lundi 30 juin 2008

A L'AUBE D'UNE ANNEE DE PLUS

Dans quelques jours, je vais avoir mes 37 ans. Les années continuent inexorablement de s'empiler sur mon état civil...

Je me regarde dans la glace : pas encore de rides ou de cheveux blancs pour le moment. L'oeuvre des années qui passent ne semblent pas encore s'afficher au grand jour sur mon visage. Seuls mes yeux trahissent ces 6 dernières années. 6 ans c'est long ou c'est court selon comment on les regarde, on les analyse selon le bilan qu'on en tire.
6 années que la fibro a fait officiellement son apparition dans ma vie, qu'elle y a fait son nid, creusé son terrier labourant des sillons dans mon corps.


Contrairement à ces cinq derniers anniversaires, je n'appréhende pas celui qui va arriver. Bien sûr, je me souviens de mes 30 ans, un chiffre rond qui marque les esprits, qui permet d'imaginer des projets pour l'avenir, qui ouvre de nouveaux horizons.
Ensuite, les autres anniversaires sont passés sans que je veuille les fêter pour mieux les oublier, pour ne pas m'en souvenir.
32, ..34, ..35 quelle importance? une année de plus, le temps qui vous file entre les doigts... mais pas le quotidien.


Ce sont des anniversaires qui sont passés à la trappe, aux oubliettes.
La trappe,je connais... j'y ai été mise dans celle de mon entreprise il y a 2 ans. Jusqu'en 2004, je recevais l'agenda estampillé au logo de la société et la carte de voeux avec un petit mot de la DRH.
Un agenda et une carte de voeux, voilà ce qui me raccrochait au monde du travail, au monde qui était le mien.
Puis décembre 2005, janvier 2006 : rien, nada.
J'en étais arrivée à guetter l'arrivée du facteur, espérant, priant pour avoir mon enveloppe.
Fin février 2006 : toujours rien... il a fallu que je me rende à l'évidence, du statut de cadre d'entreprise j'étais passé à celui d'une simple ligne dans un fichier informatique . Mais pas n'importe lequel ! Celui des personnes qui avaient le privilège de recevoir la carte de voeux...
Est-ce que ma ligne prenait trop de place ? Etait-elle arrivée à péremption ? Ou alors par souci d'économie budgétaire, on avait réduit la taille du fichier ?
Peu importe... je ne reçois plus rien... ni l'agenda, ni la carte.


Quand j'avais l'agenda tout neuf entre les mains et que je tournais les pages vierges, je me le représentais comme autrefois, bien rempli : au crayon rouge les réunions, en noir les plannings des projets, sans oublier mes fameuses annotations "ne pas oublier", "important", "faire mail".
Qu'il est bien loin ce temps révolu.
Les mots "rentabilité, "chiffre d'affaires", sonnent creux à mes oreilles, désormais, ils résonnent sans trouver d'écho.
Il m'aura fallu 2 ans pour faire mes adieux au monde du travail, 2 longues années pour accepter que je n'en faisais plus partie, que je n'y avais plus de place.
Exit du système par la trappe... j'aurai cependant préféré une sortie plus glorieuse, ou plus honorable comme celle du départ à la retraite ...
J'ai tiré définitivement un trait au crayon rouge sur cette vie.


37 ans, et je suis plus sereine. Serait-ce l'âge ou alors parce qu'ai accepté enfin celle que je suis devenue ?
Plus de vieux démons qui me harcelaient avec leur questions métaphysiques sur le quid de mon lendemain, ils sont eux aussi passés à la trappe depuis longtemps....

Alors, cette année, je vais fêter mon anniversaire. Pas de grande fête mais ce qu'il faut pour s'en souvenir.



lundi 9 juin 2008

ECORCHEE A VIF

Fatigue et douleurs accumulées me rendent vulnérable.
L'expression écorchée à vif prend tout son sens...hypersensibilité.
Cette hypersensibilité m'écrase, m'étouffe d'émotions et je suis tel comme un poisson qui asphyxie privé d'oxygène.
La moindre parole ou attitude va alors provoquer, des remous, des vagues, un torrent d'émotions incontrôlable... jusqu'au trop plein.

Donner le jeu, faire de comme si de rien n'était, sourire à son entourage : voilà ce que dois faire, comment je dois réagir.
Promenade des chiens au parc, je me retrouve sous les arbres. Le vent léger du matin déverse sur moi les gouttes de pluie qui tombent comme par enchantement des feuilles.
La gorge serrée, je me fais violence pour ne pas craquer, pour ne pas laisser sortir ces larmes qui sont enfouies tout au fond de moi.
Etrange image : je me retrouve là les bras en croix avec mes deux laisses sous les fines gouttes.
Je laisse tomber mon masque ... les larmes coulent d'elles mêmes se mêlant à la fine pluie sur mon visage.

Une fois rentrée, j'enfreins les règles que m'impose la fibromyalgie et je me lance à corps perdu dans du ménage.
Ma fille me fait une remarque ou plutôt la remarque qu'il ne fallait pas faire. En temps normal, je l'aurai reprise, demandée à ce qu'elle s'excuse.
Mais là, non... Je n'ai pas envie de me lancer dans une conversation qui tournera aux reproches.
Cette remarque je l'encaisse comme le boxeur qui s'écroule suite au coup de crochet final asséné par son adversaire.

Pour évacuer, le seul moyen dont je dispose c'est d'écrire.
Quand les mots s'alignent, l'estomac se vide des sensations.
Quand les mots deviennent phrases, le trop plein des émotions s'écoule, me rendant à retour sereine.




mardi 3 juin 2008

TENTATION

L'état de grâce de samedi n'aura duré que quelques heures...quelques heures de liberté.
Depuis, mon armée de fourmis s'est multipliée et colonise mon corps entier. Non seulement, elles continuent de danser mais en plus elles martèlent à petits coups de pioche tous mes muscles.
Je regarde mes bras :
-"Non, je ne tremble pas... mais pourquoi ca tremble à l'intérieur ?"
Ce sont des fortes paresthésies ... elles m'usent physiquement.
Mes jambes ont dû mal à répondre aux ordres du cerveau ... mon bras est engourdi : je serre les dents en priant intérieurement pour ne pas tomber.
Ma prière a été exaucée ...ouf!

En début d'après-midi : rendez-vous chez mon docteur pour renouveler mon traitement.
A chacune de mes visites, il prend des nouvelles de mon mari et des enfants car contrairement à moi, il ne les voit pas souvent.
En avance à mon rendez-vous, j'en ai profité pour "flâner" un peu.
La ville se pare de couleurs, s'orne de banderoles, et de fleurs qui trônent majestueusement à chaque coin de rue.
J'avais oublié, non seulement, il y a les festivités de Brest 2008 mais en plus nous avons le départ du tour de France.
Que d'agitation en perspective !
Nous allons être pendant quelques jours l'attention de la France entière. Tous les yeux seront rivés sur nous ! Nous allons être observés, décryptés, disséqués minutieusement avec intérêt... tels des insectes au microscope.
Nous nous devons d'être prêts afin d'accueillir un flot de visiteurs, une marée humaine qui va s'agglutiner les premiers jours pour acclamer les rois de la petite reine. Et qui ensuite ira se déverser au port sur les quais pour admirer l'armada de voiliers et de vieux gréments.


Tout en observant, ma ville qui se mue telle la chrysalide en joli papillon, je me dirige inconsciemment et dangereusement vers ma librairie fétiche.
C'est comme si les livres sortis de leurs rayons m'appelaient, et me happaient dans un tourbillon, m'entrainant avec eux.

-"Non, pas cette fois... il y a d'autres priorités ce mois ci."
Je regarde : à droite, à quelques mètres la librairie, de l'autre côté des magasins de vêtements.
-"Je dois résister à la tentation...sois raisonnable ! Les filles ont besoin de rafraîchir un peu leur garde robe."

Eh, oui, avec en plus l'aînée qui part dans 3 semaines en Allemagne, je ne dois pas craquer.
Et je sais que ce soir quand elles rentreront, j'aurai droit à des "merci, mamounette!" et des bisous tendres.
Ce seront des purs moments de bonheur ... bonheur simple mais qui vous envahit pour le restant de la journée.
Alors, j'opte pour quelques vêtements de valeur sûre et dont elles ont besoin.
Quand je dis valeur sûre, c'est une question de goût purement vestimentaire.
Entre mon aînée qui s'habille en style EMO depuis son voyage en Angleterre et sa sœur qui a décrété "J'ai 10 ans, je ne suis plus un bébé ! j'ai le droit de m'habiller comme je veux", leur acheter quoi que ce soit qui sera porté relève d'un pari un peu insensé...
Ma fille de 14 ans est une pure ado 100% garanti : fan de fringues et d'accessoires.
Elle se cherche, voulant affirmer sa personnalité par ses habits et sa coiffure, normal à son âge.

Vous devez vous demander peut-être ce que sait le style EMO, selon ma fille c'est un mélange de punk et de gothique mais en réalité, il s'avère être un renouveau des années 80 avec en plus une influence manga....
No comment en ce qui me concerne tant que ca ne dépasse pas les limites de la provocation et d'une certaine pudeur. Oui, je veux bien la mini-jupe en jean tant qu'elle ne mesure pas seulement 10 cm !
Pour en revenir au style EMO, il y a le parler EMO également.
On ne dit plus :
"Jean élastiss" mais "un slim", le terme "couleur fluo" est remplacé désormais par "couleur flashie".
Quand on dit que la mode est un éternel recommencement ...

Je prends le risque de leur acheter... des pyjamas et des chemises de nuit !
Car pour l'instant, il n' y a pas à ma connaissance, de mode pour les pyjamas et chemises de nuit
Risque minime, me direz vous, mais bien calculé !









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