vendredi 30 janvier 2009

REPETITION DU BALLET "CASSE-NOISETTE"

Une grande nouvelle ! J’ai été retenue pour une nouvelle interprétation revue et corrigée du ballet « Casse-noisette ». Incroyable, me direz-vous, mais si …
Et en plus de ça, je n’ai rien demandé. Pas de casting à passer, pas de book à envoyer, que dalle! Pas besoin de tutu ou de justaucorps, un simple pyjama fait l’affaire.

Le metteur en scène a totalement revu cette œuvre connue pour sa célèbre musique.

Pour rappel, l’intrigue de la pièce est tirée d’un conte d’Alexandre Dumas :
A Noël, Clara ( tiens, elle s’appelle Clara) a reçu en cadeau un casse-noisette et, elle le range dans sa chambre (quelle drôle d’idée, me direz-vous…bref). Pendant la nuit, Il se passe des choses bizarres et des souris sortent du plancher. Casse-noisette se bat contre le Roi des souris qui meurt (évidemment). La pauvre Clara s’évanouit et quand elle se réveille, Casse-noisette est devenu un prince (extraordinaire, non ?). Le prince lui raconte son aventure : (de mémoire) il devait casser une noix avec ses dents (je ne sais plus pour quelle raison) mais les souris sont intervenues et le voilà transformé en casse-noisette La suite, c’est du tout rose, style, ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants.

Dans la nouvelle version, casse-noisette doit broyer les pattes du Roi souris, et c’est là que j’interviens.

Eh oui, depuis plusieurs jours, je répète… enfin, je teste casse-noisette ou plus exactement c’est lui qui répète. Pour vérifier sa force, il me broie, il me concasse les genoux, les poignets sans interruption, sans relâche, sans même une pause syndicale.

Pfoouuu, un vrai travail de titan pour moi … non rémunéré en plus.

Imaginez-vous le boulot : vous ne pouvez rien faire, tout juste si vous pouvez tenir debout. Alors, vous êtes dans votre lit et vous subissez casse-noisette en prenant votre mal en patience.

Sauf qu'au bout de 5 jours de répétition non stop, j’ai dit « j’arrête, terminé, j ‘en peux plus ! ». Eh bien, le metteur en scène a refusé sous je ne sais quel prétexte. Me voilà, donc hier après-midi à téléphoner à mon représentant syndical.
Sa consigne : « sortez-lui l’article 33 « cortisone –solupred » du code du Travail ! ».

Je me suis donc pointée devant le big boss avec la loi de mon côté, sauf qu’il n’en a rien eu à faire…

Depuis la fin de la matinée, je ne sais pas si c’est casse-noisette qui fatigue (ce qui m’étonnerait bien d’ailleurs) ou s’ils ont peur d’une grève, toujours est-il qu’on me laisse tranquille.

Oups, j’ai oublié de vous donner le nom du metteur en scène mais je pense que vous l’avez deviné.

Mince, on m’appelle, je dois vous laisser, la répétition recommence…

jeudi 29 janvier 2009

GREVE OU PAS GREVE ?





© Chappatte -
www.globecartoon.com/dessin








Non, je ne suis pas morte enfin, je crois, à moins que l’éternel soit connecté à Internet…


Pas de nouvelle, bonnes nouvelle ? Non, juste pas de nouvelle, crise de fibro. Ce matin, j’y ai pourtant cru, juste un petit moment…l’ouragan est passé, je vais me retaper, reprendre des forces et d’ici 2 ou 3 jours, je serais mieux.


Brève utopie, la crise est toujours là. Je compose avec elle en évitant de focaliser sur les douleurs …se détacher de son corps, penser à autre chose, laisser les pensées s’envoler, errer là ou elles veulent. Y penser et c’est catastrophique, ça vous plombe le moral, ça vous démoralise en moins de 2 minutes. Hors de question de la laisser gagner sur ce terrain là !


Comme je trottine très difficilement (mes genoux et mes poignets sont comme bloqués), j’ai évité de peu et de justesse, une bonne gamelle en descendant les escaliers et tout ça pour aller fermer une fenêtre….la chute aurait fait mal, très mal car j’aurais descendu en vrac l’escalier tout entier.


C’est une journée « type « de M…. comme il en arrive tant d’autres.


Seule chose à faire, s’aliter en essayant de trouver la position la moins algique et attendre. Attendre, encore et encore, une journée ou une semaine… le temps qu’il faudra pour que la crise diminue puis s’estompe progressivement.


S’armer de patience, calculer et minimiser chaque geste tandis que tout autour de moi s’agite…


Les slogans criés dans les mégaphones me parviennent en écho, par bribes. Le rassemblement des manifestants semble être important, les débats et les commentaires vont déjà de bon train à la radio, sur le Net.


Entre ceux qui sont pour la grève, ceux qui sont contre et qui râlent, ceux qui ont l’impression de payer les pots cassés… Droit de grève, liberté des usagers, différences entre le public et le privé, les esprits s'échauffent, le ton monte, tout le monde est loin d’être à l’unisson.


La seule chose que je puisse faire actuellement c’est d’aller dans mon lit… pas de bol pour moi, ma fibro (non syndicalisée) ne fait pas grève.

lundi 26 janvier 2009

SI J'AVAIS SU...

En cette année de 1969, Sandrine a 7 ans. Du haut de son regard d'enfant, elle étudie la calendrier : bientôt Noël.

Elle est contente même si elle n'aura droit qu'à de menus cadeaux : une poupée avec ses parents, un billet avec sa mémé préférée et l'autre ... à coup sur encore un bonnet qui gratte. Elle n'aime pas trop sa grand-mère maternelle, c'est une femme petite, sèche et maigre, qui ne sourit jamais. Elle porte tout le temps une blouse marron, ses cheveux gris sont ramassés dans un chignon bas. Quand elle l'embrasse, Sandrine pense que mémé met du mauvais "sent bon" , maman lui a expliqué que c'était l'odeur de la naphtaline . D'ailleurs, tout sent le vieux et l’antimite chez elle. Et puis, qu'est ce qu'on s'ennuie !

Sa maison est petite : la cuisine où elle mange et reçoit sa famille, une chambre, et un salon minuscule qui ne peut contenir qu'une vieille horloge, quelques chaises en bois et en paille, et une commode d'un autre temps. La visite se passe toujours de la même façon. Immuable, invariable.. Papa et maman s’assoient, et moi avec mes deux sœurs on est là, debout, toutes godiches à ne savoir que faire. Alors, je regarde la table en formica qui occupe pratiquement toute la cuisine même si c’est une table pour quatre personnes.


Toujours la même nappe plastifiée à grosses fleurs (jaunes et rouges) et là-dessus le journal du jour. La télé est collée sur le petit buffet, dans le seul coin resté libre. Le poêle est immense, mémé se chauffe avec et elle cuit ses repas dessus, ça fait des grands ronds de casseroles tous rouillés. Au mur, un calendrier des postes est accroché, rien d’autre, pas de tableau, rien encore que...si, au-dessus de la porte se balance un crucifix pendu à un vieux clou avec une branche de buis poussiéreuse, c'est moche ! Maman nous envoie jouer au salon et eux restent à discuter. Ils parlent d'un ton toujours triste et moi je n'aime pas ça. Papa boit un verre de vin rouge, maman un café. Avec mes sœurs, on attend, il n'y a que ça à faire. Mémé ne nous parle pas. Elle ne nous demande pas comment on va, elle ne s'intéresse pas à nous. On dirait qu'elle n'a pas beaucoup d'affection pour nous : pas de gestes tendres, pas de câlins, et rien que deux bisous obligés, quand on arrive et quand on repart. C'est quoi d'abord cette mémé toujours froide avec son air sévère? Ce n'est pas ça une vraie mémé ! Une vraie mémé ça vous garde de temps en temps, ça vous prépare des gâteaux et ça se doit d'être un peu ronde pour qu’on puisse se blottir contre elle, et pas desséchée comme un vieux morceau de bois.


Heureusement, on n’y va pas souvent car mémé habite loin, il faut faire au moins une heure de voiture pour y aller, et c’est long ! Comme c’est trop petit chez elle, on ne voit jamais personne, ni nos cousins, ni nos cousines.. Je me demande ce qu’elle peut faire de ses journées ? Ah si, elle monte la grande côte à pied jusqu’au bourg pour acheter son pain, et pour le reste elle va à la supérette ou au marché.

Elle doit être pauvre ma mémé, elle ne doit pas avoir beaucoup de sous.. Pourtant avant, elle avait une ferme avec son mari, mon pépé qui est mort il y a longtemps avant même que je naisse.

Le pire c’est que quelquefois ont est obligé de rester pour souper. Mémé prépare du pot au feu et je déteste le pot au feu ! Dans de grandes assiettes à soupe, elle nous sert en premier le bouillon. Maman sait bien que je n’aime les poireaux, mais elle ne dit rien, peut-être parce qu’elle ne veut pas faire de peine à sa maman. Pour me donner du courage, je compte les pétales, les fleurs sur la nappe. Soigneusement, je fais le tri et je pousse avec ma cuillère sur le rebord de l’assiette les petits morceaux de légumes. Je ne fais aucun bruit, tout juste si je respire, pour que personne ne remarque ce que je fais. Mais, il y a toujours des filaments de poireaux, trop fins pour que je puisse les enlever. Et quand l’intrus est là, dans ma bouche, je me retiens pour ne pas vomir. J’ai l’impression d’avoir des vers de terre qui s’agitent sur ma langue, qui nagent dans ce liquide sans goût. Pour pouvoir avaler, je bois un peu d’eau mais le calvaire continue. On doit finir son assiette mais je n’y arrive pas. Maman me fait toujours la même remarque « Qu’est ce qu’elle est difficile ! ».


La suite du dîner est pire ! De la viande avec du gras, et des légumes. Mon assiette me semble immense. J’essaie de disséquer ma viande, ce qui me prend beaucoup du temps. Et, comme je ne mange pas, maman me force. Je ne peux pas, la tête baissée, j’entends ses reproches. Ma petite sœur, elle aussi qui n’a mangé pas sa viande, est excusée car elle a 5 ans. Je sais pourquoi maman la laisse tranquille… c’est sa chouchoute, la petite dernière. Papa mange et se sert toujours du vin dès que son verre est vide. Et là, maman lui fait la remarque «Jacques, il y a la route ! » mais papa sourit et continue de boire jusqu’à la dernière goutte. Une fois qu’il a terminé, on peut partir.



Mes sœurs et moi on s’endort toujours pendant le trajet du retour. Maman nous réveille quand papa rentre la voiture dans le garage. Une fois à la maison, je n’ai qu’une seule hâte, aller dans ma chambre, même si j’ai mon estomac qui me tiraille un peu.


Une fois au lit, je prends mon livre en attendant que papa et maman vienne me dire bonne nuit. Maman me dit qu’il est tard et qu’il faut que je dorme mais j’ai faim, faim d’aventures, de belles amitiés. Tant pis, je lui désobéis pour pouvoir rêver et bien dormir après. Mais, je repense à ma mémé , je suis contrariée parce.Il faudrait que je le dise au curé la prochaine fois qu’il viendra nous confesser à l’école, mais j’ai trop peur d'une punition. Comme tous les soirs, je fais ma prière comme on nous l’a appris à la catéchèse, mais aujourd'hui, je demande au bon dieu de me pardonner de ne pas trop aimer ma mémé . Je sais que c’est mal, et je me demande si lui là-haut il me comprend. J’ai vraiment honte, mais je n’y peux rien, je l’aime bien mais pas profondément comme je le devrais. Alors, je récite en plus une prière et je m’adresse au bon dieu tout bas :

-Excuse-moi, je sais qu’il faut aimer son prochain mais ma mémé elle ne m’aime pas. Je te promets de faire des efforts… Je te le dis car je ne peux pas en parler à personne. Si je me confesse au curé, il ira le répéter aux sœurs à l’école et après maman le saura. J’espère que tu ne m’en veux pas trop.


Trois années sont passées, Sandrine va vers ses 10 ans. Ses sentiments vers sa mémé n’ont pas changé. Sauf qu’elle a désormais compris beaucoup de choses, même trop …


A suivre...

J'AI PEUR DE TE FAIRE DU MAL

Je suis là dans ce train, et toi tu me regardes partir, tu me laisses m’en aller parce que je te l’ai demandé. Comment en sommes nous arrivés là ?

Juste avant de monter dans le wagon, je me suis retournée et j’ai vu ton regard qui me suppliait de rester, de faire demi- tour, et qui me demandait pourquoi….
Pourquoi ? Tout allait si bien…

C’est vrai qu’avec nos boulots respectifs, on se croisait à l’aéroport, dans les gares… Toi à l’autre bout de l’Europe et moi à Paris, mais on était heureux. Chacune de nos rencontres était comptée par le temps, une heure ou plus entre deux avions. Mais ce temps, on en profitait, on le croquait à pleines dents, on en jouissait davantage car on savait qu’il n’était pas éternel, qu’il y avait une fin.

On courait, main dans la main, vers le premier hôtel pour ne pas perdre une minute. On s’embrassait dans les escaliers, dans les ascenseurs. La porte de la chambre était à peine refermée, tu me déshabillais, je te déshabillais… Je me souviens de l’odeur de ta peau, de tes caresses, de tes baisers, de ta bouche qui parcourait mon corps. Savoir que chacun devait ensuite repartir, renforçait l’intensité, le plaisir de l’amour, le rendait encore plus brûlant, plus ardent.
Il y a trois mois, tu m’as annoncé que tu allais chercher un poste sur Paris pour qu’on soit enfin ensemble, pour qu’on vive sous le même toit.

Vivre ensemble… j’ai pris peur. Peur de perdre ma liberté, peur qu’on se réveille, un jour, dans dix ans englués dans la routine, peur que le quotidien devienne un train-train, peur que tous les jours se ressemblent et que notre amour si grand à force, ne trouve plus de place, qu’il se lime, qu’il s’érode, qu’il s’effrite, qu’il s’amenuise.

J’ai pris peur mais je ne te l’ai pas dit….

Et quand il y a deux semaines, tu m’as annoncé au téléphone que tu étais muté à Paris, je me suis mise à pleurer.

Tu n’as pas compris, tu croyais que je pleurais de joie. La pensée de la fin de notre amour qui se profilait, mon désarroi étaient là dans toutes ces larmes, dans tous ces sanglots.

Tu m’as demandé ce qui se passait, pourquoi le timbre de ma voix était triste. Je n’ai même pas pu t’expliquer par lâcheté. Lâche, oui, je une suis lâche, une trouillarde, une faible, une dégonflée qui redoute l’avenir, alors, je me suis réfugiée derrière des prétextes débiles, que ta carrière allait en prendre un coup, que ce poste était moins intéressant. Tu me disais que ce n’était pas grave, que l’essentiel était qu’on soit ensemble, que tu voulais que l’on bâtisse notre couple. Mais pour construire, il faut être stable, déjà construit. Et moi, je ne le suis pas. Tu répètes souvent que mon prénom Claire ma va bien car tu dis que tu lis en moi. Tu t’es trompé, celle que tu vois n’est que l’ombre d’elle-même, une sylphide, une chimère. J’ai construit autour de moi cette image, cette façade, ce cliché de jeune femme de 27 ans si sûre d’elle, pour me protéger des autres, pour ne plus souffrir.

Hier, j’ai pris mon courage à deux mains, j’ai sauté dans le premier train pour venir t’expliquer, pourquoi il fallait mieux que l’on arrête là, même si ça fait mal, même si je suis brisée en mille morceaux.

Quand je me suis retrouvée face à toi, je n’avais qu’une seul envie, me serrer contre toi et que t u m’embrasses comme avant. Non, il ne fallait pas, il fallait que je prenne du recul sinon la douleur sera encore plus grande.

Tes trais tirés, ton visage blême …une nuit blanche pour toi comme pour moi.
Tu étais là tellement beau, même si tu étais abattu, toi, Marc, le grand amour de ma vie.
Tu m’as proposé un café, j’ai frémis quand tes doigts ont effleuré les miens. Fermer les yeux, se concentrer, ne pas céder…
J’ai attendu que tu t’assois pour prendre place à mon tour loin de toi pour mettre une barrière entre nous deux.
Tu voulais savoir, tu posais des questions….

Tu as rencontré quelqu’un d’autre ? Non.
Mais alors, pourquoi ?
Parce que …
Parce que quoi ? Explique-moi.


Et là les mots sont sortis de ma gorge, ils ne voulaient pas s’arrêter.
Parce que j’ai peur de te faire du mal, parce que ton amour est si grand que me sens petite à côté de toi, parce que j’ai besoin d’espace pour me construire et que j’ai peur que l’on se fracasse…

Je n’osais même pas te regarder, j’avais les yeux rivés sur ma tasse par peur d’affronter ton regard, tes si beaux yeux.
Je voulais me taire mais c’était plus fort que moi, il fallait que je t’avoue qui j’étais vraiment, alors plus les mots jaillissaient et plus je me sentais légère. Je me débarrassais d’un poids devenu trop lourd à porter.

Tu comprends ? Je ne suis pas forte comme toi, il me faut du temps…J’ai tellement peur …

Tu ne comprenais pas mes bribes d’explications toutes aussi confuses que moi.

Mais tu as peur de quoi exactement ? Je suis là et je serai toujours là pour toi. Je t’aiderai … je t’aime.
Je ne me sens pas prête, pardon.
C’est ça alors ? Mais pourquoi tu ne m’as rien dit avant ? Pourquoi ??? Pourquoi tu m’as laissé croire que tu voulais qu’on vive ensemble ? J’ai quitté mon travail pour toi. Tu t’en rends compte ?


Tu t’es levé, furieux et tu es allé à la fenêtre. Oui, je le sais, Marc, oui, je sais que je t’ai fait du mal, mais ca va trop vite pour moi, excuse-moi.

Tu as pris ta veste et tu es parti. Tu m’as laissé là seule avec mes remords, ma culpabilité. Vers 22h00, tu es revenu, ton haleine empestait le whisky. Mais, je n’ai rien dit, d’ailleurs qui suis-je pour te faire la morale ?

Tu t’es mis à genoux, tu pleurais. C’était la première fois que je te voyais ainsi. Je t’ai caressé les cheveux comme une mère qui réconforte son enfant pour que ta douleur soit moins grande.
Tu t’es endormi dans mes bras sur le canapé. Toute la nuit, je n’ai fait que te regarder, pour ne pas t’oublier, pour me souvenir de toi pour toujours.

Ce matin, l’ambiance était morose. Aucun de nous deux parlait, à quoi bon ? Tu savais que tu m’avais perdu, que se battre ne servait plus à rien. Dans le taxi qui nous emmenait à la gare, tu regardais par la vitre, l’air absent, songeur.

Pas d’adieu, pas d’au revoir, c’est mieux comme ça. On se fait la bise ou on se serre la main ? Comment fait-on ?
On s’est regardé, sans un mot, et puis je me suis avancée vers le quai. J’espérais que tu me rattrapes, que tu me prennes dans des bras, que tu me cries ton amour ….

Tu ne l’as pas fait, tu as eu raison, c’est moi qui t’ai fait du mal.
Blottie contre la vitre, je pleure. Je ne sais plus où j’en suis. Ai-je pris la bonne décision ? Faut-il que je sois seule pour me construire, m’affirmer. Oh, je suis perdue et tu me manques déjà. Je peux pleurer, j’ai toute la place pour moi, et alors, est ce je respire mieux ? Qu’est ce que qu’il me reste désormais ? Que des souvenirs pour me réduire encore plus en miettes, pour me sentir encore plus minable.

Et si, je m’étais trompée. Et si c’était possible que je me grandisse avec toi ? Je suis peut-être en train de faire la plus grande connerie de ma vie ? Et pourquoi demain notre amour serait- il moins fort, moins solide?

Est-ce que tu m’aimes encore ? Accepteras-tu d’oublier tout ce mal que je t’ai fait ?
Le prochain arrêt est dans moins d’un quart d’heure. Qu’est ce que fais ? Je rentre à Paris ou alors je descends du train pour te rejoindre ?

A suivre...

dimanche 25 janvier 2009

OUI, ALLO, C'EST POUR ?



Vendredi

Imaginez-vous, vous dormez du sommeil du juste, car vous aussi vous y avez le droit à cet état de justice, de grâce.



« Tintintrala Tintintrala Tintintrala Tintintrala Tintintrala »



Hein, qu’est ce que c’est ? Vous entrouvrez les yeux malgré tout pour vérifier l’heure 14h10, mais qui peut appeler ? Pas grave, vous vous dites, vous allez vous rendormir, vous êtes trop fatiguée…


Deux minutes plus tard :
« Tintintrala Tintintrala Tintintrala Tintintrala Tintintrala »


Alors, là, vous vous posez quelques questions même si vous êtes dans un état second. Vos neurones se mettent en route, pas longtemps mais suffisamment pour se poser une question. Tout le monde de votre entourage sait qu’on ne vous téléphone pas entre midi et 15h30, et pratiquement tout le monde respecte cet horaire (hormis quelquefois une de vos sœurs…). Si on vous téléphone avec insistance, votre conscience de mère se réveille, et vous pensez tout de suite que c’est l’école : l’une de vos fifilles doit être malade ou s’est cassé un bras ou une jambe ou des deux…. Pfouuu, en moins de deux, vous vous extirpez de votre cocon tout chaud, tout douillet, vous tenez à peine debout mais vous réussissez à saisir le combiné avant la dernière sonnerie.

-Oui, dites-vous d’une voix pâteuse.
-
Monsieur C. ?
-Non, c’est son épouse.


Vous éteignez le plus discrètement possible un bâillement digne d’un rugissement de lion.

-Bonjour, je me présente Christiane de ma société Jappellepourvendre. Je vous appelle…


Votre sang ne fait qu’un tour ! Vous n’êtes plus dans la torpeur qui suit le réveil, non, vous êtes ravivée, ressuscitée. Vous coupez la parole à la Christiane. D’ailleurs, vous vous demandez pourquoi elle vous fournit son prénom, vous n’avez pas élevé les vaches ensemble ou partagé des bonbons à la récréation quand vous étiez enfants.

-
Quoi ? Alors, vous allez dire à votre responsable de la plateforme téléphonique de mettre à jour ces fichiers ! Ca fait plus de 4 ans qu’il est précisé qu’on n’accepte pas le démarchage par téléphone !
-Mais, Madame C., c’est pour vous présenter un nouveau produit….



Stop ! Fin de la conversation, vous raccrochez sur le champ. Trop, c’est trop ! Que vous soyez obligée d’interrompre votre sieste nécessaire pour entendre Christiane, vous êtes en pétard, furax !

Depuis deux semaines, vous êtes harcelée, assaillie de coups de téléphone à n’importe quelle heure. On vous allèche, on vous fait saliver, miroiter des forfaits de portables et Internet, et ce pratiquement pour rien, … et des placements financiers qui vous rapportent du 200% sur trois mois!

Bigre, vous vous dîtes que votre banquier est un double zéro puisqu’il ne vous a jamais proposé un tel produit pour vos maigres économies.

Et dire, quaujourd’hui, c’est votre grand jour, vous vous devez d’être en forme, non pas que vous alliez recevoir une ou des personnalités importantes du monde politique ou de la jet-set. C’est Le jour de votre big sortie !

Ce soir, vous allez assister à un concert de votre chanteur préféré Miossec qui en plus sera accompagné par un autre grand de la musique Tiersen. Vous vous imaginez ?

Dès le matin, vous avez prévu votre emploi du temps : un peu de remise en forme, ensuite aller tranquillement au supermarché du coin acheter des pizzas pour le repas de vos fifilles qui elles ne vous accompagnent pas, et ensuite ne rien faire, se reposer.

Levée aux aurores, vous faites du tapis de marche avec bien entendu Miossec dans les oreilles.
Votre fifille aînée rentre, avec un papier à la main et de toute évidence, elle vous parle vu que ses lèvres bougent. Bon, vous n’entendez rien, alors, vous daignez juste enlever une oreillette pour ne pas perdre quand même toute la chanson.

-
Tu peux enlever tes écouteurs ?
-On ne croit plus en l’infini mais en l’éphémère !
Vous chantez…non, vous vous égosillez.

D’ailleurs, le chant vous est inconnu et se résume à des beuglements dans le meilleur des cas.Votre fifille a compris qu’il ne fallait pas vous déranger et qu’elle a oublié la règle. Vous n’êtes pas dupe, papier dans sa main signifie quelque chose à faire signer. Tant pis pour elle car vous ne déposez votre honorable graffitis de signature que le soir et ce jusqu’à une heure raisonnable. Passé ce délai, fifille aînée doit se débrouiller idem pour Petite fifille.

Sans aucun remord, vous remettez votre écouteur, fifille aînée va devoir aller voir son papa qui à cette heure ci doit encore dormir…

Vous vous éclatez la tête, vous vous fracassez l’esprit, les chansons vous envahissent, vous remplissent, vous inondent.

Mais, qu’est ce qui ce passe ce matin maintenant c’est Petite fifille qui arrive. Un vrai défilé !

Heureusement que vous n’en avez que deux dans votre tribu sinon il y en aurait pour la matinée entière….

-
Tu as bientôt fini ?
-Quand tes larme ont coulé….Réveille-toi, ne vois tu pas… je suis toujours là…


Petite fifille n’a pas attendu votre réponse, elle est partie ! Elle n’a pas dû apprécier votre joli son de voix.

Etape numéro 1 effectuée, vous passez à l’étape numéro 2.
Sous la pluie, courageusement, vous allez leur acheter de quoi manger.
Vous passez au moins dix bonnes minutes devant le rayon pizzas tellement il y en a. Vous optez pour une simple et pour une super garnie, entre les deux ça fera une moyenne !

Rentrée chez vous, vous êtes déjà éreintée par les deux premières étapes. Eh, enfin la troisième… se délasser, se détendre pour éviter le comble du malheur, une crise !

Vous repensez à votre dernier concert. C’est qu’il vout faut chercher loin dans votre mémoire. Euh, c’était quand exactement ? Ca vous revient, il y a à peu près 2 ans pour Aaron à Brest, et avant aussi vous aviez été au Zénith de Nantes, pour Muse... bien, assise, de l'espace. Et il y a eu le fameux concert où vous n’avez entendu que la première chanson et la moitié de la seconde !

Concert mémorable pour vous et votre mari !

Ben Harper à Brest, oh, c’était quand, 2002 ou 2003 bref, qu’importe.
Vous étiez bien entendu arrivés à l’avance car vous ne supportez d’être en retard. De nombreux jeunes étaient là eux aussi bien avant vous, le verre de bière et le chichon à la main. Jusqu'à là, vous respiriez encore à peu près normalement.

Le chanteur se faisait attendre, la salle se remplissait de plus en plus de jeunes stones, les joints circulaient en libre service. Vous commenciez à ne pas vous sentir bien avec toute cette fumée… Avec une heure de retard, Ben Harper arrive enfin sur scène et vous êtes obligée de lever la tête pour le voir.

Et, vous, vous commencez à suffoquez, votre tête tourne…vous vous tournez vers votre mari et, zou, vous faîtes un malaise, vous tombez…

Quand vous ouvrez les yeux, votre mari est à côté de vous dans l’ambulance et vous avez une minerve autour du cou. Il vous raconte. Héroïquement, il vous a porté sur son épaule, bravant les stones, complètement stones, qui ne réagissaient pas à son passage. Il a dû les pousser, leur marcher sur les pieds pour atteindre le poste des secouristes sur le côté car vous étiez en plein milieu de la salle.

Encore shootée par toutes les vapeurs, vous dites à votre cher et tendre de retourner au concert tandis que l’on va vous emmener à l’hôpital. Comme vous avez très mal à la nuque et que vous ne pouvez pas bouger la tête, les pompiers ne veulent pas prendre de risque. Votre mari refuse mais vous insistez (vous devez vraiment avoir respiré beaucoup de fumée….)

-
Ca va aller, on a payé 90 euros nos places alors retourne au concert… ne t’en fais pas pour moi.

Votre mari refuse catégoriquement vu votre maladie. Et vous vous retrouvez à passer un scanner tandis que Ben Harper lui a continué son concert…

Depuis, vous prenez vos précautions, vous n’êtes plus qu’à deux mètres des pompiers ou des personnes de la Croix-Rouge

Il est 14h30, maintenant, et vous êtes réveillée à cause de ladite Christiane, votre plan est remis en cause. Et m….. !

Vous vous remettez au lit mais le sommeil ne vient plus, vous vous relevez et vous vaquez à quelques tâches ménagères.

Il est 17h00, et vous ne tenez plus debout et surtout vous avez mal.
Vous retournez au lit, en disant à votre mari de vous réveiller une demi-heure avant l’heure du départ.

Trop de douleurs, vous ne dormez pas, vous avez gagné le jackpot mieux que l’Euro millions …une bonne vieille crise !

Pas question de rater le concert, vous prenez deux vitamines C, de la cortisone pour vous dopee, et deux tablettes de chocolat dans votre sac à main. Parce qu’en plus, vous n’avez rien dans le ventre…

Une fois au Quartz, vous êtes scotchée, vous oubliez tout, c’est tellement beau, magique. Vous voudriez que ça ne s’arrête pas… Allez, chante encore Miossec, pour moi !

A la sortie du concert, même si vous êtes encore sous l’emprise de la musique, des paroles, la crise est là, elle aussi.

Vous savez que les jours suivants vont être difficiles mais tant pis car vous êtes heureuse, vous débordez de bonheur, vous êtes sous l'effet de ce que vous venez d’entendre et de voir, vous vous sentez toute légère …. Et ce sans chichon !

jeudi 22 janvier 2009

LE TAS DE SABLE


© Chappatte - www.globecartoon.com/dessin


Pratiquement 16h00 ! J’ai dormi presque 1h30 … euh, enfin, en trichant un peu. Oui, Je l’avoue sans aucune honte, sans remords, ni regrets d’avoir avalé quelques minuscules petites gouttes de rivotril.

Imaginez-vous depuis quatre jours, le bruit des bulls, des marteaux piqueurs et autres engins qui me sont inconnus mais qui délivrent un boucan, un raffut inimaginable ! Ma maison est encerclée, ma rue est prise d’assaut par des troupes de bonshommes jaunes et oranges fluos .

J’ai l’impression d’être devenu une Astérix dans son village Gaulois entouré, assiégé par les Romains.

Et attention, il y a deux équipes ! J’ai commis la maladresse de demander à un de ces messieurs orange où seraient les futures places pour se garer. Et il m’a répondu, en désignant les bonshommes d’une autre couleur qu’il fallait que je m’adresse à l’autre groupe plus loin.

Maintenant quand je sors de ma réserve, je dis bonjour à tous les bonshommes, toutes couleurs confondues , pour ne froisser personne.

Forcément, tout ce vacarme me tape sur les nerfs, m'empêche de me concentrer, pire, il m’a donné un grand coup de cafard. Un énorme insecte qui n’attendait plus qu’à me dévaster comme un tsunami !

A n’y rien comprendre…

En début de semaine, je me répétais inlassablement que la vie est belle, comme le dit Katherine Pancol, c’est sa maxime, sa philosophie. Et il y avait de quoi !

Miossec et Yann Thiersen en concert ce week-end, je désespérais depuis des semaines que l’on trouve une âme charitable qui nous vende ses places. Et, miracle, Oliver a vu une annonce ! Et nous avons, in extremis, nos assises, bien placées en plus, pour demain soir. J’étais sur mon petit nuage… tralalalalère !

Et, il y a eu un état d’urgence, mince, plus qu’un seul livre en attente sur ma table de chevet hormis celui que je lis. Big problème, je ne pouvais pas marcher jusqu’à l’arrêt de bus et en plus je devais passer un coup d’aspirateur et écrire !

Aspi ou écrire… Ecrire ou aspi… Et tout ce boucan incessant !

Bon ce fut l’aspi : grande extension puis grande flexiondu bras afin de limiter mes petits pas. Une chose de faite qui m’a coûté ma matinée … Ca m’a agacé ! Et il fallait que j’écrive…

Un petit peu de cortisone pour l’effet coup de fouet et hop, me voilà à pianoter des mots, des phrases. J’étais contente sur le coup mais le lendemain, c’était la catastrophe.

Et oui, je n’étais pas contente de ce qu’avais pondu, une suite et une fin bâclée digne d’une histoire de la revue « Nous deux », du Barbara Cartland, mais ce n’est pas moi ça !

Oh lala, mais qu’est ce j’ai fais ? Je me suis dépêchée, empressée et j’en ai oublié la qualité. La morale que j’en retire est que je suis incapable de produire des textes à la pelle dont je suis fière! Rien de pire pour se remettre en doute… une fois de plus !

Hier après-midi, chacun de la tribu vaquait a ses occupations. Caroline à son cours de danse, ordi, un peu de devoirs, et encore ordi et la question qui tue :

-
Comme c’est les soldes, est que l’on peut m’acheter un nouveau bas de jogging ? Parce qu’en sport, on fait de l’athlétisme dehors et j’ai froid.
- Ben non, les achats c’est fini ! Et c’est la fin du mois.
-Mais non ! On est le 20 et pas le 31.
-Oui, ma chérie, il ya la fin du mois sur le calendrier, mais il y a la fin du mois budgétaire, des achats qui, elle, arrive plus tôt !


Entre deux explications sur les dépenses, sur tout ce que l’on doit payer par mois et que le budget « soldes » a été explosé, Marie qui a découvert MSN depuis peu, et qui est devenue accro m’appelle :

-
Maman, je t’ai envoyé un message sur MSN !
-Mais, ce n’est la peine, je suis là, tu n’as qu’à me parler.
-Si, si, tu le lis, hein ?


Ma messagerie explose de « coucous, tu vas bien ? » et de « Maman, je t’aime, et toi ? ».

-Marie, tu as préparé tes affaires pour ton cours de dessin ?

Tentative infructueuse pour qu’elle arrête de m’assaillir de ces petits mots…

-Je n’ai rien à préparer, je prends juste mon sac !
-Eh bien, descends prendre ton goûter !


Là, j’ai visé juste en disant le mot magique « goûter » : les céréales, le pain, le nutella arrivent en un temps record sur la table !

Olivier lui a de quoi faire entre les courses et amener tout ce petit mon à ses activités, puis aller les chercher. La course poursuite contre le temps du mercredi après-midi.

Et, voilà, je me retrouve toute seule. Il faut que je m’aère, même s’il pleut.

Marcher, mâcher…. Mâcher, mâcher.

Mâcher et non pas ruminer. Mâcher un chewing-gum pour que le rictus qui se profile au coin de ma bouche ne se voie pas. Ce sillon si particulier qui se dessine à l'embouchure de mes lèvres, cette ondulation qui plisse mes joues comme si un fil invisible les tirait, les tend...Quand je sens les pleurs coincés dans ma gorge. Pour éviter qu’ils sortent, je mâche… tant pis pour l’aérophagie.

Je ne pense pas ou plutôt je m’auto-analyse, je me dédouble faisant la psy qui pose les questions et moi qui y réponds. Un dialogue incisif, elle me pousse dans mes retranchements les plus lointains.

-
Eh ben alors, tu fais moins ta fière ? Tu te rends compte que tu n’arrives pas à tout faire ? Tout faire et le faire bien ? Tu as oublié que tu n’étais plus une Wonder-Woman ?

- Oui, ok, j’ai cru que je pouvais, tu es contente, tu m’as rappelé qui j’étais?

-Mais c’est toi qui devrais être contente, ma belle ! Tu me rabâches les oreilles que tu as des tas de nouvelles à écrire, des tranches de vie qui collent à la réalité, et qu’est ce que tu fais ? Hein ? Rien… Ah si, tu a écris une petite histoire à l’eau de rose….Tu te lances dans ce style là ?

- Non et non ! J’ai été trop vite, je le regrette, et je me sens mal, je me sens pas bien…J’ai l’impression d’être un tas de sable qui se disperse. Et tu vas me dire quoi ? Que je suis une personnalité bipolaire ou lunatique ?

-En tout cas, le tas de sable ingurgite sans problème les tablettes de Milka à la suite!

- Ben oui, je mange du chocolat, dès que je suis contrariée !

-Ce n’est pas avec des regrets que tu vas avancer. Alors, organise toi, écris peut-être moins mais écris ce que tu veux vraiment !

-J’ai besoin de parler…Tu peux le comprendre ça aussi ? Besoin de dire que je me perds…


Marcher, mâcher… mâcher, marcher.

Trempée comme une soupe, mes jambes m’ont conduit chez Dialogues. Dès que j’ai franchi la porte, je me suis sentie mieux, rassurée à la vue de tous les livres… Direction le rayon des romans, je me sens moins crispée, un peu plus détendue. Quels livres acheter pour me redonner du peps ?

Ah, je suis sauvée, il y a ma vendeuse attitrée ! C’est la mienne !

Elle connait mes gouts, me conseille et on parle des livres que j’ai lu, si j’ai aimé ou pas.
Et là, la discussion a débordé de son cadre habituel, il a fallu que je lui raconte tout !

Mon blog, mon bouquins, vos mails qui me disent que j’écris bien, mes nouvelles qui n’attendent qu’à prendre vie, l’éditeur foireux et qu’au final…. je ne sais plus où j’en suis.

Je lui ai même laissé l’adresse de mon blog. Elle m’a dit que :
-Si un livre a sa place sur le marché, il faut juste trouver le bon éditeur. Prenez votre temps ! Si vous ne vous sentez pas encore prête à franchir le pas qu’il ya entre un blog et un livre, attendez…

Elle a raison, ma vendeuse, sauf que pour moi, le pas à franchir est un énorme gouffre, un fossé !

Et si, elle me lit et qu’elle trouve nul ? J’aurais l’air de quoi ? Ben d’un tas de sable embarrassé…




mardi 20 janvier 2009

UNE GIFLE POUR DEUX MINUTES DE REVE

Dimanche matin, j’ai accompagné Oliver et Marie à la piscine. Car, attention, moi, à la piscine, c’est un exploit, un jour mémorable du calendrier que l’on entoure de rouge !

Je l’avais promis à Marie, et je me devais de tenir ma parole car depuis la veille, elle ne cessait de me dire :
-Demain, maman, tu viens avec nous, n’oublie pas ?

Je ne risquais pas de l’oublier, à peine était –elle levée, qu’elle arborait un sourire jusqu’aux oreilles, tenant à la main son sac déjà prêt.

-Bon, on y va ?
-Tu vas peut-être prendre un petit dej ?
-D’accord.


Mon enthousiasme était moindre, 4h00 de sommeil, et puis l’odeur du chlore, de la javel très peu pour moi. Mais bon… et puis, réflexion faite, quelques brasses ne pourront pas me faire de mal.

La piscine donne directement sur la mer avec ses bassins ludiques, son toboggan, …une piscine où l’on peut patauger, se mettre dans un petit bassin et rester là.
Il n’était que 10h30 et c’était déjà la foule ! Eh oui, le dimanche matin, c’est la sortie parents-enfant, les pros des longueurs, chrono au poignet ne sont pas là. On se montre comme on est, avec ses petits bourrelets, ses fesses plates, la peau flasque, … Personne n’est là pour juger. Pas de tribunal, pas de palmarès ou d’élections des beautés physiques ou des records. Tout ce petit monde est là pour s’amuser !

Et mince, au bout d’une demi- heure, l’eau ne me portait plus, au contraire, j’avais l’impression de devoir lutter contre des tonnes pour bouger. Toute cette pression oppressait, comprimait mes articulations.

J’abdique. Direction la voiture en attendant Olivier et Marie. Avachie sur mon siège, en pleine crise, la tête collée à la vitre, perdue dans la torpeur des douleurs, les yeux à demi-fermés, j’assistais aux arrivées, aux départs de tout ce flot.

Au même moment, côte à côte, il y avait trois petits garçons âgés entre 8 et 10ans qui regardaient, contemplaient la mer calme, les bateaux à quais.

-Pierre-Hugo, Corentin ! Les garçons on y va, sinon nous allons être en retard pour le déjeuner.

Pierre-Hugo et Corentin se sont retournés, n’ont pas bronché, n’ont pas sourcillé, et ont obéi à leur père. Tous deux droits comme des « i », bien habillés, ils n’ont rien dit, ils ont suivi docilement le pater familias sur le parking.

L’autre petit garçon était toujours là, je voyais bien qu’il rêvait, qu’il était heureux.

-Eh, tu te grouilles ?

Ses parents l’attendent. A peine sortis de la piscine, tous deux ont déjà allumé leur cigarette, ils sont pâles et maigres, ils marchent tête baissée… sur leur visage, pas la moindre expression de joie ou de gaieté d’avoir passé un bon moment de détente avec leur fils.
Le père se retourne :
-Mais P….., qu’est ce que tu fous ?

La mère attend, le père, lui,énervé va jusqu’à la rambarde et agrippe brusquement son fils par le bras pour le ramener.

Le petit garçon ne dit rien, il traîne des pieds pour pouvoir grappiller encore quelques minutes de cette vue. Il ne doit pas avancer assez vite pour son père qui tout d’un coup s’arrête et le gifle !

-On t’a dit quoi ? Hein ? Alors, tu te magnes ! C’est pas possible…

Oui, en effet, monsieur, ce n’est pas possible de gifler un enfant juste parce qu’il voulait encore rêver quelques minutes.

Pierre -Hugo, Corentin et ce petit garçon se sont croisés, là, par hasard, mais leurs vies, leurs chemins semblent être tracés, dessinés en parallèles. Auront-ils l’occasion de se rencontrer plus tard ?

J’ai continué à regarder le petit garçon, son regard était devenu tout triste, et il a baissé sa tête.

J’ai eu envie de sortir de la voiture, de lui dire que ce n’est pas que celà la vie ! Qu’il aura encore l’occasion de rêver, de voir d’autres choses, de rencontrer des gens qui voudront l’aider dans des tas de situations !
Mais, j’avais tellement mal que je ne pouvais même pas ouvrir la portière… Alors, je n’ai rien dit, comme les autres d’ailleurs qui étaient plus occupés à chercher leurs clés de voiture, ou à remettre un peu d’ordre dans leurs cheveux.

Une gifle pour deux ou trois minute de rêves, c’est cher payer. Comment peut-on être aussi méchant avec ses propres enfants ? Encore une belle facette de l’âme humaine…

samedi 17 janvier 2009

STOP AU POP-CORN!

Hier, ce fut une journée riche en émotions, en évènements. Une journée démarrée sur les chapeaux de roue qui vous fait monter en flèche le taux d’adrénaline !

Réveillée, une fois de plus encore, avec l’impression d’avoir un protège dents en acier de boxer dans la bouche, impossible de desserrer les dents. Après plusieurs mouvements, enfin, ma mâchoire se débloque, je peux enfin avaler ma première dose de caféine.
Tiens, et dire, que j’attends toujours l’appel de l’orthodontiste depuis plus d’un an et demi pour cause de « cas atypique » …

Il faut toujours que dans les 99,9% , je sois le 0 ,1% qui reste, celui qui ne fait pas l’unanimité, celui qui dérange mais qui est si petit donc personne ne s’en préoccupe.


Tout le monde parti, j’avais prévu, organisé ma journée, ne rien faire hormis me faire plaisir, armée de bonne humeur.

Et oui, j’avais décrété, instauré une pause syndicale de 12h00. Oh, le linge ! Et bien, il reste dans son panier. Et pour le reste idem, je m’interdis de toucher ou même d’approcher à moins d’un mètre l’aspirateur, le balai, ou un chiffon de ménage !

Et que vois-je à la fenêtre ? Des bonshommes tout orange ! Des extra-terrestres ? Mais, non pas d’OVNI en vue, par contre des énormes bulls juste là sous mon nez ! Ah, des travaux dans ma rue…

La petite promenade des chiens effectuée en zigzaguant entre tous ces bonshommes orange, les bulls, le goudron… De retour à la maison, je m’installe devant mon ordi pour écrire seule, non pas toute seule, mais avec Miossec qui m’accompagnait…

Je n’ai pas vu le temps passer… comment rester insensible à :
« C'est possible enfin de s'agrandir
Quand il n'y a plus personne en face
Enfin, on se touche, on respire
On occupe toute la place
La seule qu'on n'ait jamais su tenir
Celle de sa gueule devant la glace
On sait enfin à quoi s'en tenir
Quand tout seul on se fracasse
La gueule contre ses meilleurs souvenirs … » *
*Extrait de la chanson « Une bonne carcasse » de l’album « Baiser »

J’en étais imprégnée, saoule, ivre de ces chansons ! Pas besoin de plus pour être dans un état second : les paroles, la musique de Miossec et moi qui explore de nouveaux thèmes. Je n’ai pas vu la matinée passer tellement j’étais absorbée par l’histoire de mon nouveau blog collaboratif. Quelle chance de pouvoir pénétrer, de décrire les cieux, les abimes de l’amour des relations entre l’homme et la femme.
L’amour ! Que y’a t-il de plus beau ? Rien, l’amour d’une mère pour son enfant, l’amour qui lie, qui unie pour toujours deux êtres, l’amour fraternel… C’est un sujet inépuisable.

J’ai fini ma journée toute gaie et assez fière de moi, je l’avoue.

Le soir, on est allé au ciné, avec Olivier, que tous les deux.
-Bon, les filles, nous on sort, on peut vous faire confiance ?
-Oui, oui, …

La télé était déjà en route faisant office de nounou.
Tant qu’elles sont d’accord de regarder le même programme, ca se passe bien sinon, c’est l’appel d’urgence de Caroline sur le portable.
-Maman, et bien Marie, elle, elle ne veut pas regarder ce que j’ai choisi !

Et là chaque fois, on entend en arrière fond Marie qui dit que l’inverse…
-Vous n’êtes pas d’accord, c’est chacune dans sa chambre ? Compris ?

Et là, miracle, elles trouvent enfin une série ou une émission de divertissement à regarder. « Emission de divertissement » que je rebaptiserai volontiers « émission de voyeurisme » ou « de n’importe quoi ».

Je n’ai pas été déçu du film, loin de là, j’ai retrouvé l’ambiance, l’univers de Mosso , de son livre « Et après ».

Imaginez-vous une scène sans paroles, sans musique, où tout se joue dans les gestes, dans l’expression du visage des acteurs. Le suspense est à son comble, on retient son souffle et là qu’est ce qu’on entend ?

« Scroumhb , Scroumhb », un buit étrange dans toute la salle ! Le bruit des mains qui plongent dans le pot de pop-corn !

Quelle horreur ! Une peu plus tard, une scène tout aussi intense elle aussi accompagnée d’un « Scroumhb , Scroumhb ». J’ai failli me lever de mon siège et dire « silence ! ».

Quand on va au cinéma, c’est pour voir un film ou pour manger du pop-corn ?

Alors, pour ceux que ce cinéma rime avec ripaille, s’il vous plait, arrêtez … pensez aux autres !

vendredi 16 janvier 2009

VU DES YEUX, VUE DE L'ESPRIT

Dans la vie, il existe plusieurs types de rencontres : arrangées, hasardeuses, fortuites qui peuvent vous donnent des ailes, ou vous faire reculer ou stagner.

Etait ce le destin, la chance?

Grace à un forum , Nictoo et moi nous nous sommes rencontrés. Deux personnes, la même sensibilité, et la même maladie….

Tout a été très vite, en quelques jours,pourquoi ne pas créer un blog à nous deux ? Tes photos Nictoo et moi Clara, j’écris ce que je ressens, ce qui me vient à l’esprit quand je contemple tes œuvres.

Nictoo, lui est un Artiste avec un grand A, moi, je suis pour le moment qu’une petite plume mais à nous deux, on s’est lancé dans ce projet, dans cette nouvelle aventure.

Les yeux de Nictoo, ma plume se mêlent s'associent, se lient,se mélangent, pour vous livrer nos émotions, nos regards. Par notre blog, on vous fait nos petits instants de bonheur capturés, cueillis malgré la fibromyalgie.

Ce blog collaboratif me permet d’explorer de nouveaux horizons, d’écrire sur les choses essentielles de la vie : l’amour, les sentiments, l’âme humaine, les relations avec l’autre…. Alors, merci Nictoo !

Je suis heureuse ! Heureuse d'écrire encore plus !

De nouveaux récits, des tranches de vie alors j'espère,je compte sur vous pour venir lire mes mots, mes phrases. Et donnez moi vos avis !

Merci à vous!

http://vu-a-deux.skynetblogs.be/

mercredi 14 janvier 2009

MES PETITS RATS

14h38… je sors de mon lit, je suis toute seule alors j’en profite pour mettre noir sur blanc toutes mes pensées, toutes mes idées qui sont là, dans mon esprit, même si elles peuvent paraître confuses.

C’est étrange que qui c’est passé durant ma sieste. Comme d’habitude, je me suis mise au lit, puis j’ai pris mon gros oreiller et j’ai attrapé un livre sur ma table de chevet. Pas n’importe lequel, non, un nouveau roman, j’ai caressé la couverture quelques secondes en me demandant si j’allais y mordre comme à un hameçon ou alors ne pas accrocher. Je n’ai mordu pas à l’hameçon, je l’ai avalé, gobé entièrement ! Un livre fascinant, prenant par le style de son auteur, un vrai régal. L’envie de savoir la suite, de le continuer jusqu’à la fin, maintenant, tout de suite, je le lisais comme si je buvais du petit -lait.

J’ai eu beau lutter de toutes mes forces mais les poids accrochés à mes cils fermaient petit à petit mes paupières. J’ai abdiqué mais le livre était encore, là, bien présent d’une certaine façon.

J’ai du m’endormir rapidement et j’ai fait un rêve inhabituel, bien que curieux, il était envoûtant, charmant … je me voyais comment raconter la suite de mon livre, quand je dis mon livre, vous savez duquel je parle. Je racontais toute mon histoire, tout s’enchaînait parfaitement. J’avais enfin trouvé enfin la manière de raconter, de décrire tout ce qui s’était passé ! Tout était si fluide, si limpide…

Et, j’ai ouvert les yeux. Je ne comprenais pas pourquoi il faisait jour, j’ai regardé mon réveil, déboussolée, comme si j’arrivais d’une autre planète. Mais on est quel jour ?

J’aurais bien voulu rester dans ce sommeil profond et lourd car quel plaisir de retrouver cette sensation agréable ne serait ce qu’une petite heure et surtout sans aucun artifice ! Aussi savoureuse fut ma sieste, autant le réveil a été douloureux… reprendre pied avec la réalité, sentir toutes ses articulations raides, les muscles qui tirent.
Alors, comme d’habitude, pendant que j’attendais de me déverrouiller, je me remettais dans le présent, dans ma journée.

Ah oui, on est mercredi, et qui dit mercredi rime avec Marie qui me récite ses leçons.

Toujours au chaud sous ma couette, pas totalement réveillée, dans un état second, immobile, je me remémorais ma matinée.

Aujourd’hui, c’était de la science et plus exactement le processus de la digestion : la mastication, l’intervention des sucs gastriques, le rôle de l’estomac, du foie, les nutriments, les intestins….

Je me suis souvenue que notre corps est une machine bien complexe où chaque organe a un rôle bien précis et où tout est orchestré parfaitement comme un ballet d’opéra. Chacun intervient avec une précision d’horloger dans cette grande et belle représentation qui se déroule sans un seul spectateur, à l’abri des regards. Tous les jours, sans relâche, la même chorégraphie est donnée. On ne s’en rend même pas compte, c’est normal quand le spectacle s’accomplit parfaitement, sans faute, sans retard, sans une absence...

C’est vrai que mon corps lui aussi a connu aussi ses heures de gloire, maintenant, le spectacle est décousu, quelquefois incohérent, les danseurs improvisent, ce qui provoque de la confusion et des ratés. Mon corps n’est pas à blâmer, il fait ce qu’il peut !

Je ne vous en veux pas à vous, mes petits rats, ce n’est pas de votre faute. D’ailleurs, on ne sait pas à qui l’attribuer alors continuez, tant que vous le pouvez.

Pour en revenir à ma matinée, Marie était contrariée, je le voyais bien.

-
Qu’est ce qui se passe ? C’est avec Caroline ?
-Non, c’est à l’école.
-A l’école ? Tu t’es disputée avec les copines.
- Non, ce n’est pas ça.
- Tu ne veux pas me le dire ?
- Ben, en fait, y’en a qui font leur crâneuses.


Je souris, plus de 25 ans sont passés, mais c’est toujours pareil à l’école. Rien ne change ! Il y a toujours la frime, ceux ou celles qui paradent comme des paons et les comparaisons !

-
Et bien, alors, tu les ignores, c’est simple.
-Mais, c’est pas ça maman, mais je voudrais pas te vexer.
-Ah ?


Bon, je ne m’inquiète pas, car en ce moment, elle utilise beaucoup l’expression « sans vouloir te vexer » même s’il n’y a pas lieu.

-Dis-moi le, et je te promets de ne pas me vexer.
Et, là, Marie, lève les yeux, me regarde d’un air gêné et me dit :
-Certaines se vantent tout le temps : ma maman à moi, elle fait tel métier, elle travaille ou bien tu vois…

Là, OK, sur ce terrain, je ne peux pas rivaliser, je suis battue d’avance… mais je n’ai pas dit mon dernier mot.
-
Oui, mais toutes les mamans ne travaillent pas, non ?
-Oui, mais elles disent que leurs mamans font plein de trucs, des activités…


Ah, là, c’est plus délicat. Je soupire ! Qu’il est loin le temps des petites classes où l’on nous racontait le soir que Julien ou Hugo, car c’était le plus souvent des garçons, avait dit « que son papa qui faisait du judo avait battu David Douillet » ou « que mon papa à moi, eh ben, il a tellement voyagé, qu’il a fait plusieurs fois le tour du monde et il connaît par cœur tous les pays ! »

On rigolait de ces fantasmes, de ces papas qui étaient des super-héros, des aventuriers pour qui aucun lieu, aucune parcelle, aucun rivage de ce monde ne leur étaient inconnu.

C’est vrai, je n’ai pas d’activités, … ah mais si, j’en ai une !

-
Tu peux leur dire que je suis bloggeuse professionnelle, une chroniqueuse sur internet si tu veux !
-Hein ? Mais c’est quoi, c’est pas un travail !
- Non, peut-être, mais c’est comme si !


Affublée de mon nouveau titre, quand j’aurais désormais à remplir des papiers où l’on demande la profession des parents, je cocherai comme d’habitude la case qui est toute dernière, derrière celle de« cadre », de « profession libérale » et autres …, mais en précisant « bloggeuse et chroniqueuse » !

Pour mon livre, soyez patients...
Et pour celui que je lis actuellement, vous connaîtrez bientôt son titre et l'auteur. Eh oui, en tant que chroniqueuse, je me dois de créer une rubrique "mes coups de coeur " entièrement dédiée à mes lectures.

dimanche 11 janvier 2009

LA SENSIBILITE DU BERNIQUE

Un an déjà que je me suis lancée dans l’aventure du blog. Quelle épopée que ca a été quand j’y repense avec du recul !

L’idée avait déjà commencé, depuis l’été 2007, à me trotter dans la tête puis à germer.

J’ose, j’ose pas ? Et qu’est ce que je raconterai ? Mais est ce qu’on viendra me lire ? Et est-ce qu’on aimera ce que dis ?
Autant de questions qui m’envahissaient, qui me bloquaient et toujours cette appréhension, ce manque de confiance en moi.

Et puis, brusquement un matin j’ai sauté le pas, pourtant, il ne s’était rien passé d’extraordinaire la veille, je n’avais pas eu une illumination ou un message divinatoire. Non, tout simplement, la petite tige frêle était devenue une belle plante solide, résistante et qui ne demandait que du soleil, de l’air, des ouvertures pour grandir encore.…

J’ai abandonné toutes mes interrogations derrière moi dans deux grosses valises en me disant philosophiquement que ce n’était qu’un blog, et que ce n’était pas la peine que j’en fasse un fromage, après tout !

Le bernique que je suis a commencé à poster de tous petits commentaires, sans se montrer, sans dévoiler ce qu’il y avait sous la coquille. La méfiance, la peur de se montrer tel que l’on est et qu’ensuite qu’on vous fasse du mal …

Depuis que le mot « fibromyalgie » est apparu dans ma vie, combien de déceptions, de coups de poignards reçus dans le dos ou en plein ventre ? On ne les compte plus au bout d’un moment, on se renferme encore un peu plus pour se protéger des paroles acerbes, incisives et venimeuses comme du poison. Plutôt que de me fracasser, j’avais opté pour le repli, déterminée à ne plus me montrer.

Mais vous avez été là, dès le départ, à mes côtés et à me dire :

« Mais, Clara, n’ai pas honte de qui tu es ! Vis ta vie sans te soucier des pauvres imbéciles qui peuvent rire de toi ou qui essaye de te rabaisser ! Assume ta sensibilité, ne la cache pas, au contraire, montre la, et sert toi en pour t’affirmer, brandis là comme un drapeau qui flotte au vent ! Sois fière d’être sensible, notre monde déborde d’égoïstes, de petites gens repliées sur eux-mêmes, insensibles à tout. Alors, mets la en avance, n’ai pas peur »

Je vous ai écouté, et petit à petit, j’ai commencé à me défaire de ma carapace, à laisser tomber mon armure.
Mes posts simples à la base construits sous la forme grammaticale la plus simple sujet-verbe-complément se sont agrémentés, au fil des mois, d’adjectifs , de teintes, pour décrire, pour peindre au plus juste mes émotions, mes sentiments, mes ressentis.

Et là encore, vous avez été là, encore plus nombreux, à m’encourager, à même me demander depuis quand j’avais cette plume !

Cette hyper-sensibilité que j’ai depuis toute petite, j’en avais honte… Je croyais que les sentiments devaient restés terrés, cachés dans leur tanière.

Honte de pleurer à 6 ans le soir dans mon lit lors de ma prière en demandant à Jésus pourquoi il laissait des enfants mourir de faim.

Honte à 8 ans d’avoir mal, à en être malade de voir la famine, la guerre à la télé pratiquement tous les jours .Personne ne bronchait comme si c’était normal que le monde soit divisé en deux. D’un côté les riches et de l’autre les pauvres… c’est la vie.

Honte à 12 ans de devoir ravaler mes larmes devant « Elephant man ».


Honte à 15 ans de pleurer après avoir dévoré un livre parce que l'histoire m'avait bouleversé, retourné, et que j'en étais secouée les jours suivants comme si un tremblement de terre était passé par là.

Honte à 16 ans de me sentir mal à l’aise quand il fallait « être mode ou tendance » alors que j'étais plongée, absorbée par les "grands maîtres" de la littérature française, que je buvais leurs écrits, que j'en rêvais, que je ne voyais que par eux.

Honte à 18 de croire tout simplement que je pouvais faire quelque chose pour changer ce monde. J’ai du ravaler difficilement mes ambitions de devenir médecin dans l’humanitaire. Quand même, aies les pieds sur terre et puis pour faire médecine, il faut être fille de médecin ! Aide-soignante ou infirmière, c’est déjà bien… on m’a coupé herbe coupée sous les pieds, brusquement. Abandonne ton rêve, tu n’y arriveras pas...

Honte à 25 ans de devoir rire jaune des blagues plus que douteuses en pause café.

Grâce à ce blog, cette honte a disparu, envolée à tout jamais. Oui, je suis sensible, et alors ?

Quand on parle de la sensibilité d’un artiste dans son domaine, c’est un compliment, un éloge pour ce dernier.
Quand on en parle pour les fibromyalgiques, les termes anxiété, déprime sont tout de suite avancés, pas de louanges !

Ah bon, nous n’avons le droit d’être sensibles qu’à la douleur ? Et pour le reste, comment on fait ? On se tait, on fait comme si de rien n’était…
C’est tellement facile pour certains de le faire, sauf, que moi, je ne peux pas fermer les yeux et jouer ce rôle écrit sur mesure.

Quand j'écris, j’imagine des sourires sur vos lèvres, un moment de détente pour vous. C’est ma façon de donner un peu de soleil aux autres…mais je vous préviens, vous allez devoir supporter longtemps, mais très longtemps mes petits récits… car je ne suis pas prête de m'arrêter!

Et tant que j’y pense, sœur Emmanuelle, si d’où vous êtes, vous m’entendez, est ce que vous pourriez nous envoyer non pas des pioches mais des marteaux piqueurs ? On nous promet une année très difficile, alors il va nous falloir de gros moyens pour fendre les tonnes de bitume qui recouvrent le cœur des hommes !

jeudi 8 janvier 2009

YOUPI, YOUPI...C'EST LES SOLDES....

Pompette!
Hier soir, je me suis couchée pompette. C’est vrai qu’il n’en faut pas beaucoup, une larme de muscat et zou, plus de Clara … un peu d’alcool, les médocs, la fatigue et me voilà à parler un nouveau dialecte :

-Demain, ce sera couvert mais après sec le temps. Marie ?
-Non, moi c’est Caroline
, me répond vexée ma grande.
Y’a de quoi…

-Ohlalala, je suis désolée ma chérie, mais là, j’en peux plus…
-Ben alors maman qu’est ce qui t’arrive ? Et t’as pas oublié pour vendredi, hein ?


Vendredi ? Qu’est ce qu’il y a vendredi ? Oh, c’est vrai, J’avais zappé, oublié… elle n’a pas cours exceptionnellement cette après-midi là et elle m’a demandé d’aller faire un tour avec elle pour les soldes. Punaise, vendredi alors que les gens seront en ARTT, ça va être la foule…

-Oui, oh, mais après ma sieste. 15h30, ca ira ?
-Mais non, j’ai mon cours de piano à 17h15.


Tentons de réfléchir malgré le muscat qui me tourne la tête.

-14h30 ?
-Ben non, puisque je voudrais bien aller chez Zara puis à …


Je n’écoute plus ! Zara, le magasin par excellence où c’est la foule, la cohue en permanence, les queues interminables devant les cabines d’essayage, où tout juste si les filles ne se disputent pas pour le même vêtement.

On rentre alors dans une guerre impitoyable, les regards sont durs et se défient. C’est moi qui l’aurais, je l’ai vu la première ! Celle qui lâche perdra la bataille, la victoire se joue en quelques secondes ou quelques minutes dans l’expression du visage et des yeux. Une guerre froide, sans un seul mot, le regard le plus dur, le plus perçant et le plus noir gagnera. Et tout ça pour un bout de tissu …

Lors des soldes, les femmes peuvent être impitoyables, sournoises, féroces, rusées comme des renards pour arriver à leurs fins, ou se battrent comme des lionnes ou pire être hargneuses comme des hyènes. Ne dit-on pas, chassez le naturel, et il revient au galop ?

-Et pour moi, maman, quand est ce qu’on y va, tu m’avais dit samedi? demande Marie.

Là, ce n’est plus le muscat qui m’assomme mais la simple idée d’aller deux jours de suite dans les magasins. Je vais mourir… tout mais pas ça, je vous en supplie !

Mais, ma conscience me tourmente, je ne peux pas lui refuser la seule sortie shopping annuelle que l’on va faire ensemble comme le font les autres mères avec leur filles. Partager un moment d’intimité, de complicité avec chacune d’entre elles, je sais qu’elles seront contentes. Et en plus, pour Marie, cette sortie « soldes » en duo, sera la première!

-Et on ira en bus ?
-Oui, oui…
-Et que toutes les deux ?
-Oui…

-Oh, je suis trop contente !

Elle saute sur place, elle applaudit et vient me planter un gros bisou sur la joue !

Sonnée, je suis toujours assise, je ne sais d’ailleurs pas ce que j’attends. Et là, elles me mettent sur le nez non pas le catalogue de la Redoute mais plutôt ce qu’il en reste, des lambeaux de feuilles bariolées, du fluo qui entoure les numéros de pages, du vert, du rouge autour des tailles…

-Bon, les filles, on verra ça un autre jour, d’accord ?
-Oui, mais…

La contestation commence, alors je préfère y mettre un terme tout de suite avant qu’elle ne s’amplifie, qu’elle ne gronde.

-Bon, si, on ne trouve pas au centre ville ce qu’il faut, dans ce cas, je ferais une commande sur la Redoute.
-D’accord,
me répond Caroline. Et demain, tu vas où avec papa ?

Sonnée ? Non… abasourdie, KO total, je suis dans la quatrième dimension….

-Olivier ?
-Oui ?
-Tu peux descendre ?


Il est occupé à configurer je ne sais quoi sur l'ordi à l’étage, dans la pièce qui fait office de bureau, de bibliothèque, de lingerie et où il y a en permanence deux gros bacs à linges qui débordent de vêtements à repasser.

-Tu as posé ta journée de demain ?
-Ben oui. C’est ce qu’on avait prévu, qu’on allait demain pour m’acheter des chemises.


La totale ! Mieux je ne pouvais pas…

...Et ce midi, je suis revenue pratiquement indemne de ma première sortie « soldes ». Olivier a hésité entre le mauve et le beige pour une chemise, et puis il a fallu qu’il les essaye toutes même si c'était la même taille !

-Et celle là, t’en penses quoi ?
-Mais, oui, elle te va très bien…

je lui réponds tout en regardant discrètement l'heure sur ma montre. Tout ce que je veux, maintenant, c'est rentrer à la maison, chez moi !
Mes jambes commencent à avoir du mal à me porter, mes genoux sont comme bloqués, mes poignets eux ne réagissent plus...

Olivier a renouvelé une partie de sa garde-robe de travail, et ce un un peu moins de deux heures, ces chemises qui ensuite doivent être bien repassées, sans faux pli…. Habiller un homme est une chose délicate qui demande de la patience et une certaine diplomatie. Parce que les goûts d’Olivier en matière de vêtements me laissent quelquefois perplexes. Du coup, je l’assiste, je le conseille.

-Et toi, tu as besoin de quelque chose ?
-Oh écoute, mon chéri, les soldes durent cinq semaines, j’ai tout mon temps.

Je me suis assise où je pouvais, tant pis si je gêne un peu, j'ai trop mal...

Olivier l'a bien remarqué :
-Allez,on rentre, tu as une crise, tu as l'air d'avoir mal.

Oh, merci mon chéri! La délivrance tant attendue arrive enfin...

Et puis, il va me falloir survivre encore à deux sorties "centre ville". Deux heures ou plus , rien qu’à y penser, je suis déjà fatiguée, exténuée …

Pour la vitamine C, j’ai ce qu’il faut, maintenant il ne me reste plus qu’à être zen, me reposer, être patiente et à ne pas péter un plomb !

mardi 6 janvier 2009

LE PRINCE CHARMANT S'EST FAIT ENTOURLOUPER !

Hier, la journée a été difficile, j’aurais mieux fait de rester sous ma couette , lire, rêver , ne rien faire.

Etait ce un signe prémonitoire, un mauvais présage mais dès le réveil, j’avais les deux pieds dans le même sabot, les mains engluées dans la mélasse, … Je pataugeais, je faisais tout de travers. Mais à quoi avais-je la tête ? J’étais immergée par deux nouvelles que je vous concocte, et par la suite de « Wonder-Woman a oublié son short ». Alors, forcément, à ne penser et à ne jouer qu’avec les mots, à les faire sauter dans les flaques d’eau, à les assembler pour en faire de belles et jolies phrases, mon cerveau lui était tout embrouillé, et les neurones étaient débordés, risquant le survoltage, l’implosion !

Et je me suis dit « tiens, je vais relancer l’éditeur qui était intéressé par Wonder-Woman a oublié son short ! ». Un mail bien tourné, poli avec les formules de politesse adéquates comme le fameux « Cdt », voilà c’était fait. A peine quelques minutes plus tard, et une réponse était déjà là.
J’imaginais tout, mais alors tout, sauf ce qu’elle contenait ,et quand j’ai cliqué dessus, j’ai lu :
« Désolé, nous avons déposé bilan. Bon courage pour votre manuscrit ».

Les yeux scotchés à l’écran, la bouche ouverte, paralysée, je ne le croyais pas. Assommée comme par un coup de poing, tombée à terre, il m’a fallu du temps pour comprendre. Toutes ces heures passées à écrire, à me relire, à me corriger, à reformuler… tout ce temps pour rien, parti en fumée, envolé, consumé comme un feu de paille.

Tout s’est arrêté brusquement, fini le rêve. Allez, ma cocotte, on redescend sur terre , on te lâche sans parachute de l’avion… scratche toi bien, personne n’est là en bas à t’attendre avec l’ambulance.

En une fraction de seconde, plus de projet, et ma tête est devenue totalement vide : les mots ne chantaient plus, les phrases ne résonnaient plus, plus rien, que du silence. Plus d’histoires, plus de personnages, ils avaient pris la poudre d’escampette …

Tant bien que mal, le reste de la journée est passé sans que je ne puisse faire quoi que ce soit, anéantie par cette nouvelle avec un gros nuage sombre qui planait sur moi, et le cœur triste, lourd. Hormis, douter, me remettre en question, l’assurance que j’avais gagnée ces derniers mois me quittait elle aussi, me demander si j’avais effectivement ce qu’il faut pour écrire, le p’tit truc en plus qui vous démarque, que l’on appelle du style, du talent. Et savoir ce que j’allais faire de mes 70 pages, si j’allais continuer ou pas.
Et puis, j’ai repensé à sœur Emmanuelle , à sa détermination, à sa volonté de ne jamais baisser les bras, et il y a eu un déclic. Depuis bientôt 8 ans, tu te bats pour essayer de vivre au mieux avec la fibro alors tu ne vas tout de même pas abandonner. Allez, zou, remets le pied à l’étrier et remets toi en selle, ma grande !

Se remettre en selle mais pas n’importe comment.

J’aurais pu le faire d’une façon romanesque :

-Damoiselle Clara, une dépêche vient d’arriver pour vous ! dit Marie, la servante.
Damoiselle Clara arrête aussitôt de jouer du clavecin pour décacheter le précieux papier.
Elle le parcourt des yeux et s’exclame :
-Oh, c’est terrible, c’est une affreuse nouvelle !
-Que se passe t-il ?
S’enquiert Marie, la servante dévouée toute à sa maîtresse.
-Le Seigneur Lèchelesbottes a refusé la poésie que j’avais écrite pour sa Majesté.

Sur ce, damoiselle Clara se met à pleurer, et sort du grand salon du château.
-Mais, où allez-vous damoiselle Clara ? interroge Marie, inquiète.
-Je vais me promener pour oublier… Dites à Père que je suis partie au bois près de l’étang.

Damoiselle Clara, toute bouleversée va aux écuries et demande à ce qu’on lui prépare son cheval.
-Mais, damoiselle Clara, votre cheval est encore fougueux ! lui dit le palefrenier.
-Cela ne fait rien ! Ne contestez pas mes ordres !
-Bien, damoiselle Clara, répond le palefrenier, tête basse.

Capricieuse, et surtout habituée à ce qu’on obéisse à chacune de ses demandes et de ses envies, elle n’en fait qu’à sa tête et monte sur son beau cheval blanc.

Sauf que damoiselle Clara monte très mal à cheval…
Elle a depuis longtemps dépassé le bois, et elle est perdue mais elle pique toujours son cheval des deux éperons pour qu’il aille encore plus vite. Détournant sa tête pour retrouver le chemin par lequel elle venue, elle se prend en pleine figure une branche d’arbre qui la désarçonne !

-Oh, gémit-elle , désormais à terre, ma robe, ma belle robe !
Tandis qu’elle pleurniche, qu’elle s’apitoie sur son pauvre sort, son cheval s’en est allé plus loin.

Près de là, un jeune seigneur qui se promenait a entendu la chute. Il court, inquiet de ce bruit, et quand il arrive sur place il voit damoiselle Clara, les yeux rouges, la robe déchirée par endroit et recouverte de boue.

Il s’approche d’elle et lui dit :
-Je me promenais et j’ai entendu du bruit. Que vous est –il arrivé ?

Damoiselle Clara, lève la tête, et voit le visage du beau jeune homme.
-Oh rien, mon cheval a été surpris par un animal et il m’ a fait choir.
-Sans vouloir être indiscret, que fait par ici, une jeune fille comme vous ?
-Oh, j’étais venue là pour oublier le mal que l’on m’a fait…


Le jeune seigneur, à ces mots, s’empourpre, s’exalte avec ardeur :
-Dites-moi, qui vous a fait cela, et j’irai le défier en duel là tout de suite ! Quel est ce mal autrui qui fait souffrir le cœur d’une si belle damoiselle ?
-Ce ne sont pas des histoires de cœur, d’ailleurs personne ne me courtoise, répond damoiselle Clara toute émoustillée. Ce n’est qu’un mal élevé qui a refusé un poème que j’avais écrit pour le Roi et sa cour. Mais, il se fait tard, mon père va s’inquiéter, je dois rentrer au château.
-Mais vous êtes blessé ? dit son nouveau courtisan en voyant la grosse bosse qu’elle a eu milieu du front.
-Ce n’est rien, je vous assure.

Et en tentant de se remettre debout, elle feint d’avoir mal à sa cheville
-Je ne puis poser pied à terre, ma cheville me fait souffrir, dit-elle en se pâmant très légèrement.

Le jeune seigneur la prend dans ses bras :
-Vous avez dû vous la tordre. Je vais vous porter et vous raccompagner jusqu’à la demeure de votre père.
-oh, mais nous ne nous connaissons pas . Ce ne serait pas convenable de ma part d’accepter l’aide d’un inconnu.
-Mais, oui, je ne me suis pas présenté ! Chevalier de la Jaidupognon, neveu du duc Jemenmetpleinlespoches , pour vous servir . Je suis venu passer quelques jours chez mon oncle et ma tante, ici, à la campagne loin de Paris.

-De Paris. Dîtes-vous, quelle chance vous avez ! Je suis damoiselle Clara, fille du seigneur Vivelepognon, et nous possédons les trois-quarts de toutes ces terres, dit-elle en effectuant un tour de 360 degrés.
- Alors, damoiselle Clara, si je peux vous appeler ainsi, voyez-vous un inconvénient à ce que je vous ramène ?
-Oh aucun, et Père sera content de savoir que vous m’avez sauvé d’une mort certaine. Car si vous n’étiez pas arrivé, avec ma cheville qui me lance affreusement, je n’aurais pas pu faire trois pas, et je serai morte de faim et de froid.

Damoiselle Clara a trouvé un beau et preux cavalier pour la courtiser, la chérir et répondre à ses désirs. Son père le seigneur Vivelepognon sera heureux de cette rencontre fortuite, voyant apparaître un futur gendre à la hauteur de toutes ses espérances pour sa fifille adorée !

Quand au jeune seigneur, il s’est fait entourloupé, enguirlandé par damoiselle Clara avide d’argent et de pouvoir. La beauté de damoiselle Clara lui a fait perdre se esprits et il devra désormais supporter jusqu à la fin de ses jours, chacun de ses caprices, chacune de ses humeurs.

Alors, non, moi, je ne remets pas en selle de la sorte. Mais plutôt en en garçon manqué, habillé style Fanfan la Tulipe, prête à me lancer vers de nouveaux défis!

vendredi 2 janvier 2009

MOI, GRAND CHEF ! MOI, SEUL SAVOIR !

En Bretagne, nous avons cette chance inouïe d’avoir des korrigans, des personnages célèbres comme Merlin qui peuplent nos forêts, nos sous-bois, nos campagnes, nos chapelles …

Les empreintes celtes se mélangent à la religion, les noms des bourgs, des villages, des ruisseaux portent le souvenir, la mémoire et la trace des druides et des Saints.

Chaque lieu, chaque bourg a sa particularité avec ses calvaires, ses menhirs, ses dolmens. Combien ont frissonné, ont cru voir leur dernière heure arrivée en entendant le son strident de la charrette de l’Ankou tenant à sa main décharnée sa faux coupante ?

Notre terre est habitée, marquée à tout jamais par ces figures célèbres ou non, notre mer a englouti la ville d’Ys et sa princesse Dahut qui apparaît encore certain soirs aux pêcheurs sous l’apparence d’une belle sirène à la chevelure blonde.

Mais il existe une légende qui est bien réelle et qui a débuté il y a quelques années. Cette légende raconte qu’un médecin fort de son savoir a rassemblé nombre de ses confrères autour de lui. Lui et ses acolytes forment la tribu de la suprême connaissance médicale. Il règne sur son clan et sur ses acquis comme un roi, il a conquis nombres de personnes qui le vénèrent, qui l’idolâtrent et qui boivent chacune de ses paroles bénites. Tout le monde dans la tribu obéit au grand chef et personne ne s’aventure à le contredire même s’il a tort. Le grand chef a établi un pacte solennel qu’il faut approuver pour faire partie de sa confrérie.

Dans les contrées voisines, la tribu et son traité ne sont pas approuvés et sont décriés. Qu’importe, le grand chef continue, l’orgueil l’a rendu encore plus sûr, plus imbu de sa personne. Il est le seul à détenir cette vérité…

Les personnes, en toute humilité, qui veulent le consulter, doivent respecter un rite établi par le grand chef lui –même.

Quand la personne arrive, le grand chef et les membres de son clan sont assis. On le reconnait par sa position dominante dans le demi-cercle. Les médecins sont de part et d’autres à sa gauche et sa droite, le reste de la tribu est plus loin derrière.
Le novice debout doit baisser la tête à son arrivée et attendre que le grand chef lui adresse la parole pour enfin le regarder.

Il vient le voir car depuis des mois, il a très mal et il ne peut même plus travailler désormais.

-Moi, grand chef de la tribu, toi, venu me voir pour mon savoir.
-Oui.
-Toi, m’obéir ?
-Euh, ben, on va voir...
Des brouhahas de reproches s’élèvent de la tribu, qui est-il pour oser braver le grand chef ?
-Moi, seul sait ce que tu as et tu n’es pas malade! Moi, seul, sait ce qu’il faut faire pour chasser ces idées de ta tête !
-D’accord, OK.


Le grand chef s’est levé et s’adresse désormais à tout le monde :
-Moi, avoir voyagé loin, très loin, dans une contrée qui s’appelle les States. Et eux, d’accord avec moi !

La tribu ne peut que s’exclamer de joie, elle applaudit le grand chef !
Il s’approche du néophyte et lui dit :
-Toi, devoir accepter mon pacte.
-Et c’est quoi exactement ?
-Toi, d’abord pas malade !!
-Mais, les autres médecins me disent que je suis malade !
-Non, eux pas avoir raison, moi seul savoir !


Le reste de la tribu acquiesce de la tête, il n’y a que lui qui détient la connaissance, la seule et vraie vérité.

-Et si je ne suis pas malade, qu’est-ce que j’ai ?
-Toi, avoir mauvaises idées qui te hantent dans ta tête. Ces pensées mauvaises te font mal dans ton corps …
-Quoi ? Mais …
-Pas de mais avec le grand chef ! Toi, écouter mes ordres.
-Allez-y, je vous écoute …
-Toi, marcher, nager tous les jours longtemps, le temps de compter 45 fois jusqu’à 60.
Ensuite, toi, devoir aller voir la guerrière psy !

Un des médecins se lève alors.

-Elle, te guérir ta tête, elle, te fixer des buts dans ta vie.
-Et … ?
demande-t-il abasourdi.
- Non, toi, voir guerrier relax qui t’apprendra à te détendre.
-Ah ?
-Oui, toi, pas malade ! Toi, devoir travailler ! Ton mal n’existe pas ! Toi, prendre juste les potions que je te dirai et rien d’autre !
-Et le traitement que j’ai actuellement ?
-Toi, arrêter !


Le rituel est interrompu par une personne qui arrive en criant :
-Menteur ! Vous n’êtes qu’un menteur !

Aussitôt, deux membres de la tribu l’agrippent. Elle est furieuse et elle continue de parler :
-Vous dites n’importe quoi !!! Je vous ai cru, je vous ai écouté et j’ai fait ce que vous m’avez dit !

Le grand chef s’approche d’elle. Elle se débat, le défie du regard, et lui crache à la figure :
-Vous croyez tout savoir, mais vous ne savez rien ! Vous vous êtes plantés ! Non seulement, vous me disiez que tout était dans ma tête pendant plus de 10 ans. Vous m’avez dit de ne pas faire d’examen. J’ai bravé l’interdit ! On m’a fait une biopsie musculaire et j’ai une maladie neuro-musculaire qui détruit mes muscles!

Tandis que les membres de la tribu se mettent à parler tout bas entre eux, lui, reste stoïque, son visage ne laisse trahir aucune émotion. Il se retourne pendant quelques minutes, et s’adresse à son clan :
-Taisez-vous! Moi, grand chef !

La phratrie semble être divisée maintenant, certains commencent à douter du grand chef qui revient vers l’intruse :
-Toi, dire n’importe quoi car toi, pas bien dans ta tête !
-C’est faux et vous le savez ! Et vous, vous croyez ce qu’il vous dit ? Vous ne voyez donc pas qu’il ne croit qu’en lui-même !Est- ce que depuis que vous avez vu la psy, vous n’avez plus mal ?


La confusion règne dans le clan. Une femme se lève, tend la main en l’air et prend la parole :
-Moi, aussi, grand chef, je suis d’accord avec elle. J’ai vu d’autres médecins qui m’ont dit que ma maladie était bien réelle et pas dans ma tête comme vous, vous, le prétendez. Alors, je préfère partir.

D’autres se lèvent et la suivent, la division gagne toute la tribu hormis les médecins qui se sont approchés du grand chef comme pour le protéger. Le novice a profité du désordre général pour partir discrètement sur la pointe des pieds, il se dit que ce soi-disant grand spécialiste n’est peut-être pas aussi compétent que cela et qu’il vaut mieux regagner ses pénates…

Depuis ce jour, le grand chef continue à prodiguer son « savoir » auprès de ceux et celles qui veulent bien l’écouter. Il a perdu beaucoup de membres de sa tribu mais il publié son pacte afin d’en regagner de nouveaux. Certains de ses acolytes ont pris du recul et ne le côtoient guère plus mais pour le grand chef, ce n’est pas grave, … car lui seul a raison…
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