mercredi 31 décembre 2008

CINQ...QUATRE.. TROIS...DEUX... UN !

Depuis dimanche, les virus jouent avec moi à cache-cache ! Le matin, le virus gastro m’a touché en criant « je t’ai eu en plein dans le ventre », il m’a agrippé quelques heures avant que je réussisse à lui échapper de justesse en croyant l’avoir éradiqué.
Hier, sans que je le vois arriver, le virus grippe m’a martelé la tête, courbaturé le dos et m’a soufflé selon son humeur du chaud ou du froid.
Et aujourd’hui, tous les deux se bataillent la place de vainqueur !
Car ce matin, j’ai dû mettre le nez dehors pour sortir les chiens, lentement, en faisant bien attention de ne pas glisser, histoire de ne pas me retrouver les quatre fers en l’air !
Dorie et Maya étaient toutes contentes au parc de faire craquer sous leurs pattes l’herbe givrée. Malgré les multiples épaisseurs dont je m’étais vêtue, je grelottais, le froid prenait possession de tout mon corps.
Le virus gastro en a profité …Ragaillardi et pour bien montrer la conquête de son territoire, il n’a cessé de me jeter des coups de poignards dans les intestins qui eux émettaient des sons étranges, des « glouglous » qui ne présageaient rien de bon.
Durant la nuit, le virus grippe avait dû s’assoupir mais avec tout ce vacarme, il s’est réveillé !
Ma tête est désormais traversée par une énorme barre de fer et comme ils ne font que se disputer, toute cette agitation me donne chaud.

Mes dernières heures de 2008 sont donc consacrées à une bataille entre virus !

Alors que partout, les bouteilles de champagne, bien rangées, ont été mises au frais, les plateaux de fruits de mer attendent sagement leur tour d’honneur. Les cotillons, les confettis et les serpentins prendront place un peu plus tard dans la soirée sur des airs de musique de fête. Et quelques secondes, avant l’heure fatidique, le décompté sera clamé, crié : « Cinq…quatre…trois…deux… Un !!! Bonne année ».

Les portables vont échanger des millions de texto et SMS, les mails seront dispatchés et les téléphones tenteront de se faire entendre parmi ce vacarme. Les bouchons de champagne voleront, les klaxons des voitures résonneront dans les rues tandis que tout le monde s’embrassera, se prendra dans les bras en se souhaitant plein de bonnes choses pour l’année à venir.

Et bien pas nous ! Je suis une adepte du boycottage de cette fête imposée sur le calendrier.

Une nouvelle année qui commence soit 365 jours avec leur lot quotidien de bonnes ou de mauvaises surprises. Certains font le bilan de l’année passée : rentabilité, chiffre d’affaires pour les entreprises et sociétés ; santé, travail, amour pour le quidam des mortels, et l’on se fixe des objectifs, des buts et l’on prend de bonnes résolutions pour la nouvelles année. Pourquoi chaque année doit-on en prendre? A croire que celles de l’année passée étaient mauvaises …

Si je regarde en arrière, je vois des pleurs et la peine d’avoir dit un adieu éternel à des êtres chers qui me manquent cruellement, je vois aussi des journées passées au lit clouée par les douleurs, je revois mon quotidien….

Mais je vois aussi des moments de bonheurs simples avec ma famille ou des amis. Ces petits instants de bonheur qui me remplissent de joie, qui me font chaud au cœur. Et grâce à vous, j’ai appris que je pouvais être heureuse par l’écriture. J’ai compris que les mots étaient mon échappatoire, et qu'avec eux j’avais trouvé ma place et que j’existais bel et bien par moi-même !

Au lieu de vous souhaiter une bonne année, je préfère vous dire essayons de vivre au mieux avec ce que l’on a, malgré les coups durs inattendus de la vie, grâce à l’affection des siens, et en se disant que demain sera toujours un nouveau jour….

mardi 30 décembre 2008

FIN D'ANNEE HONTEUSE

J’ai honte ! Oui, honte …
Peut-on se pavaner, fanfaronner, chanter haut et fort, la tête bien haute, notre hymne national ?
Peut-on être fier, orgueilleux d’être la 5ième puissance mondiale ?
Est-ce qu’on peut se le permettre alors que des gens, en cette fin d’année 2008 meurent encore de froid dans la rue. Non, il n’ y a pas de quoi s’en orgueillir.

L’information a été dite sans qu’on s’y attarde et on passe à autre chose … pratiquement comme si de rien n’était, comme si ces vies humaines remplies de souffrance n’avaient eu aucune importance pour qui que ce soit. Le moral des Français étant en berne, n’allons pas leur dire la réalité si dure, si cruelle qui touche certains. D’ailleurs ce n’est jamais très bon pour la côte de popularité de nos dirigeants.

Que c’est beau les discours, les palabres sur la misère, sur la pauvreté qui touche de plus en plus de monde. Et en attendant que fait-on ? Rien.

Combien de bâtiments publiques, d’immeubles, d’anciennes casernes désaffectées sont vides, fermées à clé ? On les laisse se dégrader, se délabrer un peu plus chaque jour jusqu’ à ce qu’ils tombent en ruine. Tandis que des gens, que des familles entières avec leurs enfants vivent dans la rue d'à côté ou dans leur voiture...
Comment peut-on admettre cela ?

C’est vrai, il y a la crise, la fameuse crise... Mais pas pour tout le monde ! Certaines entreprises et certaines sociétés continuent à s’engraisser, à s’en mettre plein les poches sur le dos de monsieur-tout-le-monde. La nature humaines est avide, plus on en a et plus on en veut ! De l’argent, du pognon, encore, toujours plus….

Il faudrait revoir notre si belle déclaration des droits de l’homme et du citoyen, en priorité l’article Premier:
Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Les hommes ne naissent pas égaux en droits ! Dès l’enfance, on est répertorié selon notre couleur de peau, selon notre nom et notre origine sociale et par la suite, toute notre vie, nous devons essayer d’avancer dans la vie avec ces bagages plus ou moins lourds. Alors, non, nous n’avons pas tous mêmes les mêmes atouts et les mêmes cartes en main pour vivre, travailler, être reconnu et respecté !

Non seulement, nous ne naissons pas égaux en droit mais nous pouvons encore à notre époque crever de froid dans la rue !

Vous vous dîtes peut-être « oh, elle joue les donneuses de leçon ! ».
Non, et je ne suis pas à mettre sur un piédestal ou ni même à avoir du mérite ou des louanges. J’apprécie d’avoir un toit, un intérieur chaud et douillet, d’avoir chaque jour de quoi manger et de pouvoir subvenir aux besoins de mes enfants. Payer encore des taxes, des impôts parce que certains en jouant, en jonglant avec l’argent des autres se sont brûlés les ailes, je dis non. Contribuer pour que chacun d’entre nous puisse vivre dignement, oui !

C’est donc une fin d’année sans gloire, ignominieuse, scandaleuse que je garderai en mémoire pour 2008…

samedi 27 décembre 2008

OVERDOSE...

Ce matin, la glace de la salle de bains me renvoie une figure au teint poubelle oscillant entre le gris et le jaune, avec en prime de jolis petits boutons rouges qui sont apparus sur le menton ressemblant à des cratères de volcan. Pas la peine d’être un expert ou d’avoir un œil averti, mes excès de hier sont visibles et me sautent à la figure, me prennent à la gorge, alors aujourd’hui, je me fais la promesse de ne pas en faire….

Retour à hier matin :
C’est terrible, faut que j’arrête ! Je m’étais pourtant promis de ne pas craquer au moins pendant deux jours. Eh bien non, je n’ai pas tenu ou plutôt je n’ai pas pu.
Depuis le début des vacances scolaires, la télé tourne pratiquement en continu l’après-midi au salon, j’en ai ras le bol !

Ce ne sont pas des enfants à qui j’ai donné vie ! Il s’agit d’une nouvelle espèce humanoïde qui a dans chaque main des télécommandes pendant les vacances ! Ce sont des téléphages !

Surtout, Caroline qui se lève au mieux à midi s’attaque direct à la lecture alléchante du programme télé. De quoi va-t-elle se gaver aujourd’hui ?

Se petite ritournelle, je la connais par cœur, sur le bout des doigts « Mais maman, ce sont les vacances, j’ai le droit de faire la grasse matinée et de regarder la télé. Pendant l’école, je ne la regarde pas ! ».
Oui, bien entendu même pas un peu, juste avant de partir ou après les cours de danse ou juste ? Si je réplique, sa défense est toujours la même :
-Quand je rentre le mercredi midi, Marie, elle, elle regarde la télé !
Et on revient à une évidence, oui, ta sœur le fait quand elle a terminé ses devoirs mais pas pendant des heures!

Fin de la discussion qui n’ira pas plus loin pour écarter la polémique, elle veut toujours avoir le dernier mot. Alors, je préfère fermer mes écoutilles, à quoi bon un conflit stérile ! Je la laisse ronchonner, clamer son injustice, son indignation !
Ses journées de vacances ne connaissant pas les horaires, le soir, elle lit, elle écoute la musique jusqu’à on ne sait quand… C’est étonnant, car elle ne se rappelle jamais à quelle heure elle a éteint la veille.

Ce matin, j’ai été sauvé, du moins je croyais l’avoir été, grâce à Chronospost qui a sonné à 11H30 ! Caroline attendait son colis, j’ai eu donc à peine eu le temps de fermer la porte, qu’elle était déjà là plantée dans mon dos.

-Bonjour, tu as bien dormi ?
-C’est géniaallllll ! C’est mon sac, je l’ai déjà reçu ! Vite, il faut que je le vois ! Oh, je suis trop contente.
-Ok merci, bonjour ! Oui, merci moi aussi ca va ! Tu prends un petit dej ?


Une fois, deux fois, je répète ma question. Pas de réponse… je parle dans le vide, elle est déjà remontée dans sa chambre.

J’ai les nerfs un peu en pelote parce qu’on ne fait rien ces derniers jours! Quand elle dort le matin, moi, je suis évidemment levée et à midi, quand je vais me reposer, elle émerge ou dort encore. Donc, il n’y a qu’après 16H00, où l’on ensemble. Sauf qu’à 16H00 pétantes, dernier délai, c’est l’heure du goûter ! Ce qui nous laisse globalement deux heures de temps par jour…

La télé est éteinte pour le moment, c’est moi qui ai le pouvoir sur elle. D’ailleurs, elle fait moins la fière quand elle ne déblatère pas ses stupidités, elle ne ressemble à rien , hormis à un gros rectangle noir.

- Maman, il me plaît pas !crie Caroline de sa chambre.
-Pardon ?
Et qui je vois descendre, toujours en pyjama, ma fille avec son sac à l’épaule !

-C’est clair qu’avec un pyjama, ça fait un peu bizarre….
-Mais tu ne vois pas qu’il est trop grand ?
-Euh, non. Je le trouve très bien.


Le double –décimètre à la main, elle le mesure :
-Ah, je pensais que 45cm ça faisait plus petit …
Là, je ne dis rien, d’ailleursil n’y a rien à dire .
Les centimètres sont et restent des centimètres même sur un sac !

Et, là voilà elle va direct poser son popotin au salon.
Ah non, pas ça ! Sa main s’approche de la table basse, je la vois tendre vers la télécommande et en moins de deux secondes, la télé est allumée !

On n’est pas encore arrivé à la moitié de vacances et j’overdose de cette télé, elle s’invite, fait partie de la famille ! Au bout de 2h00 de zapping et de « vous mettez moins fort », il y a de quoi péter un plomb ! Plutôt que de vociférer, que d’hurler, j’ai pris l’option de « je prends sur moi, reste zen, c’est les vacances ».

… sauf qu’il y a eu la goutte d’eau, pas si petite que cela, puisqu’elle a fait déborder le vase.

Midi passé :
-Il faudrait peut-être que tu ailles te laver et sortir, prendre l’air. Depuis deux jours, tu restes enfermée dans la maison.
-Mais, pourquoi veux-tu que je sorte ? En plus, t’as vu le temps qui fait ? …Maman, tu vois pas que je regarde la télé…


Oh, que si, je vois bien que je la dérange, je l’ai interrompu en plein milieu de je ne sais quelle réplique.
-Oui, il fait froid, mais tu te couvres et tu n’as qu’à aller promener les chiens, tiens, par exemple.
-Non, mais maman, s’il te plaît je regarde un film c’est trop bien. Cette après-midi plutôt…


Elle n’ira pas cette après-midi, elle le sait et je le sais. J’ai eu envie de le lui dire, mais les mots sont restés coincés au fond de ma gorge. Que faire ? Punir, débrancher la télé, l’ordi… Méthode déjà testée à qui a eu la plupart du temps comme résultat : je fais du piano, je chante, je teste les nerfs de ma mère, je lui en mets plein les oreilles, encore et encore, jusqu’à ce qu’elle cède, qu’elle me donne sa bénédiction pour allumer la reine du salon.

Je suis devenue invisible à ses yeux, elle ne voit que l’écran.

Que je passe en second plan derrière un feuilleton débile a été le un trop-plein et tout ce trop-plein au lieu de le vider, je l’éponge, je le noie dans les plaisirs de le bouche, du palais. Avant d’aller me reposer, petit détour par la cuisine : fromage blanc, paquet de petit beurre déjà bien entamé. Je cherche du sucré, du chocolat. Malédiction, il n’y a plus de chocolat ! Je me rabats sur un paquet de gâteaux au chocolat et un demi-toblerone trouvé entre un paquet de pâtes et de riz. Depuis quand, est-il là à m’attendre ? Deux semaines ou un peu plus, ce n’est pas grave, il fera l’affaire.

Mon plateau bien chargé, je vais dans mon lit. Méthodiquement, je casse un petit beurre un deux puis je l’enfonce avec allégresse dans le pot de fromage blanc. Il en ressort bien chargé, le plus dur étant qu’il ne tombe pas avant d’attendre sa destination. J’ouvre ma bouche, je ferme les yeux, et je mange. Au début, je savoure, j’apprécie, je prends mon temps mais il y a peine que six petits beurres, mon plaisir sera de courte durée.

Le paquet de gâteaux ouvert, j’avale, j’engloutis. A chaque bouchée ingurgitée, je me sens un peu plus légère sur l’instant, les idées grises s’évaporent dans le sucre, le cacao et le beurre comme par magie. J’entame le toblerone mais mon estomac n’en peut plus, j’ai mal au ventre et mes yeux se ferment tout seuls sous le poids de la fatigue. Et puis, la veille, j’ai dégusté, apprécié du vrai chocolat fabriqué par un maître, un virtuose qui va lui même choisir, sélectionner ses fèves de cacao. Alors, le toblerone en comparaison ne mène pas grand ‘large. Le ventre plein, je me sens mieux …

Le réveil est difficile : bouche pâteuse, j’ai soif, mal au foie…

Boulimique ? Non ! Morphale ? Oui… un peu… peut-être à certaines occasions quand ma fille est téléphage !

mercredi 24 décembre 2008

LES REPAS DE FAMILLE...

La transhumance de Noël a commencé, des volets fermés ou les voitures des enfants garées dans la rue car ils sont venus passer quelques jours chez leurs parents. C’est ce que je me disais quand j’ai vu Mme Gall, une de mes voisines.
-Bonjour, Mme Gall. Comment allez-vous ? Alors que je lui plantais deux grosses bises une sur chaque joue.
-Oh, l’âge se fait sentir, me répond-t-elle d’un ton las.
- Qu’est ce qui se passe ? Vous êtes toute triste ce matin ? Les enfants viennent pour Noël ?
-Oui, oui, ma dernière arrive demain avec ses trois enfants.
-Eh bien, ca va vous faire du monde. Mais dites-mois, votre écharpe c’est du tricoté main ?

L’écharpe, c’était juste pour que je la félicite, que je lui dise qu’elle tricotait bien, et que ses yeux brillent.

-Oui, oui, avant, je tricotais des pulls, des gilets, … maintenant je n’ai plus de goût, je ne tricote plus. Mais, vous aussi, votre écharpe est bien belle, me dit-elle en regardant celle j’arborais.
Aucun mérite pour moi, il s’agit d’une de celles que ma belle-mère m’a tricoté, et pire, j’ai échoué dans ma tentative de diversion !

-Vous semblez fatiguée, vous aussi ? me dit-elle.
Si elle savait que le week-end fut mouvementé, agité et que la nuit de samedi a pris l’allure de l’apocalypse. Je n’allais quand même pas lui raconter que samedi soir, j’avais 18 ados qui ont fêté l’anniversaire de Caroline, musique à fond jusqu’à 1H00 du matin, et qu’après avoir dansé, chanté, ils étaient tous au salon à soi-disant dormir entortillés comme des chenilles dans leurs sacs de couchage. Soi-disant car ils n’ont fait que parler, j’ai à peine dormi quatre petites heures saccadées, entrecoupées par des rires, des « chuttttttt ». Levée aux aurores le dimanche, je marchais prudemment entre des fraises tagadas et autres bonbons, du coca renversé, des verres en plastique. Le sol était tellement gluant et poisseux, que j’ai bien crû que je n’arriverais pas à y déscotcher mon chausson, et l’odeur de la transpiration avait remplacé toute forme d’air. Et eux, ils semblaient aller bien, moins de voix, des cernes , mais moins réactifs après une nuit blanche.

Je n’ai jamais vu Mme Gall aussi abattue, mélancolique, elle qui d’habitude n’arrête jamais de ses journées avec toujours le sourire aux lèvres. Alors, non, je n’allais pas lui rajouter un peu de gris.
-Un petit peu, c’est tout. Allez, bonne journée et joyeux noël si je ne vous vois pas d’ici là.
-Oui, vous aussi.
J’en étais toute triste moi aussi de la voir dans cet état. Alors que juste avant, j’étais contente d’avoir écrit mes premières cartes de vœux. Malgré internet, le téléphone, les SMS, j’aime toujours envoyer des cartes de vœux, c’est un de ces moments de plaisir que m’offre la fin d’année. Et pour faire durer le plaisir, j’en écris un peu tous les jours et je les poste au fur et à mesure.

Aujourd’hui, ceux qui reçoivent ont la tête à la préparation du fois gras et de la dinde, à ne pas oublier d’aller chercher leur bûche commandée à l’avance chez le pâtissier, à aller faire des courses de dernière minute en espérant que ça ne sera pas trop la cohue, à se préparer et enfin à dresser une belle et jolie table de fête. Même si c’est une journée bien remplie, ils se réjouissent à l’avance d’avoir auprès d’eux leurs parents ou leurs enfants. D’autant plus, quand les enfants habitent loin ou sont dispatchés dans tout l’hexagone. Alors, forcément, on ne se voit plus beaucoup sauf à l’occasion des fêtes de fin ou des vacances.

Noël est le jour par excellence où toute la famille se retrouve autour du même repas pour partager ce moment de fraternité, d’amour.

Ah, les repas de familles, il y aurait tant à dire…
Ils sont l’occasion pour certains ou certaines de sortir leur rancœur, leur amertume, leur jalousie ou d’écraser les autres, et tout ca bien enveloppé dans un joli papier cadeau ! Les femmes sont bien plus méchantes dans ce type d’exercice, elles savent comment blesser, humilier.

Comme la maîtresse de maison qui a commencé ses terrines et autres mets depuis la veille, qui est debout depuis 6H00 du matin, qui travaille le 24 décembre et qui reçoit sa famille le soir. Elle n’est pas très bonne cuisinière mais cette année, elle s’est donnée beaucoup de mal. Depuis des semaines, elle a testé avant des recettes pour que le jour J tout soit parfait. Quand sa sœur arrive et d’emblée lui dit :
-Je t’ai apporté une terrine que j’ai faite moi-même car je sais bien que tu n’es pas très à l’aise pour les confectionner. Ca te fait plaisir ?
Premier pic bien lacéré, affûté qu’elle reçoit direct en pleine poitrine. Elle doit prendre sur elle un fois de plus…
-Merci beaucoup. Ca tombe bien, je n’en avais pas fait !

Elle retourne à sa cuisine et dissimule dans un placard son labeur tout en ravalant ses larmes et son amour propre. Tout le repas, elle va devoir supporter des critiques : de tout ce qu’elle aura préparé, rien ne sera parfait sauf la terrine de sa sœur….


Ou celle qui a le droit a :
-Mais, tu n’aurais pas grossi, toi, depuis la dernière fois que l’on s’est vu? Et c’était quand déjà ?
-L’année dernière à Noël chez papa et maman.
-Mais d’ailleurs, comment ca va ton boulot ?
-Ma boîte a fermé il y a 2 mois et depuis, je suis au chômage.
-Excuse-moi, j’avais oublié ! Je suis impardonnable mais depuis notre retour de voyage aux Etats-Unis, j’ai encore la tête là-bas. Tu as reçu ma carte postale ? On est vraiment désolés d’arriver en retard mais on oublie combien la banlieue est loin de Paris ….


Elle a reçu la carte même temps que sa lettre de licenciement. Elle n’a pas eu la force de lire ce qui était écrit derrière alors la belle photo en papier glacé de Los Angeles, elle l’a rangé dans le tiroir de son buffet. Depuis qu’elle est au chômage, tout ce stress, cette peur de ne pas retrouver un travail, elle le compense par la nourriture. Elle a beau aller tous les jours à l’ANPE, éplucher le journal, il n’y a rien et quand elle postule, on lui fait comprendre qu’elle est trop vieille alors qu’elle vient juste d’avoir quarante-deux ans…

-Si, elle m’a fait plaisir.

Tandis que sa belle-sœur raconte en long et en large leur séjour, elle cherche du réconfort dans le regard de son mari et de ses enfants. Cette année, les enfants auront juste un cadeau utile, tandis que son neveu et sa nièce vont être pourris, gâtés comme d’habitude : le dernier portable high-tech, le tout nouveau lecteur MP4 dernier cri….

Angoissée, elle se triture les doigts sous la nappe, essaie de faire bonne figure pour ne pas penser à l’avenir incertain. Elle calcule en minutes, puis en secondes les heures qui vont suivre pour ne pas craquer…Elle se sent mal à l’aise, elle donnerait cher pour être déjà le lendemain.


Ou encore ceux pour qui le repas va être synonyme d’éternels débats sur la politique, sur l’économie et la situation du pays, et qui ne pourront pas dire ouf de la soirée car les beaux frères, d’avis divergeant ont chacun la bonne solution. Le ton peut vite monter, les esprits s’échauffer, va-t-on en venir au pugilat ? Les épouses tentent respectivement de calmer leur mari et de lancer d’autres discussions mais rien à faire, ils sont butés, aucun ne veut revenir sur ses positions. Tous les deux veulent avoir le dernier mot comme si c’était leur propre leur fierté qui était mise en jeu.


Ou la personne âgée toute seule en ce jour de Noël pour la première fois. Elle est assise dans son canapé et la télé est allumée pour donner une présence. Son fils unique marié depuis peu est invité chez sa belle-famille. Elle se faisait une joie de le revoir, elle attendait ce jour depuis 6 mois, depuis son mariage. Maintenant, il habite à Paris, il a quitté leur petite ville de province. Le rêve a été brisé à 19H30 précises par un coup de téléphone une semaine à l’avance.

-Tu sais comment sont les parents de Marie-Sophie. Ils veulent absolument que l’on soit là car ils veulent me présenter à des amis à eux. Ils organisent une grande réception. Ils m’ont dit de te dire que tu étais la bienvenue. Je te paierai le transport maman, viens s’il te plaît…
-Oh non, ca va me fatiguer. Ce n’est pas grave, tu viendras une autre fois me voir .Passe un joyeux noël et donne le bonjour à Marie-Sophie, et remercie ses parents pour l’invitation.
-Oui, je lui dirai quand elle rentrera. Elle est partie depuis le début de l’après-midi avec sa mère faire du shopping. Dès que j’aurai un moment, je viendrais te voir, ne t’inquiète pas. Tu ne m’en veux pas ?
-Mais non…
-Je t’aime maman.
-Moi aussi, Pierre.

En reposant le téléphone, une larme coule sur sa joue, elle regarde les photos de son fils, elle caresse celle où il reçoit son diplôme d’avocat. Elle est fière de lui mais elle sait que ce fils qu’elle a élevé seule, pour qui elle a trimé, est en train de s’éloigner d’elle. Elle repense aux noëls d’avant, elle se dit qu’il va oublier ses origines modestes ou en avoir honte à force.


Je pourrais continuer à vous en décrire, il y en a tellement … malheureusement, des noëls durs, tristes. Des noëls que certains ne voudraient que ça ne soit qu’un jour ordinaire comme un autre pour ne pas faire ressurgir la douleur, la peine…

Je ne vais pas terminer sur une note triste alors juste quelques lignes encore.

Des parents contents, heureux, ca existe ! Ce soir, ils auront leurs quatre enfants et leurs onze petits-enfants avec eux. Ils ont économisé pour acheter des cadeaux à tout le monde. C’est une grande famille mais unie. Ils ont élevé leurs enfants avec une paie d’ouvrier et de femme de ménage en leur inculquant des principes d’humilité, des valeurs morales, de ne jamais refuser de tendre la main à celui qui en a besoin. Alors, oui, ils sont fiers de les voir soudés, et soucieux de leur prochain. Ils vont dîner mais sans excès, l’essentiel pour eux est se retrouver tous ensemble, de partager des moments magiques, simples de bonheur avec leur enfants et leurs petits-enfants… C'est là que le mot "noël" prend toute sa valeur, son origine.

lundi 22 décembre 2008

MIOSSEC... UNE REVELATION !

Brestoise d’adoption, j’étais réfractaire à Miossec jusqu’à maintenant. Quand on parle de Brest, invariablement, i l y est associé comme Kersauson. J’en avais l’image d’un auteur-compositeur- chanteur mal à l’aise devant une caméra ou embarrassé à répondre aux questions d’un journaliste, les doigts jaunis par le tabac ou une bière à la main. Alors, quand j’entendais parler par ci pour par là de lui, je n’écoutais pas, je décrochais, à cause de l’image que je m’imaginais de lui.

Mon mari avait tenté à plusieurs reprises de me faire écouter… vainement. Lui étant brestois pure souche, j’y voyais un coté « je suis fier », un engouement régionaliste. Têtue, bernée, je m’obstinais « Miossec, ne m’en parle pas ! ».

Par hasard ou chance, mon lecteur MP3 a rendu l'âme il y a quatre jours, aussi j'ai pris celui de mon mari. Et là, miracle, la magie des mots, de la musique Miossec a opéré ! Sublime, des mots choisis avec une précision religieuse, la délicatesse d'un poète, le regard d’un être sensible qui volent comme posés sur des superbes musiques. Une découverte, une illumination, un envol, cette chose indéfinissable qui vous prend les tripes, le cœur, la pensée, l’esprit !

L’amour décliné sous toutes ses formes : l’amour interdit, l’amour inaccessible, l’amour brisé, l’amour sensuel, l’amour purement physique de la chair, d’une nuit, d’une rencontre, l’amour que l’on désire ou celui qui nous consume lentement même si on le renie… chanté avec des mots tendres ou crûs.

Un bonheur, un régal ! J’ai rencontré le vrai Miossec timide, mal à l’aise pour la « communication marketing » qui cache une hypersensibilité à fleur de peau et qui la dévoile dans ses chansons.

J'écoute, je me nourris de ses textes de sa musique, il me plonge dans un univers où je me sens à ma place, un monde où on parle de tout sans tabou, où chacun existe avec ses défauts, ses désirs, sa vie en cloche-pied…

La sensibilité qui en ressort me donne envie d'écrire des nouvelles sur les relations, les sentiments, l’amour… imaginé, rêvé, vécu, qui change la vie, qui vous blesse à jamais ou celui qui vous donne des ailes, sur ce qui fait ou défait des projets. Décortiquer l’âme humaine : belle ou vilaine, perverse ou sensible, généreuse ou odieuse, gentille ou calculatrice…

jeudi 18 décembre 2008

SHOPPING ? NON, MERCI

- Allez, voilà, Clara et pas d’excentricités pendant 48 heures !
- Oui, oui… Au revoir docteur.

C’est qu’il a de l’humour mon ostéopathe, des excentricités ! Je sors de son cabinet soulagée après avoir été maniée et remaniée dans tous les sens. J’y étais entrée le dos bloqué, alors oui, là tout de suite, je n’ai qu’une seule envie, qu’une seule hâte ! Courir à un cours de salsa, de tchatcha ou de rumba ! Me déhancher, laisser la musique envahir mon corps, tourner, faire de jolis mouvements gracieux, danser jusqu’ à en perdre la tête abasourdie par la musique….

Mes excentricités vont se limiter à me plonger dans les bacs où le linge accumulé déborde, et à un tango langoureux avec mon aspirateur. 48 heures soit deux journées, je ne peux pas laisser mon mari tout faire ! Lui qui est exténué, surmené qui ne sait plus où donner de la tête à son boulot et qui de surcroît a fait un bon début de grippe il n’y a même pas une semaine. Je veux bien, mais il ne faut pas exagérer tout de même, il n’est pas superman !

La consigne du médecin sera mise au placard, à moins qu’en claquant juste des doigts, un bataillon de femmes de ménage apparaisse pour juste quelques heures. Ah, ce serait le bonheur ! Je ne dois pas être assez sage car le père Noël ne m’a jamais offert ce cadeau.

Je suis au centre ville alors autant que j’en profite pour faire les derniers achats de Noël au moins Olivier n'aura pas à s'en charger. Un coup d’œil rapide à ma montre, les magasins n’ouvrent pour la plupart que dans une bonne quinzaine de minutes. Que faire ? Patienter et faire le pied de grue alors que j’ai froid ? Je prends le parti de descendre un peu la rue et là, je vois une parfumerie au rideau déjà levé. L’occasion est trop belle pour que je la laisse passer…

Je suis à peine sur le seuil de la porte que toutes les odeurs des parfums jaillissent. Ocre, suave, fleurie, boisée, vanillée, épicée, fraîche, pétillante… Elles se mélangent, s’additionnent et embaument dans tout le magasin. Sous les néons, les rouges à lèvre semblent être de jolis petits berlingots brillants avec toutes leurs nuances subtiles : des rouges sombres, violacés au rose –beige.

- Vous cherchez quelque chose de précis, Madame ? s’enquiert une vendeuse.
- Non, non, je vous remercie, je regarde…

Entre les fonds de teints, les poudres qui vous donnent bonne mine, qui vous dérident grâce à leur nouvelle formule et qui vous laissent une peau de bébé, il y a de quoi s’y perdre.
J’aperçois une qui n’est pas perdue et qui passe par tous les rayons dans un ordre précis. Une dame très chic et qui se maquille tout bonnement !
Un peu de poudre, de blush puis du fard à paupières, du rouge à lèvres et après avoir bien examiné le résultat dans un miroir (au cas où…), elle se parfume puis ressort du magasin ! Je suis hébétée ! De l’aplomb elle n’en manquait pas, très sûre d’elle et pas l’air gênée le moins du monde. L’air pur me manque, toutes ces odeurs m’écœurent, me donnent mal à la tête. Je sors, ouf, je respire même si je me sens enveloppée, imprégnée par tous ces arômes.

Les trottoirs vides, à mon arrivée, se remplissent de monde. La plupart des personnes sont comme moi à faire leurs derniers achats. Heureusement, Je n’ai à me rendre que dans un seul magasin donc emplettes rapides. Contrairement à beaucoup de femmes qui adorent faire du lèche-vitrines, flâner dans les boutiques et pour qui le samedi est synonyme de shopping, ces occupations ou activités ont toujours été et seront toujours pour moi un fardeau, une corvée. Que je passe plus d’une heure et demi dans les magasins est inimaginable. Alors, je suis bien contente que Caroline soit à un âge où elle préfère y aller avec ses copines. Marie, c’est une autre histoire… Elle y va en maugréant, en traînant des pieds après avoir maintes fois répété que ses pantalons ne sont pas arrivés trop petits même s’ils arrivent pratiquement à mi-mollets ou que deux gilets c’est suffisant !

Certains pensent qu’il s’agit du hobby, du passe-temps préféré de la gente féminine et bien je pense qu’ils se trompent, à moins que je fasse partie de la minorité.
Et dire que dans trois semaines ce sont les soldes avec sa foule, sa cohue et son empressement. Les miennes seront faites tranquillement à la maison, quelques clicks de souris et hop, la commande est passée. Pourquoi se compliquer la vie…

vendredi 12 décembre 2008

AU SECOURS, JE N'AI PLUS D'IMAGINATION !

Si tout pouvait être simple, limpide comme de l’eau, j’y verrais sûrement plus clair. Je suis partagée entre le désir d’oser et celui de ne rien tenter. Le second offrant l’avantage de ne pas prendre de risque, de ne pas avoir de déceptions, je reste bien cloîtrée dans mon quotidien, dans ma routine si bien orchestrée. Par contre si j’osais, le courage, l’audace me rempliraient, me donneraient des ailes, des vertiges, des crampes à l’estomac, des frissons dans le dos, des sueurs, de l’adrénaline !

Les discours de la téméraire et de la peureuse s’affrontent, c’est le duel !
La voix directive de l'audacieuse qui me chuchote "allez, ma grande, bouge toi, qu’est ce que tu attends ? Hein ? Tu crois que c’est en restant engluée dans ton traintrain que tu vas avancer ?" Et l’autre, celle qui a la frousse de sa petite voix lui réponds « Oui, mais… ».

- Ah, tu me fais rire avec tes « mais » ! Tu en trouves un ! C’est la politique de l’autruche que tu pratiques, nigaude ! De quoi t’as peur ? «
- De ne pas réussir.
- Mais avant de réussir, il faut s’y mettre ! Et même si tu n’es pas sélectionnée, et bien, tu en referas d’autre ! Ne me dis pas que tu as oublié l’ivresse que tu ressentais quand tu te lançais dans un nouveau projet rien qu’à toi ? Tu étais heureuse, grisée !
- Et je fais comment quand je ne peux même pas lever le petit doigt tellement j’ai mal ?
- Ah, nous y voilà ! Tu te réfugies quand ca t’arrange derrière ta maladie ! C’est bien plus simple de rien oser. Tu te protèges dans ton cocon !
- Non, c’est faux !
- Si, c’est la réalité, alors fais-le ! Tous les jours des gens mettent dans la balance bien plus que toi, leur boulot, leur maison. Et toi à part ton amour propre, qu’est ce que tu mises ? Rien, ma belle.
- Mais si je le fais, que j’y mets de l’espoir, j’ai peur d’être déçue si ca n’aboutit pas.
- Allez, encore un « mais ». Ouvre les yeux ! Tous les jours, des gens relèvent des nouveaux défis. Certains réussissent, certains non. Et qu’est ce qu’ils font ceux-là ? Eh bien, ils se relèvent et ils recommencent !


La plus forte a gagné… Si je veux écrire, il n’y a pas trente six mille solutions, il faut que je me lance, que je me jette à l’eau en laissant derrière moi tous mes doutes.

Pendant deux jours, j’ai longuement hésité avant d’aller sur internet à la recherche de sites où tous les concours littéraires sont listés. Le faire, était déjà un premier pas, une petite victoire à mon échelle. J’ai trouvé la mine d’or, le site avec tous les concours de nouvelles et les règlements pour l’année à venir. Piquée de curiosité, je suis allée fureter à plusieurs reprises, lisant avec plus d’intérêt certaines pages.

Et, je découvre des nouvelles à thème imposé, ou devant débuter ou contenir une phrase du style phrase « zut, je vais rater mon train ». Après, c’est l’imagination qui doit prendre le relais, galoper, échafauder puis construire une histoire originale, bien ficelée, joliment écrite qui plaira aux membres du jury. J’en ai retenu quatre ou cinq au total. Je me disais que pour un début, je pourrais peut-être arriver à en pondre une.
Une journée est passée sans aucune once d’inspiration alors que j’avais bien en tête les différents sujets. Pas de panique, un peu de patience, mon imaginaire va forcément s’activer. Et enfin de journée rien, le vide total ! Peut-être est ce à cause du froid ? Marie, lundi matin, était silencieuse, ne répondant même pas à mes questions. Je lui demandé s’il y avait quelque chose et elle m’a répondu d’un ton très sérieux « tu sais, maman, avec ce froid de canard, j’ai les idées congelées ». J’ai ri, j’ai trouvé cette expression jolie, gaie. Alors, peut-être est ce pareil pour moi. Admettons…

Une matinée supplémentaire et toujours le néant. Oh, oh, il y a un petit souci. Cette partie de mon cerveau n’a sûrement pas dû fonctionner depuis longtemps, elle doit être poussiéreuse comme une vieille malle qui attend patiemment dans un grenier jusqu’au jour où quelqu’un l’ouvrira pour qu’elle puisse livrer tous ses secrets. Mon cerveau doit en avoir une sacrée couche ! Et si je le chatouillais gentiment, voilà une bonne idée. Il ne me reste plus qu’à sortir, observer les personnes que je verrais et imaginer leur vie. Le plus rapide et le plus judicieux étant d’aller jusqu’au supermarché du coin. Un rapide coup d’œil dans le frigo, il ne manque rien… Je verrais sur place au magasin.

Double épaisseur de chaussettes, l’écharpe enroulée jusqu’aux oreilles, mes gants aux mains, je pars à l’aventure espérant revenir avec plein d’idées! Sauf qu’un jeudi à15H30, il n’y pas grand’ monde…

Il fait si froid que j’ai presque la goutte au nez. Et personne sur les trottoirs. Je me précipite au chaud dans le magasin. Je flâne, j’erre pour ainsi dire entre le rayon boîte de conserves et celui des chocolats. Quelques mémés bien couvertes seules à faire leurs emplettes, pas de des messieurs en vue. Certaines se connaissent et papotent s’agglutinant avec leur cabas à roulettes. Les gestes plus ou moins lents trahissent leur âge, des grand-mères qui le week-end attendent la visite des enfants et des petits-enfants. Sont-elles veuves ou alors leur mari a préféré resté devant la télé à lire son journal ? A quoi pensent-elles, au temps passé ou aux années à venir ? Quand elles vont rentrer elles boiront thé avec une madeleine ou un petit biscuit.

Quelques mères de famille sont là aussi. Une d’entre elle doit juste sortir de son travail, elle porte un joli tailleur, des escarpins à talons hauts et fins, son manteau est élégant et son maquillage est parfait. Les paquets de céréales allégées concurrencent celles pour les enfants, idem pour les yaourts. D’autres à l’apparence plus simple, étudient les offres promotionnelles, se dépêchent, courent entre les rayons, poussant un caddie bondé qui contient de quoi nourrir les enfants, et le mari pour la semaine.

Un jeune couple qui se donne la main et achète juste de quoi faire un repas. Ils ne se quittent pas, ils sont serrés l’un contre l’autre, ils se lancent des regards tendres, amoureux, lui, la prend par la taille et l’embrasse. Ses yeux reflètent tout son amour. Pas d’alliance, ils doivent avoir entre 25 et 28 ans, ils sont au début de leur relation… tout est rose. Ont-ils fini leurs études ? Le passage du cap à vivre ensemble a-t-il été franchi ou alors c’est une nuit chez l’un ou l’autre ?

Des étudiants à la tenue décontractée et dont l’insouciance s’affiche sur leur visage rigolent en tenant leur bouteilles de vodka et leurs paquets de chips, ils vont faire la fête ce soir. Je soupire, rien à me mettre sous la dent, rien qui réveille en moi quoi que ce soit d’intéressant… pas butin pour l’instant.

Arrivée à la caisse avec quand même un pot de fromage blanc, j’ai vu ce qu’il y a de plus triste de la déchéance. Juste devant moi, un homme à l’âge incertain et au teint violacé, il sent la saleté, les manches de son blouson sont noires de crasse. Son jean usé ne tient qu’à moitié. D’une main tremblante, il a posé ses quatre cannettes de bières, puis il a sorti plein de petites pièces. Il les a tendu à la caissière en disant d’une voix rauque et pâteuse « y’a le compte ». Elle compte les centimes de un, de deux, de cinq, fait des tas. Oui, c’est bon, il avait la somme exacte. Pas la peine de se poser des questions sur sa vie, il va rentrer dans son appartement miteux qui pue le tabac et où la télé doit être allumée en permanence. Il va s’assoir sur son vieux clic-clac, allumer sa cigarette, décapsuler une bière et boire. Boire encore… jusqu’à ce que l’alcool fasse son effet.

Je n’ai pas avancé d’un iota. Aurais-je perdu mon imagination ? Je dois être trop terre à terre scotchée à la réalité ? Pourtant, avant, j’en avais, elle n’a pu disparaître ! Faut-il que je la gratouille, la secoue pour qu’elle réagisse, pour que cette petite flamme se rallume?
Comment fait-on pour imaginer ? j’ai perdu le mode d’emploi…

mercredi 10 décembre 2008

LA CHANSON DES " AH".......

Le cœur n’y était pas.
Fatiguée de ne toujours pas dormir.
Dormir, un rêve qui s’éloigne…
Dormir comme un bébé, comme un loir, d’un sommeil profond ! Tant d’expressions que j’aimerai pouvoir employer :
« Oh, cette nuit j’ai dormi à poings fermés » ou « j’ai dormi sur mes deux oreilles, la maison aurait pu s’effondrer, je ne me serais même pas réveillée ! »

Comme chaque matin, Olivier m’a posé la question que j’appréhende :
- Tu t’es levée à quelle heure ?
- Quatre heures moins dix…ne dis rien.


Ma réponse est courte, sans appel. Il n’y a rien à dire, à creuser ou à approfondir. Soit je dors des heures et des heures durant, mais malgré tout ce temps passé sous la couette, je ne récupère pas, soit c’est l’inverse, des semi-nuits ou des demi-nuits partielles.

Et lorsque ma mère me voit et me dit :
- Tu as l’air fatiguée.
Et que je lui réponds :
- Oui, je dors mal.
Invariablement, j’ai le droit à :
- Ah….

Ce « ah » qui s’étire peut dévier sur quelques phrases devenues au fil du temps des classiques de ses conversations. D’ailleurs, à partir de ce moment précis, je ne l’écoute plus. Je la laisse parler…

-Moi aussi, je dors en mal ce moment, ca doit être le temps !
Oui, oui, c’est ca… il a bon dos le temps
Ou
-Quand on ne dort pas une nuit, la nuit suivante on dort mieux.
No comment…
Ou alors, elle me dégote de derrière les fagots une astuce quelconque :
-L’autre jour, j’ai vu Mme Untel et elle me disait que le soir pour dormir, elle buvait un verre de lait.
C’est bien, je suis contente pour elle.

Je ne sais pas si un jour ma mère saisira, admettra entre autre que les infusions, les « remèdes de bonne femme » pour le sommeil ne fonctionnent pas pour moi.

Hier, elle m’appelle, après la question du temps qu'il fait à Brest(évidemment, c'est très important la météo), elle me dit :
- Tu as si mal que ça pour ne pas dormir ?
-Je suis souvent réveillée à cause des douleurs.


La suite a été comme je m’y attendais un fabuleux et merveilleux:
-Ah…
Pas plus, pas moins !

Cynique ? Non, juste réaliste. Quand l’incompréhension vient de ses propres parents, ca fait mal, très mal. Des bombes qui vous éclatent en pleine figure, qui vous déchirent, vous éparpillent …

On remet tout en question : la relation enfant-parents, le pourquoi de leur attitude.

J’encaissais leurs remarques qui me faisaient pleurer pendant plusieurs jours et pendant lesquels j’en étais malade tellement choquée, bouleversée. Et puis, à force, ma carapace s’est blindée d’autant plus qu’ils n’admettaient pas mon état. J’ai abandonné tout espoir qu’un jour ils essaient de comprendre. Quelquefois, leurs propos arrivent encore à me blesser. Alors, ma technique pour surmonter ces bêtises c'est qu'une fois seule, je déverse tout ce que j’ai sur le cœur, je parle à en crier tellement je suis énervée! Ouf, je me sens mieux, soulagée...

Comme le dit une chanson « On ne choisit pas ses parents » . Plutôt que de perdre mon temps, ma salive, mon énergie comme j’ai pu le faire des années durant, maintenant, j’ai adopté la « zen attitude » qui consiste à « je les laisse dire, ils sont dans leur monde avec des belles et grandes œillères, rien n’y pourra y faire….».

Il faudrait modifier la chanson "On ne choisit pas ses parents, on doit composer avec eux" ...

dimanche 7 décembre 2008

CULTURE ET SURABONDANCE...

14 ans, déjà !

Caroline les a eus hier officiellement car quand on me demandait son âge depuis janvier dernier, je répondais invariablement 14 ans. Elle a agrandi vite, si vite, trop vite… L’année prochaine, le lycée puis tout s’enchaîne sans qu’on ait le temps de dire ouf, de souffler, d’en profiter.

Et moi, je vieillis un peu plus à chacun de ses anniversaires… je me ride et je me ratatine comme une vieille pomme de terre.

Cette journée d’hier lui tenait particulièrement à cœur.
-Pour moi, ce sont mes 14, puis 16 et enfin 18 ans qui sont importants.

Profite d’avoir des rêves et de les vivre si tu le peux, pour ne pas te dire plus tard « Ah, si j’avais su, j’aurais dû… » .Cette phrase fatidique soupirée qui en dit long sur les regrets. Alors qu’il sera trop tard, que tes obligations d’adulte t’en empêcheront. Lis, écoute, informe toi sur tout, sur rien, sur des sujets sérieux, sur des futilités, ouvre toi aux différents horizons, parle, communique, échange tes points de vue, tes idées pour te construire, pour t’enrichir. Même si tu ne peux pas accéder à tout faute de portefeuille bien garni, une culture élitiste pour ceux qui ont les finances adéquates.

Profite avant que tu t’en aperçoives d’avoir déjà les pieds figés dans le monde où le manque de temps et l’argent dominent, supplantent tout. Oh oui, vis, ma fille !

Week-end festif en famille : dîner avec la mamie paternelle et aujourd’hui, ce sont mes parents, les tatas, les tontons, les enfants qui arrivent en début d’après-midi. De quatre, on passe à douze… Juste le temps d’aller m’allonger une toute petite heure et il faudra être prête, apte au service.

La fête d’anniversaire avec les copines et copains est dans moins de 15 jours, une flopée d’ados qui vont débarqués,surexcités avec les sacs de couchage ! Nous les parents, nous allons nous exiler à l’étage et leur laisser le rez-de-chaussée… Avec interdiction formelle de descendre pendant la fête car « ca se fait trop pas » !

Beaucoup de monde cette après-midi et un vrai marathon en perspective, à peine six heures de sommeil derrière moi ….Mon foie blêmit, jaunit, overdose déjà ne serait qu’à la vue des gâteaux, du chocolat…

Les publicités déploient couleurs, fantaisies pour capter notre regard sur les menus des fêtes de fin d’année qui rivalisent entre les plateaux de fruits de mers où la pauvre crevette n’a plus de place entre les huîtres et le crabe, où les chapons croulant sous de la sauce concurrencent les magrets de canard, et où le fois gras entier, toasté brille, luit, sans oublier tous les desserts, …
Festoyons, braves gens, mangeons, buvons !

Les magazines, les revues s'empressent de nous donner quelques conseils pour maigrir avant les fêtes ... puis après. Evidemment !
Maigrir, manger, maigrir...

Toute cette abondance, cette luxure de nourriture à l’excès ne m’attire pas, me laisse perplexe. Oui, à des bons repas mais ne tombons pas dans le gavage comme si nous étions de pauvres oies, à toujours plus jusqu’à l’écœurement. Oui, à la diversité mais non à cette profusion, à cette avalanche de mets qui quelquefois terminent à la poubelle… Pour cause de surabondance, de toujours trop, de peur qu'il n'y en ait pas assez !


Finis de disserter, il va falloir ramener des chaises supplémentaires une table, y mettre une jolie nappe pour y poser le gâteau…

jeudi 4 décembre 2008

DISCUSSIONS AVEC DES COCHONS D'INDE...

Je retrouve un peu de calme et surtout de la sérénité après des nuits écourtées, des journées oppressantes où le corps ne suit plus, et où l’esprit lui veut s’aérer pour chasser des questions devenues obsessionnelles.

Alors que tout le monde dort, je me retrouve dans ma cuisine à cinq heures du matin. Il fait froid, la pluie tambourine contre les volets, je suis épuisée de ne dormir que 4 ou 5H00 heures… c’et peu, pas assez. Une nuit, deux nuits… une semaine… dix jours. Envie de rien, seulement d’avoir le droit juste à une nuit un peu plus longue. La mine renfrognée, j’attends, j’attends encore… attendre jusqu’ à ce que le réveil de Caroline hurle sa sonnerie. Pendant tout ce temps, lui l’esprit cogité, bouillonne, suffoque avec les seules et les mêmes pensées. Un ras le bol ! Ras le bol de tout … de mes journées, des crises qui me clouent au lit pendant des heures qui semblent interminables. Et où, je me dis faites que les entrailles de mon lit m’aspirent, que leurs portes se referment sur moi.

Répéter les mêmes gestes, chaque jour comme un automate alors que je suis exténuée nerveusement.
Et toujours ces mêmes questions, je me sens vide, vide de tout… La morosité, puis la tristesse me remplissent. Juste envie de chialer un bon coup pour tout évacuer, envie que ce cercle vicieux s’arrête. Je me déteste, je suis d’une humeur exécrable, les nerfs à fleur de peau par manque de sommeil. Rien ne parvient à mes distraire, à me faire penser à autre chose. La radio m’agace, je n’arrive pas à lire, mon esprit est figé. Figé, bloqué, toujours et encore à douter, à évaluer, à soupeser mes capacités. Oh, ma confiance en moi , où es tu partie? Ne m'abandonne pas...

Que faire pendant ces journées ? Il pleut, je ne peux même pas mettre le nez dehors, je tourne en rond dans la maison. Et pourquoi ? Et comment ? Et je me questionne sans arrêt, cette peur de constater que ma vie file entre mes doits. Cette soif inassouvie d’être, d’exister autrement… Tout le monde est occupé,normal,ils sont au travail, je ne peux en parler à personne...le désarroi s'installe et s'accumule .

Alors, Pop’s, et à Tony, les cochons d’inde de Caroline et de Marie ont le droit à mes causettes « existentielles »! Et, toi qu’est ce que tu en penses, Dis-moi ? Je les observe pour déceler un mouvement de tête ou du museau qui pourrait être un semblant de réponse. Mais rien ! Tony se contente d'émettre des "koops, koops" de plus en plus forts (ce qui qui dans son langage veut dire "J'ai "peur, laisse moi tranquille"). Et Pop's, lui s'en fiche royalement, bien plus occupé à manger. Les pauvres, faut que j’arrête, sinon ils vont être traumatisés ! Stand-by,je fais du sur place, je n'ai pas avancé...

Comment remédier à ces nuits écourtées ? J’ai pris le parti d’augmenter mon cher et bien aimé rivotril pour ne pas exploser ou plutôt imploser. Enfin, je gagne, je grappille une ou deux heures de sommeil ! Il était plus que temps ! Enfin, je respire !

Ce matin, pas de pluie, j’hume l’air, je scrute le ciel : du bleu, pratiquement pas trop de grisaille! Ni d’une, ni deux, j’enfile mon manteau, je prends par précaution mon parapluie, et hop, me voilà partie. Partie à marcher là où mes jambes me porteront…même si ca tire, si ca fait mal au moins, mon esprit lui se libère. Je me suis fait plaisir, j’ai été me faire chouchouter, bichonner chez le coiffeur. Le premier quart d’heure, j’ai apprécié mais après ca se gâte toujours : la musique, les néons… c’est beaucoup. Trop, stop, …. Allez, on se dépêche ! Vous me séchez vite fait, s’il vous plaît. Non, non, je n’ai besoin de rien d’autre ! Ca me convient, merci !

Et puis, peut-être que libérée de l’emprise de quelques cheveux, je vais retrouver un peu plus de quiétude….

vendredi 28 novembre 2008

LE PERE NOEL ET MOI

Fin novembre, il faut se préparer à aller acheter les cadeaux de Noël avant que la foule s’oppresse dans les magasins. La mission est prévue pour ce week-end. Le courage et la patience sont les deux qualités nécessaires pour cette sortie : parcourir les rayons en évitant de faire tomber les piles de boîtes et de cartons qui jonchent les allées, croiser les doigts pour qu’ils ne soient déjà pas en rupture de stock.

Les catalogues de jouets arrivent de plus en plus en tôt. Les premiers étant tombés, cette année, mi-octobre dans la boîte aux lettres, je les avais ramassés et dissimulés derrière les livres de bricolage de mon mari. Ingénieuse cachette ! Au moins, j’étais certaine que Caroline et Marie ne les voient pas (sauf évidemment s’ils avaient une envie subite de se lancer dans le Placoplatre ou l’isolation du futur salon). A la fin des vacances de la Toussaint, je leur ai donné l’ensemble des magazines. Marie avait les yeux grands écarquillés et son sourire montrait sa joie, sa réaction fut de dire « Tout ça ! » en ouvrant grand les bras.

Chaque année, elle observe le même rituel : feuilletage approfondi , comparaison et enfin sélection de plusieurs jouets. Durant une période deux ou trois semaines, c’est le dilemme, que choisir ? Elle hésite, prend une décision et le lendemain, la remet en question. Son bureau est jonché de papiers, de bouts de Scotch, d’enveloppes pour ne pas perdre tous ses découpages. Le choix a été difficile mais elle y est arrivée, non sans mal et sans hésitation. A côté de mon ordinateur, le petit morceau de papier découpé est là bien en vu. Et elle n’a pas omis d’y joindre un post-It avec le prix et le nom du magasin ! Un travail méticuleux fait aussi pour la famille qui lui avait demandé ce qu’elle désirait…

Caroline s’est également prêtée au jeu de regarder les prospectus et de donner son avis à sa sœur. Un retour à il y a deux, trois ans en arrière, où elle se délectait à passer des heures entières à imaginer, à rêver devant ses belles images.

Elles ont toutes les deux appris à l’école par les « grands » de CE1 que le père Noël n’existait pas ainsi que la petite souris. L’enfance sert à rêver, alors je voulais les laisser profiter au maximum de cette magie, de cette féerie qui remplissait leurs nuits.

Je n’ai pas eu cette chance. On me l’a brisé très tôt…trop tôt.

Clara a trois ans et elle en maternelle à l’école des Sœurs. Maman lui a dit que bientôt c’était Noël. Alors, le soir, elle s’endort en suçant son pouce et en imaginant des mondes de lutins, de gentilles fées. Le moment tant attendu de l’année pour avoir la poupée qu’elle a rêvé ! Elle en veut une grande qui soit belle et qui ait plein de jolies tenue.
A l’école, après la sieste, une des Sœurs qui donne cours aux CM est venue les voir. Elle leur a demandé de s’asseoir tous en rond autour d’elle et de l’écouter. La croix qu’elle porte autour du cou et sa robe bleu marine toute simple permettent de distinguer son statut de religieuse. Clara obéit, elle a un peu peur de cette Sœur et écoute.

-« Noël, c’est la fête de la naissance de Jésus. Vous m’entendez bien ? On célèbre la venue sur terre de l’enfant de Dieu. Le père Noël n’existe pas ! Ce sont des histoires inventées par les adultes pour offrir des cadeaux aux enfants. »

Clara est figée, elle sent sa respiration se bloquer et un gros nœud se former dans son petit estomac.
Elle a envie de pleurer mais les sanglots ne veulent pas sortir comme aucun mot d’ailleurs.
Quand sa maman vient les chercher à la sortie de l’école, elle voudrait lui en parler. Mais elle ne peut pas, tellement elle a mal. Les nuits suivantes, Clara s’enfonce sous sa couverture, son lit lui paraît désespérément immense comme le vide qu’elle ressent. Fini les jolis rêves ! Elle cherche du réconfort dans son oreiller mais elle ne comprend pas pourquoi la méchante Sœur lui a démoli ses doux et gentils espoirs.

Une venue brutale dans le monde des adultes…



Et là, je vous écris en me laissant bercer par Brahms, que c’est beau !

jeudi 27 novembre 2008

NAVIGUER EN EAUX TROUBLES

Ballotée au gré des humeurs de Caroline, je vis ou plutôt nous subissons sa crise d’ado. Une belle crise commencée il y a plus d’un an avec des épisodes de conflits et des périodes calmes, agréables.

Savoir naviguer, tenir le cap quand la mer est déchaînée, éviter les écueils, se prendre des paquets de flotte en pleine figure ou alors faire une croisière sur une mer d’huile. J’ai beau me dire qu’il vaut mieux qu’elle fasse sa fameuse crise maintenant qu’à 25 ans ou 30 ans, mais car il y un mais,il y a des paroles, des attitudes qui blessent.

En ce moment, nous traversons une période agitée, mouvementée. On ne sait jamais comment elle va être à notre égard : sympa, détachée, ou indifférente.
Le matin, je scrute dans son regard les signes soit d’une animosité, soit d’une bonne humeur. Ensuite, il faut savoir composer, être prudent, la sensation permanente de marcher sur des œufs car une simple parole peut déclencher une tempête.

Je ne sais plus quel était de point de départ de la discussion, mais elle a tourné très vite en reproches.
-Tu sais, maman ! Mes copines elles au moins, elles ont des relations normales avec leur mère !
OK, c'est bienconnu l’herbe est toujours plus verte dans le pré du voisin.
-C’est -à- dire ? je demande d’un ton calme.
-Eh ben, elles, elles font des trucs avec leurs mères comme du shopping ou des activités .

C’est un refrain que j’ai déjà entendu, et même si le ton de sa voix monte, je ne m’alarme pas.

-Et donc, toi tu considères que nous n’avons pas une relation mère-fille comme il se devrait ?
-Oui ! On n’a pas de relation du tout ! On ne fait rien ensemble !
-Mais, si !
-Ah bon, et quoi ?

Je réfléchis 2 secondes

-Tu n'as pas le droit de m'accuser. Tu sais très bien qu’à cause de ma fibro, je ne peux pas faire ce que j’aimerai.
-De toute façon, tu ramènes toujours tout à ta maladie !!!

Ses yeux sont embués de larmes, et moi ma carapace s’entaille. J’accuse le coup tant bien que mal .

-Mais Caroline, je dois vivre avec !
-Et nous, tu y as pensé ? Nous, aussi, on doit vivre avec !!!


Les sanglots percent, tandis que me carapace tellement fissurée, tombe en mille morceaux.

-Je le sais, et j’essaie de faire de mon mieux.
-De toute façon, depuis que tu as ta maladie tu as changé, tu n’es plus la même ! Et franchement, je préférais la maman d’avant ! crie-t-elle en pleurant et en montant les escaliers.
-Caro, redescend s’il te plait. En quoi j’ai changé ?
-Avant, tu faisais plein de trucs avec nous, et tu étais plus gentille, plus patiente !


Des poignards fusent de toute part, me transpercent, me lacèrent.

-Descends, qu’on en parle.
-Non ! Toute façon, vous ne comprenez rien !


Je reste là, tombée à terre, gisante de ces propos. J’ai mal. Très mal.

Elle redescend quelques marches :
-Et en plus, t’es même pas capable de terminer un projet ! Ton bouquin, tu l’as laissé tombé, hein ? !

Coup fatal, j’agonise. Les mots restent coincés dans ma gorge, je ne ressens plus rien, je suis assommée. A cet instant, je voudrais que le sol s’ouvre sous moi et qu’il m’avale, que je disparaisse.

Olivier me rassure. Rien n’y fait. Suis-je une mauvaise mère ? Juste à faire pleurer ma fille.
Je laisse passer sa rage, ses pleurs.
Pleure, ma fille, évacue tes sentiments, tes regrets…

J’analyse, une fois de plus, encore. Et, j’en déduis qu’elle n’a pas peut-être admis que je ne serais plus comme avant, qu’elle n’a pas fait le deuil de la maman qu’elle a connu jusqu’à ses 8, 9 ans. Une maman qu’elle voyait à travers ses yeux d’enfants tendres où tout lui paraissait acidulé, un monde où les étoiles brillaient du matin au soir, un monde calme mais rayonnant de gaieté et de légèreté.

Et maintenant, qui sommes nous à ses yeux d'ado? Suis-je devenue juste la réceptionniste et la concierge de l’hôtel où elle mange et dort? Son père, son chauffeur personnel ?

Blessée et ayant mauvaise conscience (pour le bouquin car je n'avance pas...), j’en ai parlé à la maman de sa meilleure amie. Ah, chez eux, c’est pareil, itou, la même chose !!!! Ouf, ca me rassure.

Il faut continuer à naviguer, ne pas s’échouer, essayer d’arriver à bon port malgré les déferlantes imprévisibles. Pas facile la vie de marin ...Et puis, je me dis que comme elle a commencé assez tôt sa crise d'ado, avec un peu de chance, ce n'est plus qu'une question de mois.

mardi 25 novembre 2008

CREPAGE DE CHIGNONS EN PLEINE DECONFITURE

Ce midi, une fois n’est pas coutume, au lieu de prendre mon lecteur MP3, tout en pédalant, j’ai écouté sur RTL l’émission « les auditeurs ont la parole ». Il y avait plusieurs thèmes d’actualité abordés, entre autre celui de la guéguerre au PS. Les gens donnaient leur point de vue, manifestaient leur incompréhension de cette situation, dénonçaient des complots, des tricheries, des luttes de pouvoir… J’étais d’accord avec certains d’entre eux. Et plus le débat avançait, et plus j’avais envie de clamer mon opinion. Et oui, depuis quelques jours, on assiste à un crêpage de chignons! Une dispute de filles où tous les coups bas sont permis ! On se croirait à l’école où les deux meilleures élèves se disputent la place si convoitée de première
-C’est moi, maîtresse qui ai droit au bon point !
-Non, non, elle a triché ! Elle a regardé par-dessus l’épaule de son voisin.


C’est la déconfiture, le marasme économique total, mais au lieu de réfléchir à comment sortir la tête de l’eau on préfère se chamailler… C’est triste, pitoyable. On ne sait pas de quoi sera fait demain, comment on va faire pour manger, on sait seulement qu’il va falloir encore plus se serrer la ceinture. Il y a de plus en plus de misère, de personnes en détresse mais ca ils l’oublient, leur "sacrement" en pleine démocratie est bien plus important... J’ai saisi mon téléphone pour appeler. Mince, occupé. Je rappelle, le standard est submergé d’appels. Le temps passe, et ca va bientôt être la fin de l’émission.

Têtue, je rappelle ! Enfin, on me répond, j’ai quelques secondes pour expliquer ce que je voudrais dire. Le souffle à moitié coupé, car je pédale toujours, je parle et le standardiste me dit que je suis retenue pour passer à l’antenne.

Il me demande mon numéro de téléphone et là, j’arrête tout, immédiatement. J’avale de l’eau à grandes gorgées pour que ma voix soit plus claire, je respire lentement et je pense, je me répète mentalement que ce que je vais dire. La pub passe et le thème des catherinettes est lancé. L’animateur dit qu’ils ne vont pas pouvoir prendre tous les appels faute de temps. Je regarde mon téléphone. Faites qu’il sonne, s’il vous plait ! Je vous en prie !

Il ne reste plus que quelques minutes, deux personnes s’expriment et mon téléphone n’émet aucun son. Il n’a pas sonné… Bon, tant pis, je ne vais pas en faire un caca nerveux. Mais, mince (pour rester polie), vous finissez quand au fait votre guéguerre car nous on aimerait bien savoir ce que vous pensez faire pour nous sortir de là.

dimanche 23 novembre 2008

MOZART, LA NORMALITE... REVOLTEE!

Vendredi soir, j’ai été au ciné avec mon mari, je suis ressortie de la salle bouleversée. Bouleversée par tous les sentiments, les émotions dévoilées par des gestes, par des regards et par la musique, celle d’un opéra. En musique classique et opéra, j’avoue mon inculture, à part la « 9ième symphonie " de Beethoven apprise au collège et massacrée à la flûte puis les « Quatre saisons » de Vivaldi.
Durant une période de mon ado qui aduré quelques mois, je lisais abondamment Baudelaire, Colette et Flaubert, je me laissais bercée par cette œuvre musicale qui à chaque fois, au final, me faisait verser toutes les larmes de mon corps. Et depuis, rien,… hormis les morceaux imposés au Conservatoire et joués par ma fille au piano, mes oreilles n’ont pas écouté ce style musical.

Hier, je suis allée chercher des CD dans la chambre de Caroline (mon aînée, un prénom qui lui irait bien) et tandis que je faisais un crumble, j’écoutais Mozart. Plus la musique montait en crescendo, et plus je malaxais ma pâte fermement, vigoureusement ! C’était magnifique, cette musique vous prend dans le cœur, dans l’esprit, elle vous possède tellement elle est belle. Mais au lieu de m’apporter de l’allégresse, les derniers morceaux m’ont rempli de tristesse, j’aurais dû m’en douter….

Et ce qui s’est passé la veille au collège m’est revenu en tête. Je ne sais trop comment, ils se sont retrouvés à parler des homosexuels et certains ont dit, affirmé haut et fort que « c’était des malades mentaux à soigner» (des gens qui méritent de passer plus de temps allongés sur le divan d’un psy qu’eux évidemment !).
Retour à la normalité et à ses petites cases bien carrées où il faut rentrer pour être ce que l’on appelle standard, conforme. La prof d’histoire a eu vent de cette histoire et ils en ont parlé en cours. Une élève clamait haut et fort ces imbécilités, les autres plus lâches devant la prof n’osait pas dire qu’ils étaient d’accord avec leur copine. Caroline comme la plupart de la classe était outragée, dégoûtée par de tels propos et l’a dit. Et dire que ces élèves bien propres sur eux, qui se révèlent des catho extrémistes jusqu'au bout des ongles, répètent ce que leurs parents leur disent entre leur dessert et le gigot du dimanche midi après la messe. J'en ai honte pour ceux qui croient en Dieu et aux principes de respect et de tolérances...

Des élèves bien polis qui ne se lassent pas de placer des « Merci Madame » à chaque fin de phrase. Que des gamins de 14,15 ans qui sont la génération de demain aient ce genre d’idées me révoltent !

Le débat s’est ensuite poursuivi sur l’égalité. Evidemment, nous ne sommes pas égaux avant même notre sortie de l’utérus. Enfant désiré ou non, milieu socioprofessionnel des parents, argent ou pas…tant de choses qui nous différencient. Mais notre sexualité ou nos convictions religieuses ou tout simplement notre couleur de peau ne rentrent pas en compte : nous sommes tous égaux!
J’en étais tellement écœurée que je voulais appeler l’école pour qu’ils organisent des débats avec des témoignages. Ma fille m’en a dissuadé mais il s’en est fallu de peu.

Alors, j’avais l’impression d’avoir un nuage gris au dessus de la tête, et Caroline qui ne m'appelait pas. Partie en ville avec ses copines, elle devait téléphoner pour que l’on se retrouve ensemble, toutes les deux. Un peu de temps entre mère et fille. Je pars à pied pour être déjà sur place quand elle me fera signe. A chaque pas, je voulais écraser tout ce qu’il avait dans mon nuage. Un coup de talon pour les homophobes, pour ces gens avec leurs idées préconçues sur tout … Et ce sentiment que les passants voyaient tout ce gris et me dévisageaient. Et Caroline qui ne m’appelle pas !
J’avais le cœur pincé, perdu dans le chaos commercial du samedi. Essaie de te concentrer sur le choix de tes torchons (c’est tellement plus important) plutôt que de regarder sans arrêt ton portable. Rien à faire, et puis tout ce monde dans le magasin surchauffé, les odeurs de tabac, de parfums… ma tête commence à tourner. Je sors pour respirer et pour rentrer.

Caroline avait oublié notre rendez-vous. Ca m’a fait mal non pas qu’elle ait oublié, mais j’ai ressenti ce qu’elle éprouve lorsque je m’incline pour cause de douleurs. Mal à en avoir l’estomac noué, à avoir envie de pleurer, d’hurler ! Et dire que je leur impose cette souffrance, qu’elles doivent vivre avec… Comment vont-elles grandir, s’épanouir ? Seront-elles, à force, insensible aux autres ? Non, je ne le crois pas.

samedi 22 novembre 2008

TORCHONS OU OIGNONS ?

Ouf, ca y est, un peu de temps pour moi ! J’ai promené mes chiens, donné des endives à Gaspard (ma tortue de terre), nettoyé son point d’eau, puis un p’tit tour à la volière pour donner des graines oiseaux… Ah mes animaux, je leur parle, ce sont mes compagnons, mes confidents de tous les jours.

Retour à jeudi dernier :
Motivée, j’ai fait mon grand ménage avec la musique à fond pour me donner du courage (il en faut bien). J’ai terminé comme d’habitude le dos fourbu, les cervicales raides car j’avais oublié de mettre ma minerve. Il faut croire que je n’en avais assez, j’avais envie de prendre l’air, de m’aérer, de sortir un peu. Quelques gouttes de pluie, juste ce qu’il faut pour mettre mon bibi et me voilà partie à pied au centre ville. Je réfléchissais à ce que j’avais besoin, ah oui, acheter des nouveaux torchons car certains sont arrivés défraîchis, à vrai dire râpés, piteux.

C’était l’excuse pour aller admirer les préparatifs de Noël en ville : les guirlandes, boules et autres objets sont accrochés, suspendus dans les airs, dans les arbres, perchés sur les lampadaires. J’aime tellement cette ambiance si particulière avant les fêtes de fin d’année : les vitrines rivalisent de décorations aux couleurs or, argent. Les gens comparent, cherchent le cadeau idéal qui fera tant plaisir, certains emmitouflés jusqu’aux oreilles sont déjà chargés de paquets emballés dans des couleurs vives. Je me suis laissée envahir , imprégnée par cette atmosphère festive, mes pensées étaient ailleurs et mes pas m’ont conduit non pas rue Jaurès mais à Siam ! Erreur de destination…
Bon, je vais en profiter pour aller chez Dialogues, pourtant, j’ai acheté mes livres du mois de novembre que j’ai déjà fini de lire. J’ai faim, non pas de nourriture mais de lecture, mon estomac malgré l’heure ne réclame rien, c’est esprit qui me demande, qui me supplie de lui donner des émotions! En faisant le compte de toutes mes petites pièces, j’ai de quoi acheter un livre. Je suis heureuse … mais j’ai mal aux pieds. Quelle idée de mettre ces bottes ! Je n’arrive plus à faire un seul pas tant mes pieds sont douloureux. Je vais dans le premier magasin de vêtements que je trouve, je prends deux pantalons au hasard et je me rends à la cabine d’essayage. Quel soulagement, je suis là assise, à masser mes pieds tandis que la vendeuse me demande si les tailles conviennent. Je tente de redonner un peu de vigueur à mes pauvres pieds, la vendeuse m’a oublié, préférant discuter avec une de ses collègues. Et ca casse du sucre sur une de leurs collègues qui ne travaille pas ce jour là ! Ca commère, ca critique, telles des vipères, elles sortent leur langues fourchues, elles s’en donnent à cœur joie…

Ca m’a énervé alors je suis sortie de ma « planque » ce qui a mis un terme à leur discussion. Je n’ai pas voulu répondre à leurs sourires forcés, à leur « ca a été, Madame, vous avez trouvé ce qu’il vous fallait ? ». J’ai eu envie de rentrer chez moi, elles m’ont rappelé une des aspects de la nature humaine, une facette peu flatteuse….

Tiens des banderoles, et zut, j’avais oublié qu’il y avait grève. Je tombe en plein dans le cortège.
S’il vous plait, laissez-moi passer, je veux juste aller prendre un bus, je suis fatiguée et mes genoux commencent à ne plus me porter. Il va falloir employer la manière forte ! Tête baissée et rentrée dans les épaules, je me lance dans cette masse compacte. Pardon, excusez-moi, merci. Victorieuse, j’ai franchi cette barrière humaine tel un rugbyman ! Lessivée, encore plus fourbue qu’à mon départ, j’arrive enfin chez moi. A peine la porte ouverte, j’envoie valser mes bottes et je vais au lit, mes pieds sont rouges, mais rouges écarlates. Pas de nouveaux torchons mais des oignons aux pieds et un livre.

Trop fatiguée, je n’ai pas pu lire… dormir, essayer de récupérer un peu d’énergie avant que tout le monde rentre le soir. Je n’ai rien pu faire d’autres mais pas d’affolement… mon esprit était envahi par toutes les décorations et ornements de Noël que j’ai pu voir : j'étais heureuse et contente !

mercredi 19 novembre 2008

JE SUIS UNE NOUILLE ET UN BERNIQUE !

Mais quelle nouille, triple nouille je suis ! Une nouille et un bernique, bernique je suis, bernique je resterai sur mon rocher!

Qu’est ce qu’il m’a pris ? Pourquoi cette impulsion, ce besoin vital d’écrire par courrier afin de répondre à mon auteur préféré. Depuis hier, je l’avais cette lettre, les phrases défilaient dans mon esprit. Cette après-midi, j’ai cherché dans mes tiroirs du beau et élégant papier à lettres. Je n’en avais pas et je suis allée à mon supermarché. Du blanc, du standard, non je voulais quelque chose de plus raffiné. Logiquement ou plutôt raisonnablement j’aurai dû me dire, « attends demain et tu iras au centre ville ». Eh ben non, il a fallu que j’écrive là, tout à l’heure. J’ai écrit, écrit, c’était incontrôlable, plus les mots venaient et s’alignaient, et mieuxje me sentais . Quand un grand auteur vous complimente et vous dit que vous êtes courageuse, c’est du bonheur. Mais, je ne mérite pas ces compliments ! Je me suis dévoilée, j’ai couché à nue sur papier la vraie Clara, celle qui a un passé, un vécu, une histoire pas banale et qui a des peurs. Trop d’échecs, alors je n’ose pas me lancer dans l’aventure de l’écriture… Les quatre feuillets étaient là avec un post-scriptum de 10 lignes ! Je ne me suis même pas relu, j’ai dû faire des erreurs de syntaxe, des répétitions ! La honte, mais quelle nouille !

Qu’est ce que j’en fais ? Plus je les regardais, plus je prenais conscience de lui avoir raconté ma vie. Quelle horreur pour elle ! Alors, j’ai tout mis dans une enveloppe ( banale en plus), écrit son adresse et erreur monumentale, je l’ai posté !!!!

De quoi je vais avoir l’air à ses yeux ? Elle qui a lu mon blog, les liens sur la fibro, qui a passé du temps. Elle va penser de moi que je suis une godiche, penaude et impolie…..Je ne peux pas récupérer ma lettre. Pourquoi lui avoir raconté tout ca ? Qu’est ce qu’elle pensera de moi ? Elle va lire ma lettre hochera la tête, se questionnera, aura du mal à me lire (j’écris tellement mal), et ma lettre finira au fond de sa poubelle. Elle ne mérite pas mieux.

samedi 15 novembre 2008

COCKTAIL, EXPLOSION DE SENTIMENTS !

MERCREDI MATIN 9h30

-Maman, et aujourd’hui, je peux mettre ce pantalon là comme j’ai des mes cours de dessin cette après-midi ?
J’enlève mes oreillettes et je tourne vers ma cadette.
-Oui, oui…
La musique retentit de nouveau dans mes oreilles. J’augmente le son car j’adore la chanson.
-Et quand est ce que l’on ira m’acheter un nouveau maillot de bain ?
-Hein, quoi ?

Mince, j’ai oublié mes écouteurs, et zut ma chanson préférée est à nouveau écourtée.
Elle me repose sa question.
-Samedi, d’accord ?

J’ai envie de lui dire : mais ma chérie, tu te rends compte que ta mère s’élève au rang des Jeannie Longo, qu’elle pédale désormais à côtés des pros, qu’elle s’est hissée à ce niveau …. Mais dans la catégorie « vélo d’intérieur ». Je pédale depuis 35 mn déjà, comme avant-hier et encore il y a 4 jours.
Après trois mois de léthargie, ma tension a remonté, atteignant désormais 11 ! Je renais, je revis avec certes des nuits écourtées par des levers à 5H00 du matin (ou avant), mais avec une énergie qui m’a remplie, totalement submergée. Tout juste, si je n’en déborde pas, je suis comme une pile électrique, je ne tiens pas en place. Attention, the new Clara débarque ! Oui, oui, on parle bien de moi ! Je me suis remise à pédaler, à marcher, je me vide la tête pendant ce temps là : les disputes/ conflits parents-ado, les ennuis… Tout s’évapore comme par enchantement. Toute cette vitalité à moi, à moi, je n’en reviens pas ! Je pédale, plus rien ne m’arrête sauf la voix de la sagesse qui au bout de 45 mn me dit « Arrête-toi, c’est déjà beaucoup, allez, stop». A contrecœur, j’obtempère et d’ailleurs mon postérieur douillet semble lui apprécier cette trêve, ouïe, ouïe ! Pourquoi les selles de vélos sont –elles si dures, si inconfortables ? Et puis, je pense à l’ordonnance qui est dans mon sac depuis lundi. Il faut que j’aille faire une prise de sang… j’avais oublié.

Lundi, le rendez-vous avec mon médecin et comme les mois se sont écoulés, deux, puis, trois, puis cinq sans que mon corps ne délivre son flux féminin, je m’étais décidé à lui en parler. J’ai eu le droit à la prise d’un médicament pendant cinq jours et eu sixième jour, miracle, tout devait renter dans l’ordre. Donc, samedi, le cinquième jour, j’ai été faire le plein, la razzia sur les serviettes et tampons en pensant que ca allait être un raz de marée. Dimanche, j’ai attendu, scruté, épié, je me suis enfermée à je ne sais combien de reprises dans la salle de bains et rien, les heures passent, toujours rien ! Mince, c’est pas normal…

Mon médecin a décidé de vérifier si mon corps produit toujours certaines hormones comme tout autre femme de mon âge ou si le déclin d’une part de ma féminité a commencé. Suis-je désormais une terre stérile, inféconde ? Bon, j’y vais ou pas au labo ? Est-ce qu’au fond, j’ai envie de le savoir… Ma foutue ordonnance est bien là, donc je dois le faire, je dois savoir. Et puis, de toute façon qu’est ce que ca changera ? Comme dit mon mari « ca devait arriver un jour ou l’autre ». Tu es gentil mon chéri, dans dix ans oui, mais pas maintenant alors que je ne suis qu’à l’aube de mes 40 ans. Quarante ans bientôt, que le temps passe vite !

Je suis au labo, je tourne la tête comme à chaque fois pour ne pas savoir quand l’aiguille s’enfoncera dans ma veine.
-Les résultats seront prêts ce soir, me dit gentiment la laborantine.
-Très bien, je passerai les chercher.

Plus que quelques heures pour connaître le verdit. J’ai peur, peur que mon corps vieillisse si vite.
Je prépare le déjeuner et je vais me reposer. Il est temps, mon squelette tout entier joue une salsa non harmonieuse, tout tremble à l’intérieur. La main sur mon ventre, étranges sensations, rêveries d’une partie d’osselets géante, le sommeil parvient quand même à s’imposer. J’entrouvre les yeux difficilement, mon réveil indique 14H30… je ne peux pas me lever ou bouger : fatiguée, coincée, rouillée. Une bonne demi-heure plus tard, je fais un effort surhumain pour immerger, toujours dans mon lit, mon regard est attiré par une lettre posée sur mes lunettes. Je la prends, elle est lourde, je ne reconnais pas l’écriture et je n’arrive pas à lire le cachet de la poste. Machinalement, Je la retourne pour y trouver un nom d’expéditeur (moi, je mets toujours mon nom et adresse sur mes courriers). Et là, surprise, j’en ai le souffle coupé ! C’est mon auteur préféré qui m’a écrit… à moi !!!! Je sors de ma chambre en T-shirt et culotte, et chaussons, très glamour à vrai dire, je cherche mon coupe-papier pour ne pas abîmer la lettre. Quatre feuillets recouverts d’écriture, de mots, de phrases…. Debout dans ma cuisine, je lis, je lis, c’est trop beau ! J’appelle les enfants, mon aînée n’en revient pas, non pas de ma tenue, mais de la lettre.
-Montre, montre, je jeux la lire.
-Oui, mais tu ne l’abîmes pas.


Elle la lit à voix haute, les phrases chantent à mes oreilles, les mots prennent une toute autre dimension.
-Eh ben, maman, dis-donc t’en as de la chance !
Oh que oui, je sais ! Déjà, il y a trois semaines, un autre auteur dont je me régale de chaque nouveau roman m’a également écrit. Ces deux auteurs vendent, des centaines de milliers de livres, sont traduits en plusieurs langues, sont connus, adulés, célèbres. Ils sont très occupés mais ils ont pris de leur temps pour m’écrire, à moi, une fan parmi tant d’autres. C’est ce qui me touche, qui m’émeut, on peut archi- célèbre et rester humain et sensible. Une belle démonstration de générosité à mes yeux.
Je relis pour au moins la quatrième fois la lettre pour bien m’imprégner de chaque phrase sans m’en lasser. Je suis dans un état non pas de joie hystérique mais calme, dans un état secondaire où tout prend une autre signification. J’ai l’impression d’être grandie, pas d’orgueil ou de fierté, mais je ressens que j’existe, que je suis bien vivante malgré tout. Oui, moi, Clara, j’existe, sensible, avec mes défauts, ma fibro mais je suis là….

mercredi 12 novembre 2008

DESPERATE HOUSEWIVES ?

A ma façon, je suis devenue une Desperate Housewives, le terme étant nettement plus joli que celui de femme au foyer. Je le reconnais et je l’admets, ma vie n’a rien d’extraordinaire. Mais qui peut se vanter d’avoir une vie, une existence hors du commun ? En réalité, peu de gens. On est donc obligé de s’adapter aux situations et d’essayer coûte que coûte de s’y intégrer sans trop de fracas ou d’heurts. Sans faire du nombrilisme, je me suis mise des œillères autour des yeux. Je me suis forgée cette muraille imaginaire pour me protéger du regard des autres… Les autres, les autres femmes que je peux croiser qui ont toujours l’air tellement occupées, débordantes d’énergie, qui font dix mille choses dans leur journée. Mon quotidien est bien loin d’être aussi amusant, charmant voir satyrique que dans la série. Encore que… Je passe toujours beaucoup de temps à m’évader par la pensée et là toutes les portes sont ouvertes : pas d’interdit, pas de tabou, tout est possible !

Lors de ma promenade du matin avec mes deux petites chiennes que j’effectue toujours dans le même créneau horaire plus précisément entre 9H00 et 10h00, les jours d’école, je rencontre toujours le même groupe de femmes, massées devant les grilles de l’école comme si leurs conversations ne devaient pas s’ébruiter. Leurs enfants sont en classe depuis bien longtemps, mais elles restent là, elles papotent, jacassent, rigolent. Quand j’approche, invariablement, elles me regardent, me jugent par des regards noirs, sévères qui ne montrent aucune sympathie. Quelquefois, leurs conversations s’arrêtent à mon passage, pas de hochement de tête, pas de bonjour. Je ne fais pas partie de leur club. Dès lors que je suis bien plus loin, j’entends de retour leurs voix s’élever avec quelquefois des rires. Je ne suis pas dupe, elles ne me considèrent pas comme l’une des leurs, d’ailleurs je n’en suis pas une. Je ne fais pas partie du club très privé des mamans qui emmènent et vont chercher leurs enfants à l’école. Celles qui sont devenues copines, amies et qui se confient tout de leur vie. Celles qui s’invitent à prendre le café les unes chez les autres pour pouvoir continuer à discuter sans mari, sans enfants. Est-ce que je les envie ? Drôle de question …

Quand on le désire quelque chose que l’on n’a pas, on l’envie fortement. Tout d’abord, on l’élève en en rêve, en fantasme. On brode, on imagine, on idéalise tellement que si notre vœu se réalise, il laisse place à un goût de déception. Dans l’esprit, tout est plus beau ! Alors, je le dis, je m’évade dans mes histoires, dans le monde utopiste où je plonge l’après-midi. J’invente des personnages : vies, émotions, dialogues… C’est un moment que je savoure, que je délecte ! Plongée sous ma couette, j’élabore, je construis, je façonne ces êtres irréels mais qui ont nos problèmes, nos désirs… Je leur crée des amours, des passions, des faiblesses… Et Clara y habite. Une Clara qui a son histoire, avec des beaux et forts moments, et des passages de remords, de regrets, et des erreurs. Elle n’est pas à mettre sur un piédestal mais elle explique ses gestes, ses comportements. Humaine, sensible, elle se dévoile avec ses qualités, et ses défauts. Nul n’est parfait, ni moi, ni Clara. Nulle vie n’est parfaite non plus…

mercredi 5 novembre 2008

VOYAGE DANS LE TEMPS

Samedi, la Toussaint a été une journée dure moralement : se recueillir, penser à ceux qui sont partis trop tôt laissant derrière eux des vides, des abîmes de douleurs qui mettent du temps à cicatriser. Se rappeler d'eux, ne pas les oublier, c'est notre devoir à tous. Et puis, mon esprit une fois encore est parti vagabondé durant l'homélie du prêtre car j'aurais voulu aller à plusieurs endroits : le cimetière de mes grands- parents, la chapelle où ont été baptisé puis marié et enterré mes aïeuls. Et oui, ayant fait ma généalogie, j'ai pensé à tous mes ancêtres aussi nombreux soient ils. Ils m'ont procuré tellement de joie!

Avec fébrilité et une certaine nervosité, on tourne les pages de registres anciens jaunis par le temps, et l’on ressent une bouffée de joie quand on découvre un aïeul, une signature, un métier, une vie... Ils laissent parfois des questions, des portes grandes ouvertes à l'imaginaire.

On apprend, on découvre comme un enfant émerveillé les yeux remplis d'étoiles ce qu'était la vie il y a longtemps. On trouve des mariages chanceux avec des personnes de l’ancienne noblesse, des enfants nombreux, des familles courageuses plus ou moins riches ou pauvres. On s’aperçoit que l’écriture, savoir signer de son nom révélait une éducation. On ne peut que s’extasier devant les écritures avec leurs lettres si bien formées comme des arabesques. Plus on remonte, et plus les registres sont précieux, ils nous livrent du vieux français, du latin.

Sur mon bureau, j'ai les photos de mes arrières grands-parents paternels, et de mon arrière-arrière grand mère ! Ils font partie de ma vie, de mon quotidien. Que penser d'un aïeul qui avant la révolution était notaire royal et qui su retourner sa veste et devenir apothicaire ? On s'attache à certains, à leurs prénoms si doux et oubliés d'un temps passé et révolu. J'ai sûrement hérité certains de leurs gènes, de leurs défauts, et peut-être de leurs qualités. Je ne vis pas dans le passé mais je suis contente d'avoir retrouvé mes ancêtres, mes racines. Et puis la généalogie, une fois qu'on y a goûté, on ne peut plus s'en passer, on y est accro, mordu ! Alors, forcément, j'ai pensé à eux très fort samedi.

Et puis, hier, on apprend un président noir est élu pour la première fois de l’histoire dans un puissant pays qui souffle le chaud ou le froid sur notre planète. Un pays qui longtemps a pratiqué la discrimination raciale, la plus hideuse, celle dont on a honte et que les générations futures portent comme un fardeau. Alors, quand on voit toutes ces personnes en liasse qui en ont fini avec la rédemption de leurs pères, on est heureux. Les minorités raciales enfin vont pouvoir marcher la tête haute, et si ca pouvait générer, engendrer un monde nouveau où l’on ne serait pas juger sur la couleur de sa peau, de ses origines, ou de son handicap….ce serait tellement merveilleux !

mardi 28 octobre 2008

MAUVAIS FLIRT MAIS YALLA!

Que dire ? Et dans quel ordre ?
Il y a eu une multitude de choses, d’évènements : des mauvais et des bons, des qui vous assomment et des qui vous redonnent du baume au cœur.

Je ne sais pas ce qui s’est passé mais une fois de plus (franchement, je crois que chez moi c’est une habitude), il y a eu d’abord une question qui m’a trotté dans la tête puis plusieurs. Impossible de m’en défaire, du matin au soir, elles étaient là omniprésentes, envahissantes m’empêchant de faire quoi que ce soit. Si c’était des questions simples, style que faire à manger ce soir, rien de méchant. Mais non, il a fallu que je remette encore en question : crise d’identité ou alors celle de la quarantaine en avance ? Je me suis retrouvée, confrontée à moi –même à me questionner : qui suis-je à part un numéro de Sécurité Sociale, la femme de et la maman de ? De me dire que je n’existe pas pour moi mais seulement qu’à travers ma famille et qu’avant tout ca était bien différent. Le fameux « avant » qui me ramène à ma vie antérieure où j’étais quelqu’un d’autre.
Alors, toutes ces journées, j’étais vide mais vide à l’intérieur : pas d’émotions, pas de sentiments, que du néant, à essayer de répondre à toutes ces interrogations. Mauvais flirt avec la tristesse, la mélancolie, le spleen… Envie de ne rien faire, de ne voir personne, m’enfouir sous ma couette et rester là.

Et puis, il y a eu la mort de sœur Emmanuelle. J’étais là à regarder à la télé tout ce qu’elle avait fait durant sa vie, et quelque chose m’a interloqué. Elle disait « il faut partager, ne pas donner, mais partager ». Et, oui ! Quand on donne, on fait une action ou on attend un retour mais au contraire lorsque l’on partage, c’est naturel, de bon cœur, c’est fraternel. Les gens n’ont jamais de temps, de temps pour tout, alors du temps à donner… mais si on leur demande de partager, ils ne sentent pas obligés, contraints et donc ils le feront plus facilement.
Il en faudrait partout des sœurs Emmanuelle : dans les gouvernements, dans la politique, dans les affaires, à l’école ,...
Je me suis dit que je ne pouvais pas rester comme ca dans ma léthargie. Allez, ma vieille, remue toi ! Le peu de temps que j’ai, je peux en faire quelque chose : travailler, aider les autres. Les associations, il y en a plein, mais vraiment beaucoup, j’ai décidé d’appeler celles vers lesquelles j’avais envie d’aller. J’ai eu droit à « il faut envoyer une lettre de motivation « ou « on vous rappellera ». J’ai senti un énorme poids sur mes épaules, et j’avais franchement envie de pleurer. Mais quelle naïve que je suis ! Je croyais qu’on allait m’accueillir à bras ouverts, que ca y était enfin que j’allais retrouver une activité dans le bénévolat. Encore un coup de massue de plus sur la tête, histoire de m’enfoncer un peu plus…. Est-ce que j’ai frappé aux mauvaises portes ou alors je suis dans une c’est une société qui ne veut plus de moi. Je me suis retrouvée à regarder les offres d’emploi pour quelques heures par semaine (mais très, très peu), et rien hormis des poste physiques. Ohlala, mais qu’est ce je vais faire ? Et me voilà repartie sous ma couette, à cogiter, encore et encore…

Et dimanche, au réveil, je me suis dit qu’est ce qu’elle aurait fait sœur Emmanuelle ? Elle ne serait pas restée cloîtrée, non, elle aurait dit on continue, on avance, yalla !

Alors, je garde espoir, je sors la tête de mes épaules, et je m’accroche. A quoi ? A la pensée de ce qui peut être meilleur et bon.

mardi 7 octobre 2008

LUTINS ET FARFADETS

Récession, crise financière, crack boursier… Lu, entendu, vu … Encore et encore. On nous martèle le moral à coups d’économie, de cours de finance. Au secours ! Je vais boycotter toute forme d’information sous peur d’attraper une sinistrose aiguë!

Je pense que je vais pratiquer la politique de l’autruche, la non information, pendant quelques jours, histoire de m’aérer l’esprit, les idées. Ma décision prise est irrévocable.

Je me dis que si les lutins, les farfadets existent bel et bien, alors une fée mal attentionnée m’a transformé d’un coup de baguette magique en grenouille. Pas la grenouille simple, de base, qui croasse. Non, en super grenouille qui réagit non seulement au beau temps et à la pluie mais à toute forme de signe météorologique !

Il y a quelques jours, il a fait froid. Définition de ce terme pour moi : tout le monde est un pull et ne se plaint nullement que l’air se soit refroidi ou soit même frisquet. Eh bien, moi, je grelotte et je suis à 2 voire 3 épaisseurs : pull, gilet si possible polaire, et écharpe. Par dessus la couette du lit, j’ai rajouté un plaid bien chaud, bien épais pour contrer ce froid. Je me suis enfouie en dessous de tout ca et je frissonnais. Impossible de différencier les douleurs, le froid qui vous pique. Ils se sont mélangés, formant un amalgame qui m’a recouverte de la tête aux pieds. Gla-gla, dis en claquant des dents la grenouille que je suis…

Mauvaise période qui commence, ca annonce le retour des sinusites… Contrairement aux autres, je ne passe jamais par la case rhume, j’accède directement à celle ses sinusites, les bien fortes qui résistent aux traitements les plus coriaces.

Perturbations, dépressions, et l'intensité des douleurs fait le yoyo, je monte, je descends de mon échelle imperturbable dans mon bocal. C'est loin d'être facile la vie d'une grenouille !
En attendant, cette après-midi, j'ai pu gravir quelques marches. Heureusement, car mes obligations m'attendent : réunion à l'école ce soir. Pouvu que je croasse pas...

mercredi 1 octobre 2008

ANNEES NOIRES ?

1er octobre déjà…
On entre dans la période de l’année que je déteste le smois d'octobre puis celui denovembre. Ces deux mois annoncent le changement d’heure, les journées sombres et grises, les chrysanthèmes et la toussaint.

Il fera nuit le matin, nuit à partir de 18H00, le reste des journées sera plongée dans une semi-obscurité plus ou moins teintée d’éclaircie selon le temps. Le temps qui jouera avec un malin plaisir, sournois et fielleux à se bloquer, à rendre éternels, immuables ces tristes journées. Quelle horreur, quand on ne peut pas mettre un pied dehors, qu’on reste chez soi à guetter l’arrivée du reste de la famille. Ca me rappelle un poème de Baudelaire « L’horloge » extrait « des Fleurs du Mal » :

Horloge ! Dieu sinistre, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible ;

Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison,

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix



N’allez pas croire que je vis dans ma bulle, insensible, impassible à ce qui se passe autour de moi. Loin de là, je m’efforce de rester connectée au monde, aux gens…
Mais là, j’aimerai hiberner comme mes tortues de terre et me réveiller aux beaux jours.

Je regarde les infos à la télé, je lis le journal, je regarde sur le net : crise, crise, crise et encore crise. On a les deux pieds dedans.
Notre génération n’a connu que des moments économiques difficiles. Enfant, je me rappelle qu’on parlait du « choc pétrolier », avec ma naïveté relative à mon jeune âge, je pensais simplement que c’était un cargo transportant du pétrole qui s’était échoué... Puis, adolescente, il y a eu le chômage qui est arrivé au galop sans prévenir. Telle une pieuvre tentaculaire, il s’est installé partout même dans les campagnes. J’entendais au collège des enfants dire, tête basse, comme si c’était une honte que leur père était au chômage.
A l’âge de travailler, bardés de nos diplômes, c’était la compétition. Plaire à un employeur, lui convenir et enfin accéder au sacre suprême : trouver du boulot dans sa branche ! S’accrocher, bosser encore et encore, ne pas compter ses heures, s’investir, penser à son avenir professionnel et vive le carriérisme.

Et maintenant, la crise avec ses conséquences à courts, moyens et longs termes. Les années noires ne sont pas derrières nous alors, mais devant ?

jeudi 25 septembre 2008

(IN)DEPENDANCE

Fatiguée, un peu, je dormais à poings fermés quand mes deux petites chiennes se sont mises à aboyer furieusement. Pourquoi ? Je ne sais pas. Un voleur ? Oh non, il aurait eu le droit à des joies …les Lhassa ne sont pas des chiens de garde, loin de là !

J’ai bien enfoncé ma tête dans l'oreiller, remonter la couette et tenter de replonger dans mon sommeil. Pas la peine, elles continuent d’aboyer, j’entr’ouve les yeux pour lire l’heure sur mon réveil : 14H50. Ce ne me fait à peine 1h 30 de repos, ce n’est pas assez. Je bouge difficilement mes genoux et mes bras, c’est raide, ca fait mal. Alors, j’attends quelques minutes pour me déverrouiller et pouvoir sortir de mon lit. A peine levée, avec la marque de l’oreiller sur la joue, elles tournent autour de moi en me mordillant mon jean. Elles attendent leur promenade de l’après-midi. 2 minutes, il me faut un peu de temps : d’abord prendre un café et reconnecter les neurones.

Bon allez 10mn plus tard, on est parti.

C’est qu’aujourd’hui, j’ai pas mal trottiné (je trouve joli ce verbe) : tapis de marche, promenade des chiens, pharmacie. Des petits trajets qui une fois additionnés font pas mal de marche. Du trottoir, je regardais les voitures et ca m'a fait penser que depuis un déjà je ne conduis plus. Dire que ca ne me manque pas serait un mensonge. Oui, quelquefois, ca me manque, on a beau habiter en ville, on ne peut pas se déplacer à l’autre bout de Brest en bus à moins d’y passer beaucoup de temps. Mais, les gens pilent, klaxonnent, accélèrent, ca m’a fait peur. Je serai bien incapable de reconduire même si j’avais tous mes réflexes. Perte de confiance, peur des réactions des autres automobilistes.

Je suis donc dépendante de mes jambes, du bus et de mon mari. Et dire que dans quinze jours, il part en déplacement quatre jours !

Un vrai casse-tête chinois pour l’école! Je vais être obligée de demander une fois de plus à nos voisins et amis de m’aider. Ca m’embête, je l’avoue, de devoir toujours avoir recours aux autres, de n’être plus dépendante pour me déplacer.

Comme on est jeudi, et que c’est jour de marché, j’ai vu mes cop’s du quartier avec leur caddies à roulettes. Elles se préparent pour 10H00 et y vont toutes les trois ensemble, ce n’est pas le club des cinq mais le club des trois ! Mes cop’s du quartier sont mes mamies préférées parmi toutes celles qu’il y a ! J’ai de la tendresse pour elles, elles vieillissent bien, faisant des activités. Je ne pense pas que je serais une mamie comme ca, débordée entre les cours de stretching, de compositions florales, d’aquagym et les lotos ! Non, c’est sûr et certain. Comment serais-je dans 30 ans ? Je ne sais pas, comment vais-je vieillir ? Mystère…

lundi 22 septembre 2008

VIVE LE SAPIN DE NOEL...

Noël, quand on prononce ce mot, il y a forcément des images, des clichés qui nous viennent à l'esprit : le père noël,les cadeaux, les guirlandes et le sapin de noël.
Deux jours où je me suis transformée en sapin de noël vivant. Mais pas n'importe quel sapin!

Un sapin orné, paré de centaines de guirlandes électriques lumineuses qui scintillent.
Toutes ces guirlandes n'ont fait que clignoter sur chaque centimètre carré de tout mon corps entraînant des sensations de pics, de décharges... Et comme il y en avait tellement, mon esprit s'était déconnecté de mon corps, préférant prendre le large, voir d'autres horizons.

Mon mari était plongé dans des gros travaux : changement de fenêtres.
Alors, de mes 55kg pour 1m71, avec ma musculature riquiqui, je l'ai aidé à ma façon. J'ai porté quelques seaux de gravats comme j'ai pu...

Lui, il m'aide sans arrêt, tous les jours et vous savez ce qui est merveilleux dans tout ça ? C'est qu'en fin de journée, les yeux pétillants de tendresse il m'a remercié pour ma contribution si mimime fut-elle.

vendredi 19 septembre 2008

6 JOURS...

6 jours qui viennent de s’écouler…6 jours avec leur quotidien, avec des hauts et des bas.

Trois d’entre eux sont à rayer une fois de plus du calendrier, ils se sont évaporés. Trois journées de fortes crises où je n’ai pu rien faire sauf me traîner comme une vieille savate pour aller de mon lit à la cuisine. Trois journées de perdues à tout jamais une fois de plus.

Et puis mardi, je me suis réveillée sans douleurs. J’ai eu envie chanter, de crier « merci » tellement j’étais heureuse ! Forte de ce bonheur, j’ai même fait un peu de tapis de marche et de vélo croyant (naïvement ou alors était ce due à mon euphorie) que mes forces étaient décuplées, j’ai entamé du jardinage.
Malin, Clara… Oups, une crise ! Te voilà bien, ma belle, à te surestimer !Nounouille va !

Positivons, ce qui est pris est pris.
« Je m’ennuie » : cette phrase courte mais qui veux tout dire, je n’ai cessé de l’entendre mercredi par ma cadette. Elle me l’a répétée, redite je ne sais combien de fois. Comment peut-on s’ennuyer alors que les étagères de sa bibliothèque débordent de livres, que sa chambre regorge de jeux en tout genre de babioles ?

-Lis un peu
-J’ai déjà lu, je ne sais pas quoi faire, je m’ennuie.
-Bon, écoute de la musique ou dessine.
-J’ai pas envie!
-Avance tes devoirs, alors.
-Je les ai déjà avancé hier soir à l’étude.

Ah, me voilà à court de propositions. Elle a atteint son quota de console donc hors de question de lui proposer de la télé ou de l’ordinateur.

-Va jouer dehors ! dis-je en tentant une dernière tentative que je savais vaine d’avance
-Non !
-Bon, eh bien, ennuie- toi alors !

C’est ce qu’elle a fait, elle s’est ennuyée, venant à plusieurs reprises voir si je dormais ou si j’étais réveillée durant mon temps de repos qui devait être une sieste. Il n’en fut rien, je n’ai pas pu dormir avec ces va et vient.
Mauvaise journée : fatigue accumulée et énervée de surcroît !

Jeudi : c’est ma journée à moi, rien qu’à moi ! Ma journée de permission en quelque sorte ! Personne ne rentre déjeuner, je suis dégagée de toute obligation : pas de repas à préparer et la liberté des horaires.
10H30 : exténuée, je vais au lit. Heureuse quand même car je peux dormir tant que je peux.
Au final, il était pratiquement 16 H00 quand je suis sortie de ma chambre (avec une petite coupure quand même). J’ai dormi d’un sommeil réparateur, enfin je crois, car depuis le temps, je ne sais plus ce que c’est exactement un sommeil qui permet au corps de se ressourcer.

Par hasard, j’ai appris que la fibro était enseignée en Fac de Médecine lors de la 3ème année.
Section psy ? Non, ca c’était les années 80.Section rhumato ? Non, non, là on est en 1990 et début 2000. Tout simplement en neurologie. Comme quoi et heureusement les avis peuvent en 20 ou 30 ans,changer grâce aux avancées médicales. Avancées, sûrement trop lentes à nos yeux, mais le principal c’est que la médecine évolue.On peut espérer qu'un jour viendra où tous les doutes seront levés, les questions solutionnées.Un jour de pur bonheur...
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