samedi 28 février 2009

A LA PECHE ...

Flagada... les guiboles en guimauve ! Trop de marche, trop de piétinements hier pour vos petites gambettes. Vous n'êtes pas encore prête pour un marathon ou pour de la randonnée… Dommage, car vous aimez arpenté, déambulé soit sur le macadam soit dans la campagne soit près de la côte.

Quand vous mettez un pied devant l’autre, vous vous sentez sens libre de tout. Pas de contrainte, exit les brides, et en avant toute l’imagination ! On délivre, on relâche l’esprit de ses carcans conventionnels et on le laisse aller là où il veut…


Croiser un visage, une expression, surprendre une conversation et la machine à idées s’emballe comme un train à vapeur. Pas besoin de chatouiller ou de caresser l’esprit pendant longtemps, il gamberge déjà tout le temps en permanence pour ainsi dire…

C'est un de vos plaisirs, l'une de vos distractions favorites….imaginer une vie, lui insuffler un caractère, la parer de défauts et de qualités, l’animer de sentiments.
Et ce matin, un temps de printemps avec pas un pet de vent alors pas question de rester enfermée…Jardin ou mer ?


Consultation des marées et des coefficients … parfait, marée basse à 13 h00 et gros coefficient idéal pour la pêche à pied.
-Allez, les moussaillons, à l’abordage, préparez vos bottes et vos seaux !!!


Evidemment, moussaillon Ado a déserté le navire ! Merci pour la ballade en famille….
Petit moussaillon était toute contente, s’exclamait de joie et était prête en moins de deux. La tribu, moins l’Ado, a crapahuté dans les rochers, à la recherche de crabes. Soulever des pierres, ça c’est pour chéri (vous, pas question de se casser en deux), et regarder en dessous, tâche qui est confiée à vous et à petite Moussaillon. Soulever les algues, c’est dans vos compétences, enfin, surtout dans votre capacité musculaire…


Un bol d’air iodé, des étrilles pour le repas, vous vous écroulez de fatigue au retour mais pour rien au monde vous regrettez cette sortie.

Et demain s'il fait beau, vous allez jardiner ...
Un week-end de détente totale, à chaque jour suffit sa peine et ses petits plaisirs !



vendredi 27 février 2009

LE CLUB DES BISCOTTOS

Hein, c’est quoi ce raffuts de trombes d’eau ? Les chutes du Niagara seraient-elles arrivées dans ma salle de bains ? Ah, non, c’est juste mon chéri qui se douche, je remonte la couette sur ma tête pour replonger dans mon sommeil. Pfffff, impossible ! Mais il reste combien de temps sous la douche ? Il va vider le ballon d’eau chaude à cette allure !!! Et après, on dit que les nanas passent des heures sous la douche… n’importe quoi !!!

Oh, allez, je me lève. Ah oui, on est vendredi aujourd’hui et j’ai prévu d’aller ce matin en ville. Yes, youpee, journée de permission, quartier libre, … je vais pouvoir flâner dans les boutiques. Mais, qu’est que raconte ? N’importe quoi… je déteste battre le pavé, trainer, regarder les vitrines. Si je vais au centre ville ce n’est ne pas pour baver d’envie sur les devantures mais pour acheter ce dont j’ai besoin. Et là, en l’occurrence, demain c’est l’anniversaire de ma belle-mère… donc je suis toute contente d’aller chercher un cadeau !

Je mets le nez dehors, le temps idéal pour marcher un peu : pas de vent, un ciel dégagé, que du bonheur ! Ah, rangement de mes chemises super –thermolactyl que je porte pratiquement à longueur d’année tellement je suis frileuse ? Non, pas pour tout de suite ….par prudence.
Prête à partir, dans mes starting-blocks, quand le téléphone sonne.


Ah, le numéro de fifille Ado apparaît, serait-elle malade ?

-Allo, maman,
-Oui, qu’est ce qu’il y a ?
-Ben, je t’appelle parce que j’ai oublié mes affaires de sports. Est ce que tu pourrais venir me les amener à l’école ?
-Pfffffffff ! Oh mais Caro j’allais partir au centre ville …
- Oh ben, tu le déposes quand tu y vas ? S’il te plaît, maman… T’as qu’un tout petit détour à faire.
-Bon, Ok, … je te les amène tête de linotte !


Cette fois, je peux y aller avec en plus un super sac de sport tout rouge. Parce que dans le style sac de sport, on ne peut pas faire mieux, impossible de le confondre avec un cabas ou un sac de voyage.

A peine ai-je trottiné dix mètres que je tombe (au sens figuré) sur une voisine.
Echange de bises, puis elle regarde d’un air étonné le sac (pas le mien.. celui de fifille Ado) :
-
Vous allez à la piscine ?
-Non, non, …

Je me lance dans mes explica
tions… quand arrive une autre voisine.

Re-bises, re-bonjour … et elle me dit :
-Vous allez faire du sport ?


Mais, ce n’est pas possible elles se sont passées le mot ou quoi ? Et puis, est-ce que j’ai une tête à aller faire du sport alors que je suis maquillée ?
Me voilà à nouveau repartie mon exposé de longue haleine, si ça continue, à ce rythme tout le quartier va être au courant que Caro oublié ses affaires ce matin.


Du sport… la bonne blague, un mot oublié depuis longtemps, rayé de mon vocabulaire ad vitam aeternam. Encore que si l’on prend en compte les tâches ménagères, mes petits allers-retours jusqu’au parc pour promener mes deux pollux, alors oui, je suis une sportive, et une de haut niveau ! En plus, je dois avoir les doigts vachement musclés à taper sur l’ordi et à tourner les pages des livres.

Donc j’appartiens au grand club des biscottos tout durs ? Oui, enfin juste celui des doigts musclés….

jeudi 26 février 2009

PFFFF, FACILE LA CARICATURE.....

« Vérification du bic, re-vérification au cas où et puis vaut mieux deux fois qu’une. Combien j’en prends ? Cinq. Ca risque d’être juste ? Dix, j’hésite hum, je ne sais pas. Bon allez, je prends la boîte entière !
Je n’en sortirai qu’un et les autres, je les planquerai dans ma poche. Et maintenant, échauffement du poignet … un, deux, trois, rotation, flexion, … je m’étire les doigts et je fais en sorte de ne pas me luxer le poignet ou l’avant –bras pendant deux semaines. »


Voilà à quel entraînement journalier sont contraints les auteurs en attendant l’ouverture du salon du Livre ! Un vrai marathon ! Dédicacer à tour de bras des livres, des photos, des p’tits bouts de papier, sourire, accepter les compliments, bon, ça, c’est pas trop dur….

J’aurai donné cher pour y être, juste le temps de voir certains de mes auteurs fétiches qui y sont et de les prendre en photo ( sheeeeeeeeeees, on sourit ….). Bon, pour cette année, c’est râpé !

Par contre, j’aurais boudé Agnès Abécassis si elle s’y trouvait… et oui. J’aurais même eu le culot de passer devant elle et de lui lancer un regard noir, en faisant un « pfouuuuu » dédaigneux.
Après avoir rigolé en lisant « Toubib or not Toubib », je m’étais lancé dans « Au secours, il veut m’épouser ». Bien, je retrouve son style gai, vif et alerte … je me marre toute seule dans mon lit. J’accroche, je dévore le bouquin jusqu'à un passage où j’ai été déçue, et pas qu’un peu, croyez-moi.


Déçue et piquée à vif dans mon orgueil de bretonne, je m’indigne, je m’insurge… pas de panique, je vais vous expliquer.

L’héroïne, Déborah, parisienne pure souche, va passer une semaine de vacances à Perros-Guirec. Et là, on a le droit à la caricature lourde, mais vraiment lourde de la Bretagne….

Je cite :
«
Oui, parce qu’il encore plu. Encore.
Je parie que les seules paires de lunettes de soleil en circulation dans la région doivent appartenir à des aveugles.(…)
Par exemple, nous avons découvert qu’ici, tous les restaurants proposent leurs plats emballés dans des crêpes
. »


Tout juste, si on n’a pas le droit au cliché du plouc qui ne parle qu’en breton, qui vit sans électricité ni eau courante… Eh faut se réveiller, Melle Abécassis ! On n’est pas que des pauvres demeurés….

Ah, en Bretagne, il ne fait pleuvoir… trop facile ! Mais vous savez on n’est pas en sucre…

Tout se mange dans une crêpe ? Eh ben, je suis contente de l’apprendre … Allez, je vais préparer un far aux pruneaux que je servirai dans une galette.

Ah et si Déborah avait été en vacances dans l’est de la France, on aurait eu le droit à tous les coups à la choucroute et aux cigognes !
Un peu facile la caricature….

LA JOURNEE NE FAIT QUE COMMENCER...

Triple Merdouille !!! 9H15… je me réveille, et zut, j’avais des démarches et de la paperasse à remplir puis à poster … Calcul rapide, je n’aurais jamais pas le temps. Oh, je peste contre moi-même ou plutôt contre cette fatigue. Qu’est ce que j’ai fait de spécial hier ? Ben, rien…
On dit à chaque jour suffit sa peine, vu comment ma journée démarre, je ferais peut-être bien de rester dormir parce que dans ce cas, je peux m’attendre au pire.

Bon, allez, je me motive… Debout, direction la cuisine, oh la poisse ! Au radar, j’ai voulu me verser du café dans ma tasse et il n’y a que quelques gouttes qui y sont tombées. Oh, non, j’ai oublié de faire mon précieux breuvage hier soir… Il n’y a rien de pire que de se lever et de devoir attendre son café. Eh ben, la journée s’annonce super bien ! Je file sous la douche… ou je m’écroule sur le siège comme une grosse otarie sans force. On est bien loin des pubs sexy où la nana toute pimpante, toute fraîche, se savonne en dévoilant un corps de sirène et tout ça pour vendre des yaourts !

Depuis mardi, je suis toute chamboulée à cause de mon amie Anna qui m’a annoncé au téléphone qu’elle allait divorcer. Je n’ai rien vu venir… Est ce qu’elle m’avait envoyé des signaux de détresse sans que je m’en aperçoive ? J’ai eu beau chercher, me trifouiller l’esprit dans tous les sens...pas de SOS ou de mayday codés.

Une bonne vingtaine de minutes après avoir raccroché, temps nécessaire pour que mes neurones décodent, retranscrivent l’information et enfin, surtout pour que j’arrête de me répéter intérieurement « c’est pas possible… c’est pas possible » comme un vieux disque, j’étais déjà en train de m’imaginer des scénarios pour certains plus que farfelus. Est-ce qu’Anna avait eu subitement envie de rentrer dans un couvent quelconque ou de partir à Katmandou pour une retraite spirituelle jusqu’ à la fin de ses jours ? Impossible ! Ce n’est son genre, elle a trop les pieds sur terre contrairement à moi. Donc, le fautif était déjà tout désigné … Alex !

J’ai essayé de la rappeler sur son portable puis à son travail mais c’était soit occupé soit c’était son répondeur. Je n’allais quand même pas continuer à harceler son téléphone et faire exploser sa messagerie. Bon, que pouvais- je faire ? Attendre toute la journée puis appeler chez eux le soir et prendre le risque de tomber sur son mari Alex.

Je m’imaginais mal au téléphone avec lui :
-Ah, salut, Alex, c’est Clara ! J’appelle juste pour savoir pourquoi vous divorcez ? Je sais que tu mens même si tu n’as rien dit !!! C’est toi, tu la trompes et ensuite tu la plaques, Je suis certaine ! T’es dégueulasse!!!! Tu crois qu’Anna est seulement bonne à te faire à bouffer et repasser tes chemises après son boulot pendant que toi tu batifoles…

La conversation aurait pu très vite mal tournée… je me serais emportée en défendant les droits d’Anna (et ceux de la femme au passage).

Parce que forcément, à mes yeux, ça ne pouvait être que lui et pas Anna, pas mon amie, et puis même avant de savoir, la solidarité entre nanas l’emportait.
Voilà, c’était ça ! A tous les coups, Alex faisait sa crise de la quarantaine et au lieu de s’acheter une super voiture, il s’était amouraché d’une petite jeunette qui n’a pas un gramme de cellulite et des jambes à tomber. Pff, c’est bien connu, les hommes à 40 ans remettent en question leur virilité, pour eux c’est un cap, un grand tournant dans leur vie. Peut-être qu’arrivés seulement à cet âge là, ils coupent le cordon avec leur maman et encore….

Et là, tout à l’heure je reçois un mail d’Anna qui m’explique qu’ils se sont laissés happer par la routine, le train-train quotidien en quelque sorte, et qu‘ils avaient décidé d’un commun accord de mettre fin à cette cohabitation. Avec un certain humour, elle m’a parlé des fameuses stats « que plus d’un mariage (et des poussières) sur trois se finissait par un divorce ».

OK, je veux bien Anna, mais va expliquer ton chiffre à virgule au jeune couple d’amoureux qui s’apprête à passer devant monsieur le Maire. Après qu’ils aient signé le registre officialisant leur mariage, c’est comme si le maire leur annonçait d’une voix grave et solennelle :

-Au vu des chiffres, je vous informe qu’hélas, votre union ne durera pas. Et oui, les deux autres couples qui sont passés avant vous ont eu de la chance…. Mais que voulez-vous ? Si vous aviez choisi une autre heure, vous auriez eu peut-être le non numéro. Je peux vous donner si vous le désirez directement les papiers pour la procédure de divorce et le nom d’avocats. C’est pour vous, pour la suite, pour ne pas perdre de temps… Bon, allez, au prochain couple !

Ils sortiraient de la mairie pour aller direct chez un avocat qui leur dirait :

-Consignez bien tout à partir de ce moment chaque parole, chaque promesse non tenue. Par exemple, Monsieur qui devait sortir la poubelle et qui ne le fera pas fait ou par exemple Madame, qui laissera brûler au four le repas…

Les invités reprendraient au plus vite leurs cadeaux. Eh oui, pourquoi leur laisser de la belle vaisselle qu’ils casseront lorsqu’ils se disputeront ? Les parents qui étaient si fiers et tout sourire avant la mairie, détesteraient la belle-famille, regretteraient amèrement d’avoir dépensé autant d’argent pour un mariage qui ne va pas durer.

Et chacun se rejettera la faute du choix de l’heure… et les premières disputes commenceront donnant ainsi raison à l’avocat.
Ahlala, au diable les mariages heureux et vive le pugilat à la sortie de la mairie.

13h30 ! Oh là, bon, faudrait peut-être que je commence à m'activer....

mardi 24 février 2009

RUSTINE ET PANSEMENTS

-NAAAN ?

-Mais, si, je t’assure !

-C’est vrai ?

-Oh, puisque je te le dis ! Oui, c’est vrai, il fait beau ce matin. Attention, j’ai dit beau ce qui ne veut pas dire « chaud »… on garde son manteau mais on peut se permettre la coquetterie de l’ouvrir. Un ciel bleu, radieux… les prémices du printemps sont là. Ca me donne envie de jardiner mais vu l’état du jardin, il faudrait un bull …

- A ce point ?

- Pfff, pratiquement… En plus, je patauge dans la semoule mais j’ai tout mon temps. Je cours à gauche, à droite mais sans rien faire de concluant.

-Ah, parce que toi tu cours, c’est la meilleure !!!

Gloussement d’Anna qui manque de s’étouffer de sa bonne blague au passage.

-Je t’avais pas dit que je faisais la course avec les mamies de mon quartier pour aller à la boulangerie ? Certaine sont des filoutes… Prêtes à donner un coup de canne ou de cabas pour grappiller quelques centimètres et accéder à la première marche sur le podium. C’est une sorte de poursuite du carriérisme mais la retraite…il faut toujours être la meilleure !

-Tiens, je suis étonnée que tu ne m’aies pas encore parlé du salon…

-… Ah , de la grande foire agricole où tout le monde va aller admirer veaux, vaches et cochons en vantant les mérites de la France rurale, profonde et travailleuse ? Tout juste s’ils ne vont pas s’exclamer sur la beauté d’une bouse de vache ! En plus, c’est facile pour les politiques qui y vont… Ils n’ont même pas besoin de potasser leurs petites fiches avant. Les noms des races sont inscrits sur les stands, à moins d’être bigleux, difficile pour eux de se tromper. Et toi, en tant que bonne Parisienne tu ne va pas y faire un tour ?

- Naaan ! … Euh, oui , Monsieur Bernard comme je vous le disais l’analyse financière de vos marges d’exploitation montrent un taux de rentabilité supérieur à celui que nous espérions…..
Après son fameux « Naaan », Anna a changé de ton … ohoh, ça sent le patron dans les parages…


-C’était le p’tit nouveau qui venait voir ce que je faisais. Qu’est ce qu’il peut m’énerver celui là !!!

-Et pourquoi ? Laisse-moi deviner, il est beau, grand, brillant, intelligent, et n’a que des qualités … tout ton contraire en somme.

Qu’est ce que l’on peut être vache entre nanas.

-Mais, naaan, ce que tu peux être lourde… Dès qu’il passe dans le couloir, il ne peut pas s’empêcher de regarder ce que je fais dans mon bureau. Un vrai lèche-bottes qui fait déjà du mou à la nouvelle responsable de la Compta qui est vieille et moche comme un pou !

Dans le genre langue de vipères, Anna n’est pas mal non plus….Elle a le don d’employer le terme « naaan » pratiquement à chaque phrase. Ce n’est pas un « non » ferme, classique mais un « non » chamallow extensible dans le temps qui s’applique à tout : la surprise, l’étonnement…

-On dirait que tu es jalouse… N’oublie pas que tu es une femme mariée, responsable, et mère de deux enfants au cas où tu l’aurais oublié. Et en plus tu te rapproches à grand pas de la quarantaine. Donc ces histoires là ne sont pas pour toi…

-Bah…. Les hommes eux ne se privent pas pour regarder les jolies femmes alors qui a dit que l’inverse était interdit, hein ! Attends deux minutes…Urgence pipi.

Ah, les femmes et leurs envies perpétuelles de faire pipi à tout bout de champ. Sachant qu’Anna s’enfile au boulot des litres de cafés par jour, elle doit passer plus de temps au p’tit coin qu’à son bureau.

-Me revoilà ! Ohlala, j’ai pas vu l’heure passer. Va falloir que je te laisse bientôt car j’ai une série de réunionites.

- Dis-moi, pourquoi tu m’appelles de si bonne heure ? D’ailleurs, je vais te dénoncer. Tu devrais avoir honte ! Tu es censée bosser et non papoter au téléphone.

-Je voulais te l’annoncer moi –même plutôt que tu l’apprennes par quelqu’un d’autre. Hum… (gros soupir) Alex et moi on se sépare.

-QUOOOI ?

-Oui, je sais c’est inattendu, brutal mais on va divorcer.

-Tu blagues ou quoi ? Arrête, c’est franchement nul comme humour…

-Je ne rigole pas Clara. C’est comme ça, c’est tout. Je vais devoir te laisser sinon je vais être en retard.

-Mais pourquoi ? Dis-moi, je ne comprends pas.

-Je te rappellerais plus tard, faut que j’y aille. Bisous.

Elle a raccroché sans me donner aucune explication. Je suis sous le choc… Anna et Alex qui se séparent, ce n’est pas possible !

Avec Anna, on se connait depuis le lycée. Deux vraies amies qui rêvaient de faire les mêmes études après le bac pour ne pas se quitter. On ne n’est jamais perdu de vue, on a toujours gardé contact. Même si ça nous est arrivé quelquefois de ne pas se donner signe de vie pendant plusieurs mois, on ne s’est jamais éloignée l’une de l’autre.

Elle a rencontré Alex lors de ses études à Paris où je l’avais laissé aller seule. Leurs diplômes en poche, avec un bon boulot tous les deux, ils se sont installés ensemble puis un premier enfant il y a 8 ans et un second il y a 4 ans. Le mariage est venu après… pour tout officialiser.
Anna et Alex, le couple idéal par définition. Qu’est ce qui a pu se passer ? Je les vois mal se quitter pour une broutille, pour une simple dispute. Ca doit être forcément quelque chose de grave. ..


Non, c’est pas possible, ça doit être juste une mauvaise période, un battement de flou, un ras le bol de tout et de rien, du quotidien, de la routine… Il faut que je la rappelle immédiatement. Et zut, c’est son répondeur.

Je ne sais pas quoi penser… Comment va-t-il falloir faire ? Premièrement essayer de comprendre, de diagnostiquer le ou les problème(s), et de les aider à réparer si c’est possible. Est-ce que l’on doit agir de la sorte ? Mettre des pansements sur les bobos, une rustine sur la chambre à air et leur dire « roulez jeunesse » ? Tenter de les dissuader alors que c’est de leurs vies dont il s’agit…

Prendre parti pour l’un ou l’autre ...oh non. Encore qu’Anna est mon amie, aurais-je assez de discernement pour faire la part des choses ? Non, j’en doute. Qu’est ce que ça veut dire… qu’il va falloir choisir son camp comme à la guerre , donner raison à l’un et les torts à l’autre ? Juger, plaider la cause, défendre, se faire l’avocat….

Oh Anna, qu’est ce qui est arrivé ?

dimanche 22 février 2009

HAAAAAAAAAAH

-HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !
C’est sur ce bâillement digne d’un rugissement du Roi de la savane à me décrocher la mâchoire que je commence ma journée.
Je dormais à points fermés du sommeil du juste quand une petite voix me dit :
-Maman, tu dors ?

-Tu dors ?
Moi, intérieurement : maintenant, non, je ne dors plus.
-Naaan, euh…si.


Ben, non, je suis réveillée… Eh triple zut, je dormais si bien pour une fois.
Marie s’est faufilée à côté de moi dans le lit en profitant pour amener les deux pollux qui grattaient à la porte. Et me voilà, recouverte de léchouilles…


Aucune force … oh lala, quelle heure peut-il être ? Je détourne mon regard vers mon bien –aimé radio réveil qui indique 10h30 passées. Quoi ???? Et ben, moi qui avais prévu de me plonger dans la paperasse ce matin, c’est foutu, ko. Et triple, triple zut !

Qu’est ce je fais hier de spécial ? Rien d’extraordinaire.

Je m’extirpe de mon lit dans lequel je serais bien restée et la honte à moi ! Tout le monde est déjà levé (même Caro… pour dire). Ah, je suis un bel exemple pour mes fifilles…
Pour ma défense, les fifilles sont encore en pyj’ et n’ont pas encore pris leur p’tit dej. Ca c’est une bonne chose…


Pas la peine de me triturer l’esprit, vive la libération du fameux « que faire à manger à sa tribu ».
Le poulet rôti et les frites du sacro saint déjeuné dominical, c’est pas pour nous. Chacun « fait, fait ce qu’il lui plait, plait ». Je suis dans l’espace intersidéral s’il existe…le peu de neurones qu’il me reste se baladent dans une brume épaisse. Pffff, bon, c’est râpé pour le rangement, le linge…. Que je remets une fois de plus encore à demain.


Pourquoi suis-je autant dans le pâté ? Ah, je sais !

C’est à cause de ma copine Miss Maboulette qui voulait que j’aille danser avec elle ! Ah, la coquine….J’y suis pas allée mais c’est comme si. C’est vraiment trop injuste, dixit Caliméro. Elle a fait sa fofolle pour nous deux sur les pistes de danse au rythme de musiques endiablées…
Et voilà le résultat, ma Maboulette va être sur les rotules aujourd’hui tout comme moi.



samedi 21 février 2009

La question métaphysique

Que trouve-ton on à la vie ? Chacun s’est forcément posé un fois cette question et les dix mille qui suivent : qui suis-je ? Quelle est la finalité de ma vie ? Et pourquoi et comment…


Des grands philosophes au mec qui est train de descendre son cinquième demi sur le zinc d’un troquet quelconque alors qu’il n’est que 11h00, tout le monde s’est posé un jour ou l’autre des questions existentielles.

Bon, pour les grands penseurs, il faut se plonger des heures durant dans leur littérature et comprendre les grandes théories… Le mec du bar, c’est plus facile, si on lui pose la question. Il va nous regarder, taper sur sa cuisse et d’un rire gras nous dire :
-He, Jo, t’entends ce qu’elle demande la p’tite Dame ? Elle demande à quoi elle sert la vie ? La vie, ma p’tite Dame, eh ben, ça sert à plein de choses… Bon allez, Jo, sert un demi à la p’tite Dame, c’est ma tournée !


A quoi servent nos carcasses ? Pffff, dur, d’y répondre…


Manger, dormir, travailler (je ne suis plus concernée), payer des impôts (je suis concernée) …


A mettre au monde des minis répliques de soi, des nains miniatures en somme et ensuite les élever ? Non, parce que quand ils se décident à quitter le nid douillet de chez papa et maman, où maman leur fait la lessive, leur prépare à manger (bref, comme quand ils avaient cinq ans sauf que là, ils en ont 20 ans de plus, nos vies n'auraient plus de but.


Que ce soit le PDG qui a tout dans la vie : belle femme cultivée, belles voitures, belles maison (la principale, la secondaire et les petits pieds à terre à l’Etranger), deux beaux enfants (évidemment), et plein de pognon, lui aussi se pose cette question. Parce que sa femme passe ses journée à l’extérieur à dépenser l’argent chez les grands couturiers, chez son coiffeur, etc..


Ses deux enfants font leurs études dans les meilleures écoles privées à l’Etranger et ne fréquentent que des gens convenables.


A quoi rime leur vie ?


Sa femme, se meut d’ennui, elle rêve d’aventures, d’un homme qui serait tendre avec elle et qui ne passe pas 10h00 par jour à son travail. Son temps, elle le tue en dépensant de l’argent… elle ne sait rien faire d’autre. Si, fréquenter les expos où il faut être, déjeuner dans le nouveau resto très chic à la mode, et parler avec ses pseudo-amies du même pedigree. Elle s’emmerde royalement !


Les enfants ? Si sages et si propres en apparence … Derrière leur sourire qui révèle des dents d’une blancheur digne d’une pub pour une marque de dentifrice se cache les soirées trash. Eh oui, papa et maman les gâtent beaucoup. Ils ont toujours eu tout ce qu’ils voulaient alors pendant leurs études loin de papa et maman, ils peuvent se délecter, se vautrer dans la débauche, dans la luxure….


Et lui ? A par son chauffeur, sa palanquée d’assistants qui lui lèchent les bottes, il se sent seul, très seul. Quand il rentre le soir, soit sa femme est au téléphone à prévoir son agenda pour le lendemain ou à organiser un dîner mondain quelconque. La gouvernante qui a fini son service lui a laissé une assiette sur la table. Sa femme, qui suit son Nième régime, ne dîne pas…
Alors, il se pose devant la télé, desserre sa cravate et il se sert un verre de bon vin…
Ses enfants? aucun souvenir avec eux hormis pendant les enfances et encore…La nurse puis les jeunes filles au pair qui s’en occupaient. Sa femme ? Plus intéressée par les potins et de dernier défilé de mode que par lui… Ils vivent ensemble par habitude, l’un comme l’autre ils se sont éloignés. Une cohabitation à l’amiable, lui, il lui paie toutes ses extravagances et elle, elle se promène fièrement à son bras lors des diners d’affaire pour l’apparence.


Quelle est l’utilité de sa vie ?


Et notre gars, au bar, lui qui y passe plus de temps que dans son 4 pièces de son HLM où sa femme l’attend. Il se noit dans l’alcool à longueur de temps. Pourquoi ? Pour oublier qu’il a raté sa vie ? Pour oublier son existence misérable ou pour y trouver du réconfort ? D’ailleurs, a t-il raté sa vie, et est ce que cette dernière est-elle si triste, si lugubre comme on pourrait le penser ?

Non, pas forcément, sa femme, coquette, gentille, adorable l’aime et l’aimera toujours. Elle est toujours souriante, elle a un appétit de la vie ! Elle travaille dur tous les jours dans la maison de monsieur le PDG mais elle ne plaint jamais. Elle est gouvernante, et elle s’occupe aussi des toilettes de Madame. Du matin au soir, elle chantonne… Est-elle malheureuse ? Non, au contraire, elle est heureuse d’être comme elle est, même si quelquefois, elle rêve de belles tenues comme dans les magazines qui traînent sur le canapé de Madame. Quelquefois, Madame veut lui donner des tenues qu’elle ne porte plus mais elle refuse par dignité. Son mari lui aussi travaille depuis qu’il est tout jeune. Pas de problèmes financiers ou de santé, et leur maison est en cours de construction.


Alors, pourquoi boit-il ?


Qu’est ce que le bonheur ? Est-ce d’être riche en bonne santé et d’avoir réussi sa vie ? Si tel était le cas, il n’y aurait que très peu de gens à savoir donner la définition de ce mot.

Le bonheur n’est pas réservé qu’à certains, il suffit juste de prendre le temps de le reconnaître et de le cueillir quand il se présente.

vendredi 20 février 2009

PAS FACILE D'ETRE LE MINISTRE DU BUDGET ET DES DEPENSES...

Incroyable, inimaginable, j’ai dormi comme un bébé cette nuit d'un seul trait. Hier soir, j’ai ouvert un nouveau flacon de rivotril serait-il par hasard frelaté ? Ou alors est ce l’effet du gros rhume que j’ai depuis trois jours? Mystère… Je suis toute gaie sans raison particulière! J’ai même rêvé alors que d’habitude je ne me souviens de rien. Pas à dire, ce rivotril est un bon crû …


Après avoir baillé à me décrocher une fois de plus la mâchoire, malgré mes 2 cafés avalés coup sur coup, j’ai décidé d’aller au centre ville avec mes fifilles. Comme c’est le dernier jour des vacances, je mérite bien une petite sortie car j’ai survécu à tout. Derrière ce « tout » se cachent leurs disputes (toujours pour la télé), la musique à fond de Caro (d’ailleurs, je me demande si je n’ai pas les tympans éclatés), les « je m’ennuie » de Marie, enfin toutes les joies que peut nous procurer notre chère progéniture ! Comme mes deux fifilles sont des citadines, je peux mettre, sans aucun risque, ma main à couper qu’elles accepteront….


Parce que si je leur propose de venir promener les chiens ou encore d’aller à la boulangerie, autant m’adresser à mes murs et encore peut-être que ces deniers me répondront. Tiens, y’aurait il des nouvelles allergies à l’air (quasi-pur) extérieur des quatre murs de la maison ?
Alors, pour les faire sortir de leurs lits puis de leur chambre et ensuite du canapé, le seul moyen efficace est de prononcer la formule magique concoctée à partir de savants livres anciens de magie noire. Pas la peine de se pencher au–dessus d’une marmite bouillante de bave de crapauds, de jus de limaces, d’escargots pourris et d’autres ingrédients plus dégoutants les uns que les autres …beurk.



Un simple « On va faire un tour au centre ville » fait l’affaire !
Et, j’ai gagné haut la main mon pari. En moins de deux, zouuu, elles délaissent le canapé et se précipitent à l’étage se préparer. Me laissant au passage le salon qui semble avoir été dévasté par un ouragan. Le plaid du canapé ressemble à un tapis vu qu’il est par terre, des miettes suspectes (de gâteaux ?) sont dispatchées un peu partout sur la table basse, le feu programme télé en lambeaux, enfin ce qu’il en reste à force d’être arraché des mains, traîne sur une chaise…



Moi : Oh oh, les filles, ce n’est pas à moi de ranger derrière vous !
Elles (en chœur) :
on n’a pas le temps, mamounette !
Moi (attendrie par le mamounette) : OK, préparez-vous… je vais le faire.



A chaque fois, enfin, pas tout le temps non plus, je me fais avoir comme une bleue, un p’tit mot gentil, et je cède …


Tandis que je m’affaire à ranger derrière elles, les questions fusent de l’étage et où on va, et pourquoi, et acheter quoi ? Il faut les appâter avec la carte bleue. Si je prétexte juste d’aller faire un tour, elles ne voient aucun intérêt, il faut acheter. Je ressemble à quoi ? Du coup, hein ? Moi, qui me plaint, qui me révolte contre cette société de consommation à outrance alors que pour sortir mes deux fifilles, je suis obligée de les allécher avec ma merveilleuse Eurocard.


Le tout est de faire dans le subtil (on laisse ses gros sabots à la maison), car on peut toujours aller dans un magasin sans forcément dépenser le moindre sous ou alors très peu. Profitons-en, car pour le moment, on ne paie pas encore de taxe ou d’impôt sur l’air que nous respirons (méfiance, ça viendra peut-être un jour…). Il faut donc ruser avec mes deux loulouttes…et là, j’arrive à me débrouiller.


Une fois qu’elles sont prêtes, c’est à dire, pratiquement trois bons quart d’heure après l’appel du départ, nous voilà en route (en bus pour être précise) direction le centre ville, mes genoux en compote ne supporteront pas des kilomètres de marche donc on ne va pas aller se trimballer dans beaucoup de magasins. Par précaution, j’ai mis dans mon sac à main ma désormais célèbre canne pliante et aussi mon parapluie, trois paquets de mouchoirs (à cause de mon gros rhume), une compote à boire (pour Marie), deux crêpes fourrées au chocolat (pour le p’tit creux de fin de matinée des deux estomacs sur pattes), plus tout le foutoir habituel…. Du coup, ce n’est pas plus un sac à main mais un paquetage digne d’un baroudeur qui part dans la jungle en mission de reconnaissance.


L’objectif étant pas de dépenses inutiles ou superflues, on est quand même le 20 du mois… les caisses sont pratiquement à sec ! Notre Président peut toujours déclarer des coups d’aides de millions d’Euros et faire des longs blablas sur le pouvoir d’achat, eh ben le mien est toujours en berne… Pire, j’ai l’impression que tout continue d’augmenter!



Et, je sais de quoi je parle car je suis réélue au poste de Ministre du Budget et des Finances à chaque élection depuis toujours ! Fonction que j’accepte humblement sans avoir fait de campagnes mensongères. Et oui, je ne promets rien à personne … sauf que chaque année, il va falloir être encore être plus attentif sur les dépenses.


Par exemple, hier, ma liste de courses se résumait à des yaourts, des endives (pour Gaspard et Léontine mes tortues), des mouchoirs, des citrons, des infusions (toujours à cause mon rhume) et du chocolat non inscrit mais acheté quand même (c’est pour entretenir ma cellulite… faut bien en prendre soin, figure-vous !).J’arrive à la caisse en pensant que toute la bigaille que j’avais sur moi aurait suffit amplement. Eh ben non !


Quand la caissière m’a annoncé le total, plus que surprise, j’ai dû faire une tête étrange (style les yeux grands ouverts et la bouche grande ouverte) avant de dire:


-C’est bizarre, je pensais en avoir pour moins.


La caissière, vexée que je puisse supposer qu’elle ait fait une erreur, me répond d’un air pincé :

-Vous pouvez vérifier votre ticket de caisse !


C’est ce que j’ai fait après avoir dû payer par carte. Et oui, c’était bien ça… La vache (non, pas la caissière !), le tout additionné faisait dans les dix Euros ! Oups, il va falloir que je réduise ma consommation de chocolat …Oh non, c’est mon plaisir (égoïste) d’en manger dans mon lit quand je lis ! Zut, je trouverais bien un moyen de compenser mon budget chocolat en diminuant autre chose car après tout, charité bien ordonnée commence par soi -même. Et puis, s’il existe des proverbes, y’a forcément une raison pour s’en servir quand on en a besoin….

Arrivées à bon port, direction Dialogues (qui n’est pas au port) je laisse les fifilles aux BD et moi je descends au rayon « romans ». Hum…La tentation est grande, non, il ne faut pas ! Je dois montrer l’exemple, on n’a dit pas de dépenses. Ah, si le gouvernement faisait comme moi, il y aurait moins de gaspillage, c’est certain….



Alors, je feuillette, je regarde, je me dis que dans une dizaine de jours, je pourrais revenir acheter mes livres. Vivement le mois de mars…


Les fifilles se sont installées confortablement et bouquinent. Oh, allez, on va prendre notre temps … je redescends prendre un livre et nous voilà toutes les trois sages comme des images plonger dans nos lectures respectives.


A un moment, Marie a commencé à se plaindre qu’elle avait faim. Du coup, Je regarde ma montre… on est là depuis pratiquement une heure et demie! Oups, il est temps de rentrer… Et voilà, une sortie intéressante (j’ai découvert un nouvel auteur génial !) et peu onéreuse. Cerise sur le gâteau, Caro et Mari n’ont pas bronché pour une fois ou demandé quoi que ce soit, étrange… se sentiraient-elles concernées par l’économie ?


Non, elles connaissaient déjà la réponse que j’emploie assez souvent:
-Naaan ! Je n’achète rien ! Compris ???

jeudi 19 février 2009

VOYEURISME

Ne pas craquer, prendre sur soi… une fois de plus. Ne pas réagir à la bêtise de ses semblables, ne pas leur faire plaisir en répondant à leur curiosité malsaine.

Se tapir sous son bouclier ou alors braver courageusement les remarques acerbes, blessantes, vexantes ? Dans les deux cas, on n’en sort pas indemne, il persiste des hématomes, des bleus à l’âme pendant quelques jours.

Essuyer d’un revers de main les mesquineries, chasser les humiliations aussi nombreuse soient-elles… ne pas monter sa sensibilité. S’endurcir, forger un peu plus sa carapace l’enrober d’un bardage bien épais. Se dissimuler, cacher tout ce qui fait si mal au plus profond de soi.

Serais-je un monstre étrange échappé d’un zoo quelconque ou alors un Alien ayant débarqué fraîchement sur terre ? J’ai quelquefois ce sentiment quand vos yeux deviennent aussi ronds que des billes et que votre bouche affiche un rictus de dégoût mêlé à du dédain.

Vos questions débiles, votre pseudo-compassion à deux balles, gardez-les pour vous. Non merci, je ne fais pas la charité. On aime s’apitoyer sur le sort de ses prochains. Pourquoi ? Pour se donner bonne conscience ? Ou pour se préparer une place là-haut au chaud, bien confortable ? Ou c’est juste alors pour tuer le temps.

Vous croyez que je suis une tire au flanc ? Une fainéante, un parasite ? Qu’être invalide c’est être toute l’année en vacances Tant qu’à faire… pourquoi pas ?

Ah, vous aussi vous avez mal et pourtant vous travaillez, vous ne baissez pas les bras. Oui, vous vous êtes courageux, et ne plus vous ne vous plaignez pas. Pourquoi me dire ça ? Est-ce que me plains ? Ah, c'ets facile, votre excuse, vous l’avez déjà trouvé toute faite, vous n’avez plus qu’à la ressortir « vous avez dit ces paroles en l’air et puis de toute façon, chacun à ses ennuis, à ses problèmes… ». C’est bien connu, non ?

Passer votre chemin plutôt de que me regarder comme une bête de foire, je n’en suis pas une… Et, Je ne suis pas en représentation à la grande foire du voyeurisme….

mardi 17 février 2009

LA CLODETTE, LA CLODETTE !!!!

Après la fête, la défaite. C’est bien connu, j’aurais du me fier à cet adage, mais non… je n’en ai fait qu’à ma tête de bourrique. Encore que, pour ma défense, j’ai pas eu besoin de forcer beaucoup mon mari pour qu’il m’accorde ce que je réclamais depuis des lustres (au moins 5 ans c’est pour dire)… une sortie en boîte !

Cette demande était devenue un point hyper sensible. Et oui, lors de mes séances de pétages de plomb où je beugle que j’en ai marre de ne pouvoir rien faire, que je vois personne, j’en arrive à réclamer de pouvoir aller danser…. comme avant.

En réalité, au début, je ne dis rien car je suis tellement énervée que je tire une tronche de dix mètres de long. Et, ensuite, je me rappelle du bon vieux temps où j’étais the Queen, the top des tops, la super-danseuse … L’époque où je régnais de une heure à quatre heures du matin sur mon mini-royaume. Euh, … je n’y ai jamais été fourré tous les week-ends même lorsque j’étais jeune et insouciante (à quand remonte d’ailleurs cette période?) mais ces sorties ont toujours été le défouloir… la phase où la pression de la cocotte-minute se relâche. Et là j’oublie tout, je danse… jusqu’ à ne plus savoir qui, pourquoi, comment.

Pour en revenir à mes crises de ras-le-bol, je finis toujours par dire:
- Je veux aller danser !!!!Je m’en fous si tu m’accompagnes pas, je vais appeler un taxi ! J’en ai marre !!!!


Olivier me ramène toujours à la dure réalité :
-
Et si tu as une crise, tu fais comment ?
-Naaan, j’en aurai pas !!!! Pourquoi veux tu que j’en ai une, hein ? J’en ai marre, je m’encroute !
-Et si tu en as une, tu peux même pas dire « ouf »….


C’est vrai, il a raison, je le sais. Je ne peux pas me permettre une sortie dans la jungle nocturne toute seule. Généralement, je me calme et ça passe ….Mais je reviens à la charge au moins trois fois par an.

Et samedi, nous sommes partis en riboule! Inimaginable….mais, si, aussi incroyable que cela puisse paraître. Quand mon cher et tendre mari m’a proposé de sortir, j’en suis restée clouée :
-
Tu veux vraiment qu’on sorte ?
-Ben oui, si ca te fait plaisir …
-C’est vrai ?


Tellement stupéfaite que j’aurais même pu lui demander de me pincer pour savoir si je ne rêvais pas.

-Ouiiiiiii !!!!!!

Pas besoin de me le proposer deux fois, je n’allais pas refuser, laisser passer une occasion comme celle-là qui peut-être ne se représenterait même jamais.

Toute joyeuse, j’annonce aux fifilles :
-On sort ce soir !

Et là, c’est l’interrogatoire : vous allez où ? à quelle heure vous rentrez ? A se demander qui sont les parents… Faut-il désormais leur accord? C’est nouveau, ça ! Eh ben, désolés, les fifilles mais c’est nous les adultes, c’est nous qui faisons ce qu’on veut, d’abord !

A peine 21h00 , j’étais prête .. euh, en fait, à part changer de t-shirt, je n’ai rien fait d’autre …contre l’avis de Caro qui croit qu’il faut se maquiller, se mettre en tenue « chic ». Mais non, mon jean et c’est bon !


C’est un peu tôt quand même… j’avais oublié que si je voulais danser, il fallait patienter jusque tard, très tard dans la nuit.
Que faire ? Attendre devant la télé… Non, dans ce cas, j’abdiquerais vers 23h00 et j’irais me coucher. Allez, go, en route !


Arrivés au centre ville, on a été dans quelques bars…enfin, plusieurs… car soit la musique était naze soit c’était la clientèle. Comme on n’avait pas mis les pieds dans un café ou dans un pub depuis belle lurette, on a très surpris de ne pas entrer dans un nuage épais de fumée digne du célèbre brouillard Londonien. La loi anti-tabac est passée par là …

Et enfin arriva le moment tant attendu, pouvoir aller danser. Oui mais où ? Si c’est pour se retrouver avec des ados, hors de question ou pour entendre des valses, tangos et autres, ah non, on n’a quand même atteint cet âge là (et puis le bal musette… c’est pas mon truc pour le moment).

Bon, après avoir longtemps cogité (2 ou 3 mn maximum), on s'est finalement décidé à tenter une qui dans nos souvenirs lointains (mais très lointains) était pas trop mal.

Une heure pétante ! Nous étions les premiers… Eh oui, maintenant, les jeunes arrivent vraiment après la fermeture officielle et officieuse (la seconde étant où ils sont mis dehors) des bars. J’ai encore attendu, histoire ne pas être une pauvre esseulée sur la piste, car Olivier ne danse pas.


Et deux nanas (plus âgées que moi) se sont enfin décidés à aller remuer leur popotin. Ca y est, j’y vais… La musique m’était carrément inconnue, mais je me suis lâchée !

J’ai dansé, dansé sur tout… jusqu’à en avoir mal partout … c'est-à-dire pas longtemps mais qu’est ce que ça m’a fait du bien. J’étais trempée, en nage, survoltée, j’aurais été branchée sur une prise de 220Volts, ça aurait eu le même effet ! Une chose que j’ai remarquée… les jeunes dansent tous de la même façon, que la musique change de rythme ou non, bizarre ! Et moi, j’étais là occupant à moi toute seule 2 mètres carrée, il me faut au moins cet espace pour gigoter, tendre les bras, faire la clodette (eh oui… j’ai osé le faire) car il y a toujours un passage (bref) de disco.

Je me suis faite draguée… eheheh…. par les deux sexes (tant qu’à faire !).

Olivier assis me regardait me trémousser en se disant qu’il avait sûrement fait sa BA pour minimum un an….

Dimanche matin, à 9h23 précises, Marie qui vient nous réveiller en me criant dans les tympans :
-
Alors, c’était bien ? Vous êtes rentrés à quelle heure?
Décidemment, c’est une obsession l’heure chez elle…
-
Euh, … pas tard.
-Oui, mais à quelle heure ?
-Est ce que tu peux parler moins fort, s’il te plait ?


La tête éclatée… l’impression d’avoir été aplatie par un bull. Sans commentaire.

Après 3 cafés avalés, malheureusement, ce n’était guère mieux.
-Pfouuu, t’as fait ta belle, maintenant, tu fais moins ta fière… me chuchotait la voix de ma conscience.
-
Oh, laisse-moi tranquille, je suis pas d’humeur à t’écouter.
-Mais quelle mère es tu ? Une mère qui part en bringue, tu devrais avoir honte!
-Oh, et c’est bon ! Laisse-moi tranquille…et alors, où est le mal ? Non, je n ‘ai pas honte, alors fous moi la paix !


Exit la sage voix de la conscience, de toute façon, j’avais encore le bruit assourdissant de la musique qui résonnait dans ma tête. Et puis, hors de question de me culpabiliser !

Pourtant, je pouvais ...et je peux encore. Car de l’état de pile électrique, je suis passée à celui de out, de larve, d’un légume, de « j’ai mal partout » et « je suis fatiguée »

Je n’ai toujours pas récupéré (ah, la vieillesse…) de ma sortie. C’est sûr, il va me falloir quelques jours pour me remettre de tant d’émotions … Olivier peu être tranquille, je ne suis pas prête de lui redemander d’ici un bon bout de temps de m’emmener danser !

samedi 14 février 2009

BIENVENUE A BORD DU VOL 2004

Happy birthday to..., comme exclue sociale, demain, je fête mes 5 ans de plus bonne à rien. Merci à la Sécu qui m'a retiré "du monde du travail" par le biais d'un même pas joli courrier: " Vous avez atteint un quota de jours d'arrêt de travail et blalala etc..., que nous ne vous paierons plus et que donc plus d'indemnité journalière ce qui vous permettra dorénavant de vous démerder avec votre prêt immobilier, vos gosses et autres petits détails de la vie quotidienne. »

Euh, c'était pas exactement écrit ainsi, comprenons nous bien mais moi, je l'ai lu ainsi et c'est ça qui compte. J'étais, on peut le dire, une avant-gardiste, c'était the crise avant la crise économique mondiale. Et hop, j'entrais direct sans stage dans le monde du « démerde-toi » total. A moi, les joies de la paperasse à remplir et mais surtout à décrypter, à moi, les calculs de ma future pension d’invalidité qui allait me permettre dorénavant de faire l’impasse sur beaucoup de choses futiles de ma vie, à moi, le fait d’être considérée comme un extra-terrestre par mes semblables…

Je parle, je parle... mais, je vous explique aussi.

Dans quel ordre cela s'est il passé? Ai-je d'abord vu l'assistante sociale ou alors le médecin conseil ? Gros trou noir.... Non, ce n'est pas encore Alzheimer même si.... Non car, je me rappelle de cette aventure dans la Quatrième Dimension mais sans les frères Bogdanoff.

La convocation au service Médical de la CPAM :
Le jour du fameux rendez-vous, c’était la totale, gros stress et grosse crise… les deux combinés, je ne pouvais pas mieux faire. Impossible donc d’y aller avec ma titine…. c’est finalement en taxi que je suis arrivée en début d’après-midi devant le bâtiment situé au centre ville. Allais-je y entrer ou pas ? Je savais pertinemment que mon avenir allait se jouer là en tout juste maximum une heure (et encore…). J’ai fini par réunir le peu de courage que j’avais pour pousser la porte en laissant sortir un soupir qui ressemblait plus à un cri de désespoir qu’à autre chose. La secrétaire se trouvait dans une espèce de box derrière une vitre. Avait-on peur qu’on l’empoigne ou qu’on la poignarde ? A peine eus je dis bonjour qu’elle me demanda d’un ton peu aimable, sans me regarder, ma convocation.

Eh oui, il fallait montrer patte blanche… j’avais plutôt l’impression d’être au guichet d’une banque et de demander à vider mon compte. D’un œil sévère, elle parcouru ma feuille puis d’un ton toujours aussi sec m’indiqua le numéro de la salle d’attente (où je devais attendre comme son nom l’indique). Car comme dans n’importe quel cabinet de médecins, il y avait des salles d’attente. Donc, j’attendais alors que j’étais la seule dans cette pièce. Pour diminuer mon angoisse qui grandissait au fur et à mesure que les minutes passaient, j’essayais de contrôler au mieux ma respiration. Du style, la respiration que l’on vous apprend aux cours de préparation pour l’accouchement.

Tandis que je faisais le petit chien (côté respiration), un médecin âgé d’environ quarante ans vêtu d’une blouse blanche, comme il se doit, vint m’appeler.
-
Madame Cambry ?
-Oui, c’est moi.


Ca faisait un peu comme dans la pub pour parfum « Loulou ? oui, c’est moi » sauf que le ton de voix du médecin était quand même bien moins romantique, il faut l’avouer, mais bien plus sympathique que celle de la secrétaire.

-Suivez-moi, je vous en prie.

Pourquoi me le dire ? Il croyait que j’allais partir dans le sens inverse ?
J’eu à peine le temps d’attraper mon sac à main qu’il se dirigeait déjà dans le couloir. Et là, l’horreur, je me croyais à un marathon à tenter de le rattraper. Mais oh, docteur, vous oubliez que si je suis là c’est parce que j’ai des problèmes de santé, et oh, attendez-moi…

Comme par hasard, son bureau était tout au fond du couloir et je ne pouvais aller plus vite avec mes jambes raides et mes genoux rouillés. Arrivé à l’embrasure de sa porte, il m’attendait. Ah quand même, un peu de politesse… Non, en fait, il regardait comment je marchais, il me découpait au bistouri et me passait par tranche fine sous son microscope.

Une fois dans son bureau, il me proposa de m’assoir et il sortit d’un tiroir une grosse pochette cartonnée portant mon nom et à mon numéro de Sécu. Allait-il me proposer une mission top secret défense ou alors de faire partie d’un service d’espionnage pour je ne sais qui ? Si c’était ça, j’acceptais sur le champ, je me voyais déjà habillée en Fantômette (héroïne de mon enfance).
Il sortit de la pochette un listing de tous mes arrêts maladie… Là, j’ai compris que je pouvais dire adieu à une reconversion professionnelle en agent 007.

Après m’avoir répété ce qu’il y avait sur leur pas joli courrier : dépassement du quota de jours d’arrêts… blabla…on ne vous payera plus vos indemnités journalières… blabla. Ce dernier point, je l’avais tellement bien assimilé que je n’en dormais plus la nuit ! Pire, je m’imaginais les choses les plus effroyables : l’huissier à l’appartement, mon mari qui me quittait en emmenant les enfants, moi qui me retrouvais à faire la manche… bref, mes nuits étaient hantées de scénarios plus effrayants les uns que les autres.

J’écoutais quand il me dit de me lever pour m’examiner. Ah, c’est l’étape petit culotte et soutien-gorge ? Tandis que je commençais à m’affairer à me débattre avec mon pantalon, il me stoppe net :

-Juste vos chaussures, ça ira très bien.

Bon, s’il veut…Ca m’arrangeait bien vu que je suis extrêmement pudique… style à la plage tout le monde en maillot de bain, eh ben, moi c’est short et t-shirt… et que je m’étais pas épilée depuis des mois !

-
Marchez sur la pointe des pieds, s’il vous plait.
-Euh…, je ne peux pas, j’ai trop mal
, avouais-je gêné
-
Et sur les talons ?
-C’est pareil.
-Essayez, faites un petit effort.
Un petit effort ? Alors que ça relevait pratiquement de la torture…

J’ai réussi à faire trois minuscules pas en serrant les dents jusqu’à me les éclater… mon visage devait trahir toute ma douleur car il m’interrompit.

-Bon, nous allons voir vos réflexes.

Ah les exercices des réflexes… on vous fait fermer les yeux, tendre les bras à croire que j’étais là pour un contrôle d’alcoolémie.
Il y eu d’autres examens… à la moitié desquels j’échouais lamentablement. Il m’appuyait sur certains points précis de corps ce qui me faisait pratiquement hurler de douleur et de me gigoter comme un asticot.
Pour avoir mal, j’avais mal, j’étais encore plus mal en point qu’en arrivant… pour dire !

Retour sur ma chaise. Tandis qu’il feuilletait mon dossier, il me fit remarquer que j’étais jeune. Oui, si l’on considère qu’à trente-quatre ans qu’on n’est pas une veille saucisse ratatinée.

Son visage prit un ton plus grave, ennuyé même… ohlala, ça ne présageait rien de bon. Les quelques minutes qui suivirent me firent dire que mon instinct féminin était encore lui bien intact.
-
Vous avez une fibromyalgie sévère … Hum, je pense que désormais votre préoccupation première doit être de vous soigner. Vu votre état, vous ne pouvez plus travailler.
-Ah, que si, de toute façon je n’ai pas le choix.
-
Mais vous ne pouvez pas ! Vous tiendrez combien de temps, 2 jours ou 3 maximums?
-Si je suis en arrêt, je n’aurai plus mes indemnités journalières.
-Ecoutez, malgré votre jeune âge, je ne vois qu’une solution, la mise en invalidité qui vous permettra de gérer au quotidien votre maladie.


Bouche ouverte de stupéfaction, je ne comprenais pas. L’invalidité, mais ce mot était réservé à de vieux monsieurs marchant tout courbés avec des déambulateurs…

Me voilà seule dans un vol sans escale ni pilote où la voix nasillarde de l’hôtesse crachait « bienvenue à bord, nous vous souhaitons un agréable voyage. Votre destination est le crash final pour vous toute seule afin de vous exclure de notre monde… ».

-Non, non, je veux travailler. Est-ce qu’il serait possible d’avoir un tiers temps, le temps que j’aille mieux ? Et dans quelques mois, je pourrais repasser à un mi-temps puis à temps complet comme avant.

Bizarrement, je sentais les mots qui commençaient à se coincer dans ma gorge et les larmes qui commençaient à monter.
Et me voilà partie dans une longue tirade digne d’une pièce de théatre… enfin un monologue entrecoupé de pleurs. Les vannes s’étaient ouvertes sous la pression et j’étais incapable de retenir toutes mes larmes. J’insistais, je quémandais, oui, je faisais l’aumône du droit de pouvoir travailler. Et comme une gourde, je n’avais qu’un seul paquet de mouchoirs dans mon sac. En moins de deux, je n’en avais plus, et mes poches étaient remplies de loques triturées et trempées.

Le pauvre médecin me regardait, insistait impuissant à mes torrents de larmes en me tendant une boîte pleine de mouchoirs. J’en étais arrivée à lui raconter combien j’avais trimé pour faire mes études, que je m’éclatais dans mon travail, qu’on n’avait pas le droit de m’en priver, que je n’y étais pour rien dans ma fibromylagie, … je le suppliais… en vain.

Alors que je continuais mon laïus, le médecin a réussi à me dire que ça ne serait que du temporaire, le temps d’aller mieux, qu’on se reverrait dans 6 mois pour faire le point …. Vraisemblablement, je devais avoir fini tous ses mouchoirs et il voulait me faire sortir de son bureau avant que je l’inonde.

Que pouvais-dire de plus ? Rien… j’avais argumenté comme je me pouvais, mais ça n’avait pas été suffisant. Me voilà désormais out de la société. Je déambulais dans le couloir, toujours en pleurant… je ne pouvais plus m’arrêter, c’était plus fort que moi.

Arrivée dehors, je ne sais plus trop ce qui c’est passé…. Je crois que je me suis assise sur un banc public (comme dans la chanson). Je ne sais pas ni à quelle heure ni comment je suis rentrée chez mi. Ca reste un mystère… Les jours suivants, inutile de vous dire dans quel état j’étais… une loque qui passait son temps dans son lit à pleurer sur son sort. J’ai fortement contribué à la hausse des sociétés de mouchoirs en bourse… comme on dit le malheur des uns fait le bonheur des autres.

De la jeune cadre, j’étais passé au statut de rebut, de détritus pire … on ne voulait plus de moi.
Flirt avec la dépression… le sentiment de dégout de soi-même. Honte à moi qui ne pouvait plus contribuer, participer et surtout produire du bon travail !

La suite c’est une autre histoire….que je vous raconterais.

jeudi 12 février 2009

LA ST VALENTIN... OU TOUTE VOTRE CONTRADICTION

Ah, la St Valentin… la fête des amoureux ! Oui, plutôt une fête totalement commerciale qui profite aux fleuristes, aux parfumeries, aux bijoutiers et aux chocolatiers… Un mini-plan de relance à lui tout seul. Tiens, d’ailleurs, vous devriez écrire au gouvernement pour qu’ils instaurent des fêtes de tout et de n’importe quoi… histoire que toute l’économie du pays en profite.

Et c’est bien dans la St Valentin que réside toute votre contradiction. C’est sûrement une fête inventée pour faire chauffer les cartes bleues, d’accord, mais c’est une tradition. Et les habitudes comme celles là se doivent d’êtres respectées. Le seul jour de l’année où vous avez envie que l’on vous chouchoute, que l’on vous traite avec les honneurs dû à une princesse, que l’on vous couvre de la tête aux pieds de fleurs, et que votre cher et tendre vous répète inlassablement que vous êtes la plus belle de toutes les femmes…. Bon, ok, stop au délire.

Non, ce jour là, vous aimez juste qu’il vous dise que vous êtes quelqu’un de formidable, malgré tous vos défauts. De tendres et douces paroles susurrées à vos oreilles accompagnées généralement d’un bouquet de fleurs ou d’une orchidée.

Et l’année dernière, quand votre mari vous a demandé ce que vous vouliez, vous lui aviez répondu en haussant les épaules :
-Mais, c’est qu’une fête commerciale, à la fin… Tu as besoin d’un jour spécial dans l’année pour me faire un cadeau?Ben, non !


Peut-être étiez-vous un peu énervée ? Sûrement, ça vous arrive aussi….

Ce qui vous agace c’est que vous ne pouvez plus comme avant aller au resto un jour précis car vous ne savez jamais comment vous allez être. Alors, réserver deux semaines à l’avance pour décommander le jour même, ca vous mine surtout pour la St Valentin ! Voilà l’explication…

Et donc, l’année dernière, il y eu un drame le fameux jour …

Votre mari aime comme vous le chocolat. Mais, lui c’est le vrai chocolat qu’il adore : du pur, du noir … vous lui en avez donc acheté une boîte en douce. Et vous avez planqué la dite boîte dans votre tiroir à culottes, au moins, vous êtes sûre qu’il ne la trouvera pas…

Toute la journée, vous vous demandez ce qu’il va vous offrir : une orchidée mauve ou blanche, ou alors des tulipes (ce sont vos fleurs préférées). Vous attendez impatiemment le soir que votre mari rentre du boulot. Vous avez déposé ses chocolats sur sa table de chevet et vous vous réjouissez à l’avance de savoir qu’il sera touché par ce petit geste. Vous serez toute contente quand il dégustera ses chocolats rien que pour lui. Pas à dire, vous vous occupez bien de lui….

Le soir tant attendu arrive enfin, votre mari comme d’habitude vous embrasse, et sort de son sac… ses affaires de piscine. Déçue, vous vous dites qu’il a laissé votre cadeau dans sa voiture et qu’il va aller le chercher dans les minutes qui suivent. Non, même pas…

Vous doutez, vous vous inquiétez, aurait-il oublié que c‘est la St valentin ? Et, oui, carrément, même pas le droit à un « bonne fête ma chérie » !

Votre bonne humeur de toute votre journée s’en va très vite alors que vous passez à table.

Votre mari vous raconte sa journée de boulot, …plein de travail (oh, le pauvre…) blabla, pas eu le temps d’aller à la piscine, blabla, … juste le temps d’aller s’acheter un sandwich (et alors, y’en a qui déjeunent tous les jours d’un simple jambon-beurre et ils n’en font pas une maladie…).

Vous ne dites rien, car fâchée vous l’êtes et pas qu’un peu. Vous bouillonnez intérieurement, vous vous êtes sur la défensive, prête à mordre tel un pitbull…

Et là, il remarque enfin que vous n’êtes pas dans votre assiette :
-
Ca n’a pas l’air d’aller ?
-Si, si, ca va… très bien !
Répondez-vous en vous triturant les doigts (signe d’énervement extrême chez vous).


Vous n’avez pas envie de lui dire pourquoi, ah ça, certainement pas ! Il peut toujours attendre !

La fin du repas arrive, à vrai dire, vous n’avez pratiquement rien avalé tellement vous êtes à cran et que vous avez les nerfs en pelote.

Ca papote, vous c’est motus et bouche cousue, vous n’avez rien à dire…Et que se passe-t-il ?
Caroline qui sort :
-Mais c’est la St Valentin aujourd’hui !


Votre mari se tourne vers vous avec des yeux de chiens battus :
-Oh, zut… J’ai oublié…


Rien à faire, vous le mitraillez du regard, et vous allez lui prendre son cadeau que vous lui balancez presque dans son assiette. Et toc !

-Je suis désolé… et puis j’ai pas eu le temps. Je m’en veux…

C’est ça ! Du temps, il en eu pour aller s’acheter son sandwich au Leclerc qui entre nous vend également des fleurs et d’autres choses susceptibles de faire office de cadeau… mais bon. Vous êtes décidée à faire la tête, et à ne pas dire un mot. Il peut s’en vouloir tant qu’il le veut, vous vous sentez humiliée…Et, votre St Valentin est gâché !

Ce n’était pas un gros caprice de votre part mais comme vous avez de temps en temps l’impression d’être la bonniche, celle qui fait la popote, et celle qui repasse les chemises, etc,… Bref, vous trouvez que la St valentin permette qu’il se rappelle ( à juste titre) que vous êtes avant tout sa femme, sa bien-aimée….

Vous vous êtes couchée de bonne heure en pestant intérieurement contre votre mari car vous n’avez pas avalé la pilule malgré ses remords et ses regrets.

Et le lendemain midi, qui arrive déjeuner avec une orchidée à la main ? Votre mari !
Vous acceptez de faire la paix en vous disant que, heureusement, les fleuristes gardent quelques fleurs pour les retardataires ou pour ceux qui oublient ou pour ceux qui n’ont pas peu le temps…


Cette année, vous avez demandé un show privé dans votre salon de Robbie William’s (pour son déhanché qui est à tomber…), votre mari a rigolé… jaune. Un voyage au soleil ? Pas de sous… Une plante ? Oh non, pas cette année encore… Un livre ? non, c’était votre cadeau de noël…

Il n’a qu’à se creuser les méninges… du moment, qu’il ne vous offre pas un cadeau qui a un lien avec le ménage, vous accepterez tout (et ce sans commentaires) !

lundi 9 février 2009

VACANCES? EUH... PAS POUR TOUT LE MONDE


-Non, j’ai pas envie de regarder ça !
-Si t’es pas contente, tu pars !
-Et pourquoi c’est toujours toi qui choisis ce qu’on regarde à la télé.
-Allez, va pleurnicher auprès de maman…


Voilà le doux refrain qui se heurtait à mes oreilles ce matin. Quelle chance j’ai, n’est ce pas ?

Eh oui, ce sont les vacances. On parle bien des vacances… mais scolaires. Parce que vu comment mes fifilles ont ressorti leur hache de guerre (pas besoin de l’enterrer car elles s’en servent régulièrement !), les soi disant congés s’annoncent non pas charmants mais exécrables.


Est-ce l’effet de la pleine lune d’hier ou celle de la tempête qui se profile ? Ou les deux combinés, je ne sais pas…. Je ne peux que constater leur bonne humeur et de me réjouir qu’elles s’entendent si bien ! Vraiment, ce sont deux anges … dans mes doux rêves !


Et dire qu’on est que le premier jour d’une longue suite de treize autres journées… Qui implorer ? Ste Rita, la sainte des causes désespérées ? Peine perdue, car je pense qu’avant d’écouter mes doléances, elle va sûrement étudier la situation : un terrain miné, des grenades lancées de part et d’autre, sans oublier les mitraillettes… Et, là, elle préfèrera aller dispenser ses bonnes grâces autre part avant de tourner chèvre.


A Noël prochain, promis, je leur offre une panoplie de jeux de guerre, au moins, elles s’en serviront. Pfouuu, je peux soupirer autant que je veux car elles s’entendent comme chien et chat, comme l’eau et le feu…. Bref, entre elles, aucune complicité, pire… pas une once d’amitié. Rien, sauf l’envie perpétuelle de se contredire et d’aller dans le sens inverse l’une de l’autre. C’est désespérant…


Est-ce que j’étais comme ça avec mes sœurs ? Réfléchissons….
Ben non, on s’amusait toutes les trois, on jouait ensemble, c’est vrai que quelquefois on se disputait mais pas non plus en permanence. On était même plutôt sages, obéissantes… euh, à vrai dire, on n’avait pas trop le choix. On avait surtout peur de se faire gronder par le pater familias….


Pour en revenir à ce matin, je me suis avancée tel un chat (très discrètement) jusqu’à la télé. Stoïquement, j’ai appuyé sur l’interrupteur sans prévenir, je me suis mise devant le foutu objet de discorde et j’ai crié (vociféré serait le terme exact):

-Vous êtes punies !

Et là, aucune réaction comme si j’avais dit « tiens, il pleut ». Toutes les deux se sont regardées et là j’ai soudainement compris qu’elles allaient faire front contre l’ennemi, donc moi en l’occurrence. Bingo ! Ca n’a pas raté !


Le bureau des réclamations a ouvert en moins de deux secondes (top chrono à la main) :

-C’est franchement pas juste ! Et puis, d’abord, on ne se disputait pas, on choisissait le programme, hein Marie ?
-Oui et moi j’ai rien dit…c’est vraiment pas juste.
-Oui, je sais, c’est injuste… vous serez par ma faute des adultes frustrés. Ne vous inquiétez pas on vous paiera votre psychothérapie !
C’est mon argument choc du moment….

- Et puni de quoi d’abord ? S’enquiert Caro.


Ah c’est vrai, de quelle façon les punir ? La plus simple et la plus radicale :
-Vous être privées de télé, d’ordi ! Vous montez chacune dans votre chambre et vous vous taisez ! Je ne veux rien entendre !

Elle était déjà prête à protester…
- Celle qui ouvre la bouche aura punition double !

Caro n’a rien dit, a refermé sa bouche, hoché la tête de gauche à droite et est montée en martelant l’escalier de pas dignes d’un troupeau d’éléphants.

Tout de suite, je me suis sentie mieux non pas que j’aime punir mais je n’allais pas supporter des disputes pour savoir qui l’emporterait entre les clips, les Simpson et « Oggy et les cafards » . ma préférénce étant pour les Simpson mais on ne m'a pas demande mon avis...

Silence, il y a eu. Du calme également. Et puis, pour une broutille, elles ont recommencé ….

Qui a dit que c’étaient les vacances ???

dimanche 8 février 2009

ECULUBRATIONS

Et ben vous savez quoi ?
Je me turlupine l’esprit à cause de mon blog. Pourquoi ? Pour plein de raisons. Parce que j’aimerai être plus libre dans ce que j’écris, pouvoir dire les choses sans prendre de gants.

Exemple, prenons l’exemple type de Caro et de sa chambre.
Et pouvoir dire :
Quand j’ai poussé la porte de sa chambre, j’ai failli hurler devant l’amoncellement de chaussettes
(sales, propres, toutes mélangées, beurk) et là, j’ai dit (tellement fort que j’ai eu mal à la gorge après):
-Tu me ranges tout ton foutoir d’ici ce soir, j’en ai ras le bol, tu comprends ? Je vais péter un câble !


Ou parler de mes élucubrations de toutes sortes. Et ça, il y en a et pas qu’un peu, croyez moi ! Tellement que je me demande si quelquefois je ne suis pas un peu disjonctée… (allez savoir).

De dire que je suis restée en pyjama jusqu’à tout à l’heure parce que j’avais la flemme (oui, honte à moi) vu le temps pourri (pluie avec alternance de crachin) de m’habiller. Mais bon, finalement je l’ai fait parce que mamie Brest (c’est ma belle mère) vient manger ce soir. Et puis, ce n’est pas parce qu’on est fibro qu’on a signé un contrat d’exclusivité chez Décath et chez Damart pour la promotion des joggings et des pyjamas ? Allez, zou, je me remue un peu, eh oui, avant tout, je suis une femme …

De dire que pour la St Valentin, j’aimerai bien demander comme cadeau à mon mari que Robbie Williams vienne dans mon salon (que pour moi toute seule !) chanter et surtout faire son si beau déhanchement… Parce qu’il danse comme un dieu et que ce n’est pas écrit dans les 10 commandements « tu ne regarderas point de beau mec sous peine de brûler dans les flammes de l’enfer » (encore que si c’est avec lui … ). Pourquoi d’abord il n’y aurait que les mecs qui aient le droit de regarder des nanas, super bien foutues qui en plus, j’en suis presque certaine, prennent un certain plaisir à nous complexer. Nous, qui sommes à côté de notre mari et qui d’un seul coup, nous nous trouvons godiches, insipides, pire… moches ! Et, quand ce cas se présente, je peste, intérieurement, ou plutôt, je la jalouse « Pourvu qu’elle se torde la cheville du haut de ses 12 cm de talon ! C’est sûr, elle est passée sur le billard pour avoir un corps comme ça. Oh, comment elle se la pète et puis sa mini-jupe est tellement rikiki que ça en est vulgaire » Oui, je l’avoue, j’ai des défauts, des faiblesses comme tout le monde. D’ailleurs, qui n’en a pas ?

De dire que jeudi, je n’ai pas regardé notre Président à la télé parce qu’écouter un énième plan, de soi disant relance, me prenait la tête. Parce que quand notre ministre de l’économie disait encore il y a quelques mois en parlant de la crise Américaine « qu’elle ne franchirait pas nos frontières », j’ai eu la forte impression qu’on nous prenait pour une bande d’ignards, de demeurés. A croire que si l’on n’a pas fait Sciences Po ou l’ENA , on n’est bon que pour connaitre le prix de la baguette et du ticket de métro (et encore faut-il être parisien pour ce dernier…).

De dire que certaines journées de merde (pfouu, le gros mot est lâché…), je me venge à la cuillère sur le pot de Nutella (format familial, tant qu’à faire !) ou en m’enfilant jusqu’à trois (ou quatre) tablettes de Milka sans aucune once de culpabilité. Sauf qu’après, eh ben, j’ai mal au foie et je me jure de ne plus recommencer (jusqu’à la prochaine fois…).

De dire que ma vie n’a pas été toute droite et bien tracée. Qu’au lieu de prendre l’autoroute, j’ai fait des zigzags et que je me suis aventurée dans les chemins de campagne. Que les cases bien carrées, toutes bien comme il faut , et moi, on n’est pas trop copines.

De dire que quelquefois, j’en ai tellement marre, que j’en deviens infecte (si, si, envers tout le monde).

De dire que j’ai un caractère soupe au lait, que je suis ultra-hyper-susceptible et que je suis têtue (et pas qu’un peu..).

Voilà, toutes ces choses font partie de tout ce que j’aimerais pouvoir écrire librement… sans avoir honte ou sans que tout de suite, le mot fibro appraisse.

jeudi 5 février 2009

A LA CHASSE AUX RATONS LAVEURS

Ah, quel début de semaine !

Brest bloqué par la neige lundi et surtout mardi. De mémoire de Brestois, on n’avait pas vu une telle épaisseur depuis …. euh, de nombreuses années. Et voilà, les voitures qui patinent et qui dérapent, un peu de tôle froissée, les piétons qui tombent ou qui se rattrapent de justesse. Des embouteillages, des voitures bloquées, évidemment, il y avait ceux qui prenaient leur mal en patience car tout le monde était embarqué dans la même galère et ceux qui complètement énervés se défoulaient sur leurs klaxons, comme si produire des sons tonitruants de leurs gros quat’ quat pouvait faire avancer le chimblic.

Dans la tribu, lundi, Olivier était content, tout joyeux :
-Oh, de la neige, vous avez vu ??? Vous allez faire des batailles de neige à l’école, hein?

Caroline et Marie lui ont répondu par un silence signe de … gros vent.

Il n’a pas pu s’empêcher de lancer quelques boules non pas à ses collègues (ouf, l’honneur de la tribu est sain et sauf) mais à Marie juste avant qu’il ne l’accompagne à l’école.

Les fifilles qui disaient que c’était plus de leur âge, en ont quand même fait. Ben oui, le contraire m’aurait bien étonné.

Le lendemain, c’était un autre topo, du verglas en veux-tu en voilà ! Et je me retrouve réquisitionnée en pyjama et robe de chambre polaire, de la même couleur que le petit chaperon rouge, à constater l’état de la route. Et, que vois-je ? Une voiture qui prend le sens interdit, j’agite les bras dans tous les sens pour lui faire comprendre que ce n’était pas la peine de s’y aventurer. Le conducteur et son passager ont peut-être pris peur, vu ma tenue, en tout cas, ils ne m’ont pas écouté, tant pis pour eux ! Et 10 mètres plus loin, ils ont effectué une jolie glissade, digne d’un concours de patinage.

Marie (impatiente) : Je vais être en retard à l’école !
Moi (philosophe) : Tu ne seras sûrement pas la dernière à arriver…
Marie (prête à conduire elle-même la voiture !) : Oui mais bon. On peut y aller ?
Olivier (le sourire jusqu’aux oreilles … effet neige) : Oui, oui, on y va. Faut d’abord que je sorte la voiture.

Marie a une hantise celle d’être en retard à l’école. Et ne parlons pas du pire, du sacrilège, rater ne serait-ce qu’une demi-journée de classe.

Stressée ma petite fifille ? Non, elle aime être ponctuelle. Qualité qu’elle tient de moi (sans vouloir me vanter), je ne supporte pas d’être en retard et je suis toujours à l’avance à mes rendez-vous. Avec Caro, c’est une autre histoire. Pour elle, on est toujours ½ heure en avance, quel don ont les ados d’exagérer ! Oui, c’est vrai, je l’avoue que , bon, il nous est arrivé, quelquefois, exceptionellement (mais vraiment rarement), de poireauter vingt bonne minutes en salle d’attente. Mais, il n’y a pas de quoi fouetter un chat surtout que pendant ce temps là elle peut lire les magazines people et fashion pour son plus grand plaisir….

Pour en revenir à nos moutons et plus précisément à mardi, chaussures à crampons aux pieds (petite précision que je vous donne, je les ai achetées dans un magasin de surplus militaire, c’est pour le style que ça donne une fois mises…), emmitouflée jusqu’aux oreilles, il ne me manquait plus que le chapeau de David Crockett pour avoir l’air d’une vraie trappeuse. Mes deux pollux avec moi, et nous voilà partis à l’assaut des grandes plaines enneigées du quartier ! Par contre, rien à chasser, pas de cerf à l’horizon ni de raton laveur près des caniveaux des trottoirs…

C’était la sortie de la journée, la même que pour la veille.

Souvenez-vous dimanche, ou pour ceux qui ont raté l'épisode précédent, j’étais donc toute guillerette, pleine d’envies, d’idées ! Tout juste, si ce n'était pas jour de fête...

Tous mes beaux plans sont restés à l’état de satellite dans l’univers croisant de temps en temps, au passage, une comète.

Je pensais que j’allais avoir une semaine tranquille à moi, rien qu’à moi, sans grosse crise. Eh bien, même pas ! J’aurais même pu rivaliser avec les prévisions Météo sur ce coup là ! Tout faux… Je me suis complètement plantée et en beauté. Pour ma défense, je me trompe beaucoup moins souvent que les supers ordinateurs de Météo France. Vous allez me dire, c’est pas trop difficile de faire mieux qu’eux….

Adieu mes projets, mes lectures, ma musique …
Rétamée la Clara, et pas qu’un peu ! Out, KO direct par les douleurs même pas le temps de faire un second round.

Bon, allez, la semaine n’est pas totalement finie, j’ai encore trois jours devant moi pour tout caser…


dimanche 1 février 2009

RENAISSANCE

Je n’y croyais plus mais si c’est arrivé, une fois de plus, comme un miracle, comme une renaissance, ma crise est terminée !

C’est jour de fête officiel ! Bon, je sais c’est peut-être exagéré mais après avoir passé trois jours enfermée, isolée chez moi, j’ai envie de sortir, de faire dix mille choses.

Hier matin quand je suis sortie promener mes chiens, j’affichais un sourire jusqu’aux oreilles avec l’envie d’embrasser les gens que je croisais ! Marcher sans aucune douleur, quel plaisir…
J’aurais voulu continuer à marcher encore mais j’ai préféré m’arrêter là.
Car à mon réveil, on m’a donné mon bon de sortie avec comme recommandation « n’en faites pas trop les jours qui viennent… et à la prochaine fois ! »,

Oui, c’est cela, à la prochaine fois, pas dans l’immédiat, je l’espère. Laisse-moi tranquille ne serait ce que deux ou trois jours.

Une envie folle de voir du monde, de respirer l’air extérieur, et une envie furieuse de jardiner !

Je regarde mon jardin … qui est dans un état lamentable ! Depuis le mois d’août, j’ai laissé pousser à leur gré les plantes et les mauvaises herbes. Au bout des tiges des rosiers se dandinent des bourgeons fanés, brûlés par le gel et le froid.
Je vois, j’imagine des pots de toutes formes, des grands, des petits, des ronds, des ovales, peints de couleurs gaies, vives à l’œil. Et dedans, des lavandes, des bruyères, des fontaines de clématites, de chèvrefeuilles qui débordent, qui rivalisent par leurs odeurs, qui ruissellent hors des pots pour étaler leur magnificence.

Voilà, une abondance de plantes ! C’est ce qu’il me faut !
Je m’imagine : mes mains qui plongent dans le terreau tiède et humide, qui le prennent, le tassent. J’aime la terre, j’aime son odeur si particulière…


Je suis quelqu’un dont les origines sont ancrées dans la terre. Je n’en ai pas honte.
Certains ont honte de dire d’où ils proviennent, pourquoi ?
Il est vrai que ca peut faire désordre de dire « je suis fils ou fille de paysan ou d’ouvrier » dans certains milieux. Ou alors on s’accapare de votre passé et on le porte au vent comme un drapeau…

Ah, mes mains qui avant été laborieuses comme des fourmis, exigeantes, perfectionnistes.
Avant, je me rappelle de tout ce qu’elles faisaient…
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