mardi 26 août 2008

SORTIE DE MA TANIERE

« Fatiguée ? » Non, vous n’y êtes pas.
« Exténuée ? » Presque, vous brûlez, encore un p'tit effort.
« Epuisée ? » Gagné !


Epuisée, vannée, vidée, essorée… mais pas n’importe comment ! Ni lavée, ni essorée à la machine à linge classique, non à l’ancienne…

Au lavoir, dans de l’eau bien froide, avec le battoir, par des mains de femme. Pas des mains élégantes, aux longs doigts fins et délicats et aux ongles manicurés. Non, par des mains fermes, puissantes à la peau épaisse, rêche et dure dont les doigts portent les stigmates du froid, du chaud. Des mains qui tordent, essorent encore et encore jusqu’à ce plus aucune goutte ne s’échappe du linge.
Voilà comment je suis depuis plus de 10 jours : engluée dans mon lit, m’extirpant pour des allers-retours : chambre-cuisine, lit-toilettes. Lasse d’être fatiguée, le moral aussi en prend un coup. J’ai tenté divers livres, et malheureusement pour moi la magie, l’alchimie des mots n‘a pas fonctionné. Un livre c’est comme une mayonnaise, ca prend ou ca ne prend pas…

Verdict de ces derniers jours cette après-midi : le tensiomètre de mon médecin a oscillé entre 8,5 et 9, ne se décidant pas à aller franchement ni plus haut, ni plus bas. Alors, oui, aujourd’hui, je suis sortie de ma tanière, retour à la vie, aux gens, aux bruits, à la circulation dans les rues.
Etonnée, au début par toute cette agitation. Après une rapide réflexion, je me suis rendue compte que les gens ont repris leur boulot, fini les vacances !

Moi, visage pâle, mais très, très pâle, presque livide, j’ai croisé des visages hâles, bronzés, ou virant carrément au toast cramé. Il est vrai que pour certains et certaines, vacances veut dire être bronzé à tout prix. Exit le bon sens, les crèmes solaires. La plage pouvant prendre l’allure d’un gigantesque barbecue où ces braves gens transformés en merguez et brochettes sont retournés toutes les 2 ou 3 heures (temps de cuisson oblige) par une énorme spatule.

Y aurait-il dans certaines entreprises ou dans certains lieux de travail, un concours le 1er septembre du « plus bronzé » de l’été ? Si c’est le cas mon mari ne sera pas dans la liste des vainqueurs…

Je vais devoir encore me reposer. J'aimerai tellement être en forme pour la rentrée scolaire,au moins pour l'assurer, pour faire plaisir à ma cadette pour sa dernière rentrée en primaire.


vendredi 15 août 2008

TREVE DES CONFISEURS

15 Août, une journée ordinaire fériée…

Première promenade seule avec mes deux petites chiennes. Je ne porte plus ma minerve : délivrance !
Seul hic : je n’arrive toujours pas à bouger mon cou correctement comme avant, alors j’enchaine pour 20 séances de rééducation. Donc, ma première promenade au parc, seuls quelques cyclistes arpentent les rues désertes profitant de ce jour férié pour satisfaire à leur sport. Jour férié, dimanche, ou vendredi…pas de différence pour moi, aucune influence ni sur le déroulement de mes journées, ni sur les crises.

Le mois d’aout et sa trêve des confiseurs : la plupart des commerçants ont baissé le rideau pour cause de congés annuels, les médecins aussi…Le remplaçant de mon médecin (lui aussi en vacances) a bien eu du mal à obtenir l’avis de collègues. Garder ou non mon collier cervical ? Et quid pour les douleurs ? Au tant de questions qui sont restées en suspens, comme en vol en attendant des réponses durant une journée.

Trêve des confiseurs et 15 Août qui signent l’approche de la rentrée scolaire. A vos marques, prêt, partez ! Le coup d’envoi est donné dans les supermarchés. Fournitures scolaires, cartable, affaires de sport, vêtements… la course du délestage du porte-monnaie est belle et bien partie !

Trois semaines pour tout acheter, pour tout préparer avant le jour attendu ou appréhendé, craint par certains enfants. Retrouvailles avec les copains, les copines, discussion autour de l’emploi du temps critique ou éloge des profs, des maîtresses : le menu de la journée du 2 septembre prochain s’annonce chargé…

La fatigue se fait déjà ressentir, le temps du repos sonne, m'obligeant à aller au lit, à laisser le ménage en plan... Je sais ce qui m'attend au réveil !




lundi 11 août 2008

GRIS, GRIS ET ENCORE GRIS

Il existe des bonnes et des mauvaises journées. Mon dimanche fut une mauvaise journée, exécrable…

Je voudrais du soleil, mon corps le réclame, en souffre . Et si j’allais au supermarché et demander « Vendez-vous, s’il vous plaît du soleil concentré en boîte, avant que de visage pâle je tourne à visage gris ? » .

Une boîte que j’ouvrirai et qui laisserait s’étendre un halo de soleil doux, lumineux, chaud pendant au moins quelques heures. Pour croire que l’on est bel et bien l’on est en été, que le soleil existe encore et qu’il n’a disparu, pour en faire profiter mon corps tout entier, pour remonter le baromètre du moral.

Mauvais journée qui a commencé sous un ciel gris avec en bonus une bonne crise et une grosse poussée d’arthrite. Des pioches ont lacéré, martelé durant des heures mes os raides, durs comme des barres de fer.


Je me suis rivotrilisée (ne cherchez pas ce mot dans votre dictionnaire, vous ne le trouverez pas. Définition de Rivotriliser (se): verbe nominatif, prendre 3 gouttes de rivotril dans le but de supporter les douleurs).
En vain, trop mal, j’ai seulement réussi à somnoler pendant une ½ heure ou plutôt me plonger dans une torpeur où les douleurs se mêlaient à d’étranges situations.

J’ai terminé un roman : fin triste… mon cœur est tout gris.

Journée grise, âme grise, cœur gris, ciel gris ! Je déteste cette couleur !

A quand les couleurs vives et chatoyantes ?





vendredi 8 août 2008

FETICHISME

Comme prévu, hier, je suis allée passée l’IRM. Sans appréhension aucune, ce n’est pas la première fois que je vais dans ce tunnel qui fait le bruit d’une machine à laver au cycle essorage. 20 minutes sans bouger… sans avaler sa salive, malgré le bruit de la machine, je luttais contre le sommeil. Forcément à 13H30, moi, je dors, ou je somnole. Le radiologue est venu ensuite me voir dans la toute petite cabine où j’avais dû me déshabiller puis me rhabiller. IRM normale, aucune lésion ! Je lui ai affiché un sourire qui allait jusqu’aux oreilles tellement j’étais contente. Mais ma satisfaction n’a pas empêché une forte crise de fibro. Impossible de fermer un œil l’après-midi , j’ai terminé ma journée fatiguée, mais heureuse.

Ce matin, le ciel s’est enfin dégagé pour laisser place à quelques rayons de soleil. J’ai décidé d’aller à pieds passer mes radios des cervicales. J’ai mis un collier, mais pas n’importe lequel, un collier qui se résume à un lacet avec en pendant un grelot en argent. C’est un porte-bonheur paraît-il, selon la vendeuse du magasin où je l’avais acheté. A chacun de mes pas, le grelot faisait tinter un joli bruit. Pour traverser aux passages piétons, comme je ne peux pas tourner la tête à cause de la minerve, je faisais des petits pas comme des petits pas de valse « un, deux, trois ». Je regarde, ah une voiture, je ne bouge pas, j’attends…
Depuis l’accident, je redoute, je crains les franchir les clous. Avec mon collier, par fétichisme, je me disais que ca allait me porter chance pour les radios. Et bien non… toujours l’entorse aux cervicales… impossible de bouger le cou correctement.
Je suis sortie du cabinet de radiologie, les épaules tombantes par déception, le pas lent, découragée. Je dois continuer à porter la minerve, prendre des anti-inflammatoires et mercredi : médecin pour suivre l’évolution.

Mon grelot ne porte pas bonheur, j’en suis convaincue. Ce n’est pas grave, il est joli, je le reporterai.




mardi 5 août 2008

ET CA CONTINUE....

Ah , c’était vous dans le journal ! »
Depuis samedi, c’est la phrase qui me revient sans arrêt aux oreilles. Volets ouverts, le voisinage s’est dit « tiens, ils ne sont pas partis, bizarre ! » et au fil des rencontres, mon accident de vendredi s’est propagé à vitesse grand V comme un traîne de poudre. Oui, c’était bien moi à côté de la rubrique chiens écrasés mais sans honneur ni mérite.

J’ai honte, je me sens petite,toute petite, minable. Après voir traité de tous les noms d’oiseaux dans mon fort intérieur la conductrice responsable, elle m’a appelé hier. Bouleversée, ne dormant plus, se culpabilisant, s’en rendant malade, j’ai dû lui remonter le moral. Le monde à l’envers : c’est elle qui me renverse et c’est moi qui la réconforte ! Mon côté émotionnel si sensible a pris le dessus. Elle m’a apitoyé, touché. Bien évidemment, je l’excuse, je ne peux pas faire autrement, il faut savoir pardonner.

Hier, retour aux urgences de l’hôpital. J’y suis allée en traînant les pieds, à contrecœur de peur d’être gardée. Ma hantise des hôpitaux et de ses ses spécialistes survenue après que les neurologues ait employé à mon égard le terme de « névrosée ». Depuis l’accident, j’ai des paresthésies qui partent de la colonne, irradient tout le haut de dos, les bras, les mains et le visage, entraînant douleurs, piqures d’aiguilles, coups de poignard sur leur passage. Rien à voir avec mes paresthésies de fibro alors, j’ai dû me résoudre à y retourner. Le médecin interne m’a dit que j’allais passer un scanner mais qu’il fallait attendre. Salle d’attente, j'’étais assise sous la télé, France5 diffusait ses émissions, exténuée, j’écoutais mais je n’ai pas pu longtemps lutter contre le sommeil qui m’envahissait. « Silence, ca pousse » puis « SOS maison », mes yeux se sont fermés. Avachie, je tentais de lutter en vain. 3/4 d’heure de sommeil malgré les venues, les départs plus ou moins bruyants ,...

Deux heures après mon arrivée, le médecin me convoque dans son bureau. Qu’est ce qui se passe ? ai-je pensé en lui suivant. Pas de scanner mais une IRM prévue jeudi pour mes paresthésies. Selon le médecin, il s’agirait plus d’une évolution de ma maladie (ce sont les termes qu’il a employé). Ah, une évolution depuis vendredi soir, donc liée à l’accident …

Auparavant, il y avait un avant et un après fibro. Vais-je connaître un avant accident et après accident ?


Il reste toujours le colis, le fameux colis à aller chercher à la Redoute. C'est mon mari qui ira.
Pour oublier les Vosges, le temps pourri , les papiers de l'assurance, je me jette sans retenue aucune avec allégresse une fois de plus dans la lecture...






samedi 2 août 2008

FAIT DIVERS DANS LE JOURNAL

HIER 10H30 : ca y est, les valises sont pratiquement bouclées me disais-je tout en vérifiant ma liste de ce qu’il fallait ne pas oublier : casquette, adresse précise du gîte, chargeur portable, …Une liste pense-bête que j’établis à chaque départ en vacances. Comme tous les matins, les filles regardaient leur série télé.
-Et vos valises, elles en sont où ? Et le ménage à l’étage ?
-S’il te plaît, Maman, on regarde ca… on fera tout cette après-midi.


Devant mon air réprobateur, mon aînée ajoute :
-Et on fera le ménage en bas, tout ! Aspirateur, serpillière.
-Et moi, quand est-ce que je me repose ? Je suis déjà fatiguée…
-Ben , si tu veux, va te reposer maintenant, et cette après-midi, quand tu tiras chercher le colis à la Redoute, on fera le ménage en bas.
Pas bête ! C’est vrai que j’ai un colis à récupérer.
-OK, mais vous mettez la télé moins fort.

12H15 :
Mon mari était tout juste arrivé alors que j’émergeais de ma sieste
-Y’a un gros plantage sur une des chaînes informatiques. Je mange vite fait et je repars
Pas de chance : gros bug le dernier jour de travail avant ses vacances.
-Je ne sais pas à quelle heure je rentrerai ce soir.
-Vas-y, je vais te préparer tes affaires.
Pour mon mari, très simple la valise : T-shirts, short et encore short.


13H15 :
-Le filles,je vais à la Redoute, à tout à l’heure
Ma cadette du haut de ses 10 ans traînait l’aspirateur et sa sœur s’affairait à la poussière à l’étage.
-Bisoooous !
Ce serait bien que j’y aille à pied et je prendrai le bus pour rentrer.200 mètres plus tard, je changeais d’avis : mes genoux me faisaient déjà mal. Bon, je vais prendre le bus , il vaut mieux. Je traversais le passage piéton, j’en étais à la moitié. J’ai entendu une voiture proche, très proche, le temps de tourner la tête à droite, et j’ai vu un capot bleu à 3 mètres de moi.
Elle ne va pas s’arrêter, je vais me faire renverser.
Seul réflexe, me protéger latête avec mes bras avant de fermer les yeux.


Tout c’est passé vite, très vite, un crissement de pneus suivit du choc. La voiture m’a cogné au bassin, j’ai senti mon corps tout léger se soulever en l’air puis tomber.
C’est pas vrai ! Je viens de me faire renverser … aïe, j’ai mal…


-Madame, madame, ca va ? ca va ? Vous pouvez vous relever ?
-Non, j’ai mal répondis-je en ouvrant les yeux.
Penchée sur moi, la conductrice sortie de sa voiture me regardait. J’ai juste bougé un peu mes jambes et mes bras pour vérifier leur état.
- Vous pouvez vous relever ?
-J’ai mal au cou…Mais ca ne va pas de rouler aussi vite ?
-Je ne vous ai pas vu, vous avez déboulé sur le passage
-Vous vous foutez de qui ? ??
De rage et de douleur, je me suis mise à pleure .
-Vous pouvez vous relever ?
-Non !!!! ai-je crié.


S’en suivirent les ambulanciers.
-Madame, on va vous mettre dans une coque et surtout ne bougez pas du tout la tête. Ca va ?
-Je ne me sens pas bien, j’ai chaud, j’ai envie de vomir…
La conductrice était plus préoccupée par des questions concernant sa voiture.
-Vous, Madame, vous vous taisez ! lui a ordonné l’ambulancier. Vous verrez tout ca avec la police.


Je me sentais très fatiguée, très, très fatiguée.
-Madame, madame, ne fermez pas les yeux !
-Mon mari est au travail … en plus il est débordé … ce soir on doit partir en vacances.
-Ne vous inquiétez pas ! Vous avez le numéro de votre mari ?
J’ai préféré appelé moi-même mon mari. Sonné par l’accident, je lui ai dit que ca irait et que je rentrerais en taxi…


Sirène en route, direction les Urgences.
Arrivée aux urgences puis installée sur un chariot, l’interne est venu m’examiner et me poser quelques questions : où j’avais mal ? Ce qui c’était passé ? L’infirmière me posait une perfusion et a bien relevé que j’étais fibromyalgique. Elle était très douce dans ses gestes.
Mon mari est arrivé, pâle comme une linge, j’ai tenté de sourire.


-Madame, on va vous faire des radios.
Salle de radiologie, j’entendais juste quelques mots « cervicales…espacement…arthrose ».
Deuxième cliché de cervicales… C’est pas bon, me suis-je dit.
Retour dans la chambre des urgences.
-Madame, on va vous mettre une autre minerve. Ca va ?
-Je voudrais juste rentrer chez moi et me reposer.
-La police va venir vous voir et ensuite le médecin sénior.


Contrôle alcootest : négatif, le contraire m’aurait bien étonné à moins que mon café soit frelaté.
Mon portable a sonné, je pensais bien que c’était les filles qui devaient se demander où j’étais passée. Mon mari a répondu, je les entendais crier et pleurer… il les a rassuré comme il pouvait.
Le médecin sénior, enfin !
-Vous avez une entorse des cervicales, vous devez porter pendant 8 jours la minerve et refaire une radio des cervicales. Vous pouvez rentrer chez vous, mais du repos au moins pendant 3 jours. Je vous fais tous les papiers pour l’assurance et la radio.
A ce moment là, j’ai compris qu’il n’y avait plus de vacances, fini, out les Vosges…


16H00 passées :
Je rentre enfin chez moi. Les filles me serrent dans leur bras, elles ont eu très peur. Mon mari repart au travail. Exténuée, je vais au lit mais impossible de trouver le sommeil : la douleur et l’émotion de l’accident.
Ce n’était pas mon jour, à un millième de seconde près, je n’étais plus là …


La conductrice qui m’a renversé ne m’a appelé pour prendre de mes nouvelles. Dégoûtée, écœurée ! Elle a simplement dit aux policiers qu’elle ne regardait pas la route et qu’elle m’a vue au dernier moment.

AUJOURD’HUI 5H30 :
Mon corps est endolori : quelques égratignures et surtout de gros hématomes. Au moindre mouvement de tête, j’ai mal aux cervicales et au dos. J’entends la pluie cogner contre les volets, il ne reste plus qu’à défaire les valises…




















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