père qui voyait en moi « le seul héritier de la droguerie familiale fondée par mon grand-père ». Ma mère craignait pour ma santé, me couvrait d’un bonnet et d’une grosse écharpe au moindre petit vent, me gavait de fortifiants et de sirops de toute sortes. Je n’avais pas l’autorisation d’aller jouer souvent avec mes copains de peur que j’attrape froid ou un microbe quelconque… Mon père, lui, parlait de moi comme si j’étais un prince qui un jour accèderait au trône royal, celui de régner sur les vis et les pots de peinture ! Je m’ennuyais de ne pas pouvoir découvrir le monde. Confiné dans un espace où ma mère pouvait toujours me surveiller, je n’avais pas le droit d’aller deux rues plus loin en vélo. Les autres à l’école se moquaient de moi, me surnommaient « le p’tit bébé à sa maman ». Ne voulant pas faire de peine à mes parents, je ne leur disais rien mais je souffrais en silence. Les murs de ma chambre étaient tapissés de cartes découpées dans des magazines, je connaissais par cœur le nom de tout les pays et de toutes les mers. Je rêvais de voyager, de faire le tour du monde et d’aventures dans la forêt amazonienne. Puis, petit à petit, l’amour de mes parents a commencé à m’étouffer. Quand mon père décrivait les projets de développement de l’entreprise familiale, il ne pouvait s’empêcher d’ajouter que j’avais de la chance d’avoir un avenir tout tracé. Et ma mère, le regard bienveillant, souriait, approuvait d’un hochement de tête. J’étais devenu prisonnier des ambitions de mes parents, d’une vie orchestrée sans fausse note réglée comme du papier à musique. Puis, j’ai commencé à franchir les interdits, sortir jouer dehors même s’il gelait ou faire le tour de la ville en vélo sans me soucier de l’heure. Ma mère me reprochait de lui causer autant de frayeurs, mon père s’indignait que je ne vienne plus l’aider au magasin. Je voulais être libre de mon avenir, de mon métier. A mes 14 ans, j’ai fait un baluchon avec quelques affaires et je suis parti embarquer sur un thonier. Ca y est, j’étais libre !

vendredi 25 décembre 2009

Fatou Diome - La Préférence Nationale




« La Préférence Nationale » ce sont tout d’abord les rêves, les espoirs que l’étranger a en tête en arrivant en France. Fatou Diome nous raconte son pays natal haut en couleurs et en odeurs. On le voit, on l’imagine et on l’entend, ce Sénégal envoutant à deux vitesses. Et puis, il y a le racisme primaire dont Fatou Diome est victime. Etudiante et femme de ménage, elle encaisse les propos humiliants de ses patrons, leur soi -disant « supériorité » intellectuelle due à leur couleur de peau.

Femme de caractère, Fatou Diome est une battante qui se défend par les mots.
Une auteur comme j’aime, qui dit les choses comme elles le sont.
Sa plume est vive, chantante ou dure par la violence des situations. Un style remarquable, touchant…

Un livre qui est un des mes grands coups de cœur de cette année !

Blandine Le Callet "Une pièce montée"




Un roman satirique et piquant d’humour ! On y apprend que les familles bien-comme-il-le-faut-sous-les-rapports, qui sont la fierté et la marque de fabrique de notre bonne vieille France , ne sont pas irréprochables.

Berangère et Vincent, jeunes, beaux, riches, pedigree Bobo se marient. Blandine Le Callet nous fait vivre cette journée mémorable à travers les portraits de quelques uns des invités, sans oublier le prêtre. Des gens bien élevés, propres sous toutes les coutures et qui vont se montrer moins reluisants par leurs pensées ou par leurs actes…

Une lecture agréable qui fait passer un bon moment.

L'ambition

La dinde de noël est à peine digérée que certaines questions commencent à fuser : « alors, et ton bilan de l’année, dis-moi, tu en retires quoi ? tu t’es fixé des objectifs pour l’année prochaine ? »

Jauger, calibrer, peser, quantifier, mesurer, désolée, mais ce jargon ne fait pas plus partie de mon vocabulaire. Des objectifs ? Euh… non plus. Je n’ai jamais eu pour ambition de briguer la place du blog le plus fréquenté ou du plus commenté, alors, je ne vais pas commencer maintenant.

-Mais, tu n’as pas l’ambition de…

-Stop, je vous arrête tout de suite ! Et pourquoi pas me demander d’être productive tant qu’à faire ? Sachez-le, ce mot est incompatible avec mon mode de vie. J’ai oublié ce que les termes de rentabilité, de ratios signifiaient car je n’en ai plus besoin. Nouvelle année ou pas, je continue à mon rythme, à mon allure de croisière en prenant le temps. C’est un luxe que j’ai et que je revendique, n’en déplaise aux gens pressés qui courent après le temps.

mercredi 23 décembre 2009

Chouette, un premier cadeau !

Papapalala…papapalala…
Et bien, j’ai dû être vraiment très sage cette année ! Mon premier cadeau est arrivé ce midi au courrier…

A votre avis,
Une place pour assister à un show où des Hommes aux corps sculpturaux se dandinent et se déhanchent sur un fond musical ?

Un bon pour des heures de ménage?

Une semaine de vacances au soleil avec la piscine, les cocktails et tout le reste pour faire Club Med ?

Gallimard qui me demande de leur écrire le futur best-seller de 2012 ? Ok, ce n’est pas du rêve mais du délire.

Ou l’Express qui me fait yeux doux pour être critique littéraire ? Bon, j’arrête la tisane…

Rien de tout ça mais mieux !

Non, ce n’est pas ces Messieurs tartinés de crème, adeptes des instituts de beauté qui vont venir faire mon repassage. Ni un éditeur qui m’offre quelques jours de farniente.
Allez, je vous laisse chercher un peu…

samedi 19 décembre 2009

La rumeur

Origine de la rumeur : prend naissance à partir d’un fait divers ou d’une hypothèse puis se nourrit de tout ce que les gens vont dire. Particularité : se gave de l’avis de chacun et raffole de tous les potins.

La rumeur enflait depuis quelques jours. Elle était sur toutes les bouches, s’infiltrait dans les moindres conversations surtout les plus anodines. Ce matin, elle crevait d’orgueil, elle pavoisait et toisait de haut ses détracteurs. La nuit lui avait donné raison, Brest s’est réveillée sous la neige ! Pas quelques flocons épars, semés ici où là, non de la neige : un vrai tapis blanc et cotonneux.

Avant de mette le nez dehors, on regarde par la fenêtre, on jauge à vue d’œil l’épaisseur dans le jardin. Mais rien ne vaut le terrain ! Alors, fébrilement et en robe de chambre, on va constater par soi-même. On écoute le bruit de la neige qui craquelle sous ses semelles, on avance prudemment comme sur un terrain miné. La démarche se veut souple, agile (tel le félin prêt à bondir sur sa proie). Mais, le moindre pas s’avère pataud, embarrassé. D’ailleurs, on ne soulève pas ses pieds, on les traîne par peur de tomber. Si on glisse un peu, on pousse des petits cris aigues.

Et puis, les souvenirs d’enfance remontent à la surface : les routes de campagne impraticables, les batailles de boule de neige…

La ville se métamorphose: les voitures roulent à deux à l’heure, grands et des petits affichent un air polisson, rieur.

Quand on y regarde de plus près, on constate que rien n’a vraiment changé. Passé et présent se superposent : Brest était paralysée ce matin par deux petits centimètres de neige…

vendredi 18 décembre 2009

Philippe Delerm - La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules






On retrouve tout l’art de Philippe Delerm. Il décrit avec cette minutie précise des moments simples pour en faire des purs moments de plaisirs. Le génie de capter des instants et d’en parler avec finesse et poésie. Un éventail de situations et de souvenirs qui deviennent un luxe privilégié sous sa plume.

Il nous invite à gouter, à savourer pleinement ces évanescents moments.

Suspendre le temps pour apprécier ces bribes de petits instants, croqués sans artifice.

mercredi 16 décembre 2009

La madeleine de Proust

Proust n’est pas célèbre que pour sa madeleine. La preuve après le questionnaire de Proust, voici le tag. A la demande de Lili Galippette (qui sévit sur LLL, je me prête au jeu des questions-réponses.

Quelle odeur, quel parfum, quel fumet déclenche un de vos souvenirs ?

Comme dans la bohême « Je vous parle d’un temps … » … qui aujourd’hui soulèverait des hordes de protestation. Celui où chacun fumait librement partout, chez lui, au café et même s’il y avait des enfants. Le seul souvenir de mon grand-père est celui de l’odeur de sa pipe, du tabac qui se consumait lentement. J’avais cinq ans, pas encore toutes mes dents, mais dès que j’allais chez mes grands-parents, j’attendais patiemment que mon grand-père se saisisse de sa pipe. Je le regardais exécuter ce rituel : prendre le tabac, le tasser, allumer sa pipe. Puis, je respirais le parfum du tabac. Un fois, j’ai croisé dans la rue un homme qui fumait tranquillement. Il dégageait cette même odeur. Je me suis arrête sur le trottoir, émue car avec ce parfum, c’était mon grand-père qui me revenait.

Quel son, quelle mélodie, quel bruit déclenche un de vos souvenirs ?
Le bruit de la sonnerie d’école qui marque la fin de chaque heure de cours !

Quelle saveur, quel goût déclenche un de vos souvenirs ?
Le goût des embruns qui depuis toujours m’évoque la mer à marée basse et les parties de pêche à pieds. Si jamais, je devais quitter Brest, je remplirais des fioles des bouteilles entières, d’embruns pour pouvoir me replonger dans l’atmosphère de Brest où que je sois.

Quelle matière, quelle surface déclenche un de vos souvenirs ?
Je ferme les yeux, et sous mes doigts, je retrouve le contact lisse de la toile cirée qui recouvrait les tables dans les fermes.

Quelle image, quelle forme, quel objet déclenche un de vos souvenirs ?
L’image de mes filles à leur naissance… purs moments de bonheur et d'émerveillement!


Et, je vous laisse la liberté d'y répondre à votre tour. J'attends vos commentaires...

mardi 15 décembre 2009

Françoise Lefèvre "le petit prince cannibale"




Une très belle lecture, très touchante. Un cri de vérité où s’expriment les peurs et les combats. La vérité se fait dure ou poétique, violente ou tendre à travers l’amour maternel, le courage et les moments d'abattement.

Une mère, un écrivain : une même femme qui lutte pour et par les mots. Les mots pour sortir son fils de l’autisme, les mots de l’auteur qui attendent d’être écrits et ceux de son fils.

La puissance des mots prend toute son ampleur : ils sont la porte d’entrée entre deux mondes différents, le lien si fragile qui les unit.

Un livre magnifique par la beauté des sentiments et des émotions exprimées.

lundi 14 décembre 2009

Jacques A. Bertrand - Les autres, c'est rien que des sales types













Jubilatoire, un régal de l’esprit, une détente des zygomatiques ! Ces portraits sont fignolés avec brio dans la finesse des expressions et des jeux de mots. Ceux qui savent jouer de l’auto-dérision se retrouveront au détour d’une phrase…

Nous pouvons affirmer qu’il existe plusieurs catégories d’Ecrivains. Ce mot vient du latin Scriba qui signifie scribe. Dès l’Antiquité et même avant, les Ecrivains étaient des scribouillards. Ils passaient leurs journées à dessiner des hiéroglyphes puis à écrire de pompeux discours pour les personnalités célèbres de l’époque. C’est à ce moment que la jet-set naquit.

Des scribouillards devinrent gratte-papier alors que le commun des mortels n’est qu’un gratte-Millonnaire, Banco et Morpion (d’où l’expression se gratter le c.. (censuré)).

Pour en revenir aux Ecrivains, une des catégories accède au prestige et à la gloire selon le nombre de best-sellers vendus. Et quoi de plus dur que de pondre et d’enchaîner les livres à succès ? Je vous le demande… Sauf quand on a trouvé le bon filon et les ingrédients qui plaisent à tous les coups (au choix : argent, sexe, sentiments, trahison, amour).

Une autre catégorie gagne ses lettres de noblesse grâce à son talent : celui de choisir les mots, de jongler avec pour en faire des chefs d’œuvre. Une chose est certaine : Jacques A. Bertrand en fait partie !

dimanche 13 décembre 2009

Copier-coller

Mon coup de gueule de fin de semaine est à propos du plagiat. Je sais, à force je vais être définitivement aphone. Cynthia de http://contesdefaits.blogspot.com/ a écrit un billet à ce sujet. D'ailleurs, si elle pouvait m'indiquer comment mettre des liens dans du texte, je suis prenante...

Sans vouloir en faire, je me permets de rajouter mon petit grain de sel.
Nous donnons nos avis sur des livres, nous les écrivons sur nos blogs. Là, certains vont se moquer et rétorquer : écrire sur un blog n’est pas à proprement parlé de l’écriture. Bon, si on commence à jouer avec les mots, on n’est pas sorti de l’auberge. Mais, justement, réunir les mots pour en faire des phrases c’est de l’écriture. Sinon, je ne vois pas comment ça pourrait s’appeler…

Avant de coucher les mots, on les choisit ou alors ils viennent naturellement. Pourquoi ce verbe et pas un autre, pourquoi cette métaphore : les mots contiennent des fragments éparses de nos états d’âme, des bribes ou des pans entiers de nos ressentis.

Nous ne sommes pas des critiques littéraires attitrés, mais par respect (si ce mot a un sens pour vous), laissez tomber les « copier-coller ».

La survie dans la jungle

Un week-end qui se termine, les dernières heures du dimanche s’égrènent. Hier armée de patience, le sac à main cramponné à mon épaule, j’ai bravé la foule, la cohorte éparse, les rues noires de monde. Sans le courage de me fondre dedans car je n’aime pas les attroupements et cette sensation de me retrouver agglutinée, serrée dans la masse. Je fuis l’affluence, je détale devant l’agitation.

Le hic est que je n’ai pas fait tous mes achats quinze jours avant Noël. Comment ? Hein ? Quoi ?

Prenez-place, asseyez-vous, le procès va commencer et pas n’importe lequel : le mien !

La partie adversaire entame sa plaidoirie :

-Monsieur le Juge, Messieurs les Jurés, regardez cette femme. Oui, elle ! A deux semaines que dis-je ? Non à douze jours de Noël qui réunit les familles, les enfants, les grands-parents…Cette fête empreinte de tradition, synonyme de joie … Et bien, cette femme qui mène une vie oisive n’a pas fini ses achats !
Des ohhh s’élèvent des bancs, de l’assemblée. Ils montent, s’élèvent jusqu’au plafond du Tribunal troublant le silence feutré. Le greffier, impassible, n’a pas bougé comme habitué à ces exclamations de mécontentement.

-Un peu de calme, s’il vous plait ou je suspends l’audience. Monsieur l’Avocat, je vous demanderais d’aller au concret de cette affaire pour laquelle nous sommes réunis aujourd’hui.

-Oui.

L’avocat regarde les jurés. Puis son doigt accusateur pointé en ma direction, il déclame d’un ton ironique mais ferme:
-Je le dis et je j’affirme, cette femme mène une vie oisive. Que fait-elle de ses journées, je vous le demande ? Rien, absolument rien ! Quand vous et moi, nous travaillons, elle, eh bien, elle lit, elle dort, elle se repose… elle écrit (rires étouffés de l’assemblée)… elle écrit des scénettes !

Je contemple mes mains : phalanges blanchies, doigts triturés…

Sur un ton péremptoire, fort de son effet, il harangue les jurés :
-Car figurez-vous, elle prétend décrire les gens, la vie de tous les jours. Pas moins que ça ! Il paraît même qu’elle aime décortiquer, selon son expression, les rapports humains…

Il m’humilie, il m’écrase comme un simple cafard. A mon tour de prendre la parole :
-Objection votre Honneur, mais pour ma défense, oui, j’écris mais c’est pour mon plaisir. Est-ce défendu ?

-Oh, seriez-vous victime?

-…

-Vous écrivez ? Non, vous gambergez ! Vous passez d’une idée à une autre, d’un texte à un récit et vous prétendez que ces quelques lignes que vous alignez sur un blog sont de l’écriture ?

Oh, c’est petit et mesquin… mais quel con !

-Alors, Messieurs les Jurés, vous conviendrez avec moi que cette femme n’a aucune excuse : elle lit des histoires et en invente, en imagine pour s’échapper de la réalité. Enfin… malheureusement, je crois qu’on ne peut plaindre que sa famille.

Je n’ai rien appris de nouveau. Tous ces non-dits je les connais par cœur. Je les lis dans des regards fuyants. Ils se montrent au grand’ jour dans des mouvements de gêne ou dans des silences pesants.

Au début, ça fait mal mais à force on se forge une carapace pour se protéger. C’est juste une question de survie dans la jungle.

vendredi 11 décembre 2009

Philippe Claudel "la petite fille de Monsieur Linh"




Il y a des livres qu'on relit pour le plaisir. Plaisir de la beauté des mots et de celle de l'histoire. "La petite fille de Monsieur Linh" en fait partie.

Une fois de plus, je me suis prise de tendresse pour ce vieil homme expatrié. Monsieur Linh qui apprend ce nouveau monde, qui tente de s'y adapter pour sa petite fille.

Un livre bouleversant de sentiments qui m'a conduit doucement, sans aucune précipitation, à découvrir sa vie "d’avant" et à aimer cet enfant.

Il espère pouvoir offrir le meilleur à sa petite fille alors on voudrait, simplement, pouvoir l’aider ce Monsieur Linh...

jeudi 10 décembre 2009

Cher papa Noël...

Cher papa Noël,
Je ne sais pas pourquoi je t’écris alors que je sais pertinemment que tu n'existes pas. C’est comme Dieu, quelque fois, je me dis que ce n'est pas qu'une invention des Hommes. Il m’arrive d’y penser très fort, mais bizarrement il n’a jamais dédaigné démontrer sa présence. D’ailleurs, il aurait plutôt l'air méchant, sadique. D’où il se trouve, il regarde le monde s’égorger, quelques hommes s’envier, se battre pour avoir toujours plus, et beaucoup d’autres crever de faim.

Les enfants te font leur liste, t’écrivent des tartines entières où sont collées des pages de prospectus de jouets. Des je veux, j’exige, pour les plus gâtés, à des je voudrais s’il te plaît.

Même si je n’ai plus l’âge, pour la première fois, je me permets de d’adresser une requête. Sait-on jamais, peut-être que tu seras plus réceptif que tous les dieux réunis. Pourtant, je ne leur ai jamais demandé quoi que ce soit de matériel. Seulement un peu plus d’Humanité dans ce bas monde. Il faut croire que c’était au-dessus de leurs compétences car rien n’a changé. Au contraire, c’est bien pire…
J’ai été très sage, hormis trois ou quatre soirées où j’ai abusé de l’alcool. J’ai regagné à chaque fois mon lit en titubant et en embrassant les murs. Les lendemains étaient catastrophiques : la gueule de bois, la tête qui éclatait au moindre petit bruit.

Je suis toujours très polie sauf quand je peste. Ce qui arrive de temps en temps…

J’étais toujours prête à aider mon prochain (ou mon ancien) mais depuis qu’une vieille dame a failli me taper dessus, j’évite. Son cabas semblait peser lourd et j’ai simplement voulu l’aider à le porter. Elle a crû que j’allais m’enfuir avec ses poireaux, sa tranche de jambon et ses boîtes de pâtés pour chat. Un autre jour, j’ai voulu aider une jeune maman à descendre son landau du bus. Et bingo, elle m’a prise pour une ravisseuse d’enfant.

Tu vois, j’essaie de faire de mon mieux. Alors, je me disais que cette année, j’aurais peut-être le droit à un peu de générosité. Je te demande juste d’accéder à ma requête … celle de pouvoir avoir une journée normale, juste une seule, comme tout le monde. Sans médicaments, sans coups de fatigue, sans douleurs…

C’est trop demandé ? Toi aussi, tu jettes l’éponge.

Bon, et bien dans ce cas, je fais dans ce qui se vend, s’achète, se monnaye et se paye : les livres que j’aimerais avoir sont sur le site de Dialogues.

mercredi 9 décembre 2009

Yannick Haenel "Jan Karski"













Jan Karski … je viens de finir la toute dernière page. Ce livre n’est pas qu’un livre, oh que non, il est bien plus. Une piqure de rappel douloureuse pour ne jamais oublier l’extermination de millions de juifs.

Jan Karski a été porteur d’un message pour que le monde se réveille et arrête ce massacre. Toutes les atrocités, toute la barbarie dont il a été témoin étaient dans ce message.

Un message qu’il n’a cessé de répéter et de délivrer à Londres, à la Maison Blanche… Un message seulement entendu par les Alliés.Pourquoi ?
Complicité passive ? Questions de politiques, d’argent? Une réalité trop effroyable, trop cruelle donc faussée ?

La soi-disant Conscience a préféré d’autres intérêts à la place de la vie de ces millions de personnes.

Une chose est certaine, on devient à son tour porteur d’une mission, d’un message pour que plus jamais ça ne se reproduise.

mardi 8 décembre 2009

Intello rime avec ...

Si Brest est une ville intello, le Brestois est un type intello (CQFD). N’en déplaise à Paris et à ses têtes bien pensantes, la province est cultivée. Par cultivée, je ne parle pas des champs de céréales à perte de vue, des serres, des vaches, des exploitations porcines mais de la culture cultivée (expression entendue dans la bouche d’un intello cultivé).

Ah, mais faut-il être Brestois pure souche dans ce cas ? A la question : vous habitez où ? Le 100% Brestois répond à Brest mêm’ , le reste des Brestois ne l’est donc qu’à 99%. Ou moins selon son quartier. Une fois que vous sortez de Brest, vous êtes à campagne et non plus de la ville, ou alors vous tombez dans la flotte. Rassurez- vous, vous ne pouvez pas tomber dans la marchande, ou de commerce ou même de guerre. Les marins de cette dernière catégorie sont une espèce en voie de disparition, quand aux deux autres, il n’en reste comme souvenir que la rade.

Le Brestois doit supporter plusieurs souffles. Celui du vent chargé d’embruns et celui de son concitoyen chargé en vapeurs d’alcool. Car qui dit Brestois dit breton, or le breton a des gênes particuliers, ses Gamma-Gt sont en grand nombre. Pour satisfaire au impétueux de ses bêbêtes qui crient, du matin au soir « j’ai soif !», le breton et donc le Brestois doit boire plus que le quidam français. C’est donc juste une question d’hérédité.

Contrairement à ce que pensent certains politiques, le Brestois n’est ni violent ni un brave Type qui passe son temps à cacher ses copains Basques. Le premier Ministre pouvait donc venir à Brest en toute confiance sans se cacher derrière plus de huit cent Schtroumpfs peints pour l’occasion en bleu police-CRS.
Dans le style du Chic Type qui veut que du bien à l’autre Type, même s’il pense que l’autre n’est qu’un Type con...

lundi 7 décembre 2009

Régis de Sa Moreira "Le libraire"



« Le libraire » est avant tout une jolie fable faite pour rêver.

-Dis-moi, qu’est-ce que tu voudras faire plus tard ?
-Libraire.
-Mais ce n’est pas un métier.
-Si parce qu’on vend plus que des livres.
-Ah bon ?
-Oui, parce qu’on on donne de l’espoir aux gens et on leur donne le goût de vivre.
-Tu ne pourras pas en vivre financièrement, il vaut mieux que tu songes à un métier qui a de l’avenir
-Je me contenterai des livres, je les lirai, ce sera ma nourriture. Et puis, quand le bon client arrivera, je le lui vendrai.

Un livre à offrir à ceux qui ne savent plus rêver ou qui ont tout simplement oublié ( ohlala, ça fait du monde).

Le petit dialogue n'est pas un extrait du livre mais une de mes fantaisies.

Un tour de stade

Lili Galipette m’avait transmis un flambeau, mission que j’avais acceptée sans rechigner, courageuse que je suis. Avec du retard, je porte la flamme des questions réponses et c’est parti pour un tour de stade : petit jogging décontracté, sourire ultra- blancheur sous les acclamations de la foule en délire.

Si on vous proposait d'écrire votre biographie, vous prendriez qui pour le faire ?
Sans hésiter Françoise Sagan !

Vous êtes en train de lire de tout dernier chapitre d’un livre auquel vous êtes scotché depuis des heures. Lorsque survient un Homme, torse nu (allez, le beau Robbie Williams) … il a mal à l’épaule ( le pauvre), il affiche son air de chien battu pour vous implorer et de lui faire un petit massage. Que faites-vous ?
Mais, Robbie, combien de fois je t’ai dit de mettre des protections quand tu joues au foot ! Pfouu, , y’a des granule d’arnica dans l’armoire à pharmacie, tu en prends cinq maintenant et ça va passer, tu vas voir… Ah, attends… tourne toi un peu, encore un peu, ne bouge plus... mouais, t’es pas foutu sur les photos? A la prochaine...

C'est la fin du monde. Quel livre mettriez-vous dans la capsule qui sauvegardera une trace de l'humanité ?
Aucun car dans ce cas, je préfère que l’Humanité soit complètement oubliée.

Quelles est pour vous la pause lecture idéale ?
Dans mon lit, et pas de télé ou de disputes en fond sonore …

Si vous aviez le pouvoir de trucider/effacer un personnage de roman, ce serait qui ?
Hum… une bonne partie des personnages secondaires de Zola.

Sauveriez-vous Voldemort, juste pour avoir un huitième tome ?
Ben non, désolée, je suis pas fan d’Harry Potter même en film.

Si vous pouviez retourner dans le passé rencontrer un auteur, qui serait-ce ?
Quelles seraient vos toutes premières paroles ? (A part "bonjour")
Françoise Sagan et je lui demanderais « vous voulez un whisky ou un café ? »

Décrivez la bibliothèque (personnelle ou pas) de vos rêves.
Une pièce avec un joli parquet ancien, des photos encadrées un peu partout, un bureau et des étagères où s’empilent les livres…

Vous retournez dans le passé en pleine deuxième guerre mondiale. Quel livre donneriez-vous à Hitler pour qu'il arrête de cramer des bouquins ?
Un livre de coloriages et des crayons de couleur.

Et à mon tour, je passe le relais à Cynthia et à Gaëlle

dimanche 6 décembre 2009

Je-tu-elle

Depuis longtemps, j’avais envie de me lancer dans des tranches de vie, des parcours de femmes. L'anonymat décliné au « je-tu-elle » qui peut prendre toutes les identités : moi, votre voisine, votre collègue de travail, votre épouse ou tout simplement vous.

Des visages chiffonnés de fatigue, des silhouettes frêles qui cachent des blessures, des sourires qui cachent des zones d’ombre.

Je m’appelle Hélène, Margot ou Clémence, je suis divorcée ou mariée, je suis de peau métissée ou blanche, mon père était alcoolique ou PDG.

Elles se battent pour ne pas reculer ou elles se contentent de vivre au jour le jour. Elles espèrent ou elles ont peur, elles cherchent le réconfort dans les bras d’un amant ou sont des éternelles fleurs bleues.

Autant de femmes qui viendront raconter leurs histoires. Des témoignages, des confessions avec des mots infirmes ou informes, des phrases décousues ou construites, des états d’âme et de l’humour.

samedi 5 décembre 2009

Les petits "soldats" de demain...

L’autre soir, j’étais invitée à un dîner.

Vous savez, le genre de dîner qu’on appréhende un peu lorsque l’on ne connaît personne. Certains les préparent, révisant en avance leurs petites fiches sur l’actualité de la semaine. D’autre encore se récitent mentalement des phrases, qui ils espèrent, feront mouche entre le fromage et le dessert « oui, alors, la bourse a remonté très légèrement et ce grâce au recul du chômage en Amérique …. ».

Sur quels sujets les langues allaient-elles se délier, les esprits se montrer inventifs ou critiques ? Y aurait-il des débats argumentés avec conviction ?
Des poignées de main accompagnées du mot magique enchanté et qui attendent en retour un sourire d’apparat, légèrement hypocrite, orné d’un poli moi de même. Les formalités d’usage effectuées, on passe à l’apéritif et aux petites remarques sur le temps : oh, il pleut depuis trois semaines… mais on ne peut pas se plaindre qu’il fasse froid.

Pas très à l’aise, je l’avoue, je me suis plongée dans la contemplation minutieuse du liseré de mon assiette.
Quelques secondes d’embarras puis mon voisin de table s’éclaircit la gorge et lance à la cantonade :
-Quel temps pourri…Ah, le pauvre, il avait raté l’épisode de l’apéro, à lui le flop de hum, oui...

Des gens sérieux qui parlent de leur travail, de la conjoncture actuelle, de chiffres. Désolée, je vous fausse compagnie, je tricote, je déroule ma pelote et je m’imagine des personnages, des histoires, des récits.
-Et les enfants ? Ca se passe bien à l’école ?

Zut, la question m’était adressée : quatorze yeux qui me fixent, qui m’attendent. Me voilà jetée dans la fosse aux lions pour divertir l’Empereur. Non, pitié...
-…
Pas le temps d’émettre un oui qu’une femme déclame :
-Eh bien, nous, notre fils est au lycée mais en internat depuis septembre … à Paris.

Des oh admiratifs de la part des convives l’incite à poursuivre :
-Les professeurs leur mettent la pression… au moins, ils sont préparés pour plus tard !
Quid ? Hein, quoi ? La pression à des gamins de 16 ans. Comme un kamikaze, je relève le menton, j’avale ma salive et je dis :
- On les formate pour devenir des petits soldats bien productifs ? Ils n’ont plus le temps d’être des enfants … c’est ça ?

Gros silence. Oups, aurais-je jeté le pavé dans la mare ? La foudre va tomber sur moi, Zeus va me le faire payer. Non, le bruit des fourchettes, de la mastication a repris.
Personne n’a rétorqué ou acquiescé. La femme au port altier m’a regardé de son air triomphant et jubilatoire.

On peut dormir tranquille : la relève des carriéristes est assurée.

jeudi 3 décembre 2009

La magie de noël est en promo au rayon...

A la sempiternelle question qui se trouve sur toutes les lèvres :
-Alors, vous avez commencé vos achats de Noël ?
Je réponds par la dénégation, on ne peut plus explicite, du langage courant :
-Euh…

Comme chaque année, le marathon pour la course aux cadeaux est lancé. Pour y participer, pas besoin d’un entrainement spécifique, une simple carte bancaire suffit. Et oui, le gentil papa Noël au ventre bien rebondi, à la barbe blanche ne déplace pas son traineau et ses rennes gratuitement. Il ne faut quand même pas exagérer ! Qui croit encore au Père Noël ?

Tout a un prix. Tout se monnaye comme le bonheur de trouver des cadeaux dans nos petits souliers bien méritants.

Et la magie de Noël ? Exit, dépassée, ringarde, remplacée non plus par le bruit des pièces sonnantes et trébuchantes, mais par le froissement impersonnel des billets de banque.

Heureusement, personne ne s’est aventuré à me demander :
- Et chez toi, ça se passait comment Noël ?

Oh, on en reparlera une autre fois car c’est une autre histoire, une histoire bien longue à raconter.

Marie Sizun "la femme de l'Allemand"













Encore une lecture qui m’a balayée… Je ne sais pas si cette histoire de « la femme de l’allemand » est basée sur du vécu. Peut-être. Ou sûrement parce que pour pouvoir parler de la sorte de son enfance, il faut l’avoir non pas effleuré du bout des doigts mais ressenti. Vous pensez que je fais dans la sensiblerie ou dans la mièvrerie ?

Ma mère était folle. Oui, elle était maniaco-dépressive. Imaginez-vous un instant sortir cette phrase de votre bouche. Que ressentez-vous ? De la honte, de la gêne ? Et maintenant que pouvez-vous lire dans les yeux de vos interlocuteurs ? De la stupeur, de l’incrédulité, de la surprise ou alors vous devinez la question qui leur traverse l’esprit mais qu’ils n’oseront jamais dire tout haut « mais la folie c’est héréditaire, non ?».

Mon père ? Je suis une enfant née d’un amour impossible lors de la seconde guerre mondiale. Nul besoin d’en dire plus, laissez-leur le temps d’accuser le coup.

Et vous ? Comment l’auriez-vous vécu ? Question difficile, voire taboue. Chut, on ne parle pas de ces choses là, c’est trop dur… comme si juste les évoquer à demi-mots pouvait amener le malheur.

Dans ce livre, Marie Sizun le raconte à sa façon si juste, si parfaite. Elle raconte cette différence et comment on grandit avec malgré le reste : les questions, la culpabilité, les doigts accusateurs ou les regards méprisants.

Un livre bouleversant à lire absolument.
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